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Bulletin d'actualités du 30 juillet 2012


Sommaire



1. Lutte contre le VIH/sida - Lettre du prĂ©sident de la RĂ©publique, M. François Hollande, adressĂ©e Ă  M. Patrick Yeni, prĂ©sident du Conseil national du sida

 

Monsieur le Président,

Je vous remercie vivement pour votre courrier me transmettant l'avis adopté en octobre 2011 par le Conseil national du sida : «Vaincre l'épidémie mondiale de sida par des investissements innovants».

Dans cet avis, le Conseil juge opportun de mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières à l'échelle de plusieurs pays pionniers.

C'est précisément l'appel que j'ai lancé dans le message-vidéo qui a été diffusé en ouverture de la conférence mondiale sur le sida, le 23 juillet à Washington.

Contre le VIH/sida, la France a été, est et sera au rendez-vous.

Co-fondateur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, notre pays est également à l'origine d'UNITAID, facilité internationale pour l'achat de produits de santé, qui s'appuie sur un financement innovant exemplaire : la contribution de solidarité internationale sur les billets d'avions.

Beaucoup a été fait et, à présent, il nous faut viser l'accès universel à des médicaments sûrs, efficaces et abordables, notamment pour les populations les plus vulnérables.

Permettez-moi de saluer l'action du Conseil national du sida, dont l'Ă©clairage contribue Ă  enrichir les politiques publiques.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mes salutations distinguées./.

Bien Ă  vous,

(Mention manuscrite en italique)

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Entretien du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, avec «RTL» - Extraits -

Q - Ce qui se passe en ce moment en Syrie est très grave. L'armée de Bachar Al-Assad a lancé ce week-end l'assaut contre la deuxième ville du pays, Alep, où se sont retranchés les rebelles. Craignez-vous un massacre ?

R - Oui, c'est un martyre que subit le peuple syrien, et le bourreau s'appelle Bachar Al-Assad.

Q - Le «bourreau», c'est un mot très fort.

R - Quand il y a un martyr, il y a un bourreau.

Q - On est vraiment frappés, quand on lit les articles de journaux, quand on entend les témoignages, par le côté «pot de terre contre pot de fer». Les rebelles se battent avec de vieilles armes et ils ont, face à eux, des hélicoptères, des chars, des roquettes, des canons. Ils réclament des armes aux Occidentaux. Peut-on leur confier, leur donner des armes ?

R - N'utilisons pas la langue de bois : des armes leur sont livrées. D'après les informations que l'on a, à la fois le Qatar, l'Arabie saoudite et probablement d'autres livrent des armes.

Q - Pas nous, pas les Français, pas les Britanniques ?

R - Non.

Q - D'accord.

R - Il est vrai qu'il y a un déséquilibre massif puisque Bachar Al-Assad a des moyens très lourds et qu'il en profite pour massacrer, pour tuer.

Depuis le début, la France est à l'initiative. Vous vous rappelez que le président français a réuni autour de lui, début juillet, la moitié des pays du monde, les Amis du peuple syrien. On a lancé toute une série d'initiatives en matière humanitaire, etc. Mais je pense que cela ne suffit pas et puisque la France prend la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies au 1er août, nous allons demander, avant la fin de cette semaine, la réunion du Conseil de sécurité, probablement au niveau ministériel, à la fois pour essayer d'arrêter les massacres et, en même temps, pour préparer la transition politique.

Q - François Hollande a justement renouvelé son appel aux autres membres du Conseil de sécurité, ce week-end, pour intervenir le plus rapidement possible. Il a dit précisément, je vais le lire : «je m'adresse une fois encore à la Russie et à la Chine». On sent dans ce «une fois encore» toute notre impuissance.

R - Je vous dis que nous allons convoquer le Conseil de sécurité. Il est probable que je le présiderai moi-même.

Q - La Russie et la Chine vous répondront la même chose que ces derniers mois ?

R - Il faut tout tenter. Il y a des contacts avec la Russie en particulier : l'ambassadeur de Russie a été reçu la semaine dernière par le directeur de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient du Quai d'Orsay. On discute, puisque les règles internationales sont ainsi faites que la Russie et la Chine ont la possibilité de bloquer la prise de décision au Conseil de sécurité. Mais il ne faut pas s'arrêter, il ne faut pas baisser les bras, il faut continuer et la Russie et la Chine doivent comprendre. Quels sont leurs arguments ? «Attention, qu'est-ce qui va advenir après M. Bachar Al-Assad ? Est-ce que le chaos ne va pas s'installer?». J'ai entendu cet argument...

Q - ...les Islamistes peut-ĂŞtre par exemple ?

R - Oui, mais il n'y a pas de plus grand désordre que ce qui se passe aujourd'hui. Et précisément, vous dites «les islamistes, les intégristes, les terroristes», mais si on continue comme aujourd'hui, la situation en Syrie va tourner de plus en plus à l'affrontement confessionnel et quand il y a une opposition confessionnelle, la température ne peut pas redescendre. Si on s'oriente vers cette direction, la violence du conflit sera d'un tel niveau que, non seulement la Syrie sera détruite mais en plus, les pays voisins vont être contaminés ; on pense au Liban, à la Jordanie et, dans une certaine mesure, à la Turquie.

Vous voyez donc la gravité de tout cela. On ne peut plus dire que c'est une affaire intérieure puisque cela déborde sur les autres pays. Il faut donc absolument - et c'est le rôle de la France - que l'on arrête les massacres, que la raison revienne et que l'on prépare la transition politique qui serait évidemment...

Q - ...transition avec des proches de Bachar Al-Assad, ce serait peut-ĂŞtre le seul moyen pour faire venir la Russie dans cette coalition ?

R - Il faudra une transition pluraliste, on le comprend bien. Dans une situation comme celle-ci, on ne va pas trouver tout d'un coup Abraham Lincoln ou George Washington, c'est Ă©vident.

Il faut donc qu'il y ait à la fois la résistance de l'intérieur, la résistance de l'extérieur et puis, probablement aussi, des gens du régime mais qui ne sont pas compromis. Il faut une solution pluraliste ; il y a des discussions en ce sens mais pour le moment, cela ne débouche pas.

(...)

Q - On va parler du Sahel puisque vous revenez du Sahel, Laurent Fabius. Est-ce qu'on va devoir, nous Français, intervenir au Mali dans les prochains mois ?

R - J'espère que non. Le Sahel, c'est une zone déshéritée, donc les gens ne la situent pas nécessairement sur la carte. Mais ce qui se passe là-bas est très grave parce que c'est une espèce d'incubateur du terrorisme qui est en train de s'implanter là-bas...

Q - Pour faire simple, les otages français qui ont été enlevés se trouvent dans cette zone tribale où Al-Qaïda au Maghreb islamique est présent ?

R - Oui, et il y a rassemblés à la fois des terroristes d'AQMI, des armes en grande quantité - dont une partie vient d'ailleurs de Libye -, de l'argent tiré des prises d'otage et une volonté d'en découdre. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ce n'est pas seulement vrai en ce qui concerne le Mali, cela s'étend jusqu'au Nigeria avec des intégristes que l'on appelle Boko Haram. Il y a donc un risque, pas seulement pour le Mali mais pour l'ensemble des pays de la sous-région. Dans ma tournée, ce qui m'a paru évident, c'est que tous ces pays, qui sont très différents - cela va du Niger au Tchad, en passant par le Sénégal et la Côte d'Ivoire -, ont très peur de ce qui va se passer.

Q - Le président ivoirien dit : «l'intervention militaire est inévitable et on a besoin de l'appui logistique des Français».

R - Pour le moment, il faut d'abord qu'il y ait une solution politique. Le président malien est revenu au Mali et il essaie de constituer un gouvernement de large union.

Q - Il ne maîtrise pas le nord de son pays.

R - Non. Pour le moment, le Mali est coupé en deux. Il faut donc récupérer l'intégrité du territoire malien. Il y a des solutions politiques, de développement aussi parce qu'il y a une crise économique extrêmement grave et humanitaire ; et puis il y aura à faire oeuvre de sécurité. Alors les forces maliennes vont aider, les forces africaines, je l'espère...

Q - Nos avions ?

R - On n'en est pas encore lĂ . Nous, nous jouons le rĂ´le de facilitateur...

Q - D'accord.

R - Parce que nous sommes une puissance de paix.

Q - Est-ce que, si la solution politique n'aboutissait pas, vous excluez totalement l'intervention de troupes françaises au sol dans les prochains... ?

R - Non, pas question...

Q - «Non, pas question» ?

R - Pas question que des troupes françaises se substituent aux Africains. Mais nous devons jouer un rôle politique et international de facilitateur, parce que tout cela nécessitera évidemment une approbation des Nations unies.

Q - Vous avez des informations sur les otages français dans la région ?

R - Je n'en parle pas. Je pense Ă  eux mais je n'en parle pas./.

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3. DĂ©placement au Tchad - ConfĂ©rence de presse du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius

Nous venons de rencontrer le président Déby. Je l'ai remercié de son accueil et je lui ai transmis les salutations amicales du président de la République. Nous avons tout d'abord fait un tour d'horizon, avec mon collègue ministre des Affaires étrangères et avec le président du Tchad, de la situation de nos relations bilatérales. Elles sont bonnes et nous sommes évidemment ouverts à tout approfondissement de ces relations qui sont traditionnelles et qui doivent se poursuivre. Et puis, nous avons examiné la situation régionale et en particulier la situation du Mali et, d'une façon générale, la situation au Sahel.

Nous sommes préoccupés, les uns et les autres, par ce qui se passe au Sahel et, en particulier, par la progression de l'organisation terroriste AQMI et la menace qu'elle représente. Le président Déby, qui connaît très bien ce sujet et la réalité locale, a procédé à une analyse qui me paraît extrêmement sérieuse de la menace que ce mouvement et ces terroristes constituent, pas seulement pour le Mali mais pour l'ensemble de la région. Nous avons échangé sur ces sujets et je retransmettrai aux autorités françaises les analyses du président du Tchad, qui connaît très bien la région. À ce titre donc, cette analyse doit être prise pleinement en compte.

Cette étape était une des étapes importantes de la tournée que nous avons faite avec quelques collègues dans la région. Je tenais à venir rencontrer le président du Niger, le président du Sénégal, le président Compaoré du Burkina Faso et à pouvoir rencontrer aussi le président du Tchad, puisque le Tchad n'est pas membre de la CEDEAO mais est tellement important pour la région.

Le président Déby est connu pour l'expérience qu'il a sur toute une série de problèmes qui concernent la région. Je repars donc avec le sentiment que la coopération entre le Tchad et la France va évidemment se poursuivre, se développer et, en même temps, avec une analyse pleine d'intérêts sur ce qui se passe dans la région.

Q - Monsieur le Ministre, vous avez évoqué, dans votre intervention, la situation du Mali. Vous avez dit également que cette crise constitue une menace pour les autres pays sahéliens. Que peuvent donc attendre les Africains de la part de la France par rapport à cette crise ?

R - Notre analyse est très convergente et, comme vous l'avez souligné vous-même, nous considérons, l'ensemble des pays concernés considèrent, que le terrorisme qui existe actuellement au Nord-Mali a des conséquences désastreuses pour le Mali et pour l'ensemble des pays voisins puisque, finalement, tout le monde est menacé directement ou indirectement. Alors la France, dans tout cela, veut jouer un rôle de facilitateur.

Partant de l'analyse de ce qui se passe au Mali, les Maliens - et vous savez que le président malien est revenu hier à Bamako - veulent constituer un gouvernement plus large, pour pouvoir procéder à un certain nombre de réformes et avoir ainsi une légitimité incontestée. Évidemment, en tant qu'amis de la démocratie, nous ne pouvons qu'être d'accord avec cela. Et puis, il y a des actions de développement qui vont devoir être menées. Nous les aiderons, soit directement, au niveau bilatéral, soit indirectement, à travers l'Union européenne ou les organisations internationales.

En outre, il y a la dimension de la sécurité, c'est ce à quoi vous faites allusion. Là, évidemment, il faut que le Mali puisse reconquérir son intégrité, et puis qu'il puisse y avoir, par rapport aux attaques et aux menaces terroristes, une réplique forte. La France peut jouer un rôle de facilitateur, mais pas du tout en se substituant aux Africains. C'est l'affaire des Africains, mais il est également nécessaire que des résolutions soient votées, au niveau international, aux Nations unies. La France est membre permanent du Conseil de sécurité. Si nous pouvons faciliter l'organisation de tout cela, nous le ferons. Voilà exactement notre rôle, parce que nous sommes les amis des l'Afrique, des Africains et que, comme tous les Africains, nous pensons que le terrorisme est quelque chose d'extrêmement dangereux qu'il faut combattre.

Q - Monsieur le Ministre, avec l'arrivée des socialistes au pouvoir, quelle sera la coopération entre le Tchad et la France ?

R - Il y a un changement de président de la République, un changement de gouvernement, mais les relations d'amitiés demeurent. Le Tchad et la France, depuis très longtemps, ont des relations d'amitié, de partenariat. Nous appelons cela un partenariat. Et pour nous, nous voulons que ce partenariat soit un partenariat d'égal à égal avec le Tchad, bien sûr, et avec d'autres pays de la région. Nous devons respecter nos interlocuteurs. Il faut que, dans le partenariat, chacun trouve son intérêt. Il importe donc que nous aidions au développement du Tchad et, qu'en même temps, le Tchad comprenne ce qu'est la position de la France. Je crois que c'est le cas et je pense que le changement de gouvernement en France va permettre d'avoir une relation apaisée et développée avec l'ensemble des pays d'Afrique et singulièrement avec le Tchad. J'ai ainsi trouvé dans le président Déby, que j'ai déjà rencontré il y a quelques années, un interlocuteur extrêmement ouvert à ce partenariat dont je me réjouis./.

 

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4. DĂ©placement au Tchad - Entretien du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, avec l'«AFP»

 

J'ai fait une étape pour rencontrer le président Déby en raison, d'une part, de la coopération entre le Tchad et la France et, d'autre part, parce que le président Déby connaît très bien la situation dans la région.

Nous avons donc abordé les questions bilatérales sur lesquelles existent des partenariats. Ils vont être développés. Nous avons aussi abordé la question du Sahel, du Mali et du terrorisme, et le diagnostic du président Déby est un diagnostic très sévère. C'est-à-dire qu'il constate le développement du terrorisme au Nord-Mali et il estime que cela constitue une menace, pas seulement pour le Mali mais - je le pense aussi - pour l'ensemble des pays de la sous-région. Nous avons donc discuté de cela. La communauté internationale doit être consciente de cette menace et examiner les moyens d'agir de façon active. C'est donc une visite utile et, maintenant, après ces quelques jours de tournée africaine, nous allons retourner à Paris.

Q - Le Tchad s'est-il montré disposé à envoyer des troupes, éventuellement pour appuyer la CEDEAO, pour combattre le terrorisme ?

R - Nous n'en sommes pas encore à examiner les précisions de telle ou de telle mesure. Mais, ce qui est certain, c'est qu'à partir du moment où les pays africains considèrent que le terrorisme est une menace pour chacun d'entre eux, il y a une logique à ce que chacun participe à cet effort. Après, il faut décider des mesures concrètes. Ce n'est pas mon rôle de le faire. La France est un facilitateur. Ce n'est pas à nous mais d'abord aux Africains de prendre la décision. Mais j'ai senti chez le président Déby une conscience profonde de la gravité de la menace. Cela est sûr.

Q - Monsieur le Ministre, avez-vous évoqué la question lancinante de la présence de l'armée française au Tchad qui était en discussion entre la France et le Tchad ?

R - Nous n'avons pas abordé cette question./.

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5. DĂ©placement au SĂ©nĂ©gal - Allocution du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, dans les locaux du mouvement «Y'en a marre»

 

Merci à vous d'avoir eu la gentillesse de m'accueillir. Je ne suis pas un bon rappeur, mon éloquence n'est pas exactement la même que la vôtre, mais je vais essayer de répondre à vos questions. D'abord, pourquoi suis-je là ? Parce que très gentiment vous me l'avez proposé et comme vous me le disiez à l'oreille cela fait peut-être partie de la présidence «normale». Il est normal d'être au milieu de la population : la population est ici, les jeunes sont ici, il est donc normal, puisque vous avez la gentillesse de nous accueillir, d'être là.

Vous avez posé deux ou trois questions qui sont parfaitement légitimes.

La première, si j'ai bien compris, c'est - vous avez pris l'exemple du Niger mais on peut prendre l'exemple du Sénégal ou d'autres pays - de dire qu'«en Afrique, nous avons des richesses et il n'est pas normal que ces richesses partent vers d'autres continents - l'Europe, les États-Unis, la Chine ou ailleurs. Est-ce qu'il ne serait pas mieux de garder une partie de ces richesses ?».

Vous avez pris l'exemple de l'uranium, on pourrait aussi en prendre d'autres. Oui, c'est évident, même si vous n'êtes pas un parti politique, vous avez vos idées et, parmi ces idées, il y a celle de la justice qui est fondamentale. Et il est juste que ceux qui ont des richesses sur leur sol, qui travaillent, qui contribuent au développement et au progrès, puissent avoir l'essentiel de ces ressources.

Bien entendu, si on veut que des sociétés viennent aider à développer un pays, il faut qu'elles soient rétribuées mais pas dans des conditions illégales. C'est donc le sens de ce que nous allons essayer de faire. Pour prendre l'exemple d'Areva - puisqu'il faut appeler un chat un chat -, les bénéfices tirés de l'uranium ne sont malheureusement pas les mêmes que ceux tirés du pétrole, qui sont beaucoup plus importants, mais ils existent. J'ai eu l'occasion d'en discuter avec mes collègues du gouvernement du Niger ce matin : une partie importante va contribuer au budget du Niger et le budget permet d'alimenter l'éducation et d'autres choses. Alors, il y a des discussions bien sûr entre le gouvernement et l'entreprise : est-ce suffisant ? Pour ne pas dévoiler un secret mais le faire un petit peu, nous avons donné un coup de pouce et dit à l'entreprise Areva : «ce serait quand même juste qu'il y ait un peu plus» et cela a commencé d'être fait.

Mais, au-delà d'une entreprise particulière, c'est un nouveau mode de coopération qu'il faut trouver. Il y a sur votre sol des richesses, il ne faut pas les piller, il faut les exploiter, les partager et puis que l'essentiel puisse revenir à la population autochtone.

Vous avez pris un deuxième exemple : c'est l'exemple des jeunes et des visas si j'ai bien compris. Il y a des questions qui se posent. J'ai compris que dans votre ADN vous étiez démocratiques mais pas démagogiques. Il est tout à fait légitime à mon sens que chaque pays ait une politique migratoire. Vous l'avez dit vous-même : l'objectif n'est pas d'aller à l'étranger pour être traité comme un moins que rien. Vous avez une politique migratoire, nous avons une politique migratoire. Simplement, il faut que cette politique migratoire, d'abord, respecte les droits de chacun et ne soit pas vexatoire.

Respecter les droits de chacun cela veut dire quoi ? Lorsque des jeunes Sénégalais viennent étudier en France, s'ils veulent commencer à travailler en France, ils doivent pouvoir le faire. Vous savez que, même si je ne suis pas là pour faire de la politique et critiquer mes prédécesseurs, il y avait eu une circulaire, la circulaire Guéant, qui disait : «vous pouvez venir mais vous ne pouvez pas travailler». C'était non seulement injuste pour les jeunes mais assez imbécile à mon avis car, dans le monde dans lequel nous vivons - c'est un monde de brassage, de métissage -, c'est une vision archaïque, anachronique, dépassée, de penser qu'on édifie un mur, une frontière qui n'existe pas. Nous avons annulé cela, on peut dire que c'est une petite mesure mais ce sont des choses concrètes.

De la même façon je pense - et je vais m'en occuper en liaison avec Manuel Valls - que, lorsqu'il y a des demandes de visas, il ne doit pas y avoir de procédure vexatoire. On dit «oui» la plupart du temps, de temps en temps on dit «non», mais il faut que cela se fasse dans des conditions faciles. On ne veut pas que les gens attendent, fassent la queue et payent des sommes considérables. Je dirais que la manière de le faire est aussi importante que la décision que l'on prend. J'étais allé souvent en Afrique avant même l'élection et beaucoup de gens m'ont dit cela. C'est donc quelque chose que l'on doit essayer de changer.

Vous prenez un troisième exemple. Vous dites que votre mouvement est en train d'essaimer dans d'autres pays de la région. Vous avez cité le Mali, je vais vous en dire un mot. Vous dites : «au fond, pourquoi un mouvement comme le nôtre ne pourrait pas exister sous une forme différente ou analogue en France ?»

D'abord le Mali. Avec Pascal Canfin, qui est à mes côtés, qui est ministre comme moi et qui s'occupe du Développement, nous avons rencontré les dirigeants du Niger et du Burkina Faso et nous sommes ce soir ici avec vous. Et puis nous nous rendrons au Tchad.

Évidemment, les populations et les autorités de chacun de ces pays sont très soucieuses de ce qui se passe au Mali. D'abord parce que vous avez un pays qui est coupé en deux. En plus vous avez, au nord du pays, une partie de population touareg qui a tout à fait le droit d'être là, mais aussi un certain nombre de terroristes qui font régner la terreur. Cela a des conséquences très lourdes pour le Mali mais aussi potentiellement pour tous les pays de la région, y compris chez vous, même si c'est à des centaines de kilomètres. Mais cela a aussi des conséquences potentielles chez nous car les terroristes considèrent, au fond, que l'ennemi ce sont ceux qui ne pensent pas comme eux et en particulier les Européens.

Alors, que faut-il faire ? J'ai discuté avec mes interlocuteurs et il y a deux ou trois idées qui apparaissent et je vous les propose. Au fond, le triangle qui doit permettre de redresser la situation c'est le triangle «démocratie-développement-sécurité». Quand on y réfléchit, ces trois piliers sont absolument essentiels.

Démocratie, parce qu'il y a un gouvernement au sud qui ne peut pas être présent au nord et, en plus, ce gouvernement ne représente pas la totalité de la population. Je pense donc qu'il est juste qu'il y ait un nouveau gouvernement qui soit mis sur pied et qui soit représentatif de l'ensemble de la population. C'est la tâche qui a été demandée au président. Il a été sauvagement agressé, laissé pour mort et il est revenu courageusement cet après-midi. Il faudra, à partir d'un gouvernement démocratique et tout à fait large, qu'il s'attaque au problème du développement : beaucoup de gens du nord sont descendus au sud, il y a des famines qui menacent, il y a les criquets pèlerins qui arrivent et c'est un pays extrêmement pauvre. Si vous n'avez pas de démocratie, vous ne pouvez pas avoir de développement mais si vous n'avez pas de développement, la démocratie risque aussi d'être mise en cause. Il va falloir aussi qu'il s'attaque à la sécurité dans le sud et puis, petit à petit, dans le nord. Les forces du nord qui acceptent de discuter, il faut dialoguer avec elles. Mais, s'il y a quelques forces qui restent et qui sont des terroristes professionnels, il faudra les traiter comme on traite les terroristes professionnels, parce qu'ils menacent vraiment l'ensemble de la région.

Quel est le rôle de la France là-dedans ? Nous ne sommes pas en première ligne mais nous allons essayer de faciliter parce qu'il faudra que les Nations unies aident tout cela. Comme nous sommes niveau international dans le Conseil de sécurité et au niveau européen on a des choses à dire, on va essayer de faciliter la situation.

Dernière question : en France est-ce qu'il pourrait y avoir l'équivalent de «Y'en a marre» ? En France, il n'y a pas d'équivalent parce que les indignés c'était quand même un autre cas. Les indignés étaient à mon avis plus politiques que vous, ils étaient très forts au moment où ils étaient dans l'opposition mais ils n'ont pas réussi à faire le passage lorsqu'il y a eu un changement de gouvernement. Vous avez retrouvé en vous-mêmes le slogan du NTS (nouveau type de Sénégalais) en vous disant : «maintenant Wade est tombé, il y a un nouveau pouvoir ; que pouvons-nous faire pour nous-mêmes et pour l'ensemble du pays ?». Vous êtes passé, si j'ai compris, d'une action plutôt négative à une action à la fois de surveillance mais qui est plutôt positive.

Chez nous aussi, il y a eu un changement de pouvoir et un mouvement comme le vôtre ce n'est pas le gouvernement qui peut le décider. Mais je pense que ce que vous faites, cela peut être un exemple parce qu'il faut que les jeunes et les moins jeunes se prennent en main. Un pays ce n'est pas seulement le gouvernement. Il faut que chacun se demande ce qu'il peut faire pour son pays. Et il faut aussi une vigilance parce que, même si un gouvernement est plus progressiste qu'un autre, il peut quand même commettre des erreurs. Mais tout à l'heure, quand vous avez tous chanté l'hymne sénégalais que je ne connaissais pas, il y a une parole que j'ai retenue, c'est quand l'hymne dit «épaule contre épaule» : je sens que c'est cela qui est vraiment au coeur de votre mouvement. Parmi ces épaules, il peut y avoir les épaules des Sénégalais mais aussi des épaules comme les nôtres qui viennent vous aider.

Q - Pourquoi venir au Sénégal et rencontrer le mouvement «Y'en a marre» ?

R - Parce qu'il y a une grande tradition d'amitié entre le Sénégal et la France : nous nous aimons, c'est un mot qu'on n'utilise pas beaucoup en politique mais je l'utilise à dessein. Nous aimons le Sénégal, nous aimons les Sénégalais et je pense qu'au-delà des hauts et des bas de l'histoire, les Sénégalais ont une relation particulière avec la France. Nous avons tellement de raisons d'être ensemble. Alors, cela a été difficile pendant la dernière période ; je suis membre d'un gouvernement de gauche, je ne cache pas mon drapeau dans ma poche et, évidemment les opinions du précédent gouvernement, sa manière de travailler, de pratiquer, pour nous, c'était inacceptable. Vous avez élu démocratiquement une nouvelle équipe que nous avons d'ailleurs reçue à Paris et la moindre des courtoisies, c'était que cette visite soit rendue et c'est le sens de mon déplacement.

Pourquoi venir ici - au siège de «Y'en a marre» ? Parce que je pense que le Sénégal, ce n'est pas simplement le Sénégal officiel. Vous savez, moi, comme vous l'avez dit gentiment, j'ai été ministre et Premier ministre très jeune et l'expérience cela a l'avantage d'aider à éviter les erreurs à ne pas commettre. Et la faute principale à commettre, c'est de rester enfermé dans les palais officiels et de se couper de la population. Il y a parfois des gouvernements qui commencent de façon excellente et brillante et puis, au fur et à mesure, on se coupe de la population. Il faut toujours être à l'écoute de la population. Parfois vous dites «oui», parfois vous dites «non», vous nous disiez tout à l'heure que nous ne sommes pas démagogiques mais au moins écoutés. Et ici j'ai le sentiment que c'est le coeur du Sénégal qui parle et j'ai donc eu envie, avec mes amis, d'écouter le coeur du Sénégal battre, ici./.

 

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6. DĂ©placement au SĂ©nĂ©gal - Entretiens avec le prĂ©sident de la RĂ©publique du SĂ©nĂ©gal, M. Macky Sall, et le ministre des Affaires Ă©trangères de la RĂ©publique du SĂ©nĂ©gal, M. Alioune Badara CissĂ© - ConfĂ©rence de presse du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius

Je viens d'avoir un entretien avec le président sénégalais, après avoir eu un entretien avec mon collègue et ami le ministre des Affaires étrangères. Juste deux mots pour vous dire d'une part, vraiment, que je remercie les autorités sénégalaises de leur gentillesse et de la chaleur de leur accueil. Je confirme que tout est réuni pour une nouvelle et excellente page dans les relations entre le Sénégal et la France. Que ce soit sur le plan multilatéral ou sur le plan bilatéral, nos analyses, nos orientations et nos décisions sont tout à fait convergentes. Vraiment, je suis sûr que l'on va construire de belles et utiles choses ensemble.

Sur le plan bilatéral, nous avons passé en revue les champs de notre partenariat ; c'est le mot qu'il faut utiliser : un partenariat d'égal à égal, et déjà beaucoup de choses ont été faites sur le plan économique, éducatif, culturel, scientifique, de développement, et nous allons amplifier tout cela.

Sur le plan multilatéral, nos analyses sont aussi très convergentes. Vous comprendrez que nous avons parlé en particulier de l'Afrique et notamment, bien sûr, de ce qui se passe au Mali et dans le Sahel, et là aussi nos analyses sont convergentes. Il faut une démocratie qui soit inclusive comme on dit maintenant. Le gouvernement doit être un gouvernement de large union et, de ce point de vue, nous avons salué le retour du président Traoré à Bamako.

Il faut, en même temps, que des décisions soient prises pour reconstruire le Mali sur le plan économique et social, et nous comptons beaucoup sur les autorités maliennes pour le faire avec le soutien de tous.

Et puis il y a un aspect de sécurité évident, à la fois dans la partie sud du Mali et pour l'intégralité du Mali. C'est la question grave posée par l'existence de groupes terroristes regroupés sous l'étiquette AQMI, qui ne peuvent pas être acceptés compte tenu de la menace qu'ils font peser non seulement sur le Mali mais aussi sur l'ensemble de la région et, de façon générale, sur l'ensemble des démocraties.

C'est donc aux Maliens et à l'ensemble des Africains de prendre les décisions nécessaires avec le soutien de la communauté européenne et internationale. La France, dans tout cela, souhaite jouer le rôle de facilitateur et, sur ces plans comme sur le reste, nos analyses sont également convergentes.

Je repartirai dans quelques instants ; j'irai au Tchad avant mon retour à Paris avec la confirmation que le Sénégal et la France sont des partenaires, des cousins, des amis. Et que nous avons énormément de choses à bâtir ensemble.

Q - Avez-vous parlé de la situation en Syrie ?

R - Nous avons centré notre discussion sur le Sahel mais, bien évidemment, nous sommes non seulement préoccupés mais extrêmement choqués et blessés par ce qui se passe et, notamment, par les dernières informations en provenance d'Alep. M. Bachar Al-Assad massacre son peuple et quand on voit les dizaines et les dizaines de morts qui tous les jours sont comptabilisées simplement parce qu'un homme qu'on ne peut nommer autrement qu'un massacreur refuse de faire droit aux revendications de son peuple, on ne peut qu'être bouleversé par ce qui se passe.

Vous savez que la France est pleinement mobilisée, à la fois directement et au niveau international. Elle a pris et prend toute une série d'initiatives pour parvenir à faire cesser les combats, éviter que le conflit ne gagne les pays voisins et puis, pour préparer la transition qui est absolument indispensable. Il faut que l'opposition s'unifie. Il faut aussi faire droit à des éléments qui, dans le passé, ont collaboré avec le régime sans s'être évidemment compromis. Au XXIe siècle, on ne peut pas admettre qu'un tyran massacre son peuple, contrairement à tout ce qu'exige l'humanité. Donc voilà, nous sommes bouleversés par ce qui se passe et nous allons faire le maximum sur le plan international pour essayer de trouver une solution pacifique.

Q - Et pour le cas du Mali, vous dites que vous êtes facilitateur mais combien de temps faudra t-il attendre avant que l'action militaire ne soit engagée ?

R - Nous avons tous la même analyse sur ce plan. C'est un triangle «démocratie, développement, sécurité». Il faut que ces trois piliers soient présents. Démocratie, c'est le travail qu'est en train d'accomplir, j'espère avec le concours de tous, le président Traoré pour avoir un gouvernement de large union. Il faut qu'il fasse appel à la bonne volonté des uns et des autres. Ce gouvernement doit être large et démocratique s'il veut retrouver les chemins du développement, d'autant plus que le Mali doit faire face a une situation humanitaire très compliquée en ce moment. Mais tout ceci n'est possible que si vous avez la sécurité ; à la fois la sécurité au Sud et la sécurité dans l'ensemble du Mali. Il va y avoir certainement des discussions du gouvernement avec les différentes parties de la population. S'il se trouve - et c'est très probable - que le groupe terroriste AQMI maintient ses positions - qui sont inadmissibles - et ses pratiques, il faudra, le moment venu, que cette question de la sécurité soit réglée comme elle doit l'être par les Africains d'abord. Il est donc nécessaire à la fois que les forces du Mali se reconstituent et que les pays voisins qui veulent partager cette action se rassemblent. Il faut, évidemment que l'ensemble de la région et la communauté internationale apportent un soutien - et c'est là que la France joue son rôle de facilitateur non pas à la place des Africains mais en soutien des Africains et pour la paix.

Q - Avez-vous parlé de la possibilité que le président François Hollande vienne au Sénégal ?

R - Très aimablement le président Macky Sall avait invité le président François Hollande qui, bien évidemment, honorera cette invitation ; c'est un grand privilège que d'être accueilli au Sénégal. La date n'est pas encore fixée car vous savez que, pour d'évidentes raisons, le président Hollande a un calendrier extrêmement lourd. Mais il va de soi que dès qu'il en aura l'occasion, c'est avec beaucoup de joie qu'il se rendra au Sénégal.

Q - La France va-t-elle intervenir militairement au Nord Mali ?

R - Le problème ne se pose pas comme cela aujourd'hui. Il faut d'abord établir une démocratie totale au Mali, aider au développement et, ensuite, que les Maliens eux-mêmes et les pays qui sont autour dégagent des forces de sécurité. Si toute ces conditions sont remplies - et il faut qu'elles soient remplies -, à ce moment-là, il pourrait y avoir un appui de la France avec un soutien international. Mais la France ne va pas se substituer aux Africains parce que ce serait une idée qui serait reçue de manière extrêmement dure si des Français intervenaient contre des Maliens - cela n'aurait aucun sens. Il faut donc d'abord qu'il y ait des forces de sécurité de la part des populations - on est en train d'y travailler - et après, il y aura un rôle de facilitateur de la France.

Q - On ne parle dernièrement que de la menace terroriste mais il y a aussi des exactions qui sont commises dans le Nord Mali et les populations maliennes qui sont obligées de fuir. En sait-on plus sur ces hommes, qui seraient quelques milliers ? Combien sont-ils ? Quel est leur profil ?

R - Sur le nombre, il y a des discussions ; les plus optimistes disent quelques centaines, les plus pessimistes disent quelques milliers. Ce qu'il y a de sûr, c'est que leurs objectifs et leurs pratiques sont absolument inacceptables. Violer, assassiner, faire plier tout le monde sous une seule loi qui est une loi religieuse, ce n'est pas accepté par l'immense majorité des populations africaines. Et ce n'est pas accepté par nous./.

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7. DĂ©placement au SĂ©nĂ©gal - CĂ©rĂ©monie de remise de dĂ©corations Ă  la RĂ©sidence de France - Allocution du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius

Messieurs les Ministres, Monsieur l'Ambassadeur, Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

D'abord, merci infiniment d'avoir pris sur votre temps de cette belle soirée pour venir célébrer à la fois trois d'entre nous qui sont présents ici et, de façon générale, l'amitié entre le Sénégal et la France. Il se trouve qu'en tant que ministre des Affaires étrangères depuis peu de temps, j'ai souhaité consacrer l'un de mes premiers déplacements à cette partie de l'Afrique. Il était donc bien normal, ayant reçu il y a quelques jours à Paris le président Macky Sall, que je sois ici avec le ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin et François Loncle, ancien ministre et actuellement député, pour faire le tour des relations bilatérales et examiner la situation régionale, et surtout avoir l'occasion de dire tout simplement que nous, Français, aimons le Sénégal et les Sénégalais et que nous avons bien l'intention d'ouvrir une nouvelle page de cette belle histoire entre le Sénégal et la France.

Alors, il se trouve que nous avons la chance ce soir d'avoir trois personnalités que je vais honorer, auxquelles je vais remettre les distinctions que la République française a décidé de leur attribuer. Je le ferai d'une voix tremblante car leur titre, leur culture, leur histoire, leurs oeuvres sont telles que le très modeste agrégé de Lettres modernes que je suis ne peut parler qu'avec hésitation. Mais l'hésitation n'est pas suffisante, il faut aussi procéder selon la tradition, ce que je vais faire dans un instant. Je vais donc demander au professeur Oumar Sankhare d'avoir la gentillesse de bien vouloir s'avancer et de partager avec moi cette tribune.

Je dirai les choses simplement et brièvement par rapport à une personnalité que vous connaissez, qui est née il y a de cela quelques années à Thiès, au Sénégal, et qui a à son actif 38 années de services rendus à l'Éducation nationale. Le professeur Sankhare est professeur à l'Université, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar ; il est, et sur cela je devrais commencer à bégayer, sauf erreur de notre part, le seul Africain à être deux fois agrégé. Quand je dis le seul Africain, c'est un peu restrictif, car il n'y a pas beaucoup de Français qui sont dans sa situation. Il est agrégé à la fois de Lettres classiques, en 1983, agrégé de Grammaire en 2011.

C'est là que je dois me montrer modeste. Moi-même, quand j'ai eu à choisir l'agrégation que je devais passer après l'École normale supérieure, je me suis dit que la grammaire était trop difficile et les Lettres classiques, je n'y arriverai pas. J'ai donc choisi les Lettres modernes. C'était un jury très indulgent, c'était en 1968, les choses étaient un peu désordonnées et ils m'ont reçu.

Au nom de cette exception, je dois m'incliner vraiment jusqu'à terre devant le mérite exceptionnel du professeur Sankhare.

Ceux qui le connaissent bien savent que c'est un enseignant d'humanités, dans tous les sens du terme, que ses cours sont extrêmement suivis à l'Université et que, évidemment, c'est un passionné de la langue et de la littérature française. Parmi les livres qu'il a édités - les choses tombent bien -, il y en a un qui concerne Youssou N'Dour - que je salue - dans lequel il analyse la prose du chanteur. Je dois préciser pour qu'il n'y ait pas de confusion que c'était avant que celui-ci ne devienne ministre de la Culture et du Tourisme.

Ce qui caractérise le professeur Oumar Sankhare, c'est un goût extraordinaire pour le français. Il a consacré sa vie à cette langue, en considérant que c'était un même combat que celui-ci et que celui d'aider l'Afrique. Dans le débat sur la place des langues nationales, qui est un débat qui n'a pas fini de nous mobiliser, il aime rappeler que le français, après avoir été la langue unificatrice de la France, a été et est la langue unificatrice de l'Afrique, c'est ce qui permet à chacun de s'entretenir avec un Malien, un Togolais, et au fond c'est tout le sens de la Francophonie. Je ne vais pas faire un long discours sur ce sujet que vous connaissez aussi bien que moi, mais ce n'est pas simplement une langue que nous avons en partage, ce qui est déjà immense, c'est une culture, ce sont des valeurs, et je crois que c'est cela le sens du combat que le professeur Sankhare n'a cessé de mener.

Alors voilà : double agrégation, une vie passée au service de la langue, de l'Afrique, de l'amitié entre la France et l'Afrique. Il était tout à fait légitime que ce soir, devant vous, je remette dans un instant les insignes de Commandeur dans l'Ordre des Palmes académiques à l'exceptionnel professeur qu'est M. Oumar Sankhare.

Je vais maintenant procéder à la deuxième remise de distinction, cette fois dans l'Ordre des Arts et des Lettres, qui, je le rappelle, récompense les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apporté au rayonnement des Arts et des Lettres en France et dans le monde.

Je vais demander Ă  M. Hamady Bocoum de bien vouloir s'avancer et de m'accompagner sur cette estrade.

Je vais présenter, pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, M. Bocoum. Il est né en 1956 à Kanel, sur le fleuve. Il a effectué ses études secondaires au Sénégal et a terminé ses études supérieures en France. Il est archéologue de formation. En 1986, il a soutenu à l'université Paris I Panthéon Sorbonne, une thèse de IIIème cycle intitulée «La métallurgie du fer au Sénégal, approche archéologique, technologique et historique». Il soutient son doctorat d'État ès Lettres et Sciences Humaines avec comme titre : «Histoire technique et sociale de la métallurgie du fer dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal» à l'université de Dakar en décembre 2006.

Il occupe les fonctions de directeur de l'Institut fondamental de l'Afrique noire (IFAN) et de directeur du Patrimoine culturel du ministère de la Culture auprès de notre ami Youssou N'Dour. En 2010, il a été commissaire du 3ème FESMAN (Festival Mondial des Arts Nègres) dont la première édition avait été initiée, je crois, par le président Senghor.

C'est un chercheur de très haut niveau qui a élargi son champ d'études au domaine culturel et linguistique au sens de patrimoine immatériel, et c'est un homme qui non seulement est un savant, mais qui a de l'intuition, y compris lorsque cette intuition se porte sur les sujets les plus dramatiques ; dans un article du quotidien sénégalais Le Soleil, du 3 avril 2012, le professeur Bocoum exprimait ses inquiétudes concernant les menaces qui, selon lui, pesaient sur les manuscrits des villes historiques du Mali, un patrimoine de toute l'Afrique. Quand on sait ce qui malheureusement est advenu depuis, on constate qu'on peut être à la fois un grand savant et un homme d'intuition.

En tous cas, je veux féliciter M. Hamady Bocoum pour la qualité exceptionnelle de son travail et dire qu'il était normal et légitime que la République, par ma voix aujourd'hui, lui décerne le titre de Chevalier dans l'Ordre français des Arts et des Lettres.

Je vais maintenant demander à notre troisième récipiendaire d'avoir la gentillesse de s'avancer. Mme Mariètou Mbaye Biléoma, plus connue sous son nom d'écrivaine Ken Bugul. Vous êtes née dans la région de Thiès. En wolof, Ken Bugul signifie - on verra tout de suite qu'il y a du symbole dans tout cela - «celle dont personne ne veut», ce qui résume assez bien le parcours exceptionnel de cet écrivain brillant.

Chacun de ses ouvrages a remporté un succès. En 1982, c'est «Baobab Fou». Mais on peut citer aussi en 94, «Cendres et Braises», en 99 «Riwan ou le chemin de sable» puis la «Folie et la mort» et «De l'autre côté du regard», en 2005, «rue Félix Faure», en 2006 «La pièce d'or» et en 2008, pensant déjà à cette cérémonie, «Mes hommes à moi».

Ken Bugul a d'abord été fonctionnaire internationale entre 86 et 93 dans le domaine de la planification familiale. Elle se tourne ensuite vers des activités culturelles au Bénin, à Porto Novo, où elle dirige un centre culturel, et surtout vers la littérature. Elle est au plus haut degré l'une de celles qui porte un autre regard sur l'Afrique et sur la condition des femmes de ce continent. Elle est réputée - et j'imagine que dans un instant elle nous en donnera une démonstration, certains dans le public y sont préparés - pour sa grande liberté de parole et ses critiques acerbes des pouvoirs en Afrique. Chers Collègues Ministres, attendons-nous à ce discours.

Ken Bugul est une militante de la littérature et une militante des droits fondamentaux. Elle parcourt le monde, elle participe à de nombreuses conférences, elle n'hésite pas à animer des séances autour de la littérature dans les collèges et parmi les ouvrages qu'elle a publiés, j'ai cité en particulier «Le Baobab Fou» qui relate le destin violent, poignant, hors du commun, d'une femme qui se trouve privée de repères en Afrique comme en Europe. Et je résumerai tout cela en disant que Ken Bugul est une personnalité forte, extrêmement attachante, et qui a bien mérité à la fois de la langue, des droits, et d'une façon générale des combats pour la justice et pour le progrès. C'est la raison pour laquelle je suis heureux dans un instant de faire de Ken Bugul un Officier dans l'Ordre français des Arts et des Lettres.

Avant de donner la parole aux récipiendaires, je dois encore une fois vous remercier et vous dire qu'entre le Sénégal et la France, c'est une histoire qui a commencé il y a longtemps, mais nous sommes résolus, de part et d'autre, à ouvrir une belle et nouvelle page./.

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8. Laos - Disparition du Haut ReprĂ©sentant du Laos auprès de l'Organisation internationale de la Francophonie, Soubanh Srithirath - CommuniquĂ© de la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui

 

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie et Représentante personnelle du président de la République française auprès de l'OIF a appris avec tristesse le décès de Son Excellence le ministre Soubanh Srithirath, Haut Représentant du gouvernement laotien chargé de la Francophonie.

Toute sa vie durant, Soubanh Srithirath aura été un fervent défenseur de la Francophonie, en s'illustrant notamment par son action pour l'organisation à Ventiane, en 2007, de la conférence ministérielle de la Francophonie.

Soubanh Srithirath était particulièrement mobilisé au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie et tous les membres de l'OIF garderont le souvenir d'un ardent militant de la promotion de la langue française, au Laos et plus largement en Asie.

Francophile, Soubanh Srithirath avait étudié à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr. Chevalier puis Officier de la Légion d'honneur, c'était une personnalité attachée à la France et dont l'investissement en matière de Francophonie était apprécié dans notre pays.

Récemment, il poursuivait son soutien sans faille au développement de l'apprentissage de la langue française au Laos par l'enseignement du français comme deuxième langue étrangère dès le collège.

Mme Benguigui transmet l'expression de ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches, ainsi qu'aux membres du gouvernement de la République démocratique populaire du Laos./.

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9. Mort de militaires français en Guyane - CoopĂ©ration judiciaire franco-brĂ©silienne - CommuniquĂ© du ministère de la Justice

 

Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, apprend avec satisfaction l'arrestation hier au Brésil des principaux suspects dans l'embuscade qui avait causé la mort de deux militaires français sur le site d'orpaillage clandestin de Dorlin le 27 juin dernier.

Les actes d'enquête et les poursuites qui doivent intervenir relèvent maintenant de la coopération entre les autorités judiciaires françaises et brésiliennes afin que ces faits graves puissent recevoir une réponse pénale appropriée.

La ministre assure aux familles des victimes son attention toute particulière dans le suivi et l'accompagnement de ce drame./.

(Source : site Internet du ministère de la Justice)

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10. ConfĂ©rence internationale sur le Sida 2012 - CommuniquĂ© du ministère de l'Enseignement supĂ©rieur et de la Recherche

 

Geneviève Fioraso représente la France à l'«International AIDS Conference 2012». La ministre est intervenue lors de la conférence plénière «Persistence and Eradiction», dédiée aux perspectives d'éradication du V.I.H.

Aux côtés de Françoise Barré Sinoussi, prix Nobel de Médecine, présidente du comité de pilotage des Assises de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui va se voir confier la présidence de la Société Internationale du Sida, Geneviève Fioraso a rappelé le soutien de la France à la recherche médicale, fondamentale, translationnelle et clinique, sur le V.I.H., et son engagement à poursuivre l'action internationale dans la lutte contre la pandémie. La ministre a d'ailleurs réuni plusieurs ministres d'Afrique et d'Asie, en présence de l'Ambassadeur chargé de la lutte contre le Sida, Madame Mireille Guigaz, afin de réaffirmer la volonté de la France de renforcer la coopération Nord-Sud dans ce combat.

«Cette conférence a été marquée par un espoir fort. Pour la première fois, on ose parler d'arrêter cette épidémie et de connaître des «générations sans sida». Cet espoir immense, notamment pour les pays du Sud les plus durement touchés par cette épidémie dévastatrice, repose avant tout sur un soutien massif, qui doit se poursuivre, en faveur de la recherche médicale.»

Lors de son intervention et dans la continuité des propos du Président de la République, Geneviève Fioraso a rappelé que la France, qui occupe le deuxième rang scientifique mondial en matière de recherche sur le virus du Sida, continuera à jouer pleinement son rôle, en soutenant la recherche, en particulier sur les vaccins ainsi que les essais sur la prévention par les antirétroviraux.

A ce titre, la ministre a salué l'accord de partenariat scientifique entre la France et les États-Unis, signé, lors de cette conférence internationale, par l'A.N.R.S./INSERM et le National Institutes of Health (N.I.H.).

Geneviève Fioraso a également réaffirmé tout son soutien à l'A.N.R.S., agence de coordination et de moyens placée au sein de l'INSERM.

«La France dispose avec l'A.N.R.S. d'un modèle unique en Europe, avec une agence dédiée à la coordination scientifique et au financement de la recherche sur le V.I.H. et un système de prise en charge qui s'appuie sur un réseau de cliniciens expérimentés. La prise en charge en France permet un accès efficace au dépistage et aux soins, avec un indicateur de performance mettant en évidence que 58% des personnes infectées ont une charge virale indétectable, contre seulement 20% par exemple aux États-Unis.»

«Ce modèle est primordial pour relever les défis de la recherche et des soins liés au V.I.H.. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche encouragera à poursuivre fortement les efforts sur tous les aspects de la recherche sur le V.I.H., des sciences fondamentales aux sciences sociales et aux aspects éthiques.»

Geneviève Fioraso a insisté sur le soutien de la France à la recherche translationnelle permettant d'établir un pont entre les recherches fondamentales et clinique et sa volonté de mobiliser tous les acteurs y compris industriels.

«La France se devait d'être au rendez-vous de cette conférence qui, pour la première fois dans l'histoire de l'épidémie, s'est fixée deux priorités : inverser la courbe de l'épidémie par la généralisation de l'accès au traitement et ouvrir une voie de recherche d'un traitement curatif de l'infection. Le soutien à la recherche est au coeur de ces enjeux. C'est la solidarité entre les Nations qui est en jeu et c'est grâce à cette mobilisation de tous, et la France s'y engage, que nous parviendrons à parcourir la seconde moitié du chemin -la plus difficile- traiter non seulement 7 millions de personnes infectées par le V.I.H. mais 15 millions.»

(Source : site Internet du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche)

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11. Point de presse du porte-parole adjoint du ministère des Affaires Ă©trangères - Rencontre entre M. Pascal Canfin et M. Seth Berkley, directeur exĂ©cutif de GAVI Alliance - Syrie - Mali - Roumanie- Serbie

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Rencontre entre M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, et M. Seth Berkley, directeur exécutif de GAVI Alliance - Lundi 30 juillet 2012

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, a rencontré M. Seth Berkley, directeur exécutif de GAVI Alliance (Global Alliance for Vaccines and Immunization), le lundi 30 juillet 2012.

Cet entretien a permis de souligner les progrès accomplis en faveur de l'accès des plus vulnérables à la santé et à la vaccination ainsi que le rôle que la France entend assumer dans l'accès universel à la santé. Le ministre chargé du Développement a rappelé à cette occasion que la santé maternelle et infantile constitue l'une des priorités de l'aide publique au développement française.

La vaccination est un élément-clef des politiques de santé publique : grâce à elle, depuis 1980, les cas de diphtérie ont chuté de 99 %, ceux de poliomyélite de 97 % et ceux de coqueluche et de rougeole de 95 %. Mais en dépit de l'augmentation considérable de la couverture vaccinale, des millions d'enfants ne sont toujours pas protégés contre des maladies mortelles, pourtant évitables.

GAVI Alliance réunit les gouvernements de pays donateurs et de pays en développement, l'Organisation mondiale de la Santé, l'UNICEF, la Banque mondiale, l'industrie pharmaceutique des pays industrialisés et en développement, des instituts techniques et de recherche, des organisations de la société civile, la Fondation Bill & Melinda Gates ainsi que d'autres fondations caritatives privées. Depuis 2000, plus de 326 millions d'enfants ont été vaccinés et plus de 5,5 millions de décès prématurés évités grâce aux programmes financés par GAVI.

2 - Syrie

Q - Au-delà des déclarations de Laurent Fabius ce matin, pouvez-vous nous dire précisément l'objectif d'une convocation d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité sur la Syrie ? Adopter une nouvelle résolution ?

R - La France continue à déployer tous les efforts possibles pour que la communauté internationale poursuive son action. Nous ne pouvons rester immobiles et silencieux face à la situation à Alep.

Une pression aussi forte que possible doit être maintenue sur les autorités syriennes. Nous continuons à oeuvrer en faveur d'une transition politique en Syrie, et pour éviter de nouveaux massacres. Tous nos efforts, au Conseil de sécurité, à l'Assemblée générale des Nations unies, au Conseil des droits de l'Homme et au sein de l'Union européenne, sont orientés vers cet objectif.

Le Conseil de sécurité a déjà été sollicité plusieurs fois sur cette crise. Il est essentiel que cette instance demeure pleinement saisie de l'évolution de la situation sur place. Une nouvelle réunion ministérielle permettrait de maintenir la mobilisation à haut niveau, de renforcer le dialogue avec nos partenaires, la Russie et la Chine en particulier, et de tenter de progresser dans le règlement de cette crise.

Q - Laurent Fabius a une nouvelle fois écarté l'envoi d'armes aux rebelles. Est-ce que les systèmes de communication promis par le président Hollande ont été livrés à l'opposition ?

R - La sensibilité du sujet nous interdit de donner des détails.

3 - Mali

Q - En cas d'intervention militaire au Mali, Laurent Fabius a exclu ce matin l'envoi des troupes au sol. Sous quelle forme interviendra alors la France au Mali ?

R - Le ministre des Affaires étrangères vient de se rendre dans la région pour rencontrer les dirigeants des pays concernés et évoquer avec eux la crise au Sahel. Il a réitéré le soutien politique de la France et notre disponibilité à apporter un soutien à la CEDEAO, à l'Union africaine et aux autorités maliennes.

La France agit également au Conseil de sécurité des Nations unies et étudiera avec attention le rapport du Secrétaire général, prévu pour le 8 août, sur la mise en oeuvre de la résolution 2056.

4 - Roumanie

Q - Quelle est votre réaction à ce qui s'est passé en Roumanie ?

R - Les Roumains se sont prononcés sur la procédure de destitution, prévue par la Constitution roumaine, lors du vote intervenu hier. C'est une procédure interne.

Tous les États membres de l'Union européenne sont naturellement tenus de respecter les valeurs démocratiques et l'État de droit ainsi que l'équilibre des pouvoirs dans le cadre des institutions qui sont les leurs. La Commission européenne est gardienne des Traités qui portent ces valeurs.

5 - Serbie

Q - Quelle est votre réaction suite à la formation du nouveau gouvernement serbe ?

R - La France forme des voeux de succès pour le nouveau gouvernement serbe investi par le parlement ce vendredi 27 juillet suite aux élections législatives du 6 mai. Dans l'esprit d'amitié et de franchise qui lie nos deux peuples, la France est prête à travailler avec le nouveau gouvernement serbe.

Comme la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, et le Commissaire européen à l'élargissement, M. Stefan Füle, nous attendons du nouveau gouvernement des actes confirmant ses intentions en matière d'intégration européenne, de coopération régionale et de réconciliation.

Nous appelons Ă  une reprise au plus tĂ´t du dialogue entre Belgrade et Pristina et Ă  une mise en oeuvre rapide des accords conclus./.

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