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Bulletin d'actualités du 24 juillet 2012


Sommaire



1. Irak - Attentats - D√©claration du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande

 

Au nom de la France, je condamne avec la plus grande fermet√© la s√©rie d'attentats perp√©tr√©s aujourd'hui contre 14 villes d'Irak dont la capitale Bagdad et qui ont co√Ľt√© la vie, selon un bilan encore provisoire, √† 91 personnes et fait plus de 160 bless√©s.

J'adresse mes condoléances au peuple irakien et aux familles des victimes et j'exprime la solidarité de la France aux autorités irakiennes dans leur lutte contre le terrorisme.

Dans ce contexte tragique, la France rappelle qu'il est essentiel que les dirigeants irakiens unissent leurs efforts pour répondre au défi de la violence et aux attentes de la population irakienne.

La France se tient aux c√īt√©s de l'Irak et r√©affirme son plein soutien aux institutions irakiennes dans leur action en faveur de la stabilit√© et la s√©curit√©./.

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2. Syrie - R√©ponse du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Bachar Al-Assad tombera. Aujourd'hui, près de 20.000 morts, des centaines de milliers de blessés, des centaines de milliers de personnes qui fuient au Liban, en Jordanie, en Irak, en Turquie et dans d'autres pays. Et voilà que, à toutes ces exactions, Bachar Al-Assad ajoute aujourd'hui la menace d'utiliser des armes chimiques et bactériologiques.

Vous comprendrez que, sur ce point, je ne sois pas très disert mais je vous dirai simplement ceci :

Les √Čtats-Unis d'Am√©rique, la Grande-Bretagne, nous-m√™mes, et d'autres pays, nous suivons au jour le jour la situation de ces armements et il est clair qu'aucune justification de l'utilisation de ces armes ne sera accept√©e.

Maintenant, les initiatives, nous en prenons à la fois au niveau mondial puisque les résolutions du Conseil de sécurité ont été proposées par la France et par d'autres ; au niveau européen : hier encore, nous avons décidé, à l'initiative de la France, un certain nombre d'aides humanitaires et de sanctions supplémentaires.

Le 6 juillet, le président de la République rassemblait autour de lui plus de la moitié des pays du monde pour apporter le soutien des amis du peuple syrien et, encore avant-hier, j'étais en contact avec la Ligue arabe pour lancer l'idée d'un gouvernement de transition qui doit être large. M. Bachar Al-Assad peut utiliser toutes les manoeuvres qu'il veut, il finira par tomber. Et, ce jour-là, ceux - et vous voyez à qui je veux faire allusion - qui se sont mis en travers de l'Histoire comprendront qu'ils ont perdu, y compris auprès de l'opinion arabe, qu'ils sont censés vouloir défendre./.

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3. Entretien du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęFrance2¬Ľ

 

Q - O√Ļ en est-on en Syrie ce matin ? Le r√©gime du pr√©sident Assad est-il √† l'agonie ou pas encore tout √† fait ?

R - Militairement, il a encore des forces, mais sur le plan politique, je n'ai pas de doute, Assad va tomber, c'est simplement une question de temps. Ce que la France, l'Europe, la Ligue arabe essaient de faire, c'est à la fois de renforcer les sanctions et, sur le plan humanitaire, d'accueillir les nombreux Syriens qui se réfugient dans les pays voisins. Et puis, il faut aussi préparer la suite.

Q - Quand vous dites ¬ęc'est une question de temps¬Ľ, C'est de l'ordre de jours, de semaines, de mois ?

R - On ne peut pas préjuger. Le plus vite sera le mieux. Il ne faut pas oublier que 20.000 personnes sont déjà mortes suite à ce qu'a fait Assad et, tous les jours, il y a des dizaines et des dizaines de morts. C'est un drame épouvantable.

Q - Vous avez appelé à la constitution d'un gouvernement provisoire. On ne voit pas très bien qui, concrètement, pourrait prendre le pouvoir à Damas après la chute ou le départ du président Assad ?

R - Il y a un argument, souvent utilisé, selon lequel Bachar Al-Assad est certes une brute, un assassin, mais qui va venir après ? Si c'est pour installer des terroristes, non. Je pense donc qu'il faut se préoccuper de ce qui va se passer après et nous essayons, avec la Ligue arabe et d'autres partenaires, de travailler en ce sens.

√Čvidemment, ce sont les Syriens qui vont d√©cider, mais ce gouvernement provisoire, gouvernement de transition, va comporter certainement des gens de l'opposition, que ce soit l'opposition int√©rieure ou ext√©rieure, et puis probablement des gens qui √©taient avec le r√©gime mais qui ne sont pas impliqu√©s dans la r√©pression.

Q - Quand vous dites ¬ęsi c'est pour installer des terroristes apr√®s, cela ne vaut pas le coup¬Ľ, cela veut dire qu'il y a un risque ? Il y a, par exemple, dans les rangs de l'opposition des combattants li√©s √† Al Qa√Įda, des Jihadistes ?

R - Je ne dis pas que cela ne vaut pas le coup, mais il faut faire toujours attention bien s√Ľr, parce qu'il y a s√Ľrement, sur le terrain, des terroristes qui profitent de la situation. Vous savez que nous sommes dans une r√©gion o√Ļ il y a beaucoup de violence. Il faut que Bachar tombe mais il faut qu'il y ait une perspective de remplacement qui soit le plus d√©mocratique possible. J'ajouterai une chose tr√®s importante : il faut qu'un message soit pass√© aux communaut√©s minoritaires, aux Alaouites, aux Chr√©tiens... Il faut leur dire que Syrie, apr√®s Bachar Al-Assad, prot√©gera leurs droits. Il ne faut pas que la chute de Bachar Al-Assad entra√ģne une pers√©cution des minorit√©s. J'insiste sur ce point.

Q - Vous dites vous-mêmes que la chute du régime n'est pas pour demain. Y a-t-il d'autres solutions que le recours à la force ? Cela fait 16, 18 mois que l'on essaie de faire autrement et cela ne fonctionne pas, pourquoi cela continuerait à fonctionner ?

R - Il y a eu une √©volution tr√®s importante sur le terrain. Les insurg√©s ont pris, heureusement, beaucoup de positions et puis, petit √† petit, la population, de plus en plus nombreuse, se soul√®ve contre Bachar qui est un tyran et ne peut pas rester √©ternellement au pouvoir contre la volont√© de son peuple. Je n'ai donc pas de doute, le sens des choses va heureusement vers le d√©part de Bachar Al-Assad et le plus t√īt sera le mieux.

Q - Mais pourquoi le devoir de protéger les Libyens, dont on s'est servi pour intervenir en Libye, est plus fort que le devoir de protéger les Syriens ?

R - La situation strat√©gique n'est pas la m√™me. Autour de la Syrie, vous avez des pays comme Isra√ęl, l'Iran, l'Irak, la Turquie...

Q - Oui, mais un mort c'est un mort.

R - Oui, c'est vrai mais si cela devait se traduire par une d√©flagration g√©n√©rale au Proche et au Moyen-Orient, vous voyez bien les catastrophes suppl√©mentaires que cela pourrait entra√ģner.

Q - L'ONU appara√ģt plus impuissante que jamais.

R - Il est vrai que l'attitude des Russes et des Chinois a été extrêmement décevante mais il faut continuer à maintenir la pression internationale. Le plan de Kofi Annan doit être modifié, et il faut quand même se situer dans le cadre de la légalité internationale.

Q - Qu'est-ce qui pourrait les faire changer d'avis, les Russes par exemple ?

R - Le constat que le maintien par la r√©pression de Bachar Al-Assad au pouvoir constitue un d√©sordre et qu'il n'en existe pas de plus grand. Les Russes eux-m√™mes risquent de perdre tous leurs arguments vis-√†-vis de la ¬ęrue¬Ľ arabe. Il est quand m√™me tr√®s frappant, lorsque vous discutez avec des interlocuteurs originaires du monde arabe en g√©n√©ral, de s'entendre dire : ¬ęmais on ne comprend pas la position des Russes¬Ľ.

Q - Quelle pourrait être la porte de sortie pour Bachar lui-même ? La communauté internationale est-elle prête à lui accorder l'impunité, comme l'a évoqué la Ligue arabe hier ?

R - C'est un probl√®me tr√®s compliqu√© parce que la Ligue arabe a dit : ¬ęsi Bachar s'en va, on lui trouvera un endroit, un refuge¬Ľ. En m√™me temps il y a une r√®gle, qui vaut de plus en plus, selon laquelle tous les dictateurs doivent payer leurs crimes. Simplement, si Bachar Al-Assad n'a le choix qu'entre la mort ou la prison √† vie, vous voyez l'extr√™me difficult√©... La Ligue arabe a fait cette proposition mais je pense que, sur une longue p√©riode, tous les dictateurs devront payer leurs crimes.

Q - Donc pas d'impunité pour Bachar Al-Assad ?

R - Je pense que finalement, pour lui et pour d'autres dictateurs, il n'y aura pas d'impunité.

Q - La Syrie a menacé d'utiliser des armes chimiques, que sait-on de l'existence de ce stock d'armes chimiques ?

R - Jusqu'à présent, la Syrie n'avait pas reconnu l'existence d'armes chimiques et bactériologiques qui sont des armes extraordinairement dangereuses. Hier, il y a eu un communiqué des autorités syriennes indiquant qu'ils n'utiliseraient pas les armes chimiques contre les Syriens, mais contre les étrangers...

Q - Donc ils en ont.

R - C'est en effet une confirmation mais, de toutes les mani√®res, l'√©ventualit√© d'une utilisation des armes chimiques est totalement inacceptable. Le pr√©sident Obama a fait des d√©clarations dans ce sens, d'autres aussi. Je ne vais pas m'√©tendre sur la question pour des raisons que vous comprendrez s√Ľrement, mais ces armes sont sous √©troite surveillance de la communaut√© internationale.

Q - Concernant la situation au nord du Mali vous avez parl√© de ¬ęsahelistan¬Ľ, que vouliez-vous dire, que le Sahel pourrait √™tre un nouvel Afghanistan ?

R - Je voulais dire que c'√©tait une situation extr√™mement grave. Au nord du Mali, il y a des terroristes d'AQMI qui se sont implant√©s. Ils ont des stocks d'armes importants et beaucoup d'argent li√© √† la fois aux paiements de ran√ßons et au trafic de drogue qui a lieu dans la r√©gion. Ce sont des gens extr√™mement dangereux, d√©termin√©s et qui n'h√©sitent devant rien. Ils tuent, ils violent, ils ont d√©truit les mausol√©es, etc. Ils repr√©sentent un danger, pas seulement pour le Mali - puisqu'ils sont implant√©s tout au nord du Mali en mena√ßant son int√©grit√© -, mais pour l'ensemble de la r√©gion. C'est √©galement un danger pour l'Europe et je suis en train de sensibiliser - les Africains le savent bien et les √Čtats africains r√©agissent comme ils doivent r√©agir - l'ensemble de la communaut√© internationale. Une r√©solution a √©t√© vot√©e aux Nations unies, parce qu'il va falloir traiter cette question.

Q - Une intervention militaire est-elle indispensable ?

R - Nous n'en sommes pas l√†. Au Mali, il y a d'abord un probl√®me politique, un gouvernement qui jusqu'√† pr√©sent ne contr√īle que le sud du Mali. Ce gouvernement n'est pas assez repr√©sentatif de la population. Les pays voisins ont donn√© jusqu'au 31 juillet aux repr√©sentants du Mali pour essayer de former un gouvernement plus inclusif et plus large.

J'espère que cela va aboutir car il y a aussi un problème humanitaire. En effet, près de 200.000 Maliens du nord sont descendus vers le sud et 200.000 autres Maliens ont trouvé refuge dans les pays voisins. Cela pose un problème humanitaire et nous intervenons avec nos partenaires européens.

Et puis il y a un troisième problème, c'est un problème de sécurité parce que les terroristes devront être traités le moment venu, selon les méthodes qui conviennent.

Q - Mais si la solution politique que vous prenez ne fonctionne pas, faudra-t-il envisager une solution militaire ?

R - Non, il faut qu'elle fonctionne. C'est aux Africains de régler les questions qui concernent l'Afrique et j'ai bon espoir qu'une solution politique soit trouvée, d'abord au Sud-Mali.

Q - Un mot sur l'Europe, les bourses ont chuté partout hier en Europe, l'Espagne s'enfonce dans la récession. Un plan global de sauvetage de l'Espagne est-il maintenant indispensable ?

R - On est déjà intervenu à la fin du mois de juin. Ce qui est évidemment regrettable, c'est...

Q - C'√©tait une aide aux banques, ce n'√©tait pas une aide √† l'√Čtat.

R - Ce sont les banques qui sont en difficulté là-bas. Le problème, comme souvent, c'est que la décision prise est excellente mais qu'elle tarde à se mettre en application ; et puis la spéculation intervient. J'espère qu'il ne sera pas nécessaire de ré-intervenir. Si c'était le cas, cela peut être une augmentation de ce qu'on appelle les pare-feux, c'est-à-dire des protections, ou des interventions de la Banque centrale. Le président de la Banque centrale a dit - c'est une déclaration qu'il ne faut pas prendre à la légère - qu'il n'avait aucun tabou pour les interventions.

Q - La rigueur imposée par Mariano Rajoy à son peuple est-elle nécessaire ou, finalement, ne fait-elle qu'aggraver la situation ?

R - On voit le cercle vicieux de ce type de d√©cision. Il y a une rigueur tr√®s forte - parce qu'en Espagne c'est tout √† fait brutal - et, en m√™me temps, il n'y a pas de croissance. On cherche √† retrouver l'√©quilibre budg√©taire mais, comme on tue la croissance, l'√©quilibre budg√©taire n'est pas assur√© et, du coup, l'emploi souffre. Songez qu'en Espagne il y a 25 % de la population au ch√īmage - 50 % des jeunes -, ce qui est absolument effrayant. Il faut donc √† la fois que l'on soit s√©rieux sur le plan budg√©taire et qu'il y ait la dimension de croissance. C'est ce que la France professe et ce qu'on voit en Espagne, comme ce qu'on voit en Gr√®ce, montre qu'on doit √† la fois √™tre s√©rieux budg√©tairement et insister sur la croissance./.

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4. Iftar offert au Quai d'Orsay - Discours du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, devant les ambassadeurs des √Čtats de l'OCI

 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Présidents, Chers Amis,

C'est pour moi un honneur et un plaisir de vous recevoir ici, au Quai d'Orsay, à l'occasion de cet Iftar. Il s'agit d'une pratique que j'ai souhaité reprendre, après une interruption de quelques années, car elle permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman.

La France est, chacun le sait, une R√©publique la√Įque. Cela n'est nullement contradictoire avec le fait qu'elle √©prouve respect et consid√©ration pour l'islam et pour les musulmans, bien au contraire.

Je veux saluer en l'islam une religion qui enseigne la paix, la fraternité et la spiritualité.

Je salue aussi en l'islam la seconde religion de France. Nous avons des relations anciennes et étroites marquées par une longue proximité. C'est une réalité humaine, sociale, économique, intellectuelle majeure que nous n'oublions pas.

La France est une R√©publique la√Įque, disais-je, mais la la√Įcit√© n'est nullement hostile aux religions. Elle fournit au contraire le cadre partag√© pour la coexistence des diff√©rentes expressions religieuses, ou leur absence, et pour le libre exercice des cultes.

L'√Čtat la√Įc ne soutient, en effet, aucune religion et n'en d√©savantage aucune. Il respecte les croyances et il sait que la libert√© de religion et de conviction est au coeur des libert√©s publiques. J'ajoute que la la√Įcit√© est un principe d'avenir dans un monde o√Ļ la diversit√© des croyances et des r√©f√©rences spirituelles va aller en s'accroissant.

Certes, je n'ignore pas que la la√Įcit√© est quelquefois d√©tourn√©e et transform√©e en principe d'exclusion. Mais c'est un contresens. Le gouvernement appliquera donc √† la lettre la la√Įcit√© et condamnera toute instrumentalisation n√©gative de celle-ci, notamment comme pseudo-justification du rejet de l'islam. Nous veillons et veillerons √† ne pas stigmatiser les musulmans de France, mais au contraire √† leur t√©moigner le respect qui leur est d√Ľ.

Ce message, je l'adresse notamment aux représentants de l'islam de France, en particulier M. Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, et M. Boubakeur, Recteur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris.

L'√©mergence d'une structure unifi√©e repr√©sentant les musulmans pour aborder les questions de culte a constitu√© un progr√®s. Le gouvernement souhaite que toutes ses composantes puissent travailler ensemble avec les pouvoirs publics afin d'apporter aux croyants le cadre leur permettant de pratiquer leur religion dans de bonnes conditions. Pour lutter contre les formes de repli ou contre l'extr√©misme, il faut un islam adapt√© aux r√©alit√©s des musulmans de France, qui souhaitent leur pleine int√©gration au sein de notre soci√©t√©. Le minist√®re des Affaires √©trang√®res est, bien s√Ľr, pr√™t √† vous aider √† traiter les dossiers internationaux de l'islam de France.

Au niveau international, la France entretient de longue date des rapports avec le monde islamique, en Méditerranée, en Afrique, en Europe et en Asie. C'est pourquoi nous avons décidé de renforcer encore nos relations d'amitié et de coopération avec l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et ses membres qui sont représentés ici.

Nous sommes attentifs aux mutations qui affectent le monde musulman, riche de plus d'un milliard de femmes et d'hommes, bouleversements qui interviennent souvent dans notre voisinage imm√©diat. Comment ne pas penser en cet instant avec √©motion et grande tristesse au drame syrien, avec son cort√®ge de victimes, ainsi qu'√† ses cons√©quences sur les pays voisins, violences dont nous souhaitons la cessation la plus rapide possible. Nous appr√©cions le r√īle de l'OCI et nous saluons son approche ouverte pour accompagner les changements.

Dans cet esprit, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai d√©sign√© comme notre envoy√© sp√©cial aupr√®s de l'OCI notre consul g√©n√©ral √† Djeddah, M. Louis Blin, ce qui portera notre repr√©sentation au niveau de celle de nos partenaires proches. La France souhaite en effet suivre vos travaux assid√Ľment et accompagner le d√©veloppement d'une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde.

Le président de la République, François Hollande sera heureux de confirmer ces orientations nouvelles au secrétaire général de l'OCI, M. Ihsanoglu, que nous souhaitons convier à effectuer une visite à Paris.

* *

Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Présidents, Chers Amis,

Le gouvernement veut que la France reste fidèle à ce qui a toujours fait sa force : être un pays qui promeut les principes universels de la démocratie et des droits de l'Homme dans un esprit de dialogue et d'ouverture.

Dans le monde musulman d'aujourd'hui, peut-√™tre certains s'interrogent-ils sur l'attitude de la France √† l'√©gard de l'islam, probablement √† cause de l'attitude de certains de nos pr√©d√©cesseurs imm√©diats. Eh bien, je veux vous dire clairement que la page est tourn√©e. Notre politique, √† l'ext√©rieur, vise √† soutenir les aspirations √† la libert√©, √† la dignit√© et √† la justice des peuples musulmans et, √† l'int√©rieur, notre la√Įcit√© r√©publicaine est une chance pour l'islam et √©videmment pas une sanction.

Je vous souhaite à tous un bon mois de Ramadan, et je forme le voeu qu'il soit celui de l'amitié et de la confiance entre la France et l'islam./.

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5. Entretien du ministre d√©l√©gu√© charg√© des Affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve, avec ¬ęIT√©l√©¬Ľ

 

Q - Retour sur ce dramatique incendie au nord de l'Espagne, à la frontière française. Pouvez-vous nous préciser ce matin l'identité des trois victimes ? D'autre part, la France va-t-elle offrir des moyens à l'Espagne pour combattre ce feu ?

R - Je ne peux pas vous donner l'identit√© des trois victimes. Les interventions sont en cours, nous savons qu'il y a des bless√©s et des morts. Cet incendie est √† la fronti√®re de nos deux pays, la France et l'Espagne, et le minist√®re de l'Int√©rieur mobilise des moyens pour que nous puissions, dans une intervention conjointe, ma√ģtriser le plus rapidement possible cet incendie dramatique et d√©j√† meurtrier.

Q - Il y a donc une solidarité de la France vis-à-vis de l'Espagne ?

R - Il y a une solidarité totale et entière de la France avec l'Espagne, parce que la frontière est commune et parce qu'il est d'usage - lorsqu'un pays de l'Union européenne est confronté à un drame aussi grand, qui peut présenter un danger pour les populations - de venir au secours, d'aider et d'apporter des moyens.

Q - Les combats se sont poursuivis en Syrie tout le week-end, notamment à Alep, à Damas. Aujourd'hui, la Ligue arabe offre, en quelque sorte, une porte de sortie honorable à Bachar Al-Assad et sa famille s'il quitte le pouvoir. Êtes-vous d'accord ? Faut-il effectivement pouvoir exfiltrer Bachar Al-Assad ?

R - Nous sommes d'accord pour que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir. C'est ce que nous demandons et nous souhaitons que cela se fasse le plus rapidement possible pour que les massacres cessent. C'est la raison pour laquelle, en liaison étroite avec les pays de l'Union européenne, nous apportons notre soutien plein et entier au plan de Kofi Annan et que nous essayons de faire en sorte aussi que le Conseil de sécurité des Nations unies puisse prendre toutes les dispositions pour créer les conditions de la fin des violences de la part de Bachar Al-Assad.

Q - La France est-elle plut√īt favorable √† poursuivre p√©nalement Bachar Al-Assad et ses proches devant la justice internationale ? Ou alors, faut-il permettre √† Bachar Al-Assad de quitter la Syrie, et donc de mettre un terme √† ce qui ressemble √† une guerre civile ?

R - Il faut que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir et ensuite que la justice pénale internationale, comme c'est le cas dans la plupart des pays, fasse son travail selon les procédures qui sont les siennes. Nous n'avons pas de commentaire à faire sur la manière dont la justice pénale internationale conduit ses investigations.

Q - Donc, pas d'immunité, comme le propose la Ligue arabe ?

R - La Ligue arabe n'a pas parlé d'immunité mais de sortie digne. Ce que nous souhaitons, c'est que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir, que les violences cessent, que la transition démocratique soit possible. Et si la justice internationale doit faire son travail selon les procédures qui régissent son fonctionnement, elle le fera. Encore une fois, lorsqu'on est en situation de responsabilité politique, on n'a pas de commentaire à faire sur la manière dont la justice pénale internationale doit conduire ses investigations.

Q - Aujourd'hui, il y a une réunion à Bruxelles sur un embargo sur les armes vis-à-vis de la Syrie. Est-ce que ce n'est pas trop peu, trop tard ? Et la France aide-t-elle d'une manière ou d'une autre l'armée syrienne libre sur le terrain ?

R - D'abord, ce que nous pouvons dire, c'est que la France et l'Union europ√©enne sont √† la manoeuvre pour faire en sorte que les massacres cessent, que l'√Čtat de droit...

Q - Pour l'instant la diplomatie est un échec.

R - On ne peut pas dire que la diplomatie soit un échec, nous avons multiplié les pressions, nous avons multiplié les sanctions. Nous avons pris encore récemment, au terme de la réunion des amis du peuple syrien, à Paris le 6 juillet dernier, de nouvelles sanctions. Les pressions ont été constantes. Le soutien apporté par l'Union européenne et la France au plan de M. Annan est très important. Nous avons aussi multiplié les pressions sur la Russie et sur la Chine...

Q - La mission de Kofi Annan, ce n'est pas un échec là aussi ?

R - Nous essayons de faire en sorte que ce plan puisse être mis en oeuvre, et nous le faisons en multipliant les sanctions, les pressions sur l'actuel pouvoir syrien. Si aujourd'hui nous n'avons pas pu aller plus loin, c'est parce que nous ne voulons pas intervenir hors le droit international. Pour qu'une intervention soit possible dans le cadre du droit international, il faut que la Russie et la Chine en acceptent le principe, ce qui n'a pas été possible jusqu'à présent. D'ailleurs, ces pays portent une responsabilité importante dans ce qui se passe aujourd'hui ; cela a été rappelé à l'occasion de la Conférence des amis du peuple syrien le 6 juillet dernier.

Q - Est-ce que l'on aide d'une manière ou d'une autre l'armée syrienne sur le terrain ? On parle par exemple de services de renseignement occidentaux, puisqu'il y a eu cet attentat au coeur de Damas !

R - Pas à ma connaissance. La France souhaite une transition démocratique et entretient des relations avec tous ceux qui peuvent incarner cette relève démocratique, de manière à envisager avec eux quels pourraient être les modes de coopération civils qui permettraient d'accompagner cette transition. Nous condamnons toute forme de violence parce que la violence est toujours, lorsque la dictature est là depuis longtemps et qu'elle est sanguinaire, un drame supplémentaire dont les peuples sont les victimes.

Q - Sur le plan économique et financier, la situation demeure critique en Espagne : des taux d'intérêt à 7 % vendredi. L'Espagne semble véritablement étranglée, les marchés financiers ont peur, Hong-Kong ce matin a ouvert ce matin en forte baisse. La crise de l'euro peut-elle exploser, encore une fois, cet été ?

R - Nous sommes dans une situation de crise et nous faisons tout pour opposer des pare-feux, de nouveaux instruments de solidarité qui puissent efficacement permettre aux marchés d'être régulés. C'est ce que nous avons d'ailleurs essayé de mettre en oeuvre.

Il y a aujourd'hui la n√©cessit√© d'aller plus loin dans la solidarit√©, en cr√©ant aussi les conditions vers davantage d'int√©gration politique, c'est ce que le pr√©sident de la R√©publique a appel√© ¬ęl'int√©gration solidaire¬Ľ.

Nous mettons en place la supervision bancaire, de manière à faire en sorte que les désordres qui secouent le monde bancaire depuis des mois et qui sont à l'origine de la déstabilisation des marchés, prennent fin. Avec la supervision bancaire, nous créons les conditions pour une intervention des dispositifs de solidarité : le mécanisme européen de stabilité, le Fonds européen de stabilité financière en recapitalisation directe des banques pour casser le cercle vicieux entre dettes souveraines et déstabilisation bancaire. Nous sommes effectivement dans une situation qui vise à opposer au désordre des marchés de véritables pare-feux.

Q - Le pacte de stabilité budgétaire a été présenté au Conseil constitutionnel. Il sera ratifié par le Parlement à la rentrée. Pensez-vous qu'il y aura des voix dissidentes ?

R - Je ne le crois pas, nous avons réorienté profondément la politique de l'Union européenne. Ce que nous faisons n'est pas un solde de tous comptes, il y a d'autres étapes pour approfondir cette réorientation. Si nous voulons que les autres étapes soient possibles, il faut consolider ce que nous avons obtenu.

Q - Une dernière question : un plan de soutien à l'automobile va être présenté mercredi pour protéger le marché français. Allez-vous demander l'autorisation à l'Europe pour ce soutien à l'automobile française ?

R - Arnaud Montebourg est très mobilisé sur ce sujet. Nous l'accompagnons d'ailleurs puisqu'un certain nombre de mesures prises dans le cadre du plan de croissance, notamment les prêts alloués par la BEI pourraient être mobilisés en faveur de ce plan automobile. Bien entendu, nous veillerons à ce que les mesures arrêtées dans le cadre de ce plan soient fortes, efficaces et euro-compatible.

Q - Et pas de protectionnisme ?

R - Nous prendrons des mesures appropriées pour le marché français. Nous avons dit que nous souhaitions la réciprocité en toutes choses ; cela vaut aussi pour le secteur automobile./.

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6. Point de presse du porte-parole du minist√®re des Affaires √©trang√®res - Entretien du ministre des Affaires √©trang√®res avec le pr√©sident de la R√©publique de C√īte d'Ivoire - Cuba : D√©c√®s d'Oswaldo Paya - Madagascar - Syrie - Arm√©nie - Bahre√Įn - Mali

 

1 - Entretien du ministre des Affaires √©trang√®res avec le pr√©sident de la R√©publique de C√īte d'Ivoire

Le pr√©sident de la R√©publique de C√īte d'Ivoire effectue une visite en France du 24 au 26 juillet. M. Alassane Ouattara sera re√ßu par le pr√©sident de la R√©publique le 26 juillet.

Le ministre des Affaires √©trang√®res rencontrera le pr√©sident de la R√©publique de C√īte d'Ivoire, M. Ouattara mercredi 25 juillet √† 19h √† l'occasion de sa deuxi√®me visite officielle en France depuis son accession au pouvoir.

Lors de cet entretien, seront √©voqu√©s la situation int√©rieure ivoirienne et le soutien de la France au processus de r√©conciliation et de reconstruction, au travers notamment de l'√©laboration du ¬ęcontrat d√©sendettement d√©veloppement¬Ľ. Dans le contexte des responsabilit√©s r√©gionales exerc√©es par la C√īte d'Ivoire, qui pr√©side la CEDEAO et le comit√© Paix et S√©curit√© de l'Union africaine, sera notamment abord√©e la crise sah√©lienne qui constitue un d√©fi commun √† notre s√©curit√©.

Cette visite t√©moigne du soutien constant de la France √† la C√īte d'Ivoire qui doit faire face √† de nombreux d√©fis pour se reconstruire apr√®s la crise.

Lors de sa visite, le pr√©sident Ouattara rencontrera √©galement les ministres de l'√Čconomie et des Finances ainsi que de la D√©fense.

2 - Cuba : Décès d'Oswaldo Paya

Le ministère des Affaires étrangères salue la mémoire d'Oswaldo Paya, lauréat du Prix Sakharov des droits de l'Homme du Parlement européen en 2002, décédé dans un accident de la route ce dimanche 22 juillet.

Oswaldo Paya était l'initiateur d'une pétition qui a rassemblé plus d'une dizaine de milliers de signatures sur un texte présenté à l'Assemblée nationale du Pouvoir Populaire (ANPP) cubaine réclamant un référendum sur les libertés individuelles, les réformes économiques et la libération des prisonniers politiques.

Le dialogue entre l'√Čglise catholique et les autorit√©s cubaines, la lib√©ration des prisonniers politiques et la mise en oeuvre des r√©formes √©conomiques depuis deux ans sont les causes auxquelles Oswaldo Paya aura consacr√© sa vie.

Oswaldo Paya était venu en France à l'occasion d'une tournée européenne postérieure à la remise du Prix Sakharov. La France adresse à la famille et aux proches d'Oswaldo Paya, ses très sincères condoléances.

3 - Madagascar

Q - Une rencontre est prévue entre l'ex-président Ravalomanana et le président de la Transition malgache, M. Rajoelina. Avez-vous un commentaire sur ceci ?

R - La France a pris note de l'organisation d'une rencontre entre M. Andry Rajoelina et M. Marc Ravalomanana sous l'égide de la SADC.

Elle encourage l'ensemble des acteurs malgaches à dialoguer afin de trouver une solution à la crise politique qui soit acceptable pour tous.

Elle réitère son soutien à la Feuille de Route, et notamment à l'organisation d'élections selon le calendrier proposé par l'ONU et validé par la Commission électorale nationale indépendante de la transition (CENIT).

4 - Syrie

Q - L'opposition dit que les armes chimiques ont été transférées à la frontière ? Est-ce vrai ? Sachant que vous surveillez, comme l'a dit M. Fabius à plusieurs reprises, très précisément les stocks.

L'opposition, semble-t-il, a dit qu'elle était prête à être dirigée par un membre du régime dans une phase de transition, quelle est votre réaction ?

R - Sur le premier point, je n'ai rien à ajouter par rapport à ce qu'a dit M. Laurent Fabius ces derniers jours sur les mouvements chimiques. Sur la deuxième question, oui, nous avons effectivement entendu cette déclaration de Georges Sabra qui a parlé depuis Beyrouth et nous l'avons écouté attentivement et je rappelle que, comme l'a dit M. Fabius le week-end dernier, tout ce qui va dans le sens de l'unité de l'opposition est évidemment positif.

Tout ce qui va dans le sens et tout ce qui peut permettre de parvenir le plus rapidement possible à la fin des violences, à la transition et à la formation rapide d'un gouvernement provisoire va dans la bonne direction.

Q - En ce qui concerne la proposition de Paris de tenir encore une conférence ici destinée, je crois, à la formation d'un gouvernement de transition, vous en avez discuté avec Nabil El-Arabi et aussi avec Hamed Ben Jassem pendant les contacts samedi entre les ministres et les dirigeants ?

R - Et avec tous nos partenaires européens hier à Bruxelles. Cela fait pas mal de monde.

Q - Avez-vous une réaction positive déjà de la Ligue arabe là-dessus ? On dit que les Russes ont déployé des commandos marine en Syrie avec le but de récupérer les armes chimiques en cas de rupture totale de l'autorité centrale à Damas. Est-ce que c'est crédible cela ou non ?

R - Oui, on a une double préoccupation : la première, c'est de bien marquer l'urgence de l'action de la communauté internationale qui s'impose plus que jamais aujourd'hui sur le drame syrien.

La deuxième, c'est de rappeler la disponibilité de la France et notre posture qui consiste à dire si cela peut être utile, on est naturellement prêt à accueillir, à organiser une réunion dans ce contexte-là. Les réactions sont très ouvertes, très positives.

Nous avons rappelé que nous étions disponibles, que nous souhaitions aller vite parce que la situation sur le terrain évolue très vite et qu'elle est toujours dramatiquement aussi cruelle pour les Syriens à chaque jour qui passe. Si, dans ce cadre, nous pouvons être utiles, nous sommes disponibles.

Q - Au sein du Conseil de sécurité, y a-t-il du nouveau dans la conduite à adopter ?

R - Non, nous continuons bien s√Ľr √† en parler avec nos partenaires.

Q - Concernant la zone FINUL, y a-t-il un afflux de réfugiés vers cette zone en particulier ?

R - Non, pas √† ma connaissance. Cela se passe plut√īt sur le nord et le nord-est du Liban.

5 - Arménie

Q - Pouvez-vous nous parler de la rencontre entre M. Fabius et M. Edward Nalbandian ce matin ?

M. Fabius s'est exprimé à l'Assemblée nationale en disant qu'il passerait le message pour que les deux pays se rapprochent.

De plus, lors de la Commission des Affaires étrangères, il a indiqué qu'il fallait trouver une solution entre l'Arménie et la Turquie en s'appuyant sur les promesses du président de la République, M. François Hollande.

O√Ļ en √™tes-vous dans ce travail ? Avez-vous trouv√© une solution qui ne f√Ęche personne ?

R - C'était un entretien important à l'occasion duquel plusieurs sujets ont été abordés.

Ils seront peut-être d'une importance relative les uns et les autres par rapport à votre sujet principal de questionnement mais je crois, en ce qui nous concerne, qu'il est important de rappeler les sujets abordés.

Tout d'abord et c'est important, les relations bilatérales qui sont denses et de qualité. Elles ont des points d'application très variés, que ce soit en matière de coopération culturelle, que ce soit en matière de coopération ou d'assistance technique, que ce soit dans le domaine économique. Il faut savoir qu'en Arménie, la France est le deuxième investisseur étranger, c'est un point sur lequel M. Fabius a beaucoup insisté auprès de son interlocuteur pour lui dire l'importance que nous attachons au développement des relations économiques entre la France et l'Arménie. Je me réfère en particulier, mais il y a beaucoup d'autres sujets, au développement de l'entreprise française Orange sur le marché de la téléphonie dans ce pays. Nous avons aussi avec l'Arménie beaucoup d'autres possibilités d'échanges, d'investissements ou de réalisations en commun.

Le second point, comme vous le savez, c'est que la France, avec les √Čtats-Unis et la Russie fait partie des copr√©sidents du Groupe de Minsk qui est charg√© depuis fort longtemps de tenter de trouver une solution au probl√®me du haut Karabach. Ce fut l'occasion pour M. Fabius de rappeler l'importance que nous attachons au progr√®s des discussions entre Azerba√Įdjanais et Arm√©niens. Souvenez-vous, au d√©but d'ann√©e √† Sotchi, il y a eu une rencontre entre les deux pr√©sidents. Notre voeu le plus cher, c'est que ce dialogue puisse continuer dans le fil de la d√©claration des pr√©sidents fran√ßais, am√©ricain et russe, le 18 juin 2012, en marge du Sommet du G20 √† Los Cabos.

S'agissant du sujet qui vous occupe principalement, la France souhaite qu'un dialogue constructif puisse avoir lieu entre Ankara et Erevan. La France soutiendra tout effort dans ce sens. S'agissant du point que vous abordiez, notamment après la décision du Conseil constitutionnel, la position française a été clairement rappelée aussi bien par M. Fabius que par le président de la République, c'est-à-dire les engagements pris par le président de la République, nous entendons bien qu'ils soient tenus. M. Fabius a précisé, au cours des dernières semaines, qu'il faudra naturellement tenir compte de la décision du Conseil constitutionnel. Il avait souligné que les mêmes causes produisent les mêmes effets et, donc, il faudra travailler sur cette prise en compte de la décision du Conseil constitutionnel.

6 - Bahre√Įn

Q - Pouvez-vous nous faire un compte-rendu de la r√©union de ce matin avec le ministre des Affaires √©trang√®res de Bahre√Įn ?

R - La pr√©sidence de la R√©publique a communiqu√© hier √† ce sujet. Effectivement, je peux vous confirmer que le ministre a re√ßu ce matin son homologue de Bahre√Įn. Cet entretien s'inscrit dans le prolongement de l'entretien que le pr√©sident de la R√©publique a eu hier avec le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa. L'entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue a permis d'√©voquer la situation √† Bahre√Įn, d'encourager les autorit√©s √† poursuivre leurs efforts pour permettre un apaisement durable des tensions que conna√ģt le royaume. Cet entretien a √©galement √©t√© l'occasion d'√©voquer l'approfondissement de nos relations bilat√©rales et d'√©voquer √©galement les questions r√©gionales, en particulier la Syrie.

7 - Mali

Q - Est-ce que les quatre pays o√Ļ se rend M. Fabius √† la fin de la semaine, sont le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et la Guin√©e ?

R - Ce n'est pas encore défini. Je serai en mesure d'en parler jeudi.

Q - Avez-vous une date concernant le retour au Mali du président par intérim malien ?

R - Non.

Q - Avez-vous quelque chose sur une éventuelle intervention au Mali ?

R - L'objectif premier est la remise en place des choses à Bamako. J'ai toujours dit : ne nous focalisons pas, ni trop, ni exclusivement, sur les questions d'intervention militaire. On ne pourra agir sur les problèmes au Nord tant que l'on n'a pas réglé les problèmes au Sud, et il y en a beaucoup. Lorsqu'il se passera quelque chose au Nord, ce sera décidé, organisé par les Africains et la CEDEAO : quelle mission, combien d'hommes, quelle durée, etc. et tout cela dans le cadre de la résolution du Conseil de sécurité. Là aussi, les autorités de Bamako devront en tout état de cause être d'accord.

Faisons attention à l'idée militaire, elle retient l'attention et cela amène à ne pas penser aux autres problèmes qui sont en amont et qu'il faut impérativement traiter avant de parvenir à la solution sécuritaire./.

 

 

 

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7. Audition de la responsable du p√īle Patrimoine mondial de la Direction g√©n√©rale de la Mondialisation, du D√©veloppement et des Partenariats du minist√®re des Affaires √©trang√®res devant la Commission des Affaires culturelles et de l'√Čducation de l'Assembl√©e nationale - Extraits -

 

Le p√īle Patrimoine mondial, qui d√©pend de la Direction g√©n√©rale de la Mondialisation, a √©t√© cr√©√© il y a √† peine trois ans afin de mieux r√©pondre aux nouveaux enjeux que repr√©sente la pr√©servation du patrimoine dans un contexte de mondialisation. C'est un d√©partement de petite taille puisqu'il n'est compos√© que de quatre personnes.

Nous avons tr√®s vite compris, au sein du p√īle, que le patrimoine ne peut plus √™tre pens√© qu'en termes de territoire, car il constitue un ensemble compos√© d'objets patrimoniaux mais aussi d'un environnement naturel, culturel et humain. Si les hommes ne sont pas pris en compte, il est √©vident que nous n'arriverons √† rien - les exemples du Mali, de la Syrie et de diff√©rents pays du Moyen-Orient sont √©loquents √† cet √©gard.

Les nouveaux enjeux du patrimoine sont avant tout politiques. Nous assistons actuellement √† un gigantesque trafic illicite d'oeuvres d'art en provenance de Syrie, du Y√©men, d'√Čgypte, d'Irak, de Tunisie et, depuis la crise, de Gr√®ce. Mais chaque pays est un cas particulier n√©cessitant des outils adapt√©s et la solution que nous envisageons pour un pays ne vaut pas pour les autres pays.

Preuve de l'aspect politique des enjeux, l'empressement des √Čtats √† faire inscrire un grand nombre de sites, comme vous l'avez constat√© r√©cemment lors de la derni√®re session du Comit√© du patrimoine mondial qui s'est tenue √† Saint-P√©tersbourg.

Le p√īle est un lieu d'interrogation. Nous y r√©fl√©chissons √† toutes les questions que soul√®ve la pr√©servation du patrimoine. Nous cherchons notamment la raison de la sous-repr√©sentation du continent africain sur la liste des biens inscrits au patrimoine mondial. En effet, les biens africains repr√©sentent 9 % de la totalit√© des biens - mais 50 % des patrimoines en p√©ril. Et ce n'est pas parce que l'Afrique manque de sites ou n'est pas capable de remplir les dossiers d'inscription puisque des experts internationaux r√©mun√©r√©s peuvent √©tablir les dossiers √† la demande des pays demandeurs. La question est donc ailleurs.

Autre aspect politique des enjeux du patrimoine, le retour des biens culturels, que l'on appelle commun√©ment restitution - mot que nous √©vitons car il pose en soi un probl√®me. En la mati√®re, chaque situation refl√®te le plus souvent la relation politique qui existe entre les √Čtats. Nous essayons de r√©pondre au mieux, dans des d√©lais souvent assez courts. Pour cela, nous avons mis en place une cellule interminist√©rielle de veille, informelle, qui nous permet de rencontrer nos coll√®gues des minist√®res de l'Int√©rieur, de la Justice, de la Culture et des repr√©sentants des douanes en vue d'adopter des positions communes.

Les enjeux politiques du patrimoine s'accompagnent d√©sormais d'enjeux √©conomiques dans la mesure o√Ļ il est devenu une promesse de retomb√©es √©conomiques. Soit, mais pour qui et au profit de qui ? L'exp√©rience montre que si les habitants ne sont pas concern√©s, les sites p√©riclitent, ce qui provoque l'effet inverse de ce que nous recherchions, √† savoir leur valorisation. L'augmentation du prix des terrains incite les populations √† d√©serter les villages et √† rejoindre les p√©riph√©ries urbaines, et alors seules quelques personnes se partagent les b√©n√©fices de la valorisation du patrimoine.

Si les retombées économiques sont généralement liées au patrimoine culturel, nous assistons à un autre phénomène qu'il nous est plus difficile d'analyser : il s'agit du processus de patrimonialisation de certaines ressources naturelles qui n'avaient jusqu'à ce jour jamais été monnayées - par exemple les plantes médicinales. Un certain nombre de pays souhaitent qu'elles soient enregistrées comme des biens nationaux de peur de voir de grandes sociétés s'en emparer pour fabriquer des médicaments ou des produits cosmétiques, privant les populations de biens dont elles sont héritières depuis plusieurs générations. Il en va de même pour les pierres précieuses et les minerais. Ces phénomènes, plus récents, font l'objet de conventions internationales.

Notre département est par essence multidisciplinaire. Nous travaillons en collaboration avec nos collègues des ministères de la Culture, de l'Environnement, de la Justice, avec d'autres départements du ministère des Affaires étrangères et avec le Muséum d'histoire naturelle.

Mais revenons √† la situation au Mali. Il y a quelques jours, nous avons r√©uni l'ensemble des conseillers culturels du r√©seau fran√ßais √† l'√©tranger afin de les sensibiliser √† la question du patrimoine. Dans ce cadre, nous avons invit√© le directeur de la banque culturelle de Douentza, au nord du Mali, en plein pays Dogon, afin qu'il nous parle de la banque culturelle qu'il dirige ¬Ė il s'agit d'une banque de microcr√©dit, qui fonctionne un peu comme le Mont-de-pi√©t√©. Les villageois y d√©posent un bien qui appartient √† leur famille depuis longtemps et re√ßoivent en √©change de l'argent pour d√©velopper un petit commerce ou une petite entreprise - chez les Dogons, les femmes s'investissent g√©n√©ralement dans l'agriculture, les hommes dans l'√©levage. Ces biens sont plac√©s dans un mus√©e, ce qui permet de les inventorier et, en cas de fuite, de saisir Interpol et le Conseil international des monuments et des sites (Icomos).

Ce fonctionnement est tr√®s satisfaisant pour les populations car le mus√©e devient tr√®s vite un centre culturel, ce qui repr√©sente un v√©ritable atout pour leur village. Les villageois ont organis√© leur autod√©fense : ils sont arm√©s et surveillent les environs, avec les effets secondaires que vous pouvez imaginer - je vous fais gr√Ęce des horreurs que nous a racont√©es M. Ciss√©.

Aujourd'hui le commerce a cess√© et les fonctionnaires de l'√Čtat malien sont retourn√©s √† Bamako. Les habitants des 44 communes f√©d√©r√©s par la banque se retrouvent seuls. En l'absence de touristes, ils ne sont plus en mesure de verser les int√©r√™ts √† la banque, ce qui a pour cons√©quence que celle-ci p√©riclite et ne pourra bient√īt plus continuer √† fonctionner. Les habitants seront donc oblig√©s de vendre leurs biens pour nourrir leurs enfants. Pourtant, pour que sa banque r√©siste pendant un an, M. Ciss√© √©value son besoin √† 5 millions de francs CFA, soit environ... 7 500 euros !

De nombreux pays nous demandent assistance en vue de construire un mus√©e national ou un mus√©e des arts et traditions populaires. S'il est int√©ressant pour nous de mettre en place des coop√©rations entre des mus√©es comme le Louvre ou le Quai Branly et les mus√©es nationaux de grands pays, il nous para√ģt beaucoup plus important de r√©pondre √† la demande d'un mus√©e national dans des pays comme la Birmanie ou la Tanzanie, qui comportent des minorit√©s ethniques remuantes et o√Ļ la cr√©ation d'un mus√©e d'art et des traditions populaires peut contribuer √† r√©gler les conflits.

Nous sommes l√† pour poser des questions, r√©fl√©chir et aider nos coll√®gues en poste √† analyser les demandes et √† tenter d'y r√©pondre par le biais d'une coop√©ration, en √©vitant tout ce qui pourrait ressembler √† une substitution, car celle-ci, comme vous le savez, co√Ľte cher et a des effets n√©fastes.

J'en viens au cas de l'√Čgypte. Apr√®s la r√©volution √©gyptienne, les √Čgyptiens ont √©t√© tent√©s de reconstruire leur identit√© sur la base d'un patrimoine pharaonique qui leur avait √©t√© vol√©, selon eux par les gens au pouvoir. Nous assistons aujourd'hui √† un autre ph√©nom√®ne : un certain nombre de factions islamiques, relay√©es par les m√©dias de quelques pays arabes, pr√©sentent le patrimoine pharaonique comme un patrimoine pa√Įen qui aurait d√Ľ √™tre d√©truit depuis longtemps et proposent de reconstruire l'identit√© √©gyptienne √† partir d'un patrimoine islamique. Or, celui-ci est extr√™mement riche et repr√©sente une multitude d'histoires et de courants tellement diff√©rents les uns des autres que l'on voit mal comment un consensus pourrait √©merger autour d'un patrimoine islamique.

Q - (Sur la protection du patrimoine culturel)

R - Je vais tenter de r√©pondre √† la premi√®re question que tout le monde se pose, et qui est relative √† l'efficacit√©, ou plut√īt au manque d'efficacit√© des conventions internationales.

Les appels pour le Mali se sont multipliés. Je me suis moi-même récemment rendue à Dakar pour rencontrer des collègues africains, et cette rencontre s'est conclue sur un appel pour le Mali. Mais entre-temps, des mausolées ont été détruits et des mosquées violées.

Nous nous rendons compte, en discutant avec nos collègues responsables de patrimoines, que le seul moyen de protéger un patrimoine - que ce soit au Mali ou au Liban - est de s'appuyer sur les populations qui vivent sur place, car pendant que les forces étrangères, ou certains groupes, se mobilisent pour sauver le patrimoine, celui-ci se démolit.

Les populations sont les principales actrices de la protection du patrimoine. Il faut donc qu'elles soient les bénéficiaires de ce patrimoine et qu'il représente pour elles non seulement un environnement, mais un environnement dont elles sont fières.

Il faut ensuite anticiper, ce qui suppose que l'on inventorie les biens patrimoniaux. Or, dans la plupart des pays, les inventaires sont partiels - quand bien même ils existent. Ainsi, sur les 300 000 manuscrits du Mali, 3 000 seulement seraient inventoriés. Il faut préciser que, dans leur grande majorité, il s'agit de biens privés.

D√®s l'instant o√Ļ un inventaire existe, il devient possible d'assurer la protection du bien correspondant - police, douanes, communaut√© internationale. Il conviendrait donc que dans le cadre de nos op√©rations de coop√©ration, nous aidions les populations √† proc√©der √† ces inventaires. Mais ce n'est pas simple, car les mod√®les d'inventaires de la France ou de l'UNESCO ne font pas forc√©ment sens, en l'√©tat, pour les populations dont le patrimoine est vivant. Ainsi, les habitants de la boucle du Niger, s'agissant d'un patrimoine vernaculaire, nous ont montr√© qu'ils avaient leur propre id√©e sur les biens qu'il fallait prendre en compte. Cela suppose de mener, en amont, un travail d'adaptation des inventaires.

Vous dites que les Maliens ont pris conscience de leur patrimoine. Dans ce patrimoine, les mausol√©es sont des lieux vivants qui abritent les esprits des anc√™tres, les protecteurs de Tombouctou. La panique actuelle des habitants vient en grande partie de ce que cette cha√ģne ancestrale a √©t√© rompue et que les pires malheurs pourraient s'abattre sur la ville. Malgr√© tout, ces mausol√©es sont construits en terre et il est tout √† fait possible d'aider les Maliens √† les restaurer. Certaines institutions fran√ßaises disposent de toute une documentation et des plans pr√©cis des mausol√©es, et les ma√ßons maliens sont tout √† fait √† m√™me de proc√©der √† cette restauration.

Nous pouvons donc agir. Mais nous devons aussi, d√®s √† pr√©sent, pr√©parer la phase qui suivra le conflit. Il ne doit pas s'√©couler trop de temps entre le moment o√Ļ la situation va se calmer et o√Ļ les habitants pourront rentrer chez eux et retrouver leur village ou leur ville, tels qu'ils √©taient auparavant - ou √† peu pr√®s. Si le temps de vacance patrimoniale est trop grand, ces gens resteront √† Dakar ou dans les pays frontaliers.

Avant m√™me que les conflits n'√©clatent, il faut former des cadres dans tous les pays et essayer de faire prendre conscience √† nos partenaires de l'int√©r√™t des m√©tiers du patrimoine, lesquels sont cr√©ateurs d'emplois. Voil√† pourquoi nous travaillons avec certains √Čtats, comme la Tanzanie, et avec des collectivit√©s territoriales. Je pense √† Rochefort qui, gr√Ęce √† une politique patrimoniale tr√®s fine, a r√©ussi √† cr√©er √† peu pr√®s 300 emplois. C'est un exemple dont nous faisons la promotion, dans le cadre des partenariats que nous d√©veloppons.

Nous veillons donc à renforcer nos coopérations. Mais nous nous heurtons à un problème de moyens. Comme vous le savez, nos budgets sont dramatiquement limités. Nous passons beaucoup de temps à chercher des financements, temps que nous ne consacrons pas à la coopération.

Le récent exemple de la banque culturelle est symptomatique à cet égard : 7 500 euros sont nécessaires pour que 44 communes continuent à vivre de façon à peu près sereine et parviennent à rembourser leurs emprunts. Nous nous appliquons à trouver cette somme, mais ce n'est pas si facile que cela, au sein du ministère des Affaires étrangères.

L'un de vous nous a interrog√©es sur la G√©orgie. Nous suivons la situation avec notre ambassadeur. Pour l'instant, nous sommes en train d'√©tudier le dossier et je ne sais pas encore ce que nous pourrons faire. Les pressions, du c√īt√© russe, sont √©normes.

Q - (Sur la destruction d'églises en Géorgie et les moyens d'action de la France)

R - Essentiellement, avec notre direction politique, des pressions de type politique. Malheureusement, avec nos petits moyens et ceux de notre département, nous ne pouvons pas faire grand-chose. Nous devons par ailleurs nous garder de toute ingérence. Je remarque que la question se pose à peu près de la même façon en Serbie.

On est en train de détruire une partie des églises de Géorgie, pour les reconstruire de façon conforme à ce que l'orthodoxie préconise. La situation est très difficile. Nous envoyons des missions d'évaluation, pour constater ce qui s'y passe.

Q - (Sur la coopération décentralisée)

R - Bien s√Ľr, nous favorisons autant que faire se peut les relations entre les collectivit√©s territoriales fran√ßaises et les diff√©rents pays avec lesquels nous coop√©rons. Les collectivit√©s territoriales se sont vu transf√©rer un certain nombre de comp√©tences, notamment dans les domaines du patrimoine - les inventaires, par exemple. Elles offrent une garantie de p√©rennit√© qu'aucun minist√®re ne peut donner sur la dur√©e. Voil√† pourquoi, √† chaque fois que nous le pouvons, nous favorisons le d√©veloppement des relations √† l'international des collectivit√©s territoriales.

Q - (Sur le r√īle des organismes multilat√©raux en mati√®re de protection des biens culturels)

R - (...) Nous travaillons bien s√Ľr avec l'UNESCO, et nous disposons d'un outil : la Convention France-UNESCO pour le patrimoine, une sorte de fonds en d√©p√īts, abond√© par le minist√®re des Affaires √©trang√®res, le minist√®re de la Culture et le minist√®re de l'√Čcologie. Ce fonds est utilis√© sur des actions dont nous d√©cidons conjointement de l'opportunit√©.

Nous travaillons √©galement avec la Commission nationale fran√ßaise aupr√®s de l'UNESCO, notamment sur le patrimoine scientifique, qui sera probablement d'actualit√© dans les ann√©es √† venir : qu'est-ce qu'un patrimoine scientifique ? La maison de tel savant en fait-elle partie ? Convient-il de reconna√ģtre tel observatoire astronomique ? Voil√† le type de questions que nous abordons ensemble.

Ensuite, nous avons engag√© une r√©flexion avec les pays d'Afrique, les responsables de patrimoines et les linguistes des langues africaines transfrontali√®res, sur le vocabulaire des conventions : que recouvre ce vocabulaire ? Que signifie la VUE, ou valeur universelle exceptionnelle qui est ¬ęle¬Ľ crit√®re de classement ? Comment d√©finir le crit√®re d'authenticit√©, d'int√©grit√© ? Comment les traduire en bambara ? D√©j√†, on nous demande de construire des mus√©es. Or le mot de ¬ęmus√©e¬Ľ n'existe pas dans la plupart des langues. Mais le probl√®me ne se pose pas qu'en Afrique - on le retrouve en Birmanie, notamment.

La France √©tait repr√©sent√©e au Comit√© du patrimoine mondial, dont elle √©tait membre - je crois que c'√©tait la derni√®re ann√©e. Nous suivons les d√©bats des conventions. Mme Guyomarch s'est r√©cemment rendue √† la r√©union des √Čtats parties √† la Convention de 1970 sur le trafic illicite. Cette r√©union fut suivie par une autre r√©union √† Vienne, celle de l'ONUDC, qui est l'organisation des Nations unies pour le crime et la drogue. Cette derni√®re voudrait inclure dans son champ d'action la probl√©matique des biens culturels - dans la mesure o√Ļ les r√©seaux sont les m√™mes.

Notre position est plut√īt de dire qu'il ne convient pas de multiplier les enceintes o√Ļ ces questions sont d√©battues, car on risque ainsi de les banaliser, et qu'il vaudrait mieux consolider la Convention de 1970 de l'UNESCO. Mais le G77, groupe de 77 pays tr√®s volontaristes et tr√®s organis√©s sur les questions de biens culturels et de retour des biens culturels dans leur pays d'origine, est plut√īt favorable √† ce que l'on traite ces dossiers au sein de l'ONUDC.

Q - (Sur les partenariats avec des organismes publics français)

R - Nous travaillons en √©troite relation avec le minist√®re de la Culture et les institutions fran√ßaises, dont l'expertise est pr√©cieuse. Nous n'avons pas nous-m√™mes d'experts, au sein du minist√®re des Affaires √©trang√®res : ceux-ci viennent d'ailleurs, des institutions fran√ßaises ou des collectivit√©s territoriales. Notre r√īle est plut√īt d'analyser au plus pr√®s la demande, pour √™tre s√Ľrs que les personnes qui seront envoy√©es seront les bonnes. Et nous avons un partenariat, d√©j√† ancien, avec l'√Čcole de Chaillot.

Nous sommes très vigilants aux formations de formateurs. En particulier, nous tenons à ce que l'on forme des architectes qui soient eux-mêmes capables d'enseigner, de façon à ne pas avoir à déplacer des armées de formateurs ou d'étudiants en France, ce que nos moyens ne nous permettent plus de faire.

L'√Čcole de Chaillot est un partenaire privil√©gi√©. Elle abrite aussi l'Observatoire pour la Chine contemporaine, qui travaille depuis de longues ann√©es avec un certain nombre d'universit√©s chinoises.

S'agissant des projets √©trangers, nous sommes souvent sollicit√©s pour aider √† monter les dossiers. Et quand nous l'acceptons, nous le faisons dans le cadre de partenariats ; le dossier est alors un pr√©texte √† des transferts de comp√©tences, √† des formations sur place. Mais il faut savoir que les dossiers UNESCO sont tr√®s lourds. En outre, la d√©finition des zones ¬ę tampons ¬Ľ pose probl√®me, comme on l'a vu r√©cemment avec l'√Čglise de Bethl√©em.

Q - (Sur le suivi des dossiers relatifs aux biens culturels français)

R - Vous avez √©voqu√© la diversit√© des biens culturels. Sachez que ce sont nos coll√®gues du minist√®re de la Culture et ceux de la D√©l√©gation permanente de la R√©publique fran√ßaise aupr√®s de l'UNESCO qui suivent les dossiers relatifs aux biens culturels strictement fran√ßais. Notre d√©partement n'intervient que lorsqu'il s'agit de biens ¬ęen s√©rie¬Ľ : je pense au dossier Le Corbusier, qui impliquait un certain nombre de partenaires √©trangers. Nous essayons de coordonner ce qui a trait √† l'international.

Nous avons suivi le dossier ¬ęgastronomie¬Ľ par int√©r√™t, parce que nous aurons ensuite √† en faire la promotion √† l'international et que nous sommes souvent sollicit√©s. C'est √©galement le cas, en ce moment, dans le cadre des ¬ęann√©es crois√©es France-Vietnam¬Ľ, de la valorisation des gastronomies √©trang√®res.

Cette inscription nous a √©t√© tr√®s envi√©e par nos partenaires. Mais elle est √† l'origine de probl√®mes avec l'UNESCO. De fait, c'√©tait le ¬ęrepas gastronomique fran√ßais¬Ľ qui avait √©t√© inscrit, et non pas la gastronomie fran√ßaise. Or certaines entreprises n'ont pas h√©sit√© √† utiliser le label UNESCO comme argument publicitaire, ce qui a beaucoup f√Ęch√© celle-ci.

Enfin, les projets à venir sont traités par le ministère de la Culture, s'agissant des projets français./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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8. Irak - Attentats - D√©claration du porte-parole de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne pour les Affaires √©trang√®res et la Politique de s√©curit√©

 

La Haute représentante condamne dans les termes les plus vigoureux les attentats perpétrés récemment dans une série de villes irakiennes, qui ont tué des dizaines d'innocents et fait encore bien plus de blessés. Elle déplore ces attentats terroristes incessants qui visent à faire échouer les efforts déployés en vue d'instaurer la stabilité et la prospérité en Irak.

Elle adresse ses condoléances les plus sincères aux autorités irakiennes et aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés./.

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9. Cuba - Disparition d'Oswaldo Pay√° - D√©claration du porte-parole de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne pour les Affaires √©trang√®res et la Politique de s√©curit√©

 

C'est avec une profonde tristesse que Catherine Ashton a appris le décès tragique d'Oswaldo Payá dans un accident de voiture survenu le dimanche 22 juillet.

Oswaldo Payá avait consacré sa vie à la cause de la démocratie et des droits de l'homme à Cuba.

En 2002, le Parlement européen lui avait décerné le prix Sakharov notamment pour son travail dans le cadre du projet Varela.

La Haute représentante exprime ses sincères condoléances et toute sa sympathie à sa famille ainsi qu'aux familles des autres victimes de l'accident./.

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