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Bulletin d'actualités du 27 août 2012


Sommaire



1. Commémoration de la libération de la ville de Paris - Discours du président de la République, M. François Hollande - Paris, 25 août 2012

 

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Maire, Cher Bertrand Delanoë,

Messieurs les Maires des villes compagnons,

Monsieur le Chancelier de l'ordre de la Libération,

Messieurs les Compagnons,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames, Messieurs,

Il y a soixante-huit ans, jour pour jour, Paris redevenait Paris.

Au printemps 1940, la nuit était, en effet, tombée sur la ville lumière. Cinquante mois de colère, de larmes et parfois de honte. Cinquante mois de souffrance, d'humiliation, de privation. Cinquante mois d'impatience, d'insupportable attente et de colère.

Et enfin, au bout de cette interminable épreuve, Paris est libéré par son peuple.

Le 18 août la grève générale éclate, le 19 août 1944, le colonel Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l'Intérieur, adresse un ordre de mobilisation générale à tous les Parisiens de 18 à 50 ans, c'est de toutes parts, de tous les quartiers de la capitale, de Montmartre à Montparnasse, de la colline de Chaillot aux hauteurs de Ménilmontant, que les volontaires ont afflué. Ils élevèrent près de 600 barricades pour ressusciter l'idée, la belle idée qu'ils se faisaient de la patrie, pour venger l'affront fait à la France, pour respirer enfin l'air de la liberté.

Ils furent seuls pendant cinq jours, avant d'être rejoints, le jeudi 24 août, par les premiers éléments de la deuxième division blindée. Les hommes de Leclerc, unis par le serment de Koufra, qui voulaient que Paris soit libéré par la France. Ils entraient dans Paris par la Porte d'Orléans. Le lendemain, après des combats acharnés et de lourdes pertes, ils recevaient l'acte de capitulation des forces occupantes. C'était donc la France qui avait libéré Paris.

Au soir du 25 août, le général de Gaulle, ici, à l'Hôtel de Ville, avec des mots qui sont restaient dans toutes les mémoires, dans la conscience nationale, annonçait le retour de la Nation dans sa capitale : «La France, rentre à Paris, chez elle, disait-il. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre plus certaine que jamais de ses devoirs et de ses droits».

Paris retrouvait la France, mais plus que la France, la fraternité des partisans venus de partout, de toute l'Europe, des troupes coloniales, des républicains espagnols, des Allemands et des Italiens antifascistes, et des armées de nos alliés américains et britanniques.

Mais rien n'aurait été possible sans la Résistance, sans l'Armée des ombres, sans l'avant-garde des grandes figures et le sacrifice des anonymes.

Je rappelle, une fois encore, à notre mémoire ces Français qui veillèrent sur la France. En célébrant la Libération de Paris, je salue tous ceux qui en ont rêvé, qui se sont sacrifiés et qui ne l'ont pas connue ; tous ceux qui sont tombés pour qu'un jour, après eux, notre pays puisse être ce qu'il est aujourd'hui. Jacques Bonsergent, exécuté au fort de Vincennes à 28 ans le 23 décembre 1940, Danielle Casanova, morte à Auschwitz en 1943, Missak Manouchian et tous les fusillés du Mont Valérien, les 35 garçons tués à la Cascade du Bois de Boulogne, Jean Moulin et son «terrible cortège» de suppliciés, tous ceux dont les noms figurent sur des plaques dans les rues de Paris. Des plaques que nous devons regarder autant qu'il est possible pour ne pas oublier, car la République ne les oubliera pas.

La République exprime sa reconnaissance aux armées qui ont libéré la France. La France également exprime son hommage parmi tous ceux-là, aux 1.038 femmes et hommes que le général de Gaulle a reconnus comme ses compagnons pour la libération du pays. Réunis dans un ordre prestigieux, ils ont rappelé pendant 68 ans aux nouvelles générations ce que furent la force de leur engagement, leur volonté de servir la France, l'honneur de leur combat. Ils ne sont plus qu'une poignée, 25 à représenter la grandeur de l'Histoire, la gloire de ce compagnonnage prestigieux, la fierté d'avoir été les premiers. Ils sont aujourd'hui les derniers à pouvoir témoigner.

C'est pourquoi, le 16 novembre prochain, la direction de l'Ordre de la Libération sera transférée au Conseil des cinq villes compagnons, pour que l'Ordre dure toujours au-delà de la vie même de ceux qui en ont été membres. Le témoin sera ainsi transmis entre les hommes qui passent et les lieux qui durent.

La flamme de la Résistance, cette flamme «ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas» ; elle sera donc désormais entretenue par ces villes historiques et martyres.

Par l'île de Sein, en souvenir de ses 124 pêcheurs partis dès juin 40 pour rejoindre le général de Gaulle ;

Par Nantes, qui mérita de recevoir le titre de Compagnon dès novembre 1941 après le massacre des martyres de Châteaubriant ;

Par Grenoble, dont la population n'accepta jamais le fait accompli de la soumission ;

Par Vassieux-en-Vercors, terre des maquisards qui se sont battus jusqu'au bout, pour ne pas dire jusqu'au dernier ;

Enfin, par Paris, comme l'a rappelé son maire, «capitale fidèle à elle-même et à la France».

La libération de Paris, le 25 août 1944, n'était pas simplement une formidable nouvelle pour la capitale, un évènement considérable pour le peuple ; c'était aussi un signal d'émancipation pour l'Europe qui restait occupée ; c'était l'annonce, c'était le présage de la victoire finale. Vous aimez, Monsieur le maire de Paris, citer Victor Hugo : «Le genre humain a des droits sur Paris». Oui, le soir du 25 août 1944, c'est sur tous les continents, de Mexico à Santiago du Chili et de Londres à Brazzaville, que les cloches ont carillonné.

Voilà la première leçon de la libération de Paris. C'est d'abord le regard que les nations portent et continuent de porter sur la France et sur Paris. Je recevais, ce matin, le Premier ministre grec pour des raisons que chacun, ici, a à l'esprit ; et il me disait sa fierté d'être reçu en France le jour de la commémoration de la libération de Paris. Parce que le combat pour la liberté que la France a engagé ici à Paris - 1789, 1830, 1848 et tant de soulèvements ! - ce combat a toujours servi de référence au monde. Et encore aujourd'hui, c'est vers Paris que des résistants, des opprimés, des rebelles se tournent quand ils se lèvent pour renverser un tyran.

Je pense en cet instant au peuple syrien, opprimé par un régime qui n'est plus animé que par la peur de disparaître. Ce régime disparaîtra parce que - et c'est la leçon que nous pouvons livrer au monde - quand la liberté est en marche, rien ni personne ne peut l'arrêter. La France a pris et prendra les initiatives nécessaires en soutien de la révolution syrienne, sur le plan politique, sur le plan diplomatique, sur le plan humanitaire pour aider au soulèvement.

La leçon de la Libération aujourd'hui, c'est aussi le refus de toute négligence, de toute complaisance, dans la lutte contre l'antisémitisme - nous n'en avons pas fini -, contre le racisme, contre la xénophobie, contre toutes les formes de haine. Le souvenir de 1944 nous ramène à l'impératif absolu de la transmission ce qui suppose l'enseignement de l'Histoire, dont la place, dans l'école de la République, doit être confortée.

La leçon de la Libération, c'est celle d'un peuple capable de se relever, d'une Nation qui sait affronter l'avenir avec lucidité, cohérence et courage.

Face à toutes les incertitudes - elles sont nombreuses aujourd'hui - et à toutes les inquiétudes - il y en a beaucoup en cette rentrée - que peuvent inspirer l'état du monde, mais aussi de nos économies, nous devons nous inspirer de l'immense effort de reconstruction de la France au lendemain de la seconde guerre mondiale. Comment sommes-nous parvenus à ce redressement ? Comment pouvons-nous faire, aujourd'hui, face à la crise ? Nous rassembler sur l'essentiel, être audacieux sur le plan technologique et industriel, mobiliser tous les acteurs, aller chercher les financements indispensables à notre économie, cultiver l'esprit de réforme... C'est toujours ainsi que la France a su repartir après les épreuves.

La leçon de la Libération, c'est qu'on ne peut concevoir le redressement sans la justice. Au lendemain de la seconde guerre, mondiale l'effort fut d'autant plus librement consenti qu'il fut justement partagé, c'était l'esprit du Conseil national de la Résistance. C'est encore là ce que nous avons à faire : conjuguer l'exigence de production avec le souci du partage.

La leçon de la Libération, c'est de ne rien céder sur la souveraineté nationale. C'était le grand enjeu. En 1944, la France devait retrouver son rang dans le concert des Nations. Soixante-huit ans après, notre souveraineté reste un bien qu'il nous faut préserver face à toutes les formes de menaces ; elles n'ont plus évidemment le même visage qu'il y a plus de soixante ans, mais aujourd'hui ces menaces sont économiques, financières, commerciales, parfois elles sont plus sournoises encore, plus sombres, plus violentes. Nous devons préserver notre indépendance et en même temps faire le choix de l'Europe. Je demande aux générations qui n'ont rien connu d'autre que la paix de mesurer combien cet héritage est précieux : celui de la réconciliation entre des ennemis dont le sang s'est déversé hier, ici, sur les pierres de Paris. Travaillons à construire cette paix sans victoire qui est la plus belle image d'un projet politique et face aux doutes, ils existent, bâtissons une Europe fondée sur une intégration solidaire, faisons en sorte d'être à la fois performant, compétitif et en même temps solidaire avec des peuples qui nous demandent leur soutien.

Ici, sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris, l'Histoire commande et en même temps elle éclaire l'avenir.

Les exemples du passé donnent à nos défis d'aujourd'hui, une valeur et un sens.

La liberté, le progrès, l'indépendance, la souveraineté, la République, l'Europe sont des conquêtes de chaque génération. Le rêve français, il devait bien mobiliser tous ceux qui se sont battus pour la libération de Paris dans les armées de Leclerc, comme chez les résistants, comme chez les partisans, le rêve, il est encore vivant aujourd'hui à condition de nous rassembler sur un enjeu plus haut que nous-mêmes, c'est-à-dire : la place de notre jeunesse. J'exprime en ce 25 août 2012, la gratitude de la Nation, de la République, à ces héros anonymes, à ces résistants obscurs, à ces militaires courageux, au peuple de Paris, c'est grâce, à tous ceux-là, morts pour le plus grand nombre, vivants encore que nous pouvons être aujourd'hui éclairés par la lueur de l'espérance.

Vive la République !

Vive la France !./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Grèce - Déclaration du président de la République, M. François Hollande, à l'issue de l'entretien avec le Premier ministre de la République hellénique, M. Antonis Samaras - Paris, 25 août 2012

 

Mesdames, Messieurs,

C'était la première fois que le Premier ministre grec et le président français se retrouvaient, après les élections qui avaient eu lieu en France et en Grèce.

J'ai salué la profondeur de l'amitié entre nos deux pays. Dans les épreuves, nous devons marquer encore davantage de solidarité.

J'ai salué les efforts que le peuple grec avait engagés douloureusement depuis deux ans et demi. J'ai fait valoir que, dans un moment où il faut encore prendre des engagements, nous devons aussi être conscients de tout ce qui a déjà été fait.

En même temps, nous devons faire en sorte que la question de la Grèce dans la zone euro ne se pose plus. Parce que pour moi, cette question ne se pose pas. La Grèce est dans la zone euro et la Grèce doit rester dans la zone euro. Ensuite, elle doit encore faire la démonstration de la crédibilité de son programme et de la volonté de ses dirigeants d'aller jusqu'au bout, tout en faisant en sorte que cela soit supportable pour la population.

Du côté européen, nous attendrons ce que l'on appelle le rapport de la «Troïka» (Banque centrale, Commission européenne, FMI). Mais une fois ce rapport connu, une fois les engagements - qui ne sont pas d'ailleurs que des engagements financiers, mais aussi des réformes structurelles voulues par les grecs, ratifiées par le Parlement - seront confirmées, alors l'Europe devra faire ce qu'elle a doit.

Cela fait maintenant deux ans et demi que la question est posée. Il n'y a plus de temps à perdre. Il y a des engagements à réaffirmer, de part et d'autre, des décisions à prendre, et le plus tôt sera le mieux, c'est-à-dire après le rapport de la «Troïka» au Conseil européen du mois d'octobre.

Merci encore à M. Samaras d'avoir fait le déplacement. Il a eu des mots fort aimables pour la France - il va les répéter ici - et j'y ai été très sensible. Car au-delà des circonstances, il y a l'histoire, il y a l'avenir. Nous devons, forts de notre histoire, porter les uns et les autres les valeurs de démocratie et surtout un espoir pour nos peuples./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Droits de l'Homme - Entretien entre le président de la République, M. François Hollande, et les responsables de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme - Communiqué de la présidence de la République Paris, 24 août 2012

 

Le président de la République a reçu à l'Élysée, cet après-midi, Mme Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), M. Sidiki Kaba, son président d'honneur, et M. Antoine Bernard, son directeur général.

Le chef de l'État leur a exprimé le souhait de la France de renforcer son soutien à la protection des droits humains à travers le monde en ayant pour priorités notamment la protection des journalistes et des militants politiques et associatifs, la défense des droits des femmes et la lutte contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. La France sera particulièrement attentive aux travaux de la FIDH, dans la perspective de son prochain congrès, prévu à Tunis au mois de mars 2013, près de deux ans après le début des «printemps des peuples arabes».

S'agissant de la situation préoccupante en Syrie, le président de la République a rappelé l'aide apportée par la France aux réfugiés syriens en Jordanie, au Liban et en Turquie, à travers le fonds d'urgence français, dont la dotation a été portée à trois millions d'euros. L'aide humanitaire de l'Union européenne aux pays voisins de la Syrie a été doublée depuis la fin du mois de juillet et atteint 40 millions d'euros. La France a pris l'initiative d'organiser le 30 août, sous sa présidence, une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation humanitaire en Syrie et ses conséquences dans les pays voisins. M. Hollande a souligné que la Commission d'enquête internationale, dont le dernier rapport, accablant, établit la responsabilité du régime syrien dans les crimes contre l'humanité commis dans ce pays depuis 18 mois, devait être prolongée et ses moyens renforcés. Face à de tels crimes, il ne saurait y avoir d'impunité et la Cour pénale internationale devra être saisie.

La situation des droits de l'Homme au Royaume du Bahreïn a également été évoquée. Le président de la République a exprimé son soutien aux démarches de la FIDH pour obtenir la libération de son secrétaire général adjoint dans ce pays, M. Nabeel Rajab, récemment condamné à trois ans de prison. La France se mobilise pour demander sa libération.

S'agissant de la situation au Mali, le président de la République et les responsables de la FIDH ont salué la décision du gouvernement malien de saisir le procureur de la Cour pénale internationale et rappelé les termes de la résolution 2056 du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant toutes les exactions qui y sont commises (lapidations, mutilations, exécutions extra-judiciaires, torture, destructions du patrimoine mondial).

Cette rencontre a également été l'occasion d'évoquer la situation des populations dans l'Est de la République démocratique du Congo, victimes d'une guerre qui menace l'intégrité du territoire congolais. Le chef de l'État a rappelé la position de la France pour la cessation des combats et la fin des ingérences dans ce pays. La situation des droits de l'Homme en République démocratique du Congo, dans la perspective du prochain sommet de la Francophonie à Kinshasa, a été discutée./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Décès de Neil Armstrong - Communiqué du Premier ministre - Paris, 26 août 2012

M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, salue la mémoire de Neil Armstrong disparu hier à l'âge de 82 ans.

Premier homme à avoir marché sur la Lune le 20 juillet 1969 lors de la mission Apollo XI, Neil Armstrong a ouvert la voie à une nouvelle étape de la conquête spatiale par l'homme. Son célèbre «petit pas» sur le sol lunaire a réalisé le rêve de générations d'inventeurs, de savants, d'artistes, de poètes ou plus simplement d'amateurs des beautés de l'espace.

Mais, à travers cette magnifique aventure, Neil Armstrong restera aussi dans nos mémoires comme le symbole de la façon dont le progrès de la science et de la technologie peut s'identifier au progrès de l'humanité./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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5. Brésil - Point de presse conjoint du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, et du ministre brésilien des Relations extérieures, M. Antonio Patriota - Propos de M. Laurent Fabius - Paris, 27 août 2012

Mesdames et Messieurs,

Nous souhaitions, même si c'est rapide, dire un certain nombre de choses sur notre rencontre de travail.

D'abord, je suis très heureux d'accueillir le ministre des Relations extérieures du Brésil à Paris. C'est à la fois un signe de l'excellente relation qui existe entre nos deux pays et de la volonté que nous partageons de leur faire franchir un nouveau stade.

Nous avons passé en revue, avec mon homologue brésilien, l'ensemble du champ de nos relations bilatérales et nous avons aussi examiné ensemble un certain nombre de questions internationales. Je vais aller à l'essentiel.

Nous avons un partenariat stratégique que nous avons l'intention d'amplifier et vous allez voir, dans les mois qui viennent, une série d'échanges ministériels. Nous sommes convenus que nous aurions, désormais, chaque année une visite, une fois au Brésil, une fois en France, au niveau des ministres des Relations extérieures. Il en sera de même au niveau des ministres de la Recherche ainsi qu'au niveau des ministres de la Défense et des conseillers diplomatiques des présidents, la présidente Dilma Rousseff et le président François Hollande. Il en sera de même des Commissions, qui peut-être ne s'étaient pas réunies dans les temps récents, pour faire le point sur toute une série de dossiers.

En effet, nous avons beaucoup de dossiers à faire avancer ensemble sur le plan économique - le champ est considérable -, sur le plan de la Défense, sur le plan culturel, scientifique et éducatif. Nous avons aussi quelques problèmes ponctuels que nous devons faire avancer, en particulier des questions qui doivent être réglées à la frontière entre la Guyane et le Brésil.

Je vous donnerai quelques chiffres pour vous montrer l'ampleur de la coopération et de la qualité des relations entre le Brésil et la France. En termes d'échanges, nous avons un commerce extérieur qui est de l'ordre de huit milliards d'euros par an. Nous avons des investissements français à l'étranger qui sont considérables puisque les entreprises à base française sont responsables de 500 000 emplois au Brésil et, d'après ce que nous ont dit nos amis, tout cela va se développer encore. Nous avons en matière d'échanges universitaires ou d'étudiants, là aussi, des chiffres impressionnants puisque la France est le pays de destination le plus important pour les boursiers brésiliens et le deuxième pays étranger de destination pour les étudiants brésiliens.

Nous avons des relations qui sont déjà tout à fait excellentes, à la fois compte tenu de la tradition d'amitié entre le Brésil et la France et je dirai encore plus, compte tenu du lien particulier qui existe entre nos gouvernements et entre nos deux présidents.

Bref, c'est une visite extrêmement positive dont je remercie M. le ministre Patriota. Je veux ajouter que notre coopération sera d'autant plus forte qu'il y a des perspectives de grands événements qui vont se produire au Brésil. Je pense à la Coupe du monde de football en 2014, je pense aux Jeux Olympiques en 2016 et puis, il vient de se tenir des événements, eux aussi de grande portée, la Conférence Rio+20 en fait partie. On sait la place de plus en plus grande que le Brésil tient, à la fois bien sûr sur le continent américain mais aussi dans l'ensemble des relations internationales, sur beaucoup de dossiers ou dans plusieurs pays, notamment en Afrique ou dans certaines parties d'Amérique. Le Brésil et la France doivent travailler ensemble, à travers des coopérations vers des pays tiers.

Avec mon ami, M. Antonio Patriota, nous sommes aussi convenus de nous tenir étroitement au courant sur des questions vives, souvent dramatiques, concernant la Syrie, les relations avec l'Iran, ou encore les relations entre Israël et les Palestiniens.

Bref, c'est une coopération vivante qui va se développer et qui est incarnée par la visite du ministre des Relations extérieures brésilien que je remercie encore chaleureusement d'avoir pris sur son temps pour venir nous rendre cette visite en France.

Q - Je voulais savoir si une rencontre entre les chefs d'État était prévue ?

Par ailleurs, durant le déjeuner, vous avez abordé le sujet de la Syrie, envisagez-vous des actions communes pour faire progresser le débat par une résolution concernant cette affaire qui s'empire de jour en jour ?

Et aussi, au niveau commercial - même si le ministre brésilien de la Défense a indiqué que cela avait été encore une fois ajourné -, comptez-vous malgré tout sur la vente des avions Rafale au Brésil ?

R - Sur cette nouvelle phase et cette nouvelle étape du partenariat, je confirme cet état d'esprit que mon ami M. Patriota et moi-même avons expliqué. Il se trouve - c'est d'ailleurs une coïncidence - que l'ambassadeur Saint-Geours qui est là et qui a fait un remarquable travail auquel je veux rendre hommage en tant qu'ambassadeur au Brésil, il se trouve que nous venons de le nommer à la tête de notre administration. Il sera donc remplacé, - on peut rendre cela public puisque vous avez la gentillesse de donner votre agrément, - par l'ambassadeur Bruno Delaye ici présent et qui est, lui aussi, un remarquable ambassadeur. Ils auront la tâche de mettre en musique ce que nous venons de dire l'un et l'autre.

Concernant la Syrie, nous avons effectivement abordé ce sujet grave et nous avons confronté nos analyses qui sont très largement convergentes. J'ai exposé en particulier à mon collègue M. Patriota, à la fois comment nous abordions sur le plan diplomatique cette très difficile question compte tenu du blocage qui existe au Conseil de sécurité. J'ai indiqué comment les choses pouvaient se présenter sur le plan stratégique et militaire et comment elles se présentaient aussi sur le plan humanitaire, d'autant plus que, comme vous le savez, le Conseil de sécurité des Nations unies, sous présidence française tiendra ce jeudi 30 août, une réunion au niveau ministériel à New York.

Nous avons aussi évoqué les questions liées à l'Iran, le conflit israélo-palestinien et d'autres aspects encore.

Sur nos échanges qui sont l'autre volet de votre question, il y a un champ de coopérations considérables dans beaucoup de domaines. Nous en discutions avec nos interlocuteurs à table, par exemple avec M. Kron, le patron d'Alstom, en examinant toute une série de perspectives qui sont les vôtres en matière de transports, de trains, etc. C'est vrai aussi bien sûr en matière d'équipement de défense. Nous avons abordé la question des sous-marins, des hélicoptères, ainsi que toute une série de domaines moins connus : le Groupe Accord, le Groupe Casino qui fait travailler plus de 150.000 personnes au Brésil.

Il ne faut pas oublier le domaine culturel, M. Cogeval, le président du Musée d'Orsay nous a exposé le succès tout à fait remarquable de l'exposition sur l'impressionnisme et la mode.

Sur la question des avions Rafale, je laisserai mon collègue répondre. Il y a une proposition française que vous connaissez. Nous considérons que cette proposition française est la meilleure sur différents plans et en particulier sur le plan technologique puisqu'elle permet de faire des transferts technologiques qui permettront au Brésil - et c'est son souhait - de développer une industrie et de faire respecter pleinement son indépendance.

Maintenant, évidemment, la décision appartient au gouvernement brésilien, il y a eu un certain nombre de déclarations à ce sujet, mais la proposition française reste pleinement actuelle.

Q - Sur le dossier de l'Iran et les différentes déclarations du Premier ministre israélien M. Netanyahou, il n'est pas sûr qu'il puisse y avoir une frappe unilatérale d'Israël contre les installations nucléaires de l'Iran mais c'est quelque chose qu'aucun dirigeant occidental ne peut exclure. Le Brésil a montré il y a quelque temps une position originale, d'ailleurs qu'il présentait avec la Turquie. J'aimerais, M. Patriota, que vous nous donniez aujourd'hui la position du Brésil qui est une position originale et différente de la position par exemple des États-Unis d'Amérique, de la France ou du Royaume-Uni, que vous nous l'expliquiez, surtout en ce moment où il y a quand même un vrai risque d'actions de bombardements israéliens de l'Iran. J'aimerais aussi Monsieur le Premier Ministre que vous nous donniez la réponse de la France au point de vue original brésilien lorsque le ministre l'aura exprimé.

R - Nous avons discuté effectivement de cela et M. Patriota a rappelé dans quel contexte, à l'époque, avaient été faites ces propositions. Aujourd'hui, où en sommes-nous ? Comme il y a été fait allusion, il y a ces discussions entre le P5+1 et l'Iran. Nous avons choisi une double stratégie qui est une stratégie à la fois de sanctions et de dialogue. Les sanctions, d'après ce qui nous est communiqué, ont une certaine efficacité, mais une certaine efficacité seulement, en particulier parce qu'un certain nombre de pays à travers le monde ne les respectent pas.

Quant au dialogue, il se poursuit mais il n'y a pas eu dans le passé récent d'avancée de la partie iranienne. Le point que je partage avec mon collègue, c'est que du coup, cela crée une très grande inquiétude parce que si vous avez, d'un côté, un processus qui se déroule et, de l'autre, une absence de progrès, on risque d'avoir des réactions, d'un côté ou de l'autre - on ne sait pas qui exactement -, qui seraient extrêmement graves. Nous continuons donc notre pression à partir de cette double approche que je viens de rappeler. Il est vrai que c'est un très grave sujet qui risque évidemment, s'il se développait, d'avoir des effets ravageurs et en chaîne. Le rôle de la diplomatie, dans ces circonstances, est donc d'essayer de faire que cela n'arrive pas et, en même temps, de faire bouger les lignes.

La position de la France s'agissant du nucléaire iranien est très claire. Autant nous pensons parfaitement légitime que ce pays puisse utiliser l'énergie nucléaire civile, autant nous pensons qu'il serait très dangereux qu'il accède à l'arme nucléaire, puisque cela pourrait, indépendamment d'autres conséquences, introduire un phénomène de dissémination et donc de troubles supplémentaires dans cette partie déjà passablement troublée du monde.

Voilà où nous en sommes en souhaitant que la sagesse finalement prévale.

Q - Permettez-moi de revenir sur le dossier syrien. Vendredi dernier, M. le ministre Le Drian, ministre de la Défense, a évoqué la possibilité d'une zone d'exclusion au moins partielle en Syrie. Est-ce que cette zone d'exclusion s'arrête dans le cadre de l'ONU ? Pouvez-vous nous donner plus de précisions là-dessus ? Est-ce que le Brésil est d'accord avec cette proposition d'une zone d'exclusion en Syrie ?

R - Nous en sommes à ce stade dans une période de réflexion et d'examen. Comment se pose le problème que l'on résume en l'appelant zone d'exclusion aérienne, zone-tampon, «no-fly zone«, «buffer zone«, enfin il y a différentes formulations. Cette question peut se poser d'ailleurs en relation avec la question des réfugiés dont nous parlions il y a un instant. Il se trouve que de plus en plus de réfugiés, indépendamment des personnes déplacées, de plus en plus de réfugiés vont dans les pays voisins : on pense à la Jordanie, à l'Irak, au Liban, à la Turquie. On peut penser à d'autres pays, y compris d'ailleurs maintenant, dans des proportions moindres, dans des pays européens.

Cela pose évidemment de lourds problèmes pour les personnes elles-mêmes, pour les pays qui les reçoivent et pour les populations. Ce problème existe en soi. Si les causes essentielles qui expliquent ce phénomène, c'est-à-dire l'attitude continue du clan de M. Bachar Al-Assad elle-même se poursuit, donc si cela devait se poursuivre, cela poserait de plus en plus le problème de l'accueil de ces populations. Vous avez vu que tel ou tel pays, je pense en particulier à la Turquie, dit : «oui mais à partir d'un certain nombre, nous ne pouvons plus accueillir les réfugiés et donc nous allons fermer la frontière».

Qu'est-ce qui se passe si les réfugiés continuent à affluer et s'ils ne peuvent pas aller dans les pays voisins ? Ils vont s'accumuler dans des zones en Syrie, à la frontière. Dans le même temps, la Syrie dit - il y a eu des déclarations en ce sens : «nous n'acceptons pas qu'il y ait des camps sur notre territoire». Donc, quand on examine ces déclarations, la situation telle qu'elle risque de se développer, on est obligé quand on est responsable, c'est le cas du ministre de la Défense, c'est mon cas, c'est le cas de tous mes autres collègues, de réfléchir à ce qui pourrait se passer. Et c'est là où nous sommes amenés à envisager, pas du tout à décider, à envisager la question de la zone d'exclusion aérienne.

Ce qui du coup pose toute une série d'autres questions qu'on ne peut pas balayer d'un revers de main. D'abord, quelle est la base internationale de légalité ? C'est la question que vous posez. Les Nations unies n'ont pas décidé cela. L'OTAN ne peut le faire que dans le cadre de l'article 5, or les pays ne sont pas attaqués. Il peut y avoir la responsabilité de protéger, nous en avons parlé avec mon collègue, mais c'est une notion un peu différente. Il y a donc déjà cette question-là.

Après il y a une autre question très importante qui est : est-ce qu'il est possible d'isoler telle zone géographique, compte tenu de ce qu'est le relief, la topographie de la Syrie ? Et il y a une troisième question - mais il y en a beaucoup d'autres - qui est : quel type de moyen cela demande ? Parfois la comparaison est faite avec la Libye, mais comparaison n'est pas nécessairement raison, car en Libye, les Américains étaient intervenus, les Britanniques étaient intervenus, les Français étaient intervenus, face à une aviation qui était tout à fait différente par sa masse, beaucoup plus faible que celle de la Syrie. Donc ces questions, sans du tout qu'il y ait de décision à ce stade, il est de la responsabilité de différents pays de les examiner et, en fonction du déroulement, de prendre le moment venu, les décisions nécessaires.

Maintenant je reviens, comme l'a dit excellemment mon collègue sur ce qui est en amont. Bien sûr il faut s'occuper de tout cela, et nous le faisons très activement en ce qui concerne la France, mais il faut s'occuper surtout de l'amont, c'est-à-dire arriver par la discussion, la pression, toute une série de mécanismes, à faire en sorte que la situation en Syrie même puisse se modifier. Car si vous ne modifiez pas la cause, vous ne modifiez pas beaucoup la conséquence. Voilà, la façon dont nous abordons cette question qui est au stade de l'examen.

Je voudrais ajouter deux mots pour terminer en faisant écho à ce que disait mon collègue, M. Patriota. D'abord pour souligner, comme il l'a fait, qu'il est très important, et c'est le sens des contacts que nous avons avec l'opposition syrienne, que lorsqu'on réfléchit au jour d'après, comme nous disons dans notre jargon, l'opposition syrienne souligne qu'il y aura respect de toutes les communautés. On pense aux chrétiens, aux alaouites, à la diversité des communautés. C'est absolument essentiel car l'argument qu'utilise le clan de M. Assad, c'est de dire attention, si ce n'est pas moi, vous allez être menacés. Alors qu'une grande partie de ces communautés elles-mêmes sont déjà menacées en ce qui concerne leurs ressortissants, car vous avez des chrétiens, des druzes, etc. qui quotidiennement meurent. Donc il est très important que l'opposition syrienne, les forces d'alternative, soulignent qu'il y aura un respect plein et entier de la diversité des communautés.

Ensuite je voudrais mentionner, tout à fait dans l'esprit qui a été dit, que ce matin même, j'ai reçu, à la fois pour préparer notre réunion de jeudi à New York, la quasi-totalité des grandes organisations, soit internationales, soit non-gouvernementales qui travaillent sur les questions humanitaires là-bas. Et d'autre part, une organisation extrêmement significative des médecins d'origine syrienne qui, soit en Syrie, soit à travers le monde, et notamment en France, propose une aide pour soigner les gens de l'intérieur. Il y a déjà plus de 70 médecins qui ont été tués, plus de 700 qui ont disparu. Ils ont besoin de fonds pour implanter ce qu'ils appellent des hôpitaux de fortune. Ils font un travail extrêmement précieux et là aussi on doit avoir le contact avec ces personnes. Même dans les choses les plus dramatiques il y a toujours des ironies. Savez-vous ce qu'on reproche à ces médecins ? On leur reproche d'avoir du sang sur les mains. Ils disent «oui nous avons du sang sur les mains, c'est le sang des personnes qui ont été blessées ou tuées par le régime et que nous essayons de sauver». En écoutant leur récit, on se dit qu'il y a vraiment beaucoup à faire./.

 

 

 

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6. Entretien du ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, avec «RFI» - Extraits - Paris, 27 août 2012

 

Q - La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré hier soir à propos de la Grèce que chaque jour compte maintenant pour renforcer les efforts et vraiment appliquer ce qui a été promis. Est-ce une pression supplémentaire sur le gouvernement grec qui, lui, aimerait bien obtenir un petit peu plus de temps de ses partenaires européens pour respecter ses engagements ?

R - Je crois qu'au cours des derniers jours, les choses ont beaucoup progressé à travers les différents entretiens qui ont eu lieu entre Angela Merkel et François Hollande d'abord, puis entre la chancelière, le président de la République française et le Premier ministre grec. La volonté qui est celle du gouvernement français, c'est de faire en sorte que l'intégrité de la zone euro soit maintenue, que la Grèce puisse rester dans la zone euro, que le peuple grec puisse bénéficier de la solidarité de l'Union européenne parce que nous ne voulons pas que le peuple grec paye dans l'austérité la facture de la finance démente. Et en même temps, tout cela n'est possible que si la Grèce fait des efforts; fait des efforts pour assurer le fonctionnement régulier de son État, fait des efforts pour organiser son administration, fait des efforts pour garantir que l'organisation et les orientations qu'elle met en place permettront au pays de se redresser. C'est la ligne, finalement très équilibrée, qui ressort des différents entretiens qui ont eu lieu au cours des derniers jours.

Q - Antonis Samaras, vous le disiez, s'est rendu à Berlin puis à Paris la semaine dernière. Hier, il a déclaré qu'il aimerait croire que ces rencontres ont permis de lentement renverser le climat de défiance vis-à-vis de la nation grecque. Est-ce le cas ?

R - Je crois qu'il est, de toutes les façons, très important lorsque la crise est là, qu'elle est profonde, qu'il y a des difficultés qui ne concernent pas un pays seulement puisqu'on voit aujourd'hui que la crise de la zone euro lie le destin des peuples, de faire en sorte que par le dialogue, par l'échange, par la recherche permanente de solutions, nous puissions progresser. Je crois qu'encore une fois, il faut retenir de la séquence des derniers jours la volonté affirmée par le président de la République et la chancelière allemande du maintien de l'intégrité de la zone euro. Pour cela, il faut que les efforts de solidarité qui ont déjà été faits et les demandes qui ont été formulées par M. Samaras, si elles veulent être satisfaites, puissent être assorties de la garantie donnée par le gouvernement grec de sa capacité à tenir les engagements qu'il a pris, en termes notamment d'organisation de l'État, de meilleur fonctionnement de l'administration. Encore une fois, il y a une contrepartie à la solidarité, c'est le respect des engagements pris.

Q - Ce gouvernement grec est entré en fonction fin juin ; c'est un nouveau gouvernement. Est-ce qu'il vous inspire confiance aujourd'hui ? Est-ce que vous êtes prêt à accorder une aide supplémentaire ?

R - Nous sommes dans un processus qui est connu, qui a été mis sur la place publique, il y a des discussions en cours. Le gouvernement grec exprime ses demandes et puis il y a un rapport de la Troïka, qui est composée de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne, du FMI, qui constitue l'ensemble des institutions étant venues au secours de la Grèce au cours des derniers mois, et qui va rendre son rapport rendant compte des conditions dans lesquelles la Grèce a pu tenir les engagements qu'elle avait pris devant les institutions internationales au moment où celles-ci ont décidé de l'aider. C'est au terme du rendu du rapport de la Troïka qui permettra de mesurer le chemin accompli par la Grèce, après que le gouvernement grec a émis ses demandes - cela a été le cas ce week-end - que dans la concertation entre l'ensemble des pays de l'Union européenne et notamment dans la discussion entre la France et l'Allemagne, une décision pourra être prise. Mais nous connaissons d'ores et déjà les prolégomènes de cette décision. C'est, premièrement, la volonté de manifester de la solidarité avec la Grèce pour maintenir la Grèce dans la zone euro ; et deuxièmement, la volonté de voir la Grèce tenir les engagements qu'elle prend face à ceux qui manifestent à son égard de la solidarité.

Q - Vous évoquiez l'unité du couple franco-allemand, l'unité de François Hollande et Angela Merkel qui veulent tous deux le maintien de la zone euro dans son intégralité, donc le maintien de la Grèce au sein de la zone euro. Il y a quand même des divergences qui pointent entre les deux pays. On sent peut-être la France plus encline, elle, à offrir un délai supplémentaire à la Grèce que l'Allemagne qui reste sur une position assez intransigeante.

R - Nous considérons que les bons consensus - notamment avec l'Allemagne - les compromis les plus forts, sont ceux qui s'élaborent à partir d'éléments que l'on met sur la table dans la plus grande franchise. C'est d'ailleurs ainsi que fonctionne bien le moteur franco-allemand. Il doit être équilibré, chacun doit pouvoir dire à l'autre ce qu'il entend faire prévaloir, la vision qu'il a de l'Europe. Et à la fin, ce dialogue interactif où chacun dit à l'autre exactement ce qu'il pense, doit permettre de construire les compromis les plus forts. Lorsqu'il s'agit de l'histoire de l'Union européenne, lorsqu'il s'agit de la relation franco-allemande, la formule «on sort toujours de l'ambiguïté à son détriment» du cardinal de Retz ne s'applique pas. Plus les choses sont mises sur la table, plus nous sommes capables de nous dire clairement ce que nous voulons pour l'Europe, plus le compromis que nous construisons avec les Allemands est fort. C'est cette méthode qui prévaut depuis l'élection de François Hollande. Nous tenons absolument à la relation franco-allemande. Nous considérons qu'il n'y a pas d'avenir possible pour l'Union européenne sans l'approfondissement de cette relation et nous pensons que, pour que cette relation joue son rôle, il faut qu'elle soit équilibrée, il faut qu'on se dise les choses. Il faut qu'elle soit ouverte aux autres ; c'est ce qui s'est passé au mois de juin dernier par l'association de l'Allemagne et de l'Italie à la recherche des solutions en vue de la réussite du sommet du 29 juin. Et il faut que cette relation, bien entendu, aboutisse toujours à des compromis.

Q - Est-ce que ce compromis ne va pas être de plus en plus difficile à trouver ? L'Allemagne entre l'année prochaine dans une période électorale. La chancelière Angela Merkel est sous la pression de l'aile droite de son parti ou de la CSU, son allié bavarois.

R - Je pense que tous les pays ont des considérations politiques intérieures et nous voyons, par ailleurs, la crise politique se superposer peu à peu à la crise économique et financière. Nous voyons l'euro-hostilité prendre plus de place que l'euro-scepticisme et l'europhilie a fortiori. Par conséquent, nous devons tout faire pour que l'intérêt de l'Europe, les solutions européennes sans lesquelles il n'y a pas de solution à la crise à laquelle sont confrontés chacun des pays de l'Union européenne l'emporte toujours et nous pouvons faire confiance à l'Allemagne compte tenu de son histoire, compte tenu du rôle particulier qu'elle a joué dans la construction de l'Union européenne pour cheminer avec nous. Mais encore une fois, je le disais la semaine dernière, l'Europe est un combat. Rien ne s'obtient sans action, rien ne s'obtient sans dialogue, rien ne s'obtient sans initiative surtout lorsque la crise vous envoie chaque jour ses défis. Et ce qui caractérise encore une fois la stratégie de François Hollande, c'est : réorientons l'Europe autour de la croissance, faisons-le en nous disant les choses, c'est-à-dire dans une relation franco-allemande équilibrée, et faisons-le aussi en ouvrant la discussion autour de l'axe franco-allemand à l'ensemble des pays de l'Union européenne qui peuvent, par les solutions qu'ils mettent sur la table, concourir au redressement de l'Union européenne.

Q - ... (Sur la ratification du pacte de stabilité budgétaire).

R - (...) François Hollande a tenu ses engagements. Pas de règle d'or dans la constitution : il n'y en aura pas. Réorientation de la politique de l'Union européenne autour de la croissance, de la stabilisation du système bancaire, du renforcement de la solidarité monétaire et financière : c'est engagé. Ce que nous présenterons au Parlement, ce n'est pas uniquement le Traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance : c'est la réorientation de la politique de l'Union.

Q - Ce sera soumis au Parlement à l'automne.

R - Voilà. Si on veut réussir les autres étapes, il faut consolider la première./.

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7. Cinéma francophone - Discours de la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui, à l'occasion de la projection du film «La Pirogue» de Moussa Touré - Angoulème, 26 août 2012

 

 

Monsieur le Ministre de l'Économie sociale et solidaire et de la Consommation, Cher Benoît Hamon,

Madame Roselyne Bachelot,

Madame la Préfète,

Monsieur l'Ambassadeur du Sénégal en France,

Monsieur le Président du jury,

Mesdames et Messieurs les Membres du jury et Organisateurs du festival,

Cher Dominique Besnehard, Chère Marie-France Brière, Cher Patrick Mardikian,

Mesdames et Messieurs,

Cher Amis,

J'ai fait plusieurs discours aujourd'hui pour dire l'importance du cinéma et du cinéma dans l'espace francophone. Je suis très heureuse d'être là pour célébrer la cinquième édition du festival du film francophone d'Angoulême. J'ai vraiment à coeur d'en saluer le président, Denis Podalydès.

Cette cinquième édition du festival a voulu rendre hommage au cinéma sénégalais, l'un des plus anciens et des plus vivants d'Afrique, pour ainsi marquer la relation d'amitié qui unit nos deux pays. Avec les films de Djibril Diop Mambety, Dyana Gaye, Sally Field, Moussa Touré, Ousmane Sembène, Alain Gomis, vous nous apportez toute la puissance de l'image sur les réalités quotidiennes d'hommes et de femmes de la société sénégalaise. Les films de ces réalisateurs sont des témoignages poignants, des moments de poésie et d'intenses émotions.

Permettez-moi d'avoir une pensée pour Ousmane Sembène qui a marqué mes premiers pas de réalisatrice. Sa longue carrière d'écrivain et de réalisateur mérite toute notre reconnaissance pour l'oeuvre qu'il nous laisse. Nous nous étions croisés au FESPACO où, inlassablement, il militait pour le cinéma et où il se passionnait pour les jeunes réalisateurs et auteurs qui venaient lui demander conseil.

Ce soir, nous allons voir le film de mon ami Moussa Touré qui est en compétition. C'est un film magnifique, la Pirogue.

Je voudrais aussi saluer Frédérique Dumas qui est la distributrice et la coproductrice, parce que Frédérique, tu es très importante pour nous, pour notre cinéma et pour le cinéma africain. En effet, il faut vraiment avoir un esprit ouvert et encore une fois sans préjugé, pour pouvoir produire ce cinéma-là, pour que ce cinéma aussi puisse être vu ici à Angoulême, dans cet espace francophone. Ceci est capital et nous nous devons aujourd'hui de pouvoir libérer cette parole dans cet espace francophone.

Encore une fois, je le dis, pour moi, le cinéma est la meilleure arme. C'est une arme qui prône la paix. À se connaître et à connaître l'autre, eh bien, on a plus peur de l'autre.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis, permettez-moi de vous dire combien je suis persuadée que la Francophonie est pleine d'avenir et qu'elle est l'un des moteurs de la connaissance. J'ai cette ambition de promouvoir le cinéma francophone partout où cela est possible. Au-delà de la promotion des films, nous devons aussi porter notre attention sur le soutien à apporter à toutes les étapes qui permettent la réalisation des films. Et là, je rejoins le ministre M. Youssou Ndour, c'est très important de pouvoir s'entraider sur la formation des techniciens, des acteurs, de l'aide à la production, de la recherche de nouveaux partenariats pour assurer la distribution des films francophones dans les meilleures conditions.

Je ne te remercierai jamais assez Dominique de faire une place au cinéma francophone. Tout à l'heure, lorsque je suis arrivée, que j'ai vu la file devant les salles de cinéma...Sachez que nous le ferons savoir en Afrique.

L'enjeu est donc énorme et l'ambition en vaut la peine. En effet, à travers ce cinéma, les réalisateurs, les acteurs, tous ceux qui s'engagent dans ce type d'aventure cinématographique, apportent de puissants témoignages sur la vie quotidienne dont tu es aussi le relais, Moussa. Toutes ces histoires simples et magnifiques que tu racontes sont pétries d'humanité. Elles parlent à chacun de nous, elles parlent à nos émotions, elles nous rapprochent encore davantage. En cela, l'hommage au cinéma sénégalais est la programmation qui est faite, sont exceptionnels. C'est donc grâce à l'existence d'un festival comme celui qui nous accueille aujourd'hui, et grâce à vous, toutes et tous, organisateurs et producteurs, réalisateurs, spectateurs et membres du jury, que la Francophonie peut acquérir une dimension plus humaine et contribuer également à faire changer le regard porté en France sur l'univers francophone et les peuples qui le composent.

C'est une ambition humaniste qui nous rapproche aujourd'hui, c'est cette ambition humaniste qui nous anime toutes et tous. Grâce à vous, nous avons la chance de pouvoir vivre aujourd'hui et je me battrai pour que cette langue française soit solidaire et égalitaire.

Merci./.

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8. Syrie - Situation humanitaire - Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Paris, 27 août 2012

 

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a reçu ce matin au Centre de crise du ministère des Affaires étrangères une vingtaine d'ONG humanitaires, quatre associations de défense des droits de l'Homme et les représentants à Paris des agences des Nations unies et du CICR pour évoquer avec eux la situation humanitaire en Syrie et dans les pays voisins.

Le ministre a souhaité leur rendre compte de sa tournée régionale en Jordanie au Liban et en Turquie du 15 au 17 août et les consulter avant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies centrée sur la dimension humanitaire de la crise syrienne, qu'il présidera le 30 août à New York.

Il a rappelé l'engagement de la France : 3,6 millions d'euros dont plus de 2,5 millions ont déjà été engagés pour des actions humanitaires à la fois à l'intérieur de la Syrie (pour plus de deux tiers) et pour venir en aide aux réfugiés dans les pays voisins. Une contribution spécifique au HCR de 600 000 euros a été fléchée pour l'assistance en Syrie et dans les pays voisins. Ces moyens ont été mis à disposition des agences des Nations unies, des ONG, des États accueillant les réfugiés et surtout des réseaux et associations de solidarité locale qui sont aujourd'hui ceux qui sont les mieux à même d'accéder directement aux populations en Syrie.

En complément, un groupe médico-chirurgical français a été déployé depuis plus de deux semaines dans le camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie.

Par ailleurs, la France s'est mobilisée pour que l'aide de l'Union européenne soit augmentée ; elle s'élève actuellement à 63 millions d'euros.

Il a indiqué aux participants que l'aide française comme l'aide européenne étaient susceptibles d'augmenter en fonction des besoins.

Il a ensuite reçu le président de l'Union des Organisations syriennes de Secours médicaux (UOSSM), Mustafa Abdul-Rahman, et le président de sa section française, l'Association d'aide aux victimes syriennes (AAVS), Ammar Chaker. L'UOSSM est la plus grande organisation internationale de médecins syriens qui, mobilisés en Amérique du Nord, en Europe et dans le monde arabe sont actifs en Syrie auprès des populations victimes de la répression

M. Laurent Fabius leur a indiqué l'attribution d'une nouvelle subvention française de plus de 230 000 euros qui permettra notamment de soutenir quatre centres de soins et dix entrepôts médicaux clandestins dans le pays. Cette subvention vient compléter une première contribution française qui a permis de mettre en place une structure médico-chirurgicale clandestine, d'acheter des équipements médicaux d'urgence, et de prendre en charge les salaires de vingt médecins syriens sur le terrain pendant six mois.

Il a rendu hommage au courage admirable des médecins et autres professionnels de santé syriens qui chaque jour et chaque nuit risquent leur vie auprès des populations victimes de la répression et dénoncé le ciblage meurtrier par les forces de Bachar Al-Assad dont ils sont les victimes.

La France a déjà soutenu pour plus d'un million d'euros divers réseaux de solidarité locaux dans le domaine médico-chirurgical et pour fournir une aide alimentaire à plus de 100.000 personnes dans différentes régions de Syrie. C'est une priorité de la France que de soutenir celles et ceux qui en Syrie se mobilisent pour porter assistance à leurs compatriotes ; la France a appelé ses partenaires des amis du peuple syrien à faire de même lors de la réunion du 6 juillet à Paris./.

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9. Syrie - Massacre de Daraya - Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Paris, 27 août 2012

 

La France est profondément choquée par la découverte des charniers dans la localité de Daraya et ce qui apparait comme un massacre de civils.

Elle souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette tuerie, notamment par l'intermédiaire de la Commission d'enquête internationale mise en place par le Conseil des droits de l'Homme. Elle rappelle que les responsables d'exactions auront à rendre des comptes et qu'aucun avenir ne peut être envisagé en Syrie pour les responsables qui ont du sang sur les mains.

Cet événement illustre l'intensification de la violence qui a cours depuis de nombreux mois en Syrie, alors que le président Bachar al-Assad a confirmé ce week-end sa volonté de poursuivre la violente répression qu'il exerce contre son peuple./.

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10. Syrie - Situation de M. Orwa Nyrabia - Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Paris, 27 août 2012

 

Nous avons appris la disparition inexpliquée de M. Orwa Nyrabia, célèbre producteur de cinéma syrien, alors qu'il s'apprêtait à partir pour l'Égypte depuis l'aéroport de Damas. Fondateur du festival du film documentaire Dox Box, M. Nyrabia a également été éditorialiste et acteur.

La France partage l'inquiétude de sa famille et les assure de son soutien le plus sincère. Elle souhaite que son retour auprès de ses proches soit le plus rapide possible et que la lumière soit faite sur cette déclaration./.

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11. Venezuela - Explosion dans la raffinerie d'Amuay – Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Paris, 27 août 2012

 

Nous avons appris avec une profonde tristesse le bilan meurtrier de l'explosion qui s'est produite samedi dans la raffinerie de pétrole d'Amuay, qui a causé à ce jour la mort de 41 personnes.

En ces jours de deuil national au Venezuela, la France tient à exprimer ses sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes, ainsi que sa solidarité avec le peuple vénézuélien et les autorités vénézuéliennes face à cette tragédie./.

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12. Nomination - Paris, 27 août 2012

 

Le Journal officiel du 26 août 2012 a publié la nomination de M. François Gouyette, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la Tunisie, en remplacement de M. Boris Boillon./.

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