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Bulletin d'actualités du 24 juillet 2012


Sommaire



1. Irak - Attentats - Déclaration du président de la République, M. François Hollande

 

Au nom de la France, je condamne avec la plus grande fermeté la série d'attentats perpétrés aujourd'hui contre 14 villes d'Irak dont la capitale Bagdad et qui ont coûté la vie, selon un bilan encore provisoire, à 91 personnes et fait plus de 160 blessés.

J'adresse mes condoléances au peuple irakien et aux familles des victimes et j'exprime la solidarité de la France aux autorités irakiennes dans leur lutte contre le terrorisme.

Dans ce contexte tragique, la France rappelle qu'il est essentiel que les dirigeants irakiens unissent leurs efforts pour répondre au défi de la violence et aux attentes de la population irakienne.

La France se tient aux côtés de l'Irak et réaffirme son plein soutien aux institutions irakiennes dans leur action en faveur de la stabilité et la sécurité./.

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2. Syrie - Réponse du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Bachar Al-Assad tombera. Aujourd'hui, près de 20.000 morts, des centaines de milliers de blessés, des centaines de milliers de personnes qui fuient au Liban, en Jordanie, en Irak, en Turquie et dans d'autres pays. Et voilà que, à toutes ces exactions, Bachar Al-Assad ajoute aujourd'hui la menace d'utiliser des armes chimiques et bactériologiques.

Vous comprendrez que, sur ce point, je ne sois pas très disert mais je vous dirai simplement ceci :

Les États-Unis d'Amérique, la Grande-Bretagne, nous-mêmes, et d'autres pays, nous suivons au jour le jour la situation de ces armements et il est clair qu'aucune justification de l'utilisation de ces armes ne sera acceptée.

Maintenant, les initiatives, nous en prenons à la fois au niveau mondial puisque les résolutions du Conseil de sécurité ont été proposées par la France et par d'autres ; au niveau européen : hier encore, nous avons décidé, à l'initiative de la France, un certain nombre d'aides humanitaires et de sanctions supplémentaires.

Le 6 juillet, le président de la République rassemblait autour de lui plus de la moitié des pays du monde pour apporter le soutien des amis du peuple syrien et, encore avant-hier, j'étais en contact avec la Ligue arabe pour lancer l'idée d'un gouvernement de transition qui doit être large. M. Bachar Al-Assad peut utiliser toutes les manoeuvres qu'il veut, il finira par tomber. Et, ce jour-là, ceux - et vous voyez à qui je veux faire allusion - qui se sont mis en travers de l'Histoire comprendront qu'ils ont perdu, y compris auprès de l'opinion arabe, qu'ils sont censés vouloir défendre./.

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3. Entretien du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec «France2»

 

Q - Où en est-on en Syrie ce matin ? Le régime du président Assad est-il à l'agonie ou pas encore tout à fait ?

R - Militairement, il a encore des forces, mais sur le plan politique, je n'ai pas de doute, Assad va tomber, c'est simplement une question de temps. Ce que la France, l'Europe, la Ligue arabe essaient de faire, c'est à la fois de renforcer les sanctions et, sur le plan humanitaire, d'accueillir les nombreux Syriens qui se réfugient dans les pays voisins. Et puis, il faut aussi préparer la suite.

Q - Quand vous dites «c'est une question de temps», C'est de l'ordre de jours, de semaines, de mois ?

R - On ne peut pas préjuger. Le plus vite sera le mieux. Il ne faut pas oublier que 20.000 personnes sont déjà mortes suite à ce qu'a fait Assad et, tous les jours, il y a des dizaines et des dizaines de morts. C'est un drame épouvantable.

Q - Vous avez appelé à la constitution d'un gouvernement provisoire. On ne voit pas très bien qui, concrètement, pourrait prendre le pouvoir à Damas après la chute ou le départ du président Assad ?

R - Il y a un argument, souvent utilisé, selon lequel Bachar Al-Assad est certes une brute, un assassin, mais qui va venir après ? Si c'est pour installer des terroristes, non. Je pense donc qu'il faut se préoccuper de ce qui va se passer après et nous essayons, avec la Ligue arabe et d'autres partenaires, de travailler en ce sens.

Évidemment, ce sont les Syriens qui vont décider, mais ce gouvernement provisoire, gouvernement de transition, va comporter certainement des gens de l'opposition, que ce soit l'opposition intérieure ou extérieure, et puis probablement des gens qui étaient avec le régime mais qui ne sont pas impliqués dans la répression.

Q - Quand vous dites «si c'est pour installer des terroristes après, cela ne vaut pas le coup», cela veut dire qu'il y a un risque ? Il y a, par exemple, dans les rangs de l'opposition des combattants liés à Al Qaïda, des Jihadistes ?

R - Je ne dis pas que cela ne vaut pas le coup, mais il faut faire toujours attention bien sûr, parce qu'il y a sûrement, sur le terrain, des terroristes qui profitent de la situation. Vous savez que nous sommes dans une région où il y a beaucoup de violence. Il faut que Bachar tombe mais il faut qu'il y ait une perspective de remplacement qui soit le plus démocratique possible. J'ajouterai une chose très importante : il faut qu'un message soit passé aux communautés minoritaires, aux Alaouites, aux Chrétiens... Il faut leur dire que Syrie, après Bachar Al-Assad, protégera leurs droits. Il ne faut pas que la chute de Bachar Al-Assad entraîne une persécution des minorités. J'insiste sur ce point.

Q - Vous dites vous-mêmes que la chute du régime n'est pas pour demain. Y a-t-il d'autres solutions que le recours à la force ? Cela fait 16, 18 mois que l'on essaie de faire autrement et cela ne fonctionne pas, pourquoi cela continuerait à fonctionner ?

R - Il y a eu une évolution très importante sur le terrain. Les insurgés ont pris, heureusement, beaucoup de positions et puis, petit à petit, la population, de plus en plus nombreuse, se soulève contre Bachar qui est un tyran et ne peut pas rester éternellement au pouvoir contre la volonté de son peuple. Je n'ai donc pas de doute, le sens des choses va heureusement vers le départ de Bachar Al-Assad et le plus tôt sera le mieux.

Q - Mais pourquoi le devoir de protéger les Libyens, dont on s'est servi pour intervenir en Libye, est plus fort que le devoir de protéger les Syriens ?

R - La situation stratégique n'est pas la même. Autour de la Syrie, vous avez des pays comme Israël, l'Iran, l'Irak, la Turquie...

Q - Oui, mais un mort c'est un mort.

R - Oui, c'est vrai mais si cela devait se traduire par une déflagration générale au Proche et au Moyen-Orient, vous voyez bien les catastrophes supplémentaires que cela pourrait entraîner.

Q - L'ONU apparaît plus impuissante que jamais.

R - Il est vrai que l'attitude des Russes et des Chinois a été extrêmement décevante mais il faut continuer à maintenir la pression internationale. Le plan de Kofi Annan doit être modifié, et il faut quand même se situer dans le cadre de la légalité internationale.

Q - Qu'est-ce qui pourrait les faire changer d'avis, les Russes par exemple ?

R - Le constat que le maintien par la répression de Bachar Al-Assad au pouvoir constitue un désordre et qu'il n'en existe pas de plus grand. Les Russes eux-mêmes risquent de perdre tous leurs arguments vis-à-vis de la «rue» arabe. Il est quand même très frappant, lorsque vous discutez avec des interlocuteurs originaires du monde arabe en général, de s'entendre dire : «mais on ne comprend pas la position des Russes».

Q - Quelle pourrait être la porte de sortie pour Bachar lui-même ? La communauté internationale est-elle prête à lui accorder l'impunité, comme l'a évoqué la Ligue arabe hier ?

R - C'est un problème très compliqué parce que la Ligue arabe a dit : «si Bachar s'en va, on lui trouvera un endroit, un refuge». En même temps il y a une règle, qui vaut de plus en plus, selon laquelle tous les dictateurs doivent payer leurs crimes. Simplement, si Bachar Al-Assad n'a le choix qu'entre la mort ou la prison à vie, vous voyez l'extrême difficulté... La Ligue arabe a fait cette proposition mais je pense que, sur une longue période, tous les dictateurs devront payer leurs crimes.

Q - Donc pas d'impunité pour Bachar Al-Assad ?

R - Je pense que finalement, pour lui et pour d'autres dictateurs, il n'y aura pas d'impunité.

Q - La Syrie a menacé d'utiliser des armes chimiques, que sait-on de l'existence de ce stock d'armes chimiques ?

R - Jusqu'à présent, la Syrie n'avait pas reconnu l'existence d'armes chimiques et bactériologiques qui sont des armes extraordinairement dangereuses. Hier, il y a eu un communiqué des autorités syriennes indiquant qu'ils n'utiliseraient pas les armes chimiques contre les Syriens, mais contre les étrangers...

Q - Donc ils en ont.

R - C'est en effet une confirmation mais, de toutes les manières, l'éventualité d'une utilisation des armes chimiques est totalement inacceptable. Le président Obama a fait des déclarations dans ce sens, d'autres aussi. Je ne vais pas m'étendre sur la question pour des raisons que vous comprendrez sûrement, mais ces armes sont sous étroite surveillance de la communauté internationale.

Q - Concernant la situation au nord du Mali vous avez parlé de «sahelistan», que vouliez-vous dire, que le Sahel pourrait être un nouvel Afghanistan ?

R - Je voulais dire que c'était une situation extrêmement grave. Au nord du Mali, il y a des terroristes d'AQMI qui se sont implantés. Ils ont des stocks d'armes importants et beaucoup d'argent lié à la fois aux paiements de rançons et au trafic de drogue qui a lieu dans la région. Ce sont des gens extrêmement dangereux, déterminés et qui n'hésitent devant rien. Ils tuent, ils violent, ils ont détruit les mausolées, etc. Ils représentent un danger, pas seulement pour le Mali - puisqu'ils sont implantés tout au nord du Mali en menaçant son intégrité -, mais pour l'ensemble de la région. C'est également un danger pour l'Europe et je suis en train de sensibiliser - les Africains le savent bien et les États africains réagissent comme ils doivent réagir - l'ensemble de la communauté internationale. Une résolution a été votée aux Nations unies, parce qu'il va falloir traiter cette question.

Q - Une intervention militaire est-elle indispensable ?

R - Nous n'en sommes pas là. Au Mali, il y a d'abord un problème politique, un gouvernement qui jusqu'à présent ne contrôle que le sud du Mali. Ce gouvernement n'est pas assez représentatif de la population. Les pays voisins ont donné jusqu'au 31 juillet aux représentants du Mali pour essayer de former un gouvernement plus inclusif et plus large.

J'espère que cela va aboutir car il y a aussi un problème humanitaire. En effet, près de 200.000 Maliens du nord sont descendus vers le sud et 200.000 autres Maliens ont trouvé refuge dans les pays voisins. Cela pose un problème humanitaire et nous intervenons avec nos partenaires européens.

Et puis il y a un troisième problème, c'est un problème de sécurité parce que les terroristes devront être traités le moment venu, selon les méthodes qui conviennent.

Q - Mais si la solution politique que vous prenez ne fonctionne pas, faudra-t-il envisager une solution militaire ?

R - Non, il faut qu'elle fonctionne. C'est aux Africains de régler les questions qui concernent l'Afrique et j'ai bon espoir qu'une solution politique soit trouvée, d'abord au Sud-Mali.

Q - Un mot sur l'Europe, les bourses ont chuté partout hier en Europe, l'Espagne s'enfonce dans la récession. Un plan global de sauvetage de l'Espagne est-il maintenant indispensable ?

R - On est déjà intervenu à la fin du mois de juin. Ce qui est évidemment regrettable, c'est...

Q - C'était une aide aux banques, ce n'était pas une aide à l'État.

R - Ce sont les banques qui sont en difficulté là-bas. Le problème, comme souvent, c'est que la décision prise est excellente mais qu'elle tarde à se mettre en application ; et puis la spéculation intervient. J'espère qu'il ne sera pas nécessaire de ré-intervenir. Si c'était le cas, cela peut être une augmentation de ce qu'on appelle les pare-feux, c'est-à-dire des protections, ou des interventions de la Banque centrale. Le président de la Banque centrale a dit - c'est une déclaration qu'il ne faut pas prendre à la légère - qu'il n'avait aucun tabou pour les interventions.

Q - La rigueur imposée par Mariano Rajoy à son peuple est-elle nécessaire ou, finalement, ne fait-elle qu'aggraver la situation ?

R - On voit le cercle vicieux de ce type de décision. Il y a une rigueur très forte - parce qu'en Espagne c'est tout à fait brutal - et, en même temps, il n'y a pas de croissance. On cherche à retrouver l'équilibre budgétaire mais, comme on tue la croissance, l'équilibre budgétaire n'est pas assuré et, du coup, l'emploi souffre. Songez qu'en Espagne il y a 25 % de la population au chômage - 50 % des jeunes -, ce qui est absolument effrayant. Il faut donc à la fois que l'on soit sérieux sur le plan budgétaire et qu'il y ait la dimension de croissance. C'est ce que la France professe et ce qu'on voit en Espagne, comme ce qu'on voit en Grèce, montre qu'on doit à la fois être sérieux budgétairement et insister sur la croissance./.

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4. Iftar offert au Quai d'Orsay - Discours du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, devant les ambassadeurs des États de l'OCI

 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Présidents, Chers Amis,

C'est pour moi un honneur et un plaisir de vous recevoir ici, au Quai d'Orsay, à l'occasion de cet Iftar. Il s'agit d'une pratique que j'ai souhaité reprendre, après une interruption de quelques années, car elle permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman.

La France est, chacun le sait, une République laïque. Cela n'est nullement contradictoire avec le fait qu'elle éprouve respect et considération pour l'islam et pour les musulmans, bien au contraire.

Je veux saluer en l'islam une religion qui enseigne la paix, la fraternité et la spiritualité.

Je salue aussi en l'islam la seconde religion de France. Nous avons des relations anciennes et étroites marquées par une longue proximité. C'est une réalité humaine, sociale, économique, intellectuelle majeure que nous n'oublions pas.

La France est une République laïque, disais-je, mais la laïcité n'est nullement hostile aux religions. Elle fournit au contraire le cadre partagé pour la coexistence des différentes expressions religieuses, ou leur absence, et pour le libre exercice des cultes.

L'État laïc ne soutient, en effet, aucune religion et n'en désavantage aucune. Il respecte les croyances et il sait que la liberté de religion et de conviction est au coeur des libertés publiques. J'ajoute que la laïcité est un principe d'avenir dans un monde où la diversité des croyances et des références spirituelles va aller en s'accroissant.

Certes, je n'ignore pas que la laïcité est quelquefois détournée et transformée en principe d'exclusion. Mais c'est un contresens. Le gouvernement appliquera donc à la lettre la laïcité et condamnera toute instrumentalisation négative de celle-ci, notamment comme pseudo-justification du rejet de l'islam. Nous veillons et veillerons à ne pas stigmatiser les musulmans de France, mais au contraire à leur témoigner le respect qui leur est dû.

Ce message, je l'adresse notamment aux représentants de l'islam de France, en particulier M. Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, et M. Boubakeur, Recteur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris.

L'émergence d'une structure unifiée représentant les musulmans pour aborder les questions de culte a constitué un progrès. Le gouvernement souhaite que toutes ses composantes puissent travailler ensemble avec les pouvoirs publics afin d'apporter aux croyants le cadre leur permettant de pratiquer leur religion dans de bonnes conditions. Pour lutter contre les formes de repli ou contre l'extrémisme, il faut un islam adapté aux réalités des musulmans de France, qui souhaitent leur pleine intégration au sein de notre société. Le ministère des Affaires étrangères est, bien sûr, prêt à vous aider à traiter les dossiers internationaux de l'islam de France.

Au niveau international, la France entretient de longue date des rapports avec le monde islamique, en Méditerranée, en Afrique, en Europe et en Asie. C'est pourquoi nous avons décidé de renforcer encore nos relations d'amitié et de coopération avec l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et ses membres qui sont représentés ici.

Nous sommes attentifs aux mutations qui affectent le monde musulman, riche de plus d'un milliard de femmes et d'hommes, bouleversements qui interviennent souvent dans notre voisinage immédiat. Comment ne pas penser en cet instant avec émotion et grande tristesse au drame syrien, avec son cortège de victimes, ainsi qu'à ses conséquences sur les pays voisins, violences dont nous souhaitons la cessation la plus rapide possible. Nous apprécions le rôle de l'OCI et nous saluons son approche ouverte pour accompagner les changements.

Dans cet esprit, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai désigné comme notre envoyé spécial auprès de l'OCI notre consul général à Djeddah, M. Louis Blin, ce qui portera notre représentation au niveau de celle de nos partenaires proches. La France souhaite en effet suivre vos travaux assidûment et accompagner le développement d'une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde.

Le président de la République, François Hollande sera heureux de confirmer ces orientations nouvelles au secrétaire général de l'OCI, M. Ihsanoglu, que nous souhaitons convier à effectuer une visite à Paris.

* *

Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Présidents, Chers Amis,

Le gouvernement veut que la France reste fidèle à ce qui a toujours fait sa force : être un pays qui promeut les principes universels de la démocratie et des droits de l'Homme dans un esprit de dialogue et d'ouverture.

Dans le monde musulman d'aujourd'hui, peut-être certains s'interrogent-ils sur l'attitude de la France à l'égard de l'islam, probablement à cause de l'attitude de certains de nos prédécesseurs immédiats. Eh bien, je veux vous dire clairement que la page est tournée. Notre politique, à l'extérieur, vise à soutenir les aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice des peuples musulmans et, à l'intérieur, notre laïcité républicaine est une chance pour l'islam et évidemment pas une sanction.

Je vous souhaite à tous un bon mois de Ramadan, et je forme le voeu qu'il soit celui de l'amitié et de la confiance entre la France et l'islam./.

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5. Entretien du ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, avec «ITélé»

 

Q - Retour sur ce dramatique incendie au nord de l'Espagne, à la frontière française. Pouvez-vous nous préciser ce matin l'identité des trois victimes ? D'autre part, la France va-t-elle offrir des moyens à l'Espagne pour combattre ce feu ?

R - Je ne peux pas vous donner l'identité des trois victimes. Les interventions sont en cours, nous savons qu'il y a des blessés et des morts. Cet incendie est à la frontière de nos deux pays, la France et l'Espagne, et le ministère de l'Intérieur mobilise des moyens pour que nous puissions, dans une intervention conjointe, maîtriser le plus rapidement possible cet incendie dramatique et déjà meurtrier.

Q - Il y a donc une solidarité de la France vis-à-vis de l'Espagne ?

R - Il y a une solidarité totale et entière de la France avec l'Espagne, parce que la frontière est commune et parce qu'il est d'usage - lorsqu'un pays de l'Union européenne est confronté à un drame aussi grand, qui peut présenter un danger pour les populations - de venir au secours, d'aider et d'apporter des moyens.

Q - Les combats se sont poursuivis en Syrie tout le week-end, notamment à Alep, à Damas. Aujourd'hui, la Ligue arabe offre, en quelque sorte, une porte de sortie honorable à Bachar Al-Assad et sa famille s'il quitte le pouvoir. Êtes-vous d'accord ? Faut-il effectivement pouvoir exfiltrer Bachar Al-Assad ?

R - Nous sommes d'accord pour que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir. C'est ce que nous demandons et nous souhaitons que cela se fasse le plus rapidement possible pour que les massacres cessent. C'est la raison pour laquelle, en liaison étroite avec les pays de l'Union européenne, nous apportons notre soutien plein et entier au plan de Kofi Annan et que nous essayons de faire en sorte aussi que le Conseil de sécurité des Nations unies puisse prendre toutes les dispositions pour créer les conditions de la fin des violences de la part de Bachar Al-Assad.

Q - La France est-elle plutôt favorable à poursuivre pénalement Bachar Al-Assad et ses proches devant la justice internationale ? Ou alors, faut-il permettre à Bachar Al-Assad de quitter la Syrie, et donc de mettre un terme à ce qui ressemble à une guerre civile ?

R - Il faut que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir et ensuite que la justice pénale internationale, comme c'est le cas dans la plupart des pays, fasse son travail selon les procédures qui sont les siennes. Nous n'avons pas de commentaire à faire sur la manière dont la justice pénale internationale conduit ses investigations.

Q - Donc, pas d'immunité, comme le propose la Ligue arabe ?

R - La Ligue arabe n'a pas parlé d'immunité mais de sortie digne. Ce que nous souhaitons, c'est que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir, que les violences cessent, que la transition démocratique soit possible. Et si la justice internationale doit faire son travail selon les procédures qui régissent son fonctionnement, elle le fera. Encore une fois, lorsqu'on est en situation de responsabilité politique, on n'a pas de commentaire à faire sur la manière dont la justice pénale internationale doit conduire ses investigations.

Q - Aujourd'hui, il y a une réunion à Bruxelles sur un embargo sur les armes vis-à-vis de la Syrie. Est-ce que ce n'est pas trop peu, trop tard ? Et la France aide-t-elle d'une manière ou d'une autre l'armée syrienne libre sur le terrain ?

R - D'abord, ce que nous pouvons dire, c'est que la France et l'Union européenne sont à la manoeuvre pour faire en sorte que les massacres cessent, que l'État de droit...

Q - Pour l'instant la diplomatie est un échec.

R - On ne peut pas dire que la diplomatie soit un échec, nous avons multiplié les pressions, nous avons multiplié les sanctions. Nous avons pris encore récemment, au terme de la réunion des amis du peuple syrien, à Paris le 6 juillet dernier, de nouvelles sanctions. Les pressions ont été constantes. Le soutien apporté par l'Union européenne et la France au plan de M. Annan est très important. Nous avons aussi multiplié les pressions sur la Russie et sur la Chine...

Q - La mission de Kofi Annan, ce n'est pas un échec là aussi ?

R - Nous essayons de faire en sorte que ce plan puisse être mis en oeuvre, et nous le faisons en multipliant les sanctions, les pressions sur l'actuel pouvoir syrien. Si aujourd'hui nous n'avons pas pu aller plus loin, c'est parce que nous ne voulons pas intervenir hors le droit international. Pour qu'une intervention soit possible dans le cadre du droit international, il faut que la Russie et la Chine en acceptent le principe, ce qui n'a pas été possible jusqu'à présent. D'ailleurs, ces pays portent une responsabilité importante dans ce qui se passe aujourd'hui ; cela a été rappelé à l'occasion de la Conférence des amis du peuple syrien le 6 juillet dernier.

Q - Est-ce que l'on aide d'une manière ou d'une autre l'armée syrienne sur le terrain ? On parle par exemple de services de renseignement occidentaux, puisqu'il y a eu cet attentat au coeur de Damas !

R - Pas à ma connaissance. La France souhaite une transition démocratique et entretient des relations avec tous ceux qui peuvent incarner cette relève démocratique, de manière à envisager avec eux quels pourraient être les modes de coopération civils qui permettraient d'accompagner cette transition. Nous condamnons toute forme de violence parce que la violence est toujours, lorsque la dictature est là depuis longtemps et qu'elle est sanguinaire, un drame supplémentaire dont les peuples sont les victimes.

Q - Sur le plan économique et financier, la situation demeure critique en Espagne : des taux d'intérêt à 7 % vendredi. L'Espagne semble véritablement étranglée, les marchés financiers ont peur, Hong-Kong ce matin a ouvert ce matin en forte baisse. La crise de l'euro peut-elle exploser, encore une fois, cet été ?

R - Nous sommes dans une situation de crise et nous faisons tout pour opposer des pare-feux, de nouveaux instruments de solidarité qui puissent efficacement permettre aux marchés d'être régulés. C'est ce que nous avons d'ailleurs essayé de mettre en oeuvre.

Il y a aujourd'hui la nécessité d'aller plus loin dans la solidarité, en créant aussi les conditions vers davantage d'intégration politique, c'est ce que le président de la République a appelé «l'intégration solidaire».

Nous mettons en place la supervision bancaire, de manière à faire en sorte que les désordres qui secouent le monde bancaire depuis des mois et qui sont à l'origine de la déstabilisation des marchés, prennent fin. Avec la supervision bancaire, nous créons les conditions pour une intervention des dispositifs de solidarité : le mécanisme européen de stabilité, le Fonds européen de stabilité financière en recapitalisation directe des banques pour casser le cercle vicieux entre dettes souveraines et déstabilisation bancaire. Nous sommes effectivement dans une situation qui vise à opposer au désordre des marchés de véritables pare-feux.

Q - Le pacte de stabilité budgétaire a été présenté au Conseil constitutionnel. Il sera ratifié par le Parlement à la rentrée. Pensez-vous qu'il y aura des voix dissidentes ?

R - Je ne le crois pas, nous avons réorienté profondément la politique de l'Union européenne. Ce que nous faisons n'est pas un solde de tous comptes, il y a d'autres étapes pour approfondir cette réorientation. Si nous voulons que les autres étapes soient possibles, il faut consolider ce que nous avons obtenu.

Q - Une dernière question : un plan de soutien à l'automobile va être présenté mercredi pour protéger le marché français. Allez-vous demander l'autorisation à l'Europe pour ce soutien à l'automobile française ?

R - Arnaud Montebourg est très mobilisé sur ce sujet. Nous l'accompagnons d'ailleurs puisqu'un certain nombre de mesures prises dans le cadre du plan de croissance, notamment les prêts alloués par la BEI pourraient être mobilisés en faveur de ce plan automobile. Bien entendu, nous veillerons à ce que les mesures arrêtées dans le cadre de ce plan soient fortes, efficaces et euro-compatible.

Q - Et pas de protectionnisme ?

R - Nous prendrons des mesures appropriées pour le marché français. Nous avons dit que nous souhaitions la réciprocité en toutes choses ; cela vaut aussi pour le secteur automobile./.

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6. Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Entretien du ministre des Affaires étrangères avec le président de la République de Côte d'Ivoire - Cuba : Décès d'Oswaldo Paya - Madagascar - Syrie - Arménie - Bahreïn - Mali

 

1 - Entretien du ministre des Affaires étrangères avec le président de la République de Côte d'Ivoire

Le président de la République de Côte d'Ivoire effectue une visite en France du 24 au 26 juillet. M. Alassane Ouattara sera reçu par le président de la République le 26 juillet.

Le ministre des Affaires étrangères rencontrera le président de la République de Côte d'Ivoire, M. Ouattara mercredi 25 juillet à 19h à l'occasion de sa deuxième visite officielle en France depuis son accession au pouvoir.

Lors de cet entretien, seront évoqués la situation intérieure ivoirienne et le soutien de la France au processus de réconciliation et de reconstruction, au travers notamment de l'élaboration du «contrat désendettement développement». Dans le contexte des responsabilités régionales exercées par la Côte d'Ivoire, qui préside la CEDEAO et le comité Paix et Sécurité de l'Union africaine, sera notamment abordée la crise sahélienne qui constitue un défi commun à notre sécurité.

Cette visite témoigne du soutien constant de la France à la Côte d'Ivoire qui doit faire face à de nombreux défis pour se reconstruire après la crise.

Lors de sa visite, le président Ouattara rencontrera également les ministres de l'Économie et des Finances ainsi que de la Défense.

2 - Cuba : Décès d'Oswaldo Paya

Le ministère des Affaires étrangères salue la mémoire d'Oswaldo Paya, lauréat du Prix Sakharov des droits de l'Homme du Parlement européen en 2002, décédé dans un accident de la route ce dimanche 22 juillet.

Oswaldo Paya était l'initiateur d'une pétition qui a rassemblé plus d'une dizaine de milliers de signatures sur un texte présenté à l'Assemblée nationale du Pouvoir Populaire (ANPP) cubaine réclamant un référendum sur les libertés individuelles, les réformes économiques et la libération des prisonniers politiques.

Le dialogue entre l'Église catholique et les autorités cubaines, la libération des prisonniers politiques et la mise en oeuvre des réformes économiques depuis deux ans sont les causes auxquelles Oswaldo Paya aura consacré sa vie.

Oswaldo Paya était venu en France à l'occasion d'une tournée européenne postérieure à la remise du Prix Sakharov. La France adresse à la famille et aux proches d'Oswaldo Paya, ses très sincères condoléances.

3 - Madagascar

Q - Une rencontre est prévue entre l'ex-président Ravalomanana et le président de la Transition malgache, M. Rajoelina. Avez-vous un commentaire sur ceci ?

R - La France a pris note de l'organisation d'une rencontre entre M. Andry Rajoelina et M. Marc Ravalomanana sous l'égide de la SADC.

Elle encourage l'ensemble des acteurs malgaches à dialoguer afin de trouver une solution à la crise politique qui soit acceptable pour tous.

Elle réitère son soutien à la Feuille de Route, et notamment à l'organisation d'élections selon le calendrier proposé par l'ONU et validé par la Commission électorale nationale indépendante de la transition (CENIT).

4 - Syrie

Q - L'opposition dit que les armes chimiques ont été transférées à la frontière ? Est-ce vrai ? Sachant que vous surveillez, comme l'a dit M. Fabius à plusieurs reprises, très précisément les stocks.

L'opposition, semble-t-il, a dit qu'elle était prête à être dirigée par un membre du régime dans une phase de transition, quelle est votre réaction ?

R - Sur le premier point, je n'ai rien à ajouter par rapport à ce qu'a dit M. Laurent Fabius ces derniers jours sur les mouvements chimiques. Sur la deuxième question, oui, nous avons effectivement entendu cette déclaration de Georges Sabra qui a parlé depuis Beyrouth et nous l'avons écouté attentivement et je rappelle que, comme l'a dit M. Fabius le week-end dernier, tout ce qui va dans le sens de l'unité de l'opposition est évidemment positif.

Tout ce qui va dans le sens et tout ce qui peut permettre de parvenir le plus rapidement possible à la fin des violences, à la transition et à la formation rapide d'un gouvernement provisoire va dans la bonne direction.

Q - En ce qui concerne la proposition de Paris de tenir encore une conférence ici destinée, je crois, à la formation d'un gouvernement de transition, vous en avez discuté avec Nabil El-Arabi et aussi avec Hamed Ben Jassem pendant les contacts samedi entre les ministres et les dirigeants ?

R - Et avec tous nos partenaires européens hier à Bruxelles. Cela fait pas mal de monde.

Q - Avez-vous une réaction positive déjà de la Ligue arabe là-dessus ? On dit que les Russes ont déployé des commandos marine en Syrie avec le but de récupérer les armes chimiques en cas de rupture totale de l'autorité centrale à Damas. Est-ce que c'est crédible cela ou non ?

R - Oui, on a une double préoccupation : la première, c'est de bien marquer l'urgence de l'action de la communauté internationale qui s'impose plus que jamais aujourd'hui sur le drame syrien.

La deuxième, c'est de rappeler la disponibilité de la France et notre posture qui consiste à dire si cela peut être utile, on est naturellement prêt à accueillir, à organiser une réunion dans ce contexte-là. Les réactions sont très ouvertes, très positives.

Nous avons rappelé que nous étions disponibles, que nous souhaitions aller vite parce que la situation sur le terrain évolue très vite et qu'elle est toujours dramatiquement aussi cruelle pour les Syriens à chaque jour qui passe. Si, dans ce cadre, nous pouvons être utiles, nous sommes disponibles.

Q - Au sein du Conseil de sécurité, y a-t-il du nouveau dans la conduite à adopter ?

R - Non, nous continuons bien sûr à en parler avec nos partenaires.

Q - Concernant la zone FINUL, y a-t-il un afflux de réfugiés vers cette zone en particulier ?

R - Non, pas à ma connaissance. Cela se passe plutôt sur le nord et le nord-est du Liban.

5 - Arménie

Q - Pouvez-vous nous parler de la rencontre entre M. Fabius et M. Edward Nalbandian ce matin ?

M. Fabius s'est exprimé à l'Assemblée nationale en disant qu'il passerait le message pour que les deux pays se rapprochent.

De plus, lors de la Commission des Affaires étrangères, il a indiqué qu'il fallait trouver une solution entre l'Arménie et la Turquie en s'appuyant sur les promesses du président de la République, M. François Hollande.

Où en êtes-vous dans ce travail ? Avez-vous trouvé une solution qui ne fâche personne ?

R - C'était un entretien important à l'occasion duquel plusieurs sujets ont été abordés.

Ils seront peut-être d'une importance relative les uns et les autres par rapport à votre sujet principal de questionnement mais je crois, en ce qui nous concerne, qu'il est important de rappeler les sujets abordés.

Tout d'abord et c'est important, les relations bilatérales qui sont denses et de qualité. Elles ont des points d'application très variés, que ce soit en matière de coopération culturelle, que ce soit en matière de coopération ou d'assistance technique, que ce soit dans le domaine économique. Il faut savoir qu'en Arménie, la France est le deuxième investisseur étranger, c'est un point sur lequel M. Fabius a beaucoup insisté auprès de son interlocuteur pour lui dire l'importance que nous attachons au développement des relations économiques entre la France et l'Arménie. Je me réfère en particulier, mais il y a beaucoup d'autres sujets, au développement de l'entreprise française Orange sur le marché de la téléphonie dans ce pays. Nous avons aussi avec l'Arménie beaucoup d'autres possibilités d'échanges, d'investissements ou de réalisations en commun.

Le second point, comme vous le savez, c'est que la France, avec les États-Unis et la Russie fait partie des coprésidents du Groupe de Minsk qui est chargé depuis fort longtemps de tenter de trouver une solution au problème du haut Karabach. Ce fut l'occasion pour M. Fabius de rappeler l'importance que nous attachons au progrès des discussions entre Azerbaïdjanais et Arméniens. Souvenez-vous, au début d'année à Sotchi, il y a eu une rencontre entre les deux présidents. Notre voeu le plus cher, c'est que ce dialogue puisse continuer dans le fil de la déclaration des présidents français, américain et russe, le 18 juin 2012, en marge du Sommet du G20 à Los Cabos.

S'agissant du sujet qui vous occupe principalement, la France souhaite qu'un dialogue constructif puisse avoir lieu entre Ankara et Erevan. La France soutiendra tout effort dans ce sens. S'agissant du point que vous abordiez, notamment après la décision du Conseil constitutionnel, la position française a été clairement rappelée aussi bien par M. Fabius que par le président de la République, c'est-à-dire les engagements pris par le président de la République, nous entendons bien qu'ils soient tenus. M. Fabius a précisé, au cours des dernières semaines, qu'il faudra naturellement tenir compte de la décision du Conseil constitutionnel. Il avait souligné que les mêmes causes produisent les mêmes effets et, donc, il faudra travailler sur cette prise en compte de la décision du Conseil constitutionnel.

6 - Bahreïn

Q - Pouvez-vous nous faire un compte-rendu de la réunion de ce matin avec le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn ?

R - La présidence de la République a communiqué hier à ce sujet. Effectivement, je peux vous confirmer que le ministre a reçu ce matin son homologue de Bahreïn. Cet entretien s'inscrit dans le prolongement de l'entretien que le président de la République a eu hier avec le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa. L'entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue a permis d'évoquer la situation à Bahreïn, d'encourager les autorités à poursuivre leurs efforts pour permettre un apaisement durable des tensions que connaît le royaume. Cet entretien a également été l'occasion d'évoquer l'approfondissement de nos relations bilatérales et d'évoquer également les questions régionales, en particulier la Syrie.

7 - Mali

Q - Est-ce que les quatre pays où se rend M. Fabius à la fin de la semaine, sont le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et la Guinée ?

R - Ce n'est pas encore défini. Je serai en mesure d'en parler jeudi.

Q - Avez-vous une date concernant le retour au Mali du président par intérim malien ?

R - Non.

Q - Avez-vous quelque chose sur une éventuelle intervention au Mali ?

R - L'objectif premier est la remise en place des choses à Bamako. J'ai toujours dit : ne nous focalisons pas, ni trop, ni exclusivement, sur les questions d'intervention militaire. On ne pourra agir sur les problèmes au Nord tant que l'on n'a pas réglé les problèmes au Sud, et il y en a beaucoup. Lorsqu'il se passera quelque chose au Nord, ce sera décidé, organisé par les Africains et la CEDEAO : quelle mission, combien d'hommes, quelle durée, etc. et tout cela dans le cadre de la résolution du Conseil de sécurité. Là aussi, les autorités de Bamako devront en tout état de cause être d'accord.

Faisons attention à l'idée militaire, elle retient l'attention et cela amène à ne pas penser aux autres problèmes qui sont en amont et qu'il faut impérativement traiter avant de parvenir à la solution sécuritaire./.

 

 

 

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7. Audition de la responsable du pôle Patrimoine mondial de la Direction générale de la Mondialisation, du Développement et des Partenariats du ministère des Affaires étrangères devant la Commission des Affaires culturelles et de l'Éducation de l'Assemblée nationale - Extraits -

 

Le pôle Patrimoine mondial, qui dépend de la Direction générale de la Mondialisation, a été créé il y a à peine trois ans afin de mieux répondre aux nouveaux enjeux que représente la préservation du patrimoine dans un contexte de mondialisation. C'est un département de petite taille puisqu'il n'est composé que de quatre personnes.

Nous avons très vite compris, au sein du pôle, que le patrimoine ne peut plus être pensé qu'en termes de territoire, car il constitue un ensemble composé d'objets patrimoniaux mais aussi d'un environnement naturel, culturel et humain. Si les hommes ne sont pas pris en compte, il est évident que nous n'arriverons à rien - les exemples du Mali, de la Syrie et de différents pays du Moyen-Orient sont éloquents à cet égard.

Les nouveaux enjeux du patrimoine sont avant tout politiques. Nous assistons actuellement à un gigantesque trafic illicite d'oeuvres d'art en provenance de Syrie, du Yémen, d'Égypte, d'Irak, de Tunisie et, depuis la crise, de Grèce. Mais chaque pays est un cas particulier nécessitant des outils adaptés et la solution que nous envisageons pour un pays ne vaut pas pour les autres pays.

Preuve de l'aspect politique des enjeux, l'empressement des États à faire inscrire un grand nombre de sites, comme vous l'avez constaté récemment lors de la dernière session du Comité du patrimoine mondial qui s'est tenue à Saint-Pétersbourg.

Le pôle est un lieu d'interrogation. Nous y réfléchissons à toutes les questions que soulève la préservation du patrimoine. Nous cherchons notamment la raison de la sous-représentation du continent africain sur la liste des biens inscrits au patrimoine mondial. En effet, les biens africains représentent 9 % de la totalité des biens - mais 50 % des patrimoines en péril. Et ce n'est pas parce que l'Afrique manque de sites ou n'est pas capable de remplir les dossiers d'inscription puisque des experts internationaux rémunérés peuvent établir les dossiers à la demande des pays demandeurs. La question est donc ailleurs.

Autre aspect politique des enjeux du patrimoine, le retour des biens culturels, que l'on appelle communément restitution - mot que nous évitons car il pose en soi un problème. En la matière, chaque situation reflète le plus souvent la relation politique qui existe entre les États. Nous essayons de répondre au mieux, dans des délais souvent assez courts. Pour cela, nous avons mis en place une cellule interministérielle de veille, informelle, qui nous permet de rencontrer nos collègues des ministères de l'Intérieur, de la Justice, de la Culture et des représentants des douanes en vue d'adopter des positions communes.

Les enjeux politiques du patrimoine s'accompagnent désormais d'enjeux économiques dans la mesure où il est devenu une promesse de retombées économiques. Soit, mais pour qui et au profit de qui ? L'expérience montre que si les habitants ne sont pas concernés, les sites périclitent, ce qui provoque l'effet inverse de ce que nous recherchions, à savoir leur valorisation. L'augmentation du prix des terrains incite les populations à déserter les villages et à rejoindre les périphéries urbaines, et alors seules quelques personnes se partagent les bénéfices de la valorisation du patrimoine.

Si les retombées économiques sont généralement liées au patrimoine culturel, nous assistons à un autre phénomène qu'il nous est plus difficile d'analyser : il s'agit du processus de patrimonialisation de certaines ressources naturelles qui n'avaient jusqu'à ce jour jamais été monnayées - par exemple les plantes médicinales. Un certain nombre de pays souhaitent qu'elles soient enregistrées comme des biens nationaux de peur de voir de grandes sociétés s'en emparer pour fabriquer des médicaments ou des produits cosmétiques, privant les populations de biens dont elles sont héritières depuis plusieurs générations. Il en va de même pour les pierres précieuses et les minerais. Ces phénomènes, plus récents, font l'objet de conventions internationales.

Notre département est par essence multidisciplinaire. Nous travaillons en collaboration avec nos collègues des ministères de la Culture, de l'Environnement, de la Justice, avec d'autres départements du ministère des Affaires étrangères et avec le Muséum d'histoire naturelle.

Mais revenons à la situation au Mali. Il y a quelques jours, nous avons réuni l'ensemble des conseillers culturels du réseau français à l'étranger afin de les sensibiliser à la question du patrimoine. Dans ce cadre, nous avons invité le directeur de la banque culturelle de Douentza, au nord du Mali, en plein pays Dogon, afin qu'il nous parle de la banque culturelle qu'il dirige – il s'agit d'une banque de microcrédit, qui fonctionne un peu comme le Mont-de-piété. Les villageois y déposent un bien qui appartient à leur famille depuis longtemps et reçoivent en échange de l'argent pour développer un petit commerce ou une petite entreprise - chez les Dogons, les femmes s'investissent généralement dans l'agriculture, les hommes dans l'élevage. Ces biens sont placés dans un musée, ce qui permet de les inventorier et, en cas de fuite, de saisir Interpol et le Conseil international des monuments et des sites (Icomos).

Ce fonctionnement est très satisfaisant pour les populations car le musée devient très vite un centre culturel, ce qui représente un véritable atout pour leur village. Les villageois ont organisé leur autodéfense : ils sont armés et surveillent les environs, avec les effets secondaires que vous pouvez imaginer - je vous fais grâce des horreurs que nous a racontées M. Cissé.

Aujourd'hui le commerce a cessé et les fonctionnaires de l'État malien sont retournés à Bamako. Les habitants des 44 communes fédérés par la banque se retrouvent seuls. En l'absence de touristes, ils ne sont plus en mesure de verser les intérêts à la banque, ce qui a pour conséquence que celle-ci périclite et ne pourra bientôt plus continuer à fonctionner. Les habitants seront donc obligés de vendre leurs biens pour nourrir leurs enfants. Pourtant, pour que sa banque résiste pendant un an, M. Cissé évalue son besoin à 5 millions de francs CFA, soit environ... 7 500 euros !

De nombreux pays nous demandent assistance en vue de construire un musée national ou un musée des arts et traditions populaires. S'il est intéressant pour nous de mettre en place des coopérations entre des musées comme le Louvre ou le Quai Branly et les musées nationaux de grands pays, il nous paraît beaucoup plus important de répondre à la demande d'un musée national dans des pays comme la Birmanie ou la Tanzanie, qui comportent des minorités ethniques remuantes et où la création d'un musée d'art et des traditions populaires peut contribuer à régler les conflits.

Nous sommes là pour poser des questions, réfléchir et aider nos collègues en poste à analyser les demandes et à tenter d'y répondre par le biais d'une coopération, en évitant tout ce qui pourrait ressembler à une substitution, car celle-ci, comme vous le savez, coûte cher et a des effets néfastes.

J'en viens au cas de l'Égypte. Après la révolution égyptienne, les Égyptiens ont été tentés de reconstruire leur identité sur la base d'un patrimoine pharaonique qui leur avait été volé, selon eux par les gens au pouvoir. Nous assistons aujourd'hui à un autre phénomène : un certain nombre de factions islamiques, relayées par les médias de quelques pays arabes, présentent le patrimoine pharaonique comme un patrimoine païen qui aurait dû être détruit depuis longtemps et proposent de reconstruire l'identité égyptienne à partir d'un patrimoine islamique. Or, celui-ci est extrêmement riche et représente une multitude d'histoires et de courants tellement différents les uns des autres que l'on voit mal comment un consensus pourrait émerger autour d'un patrimoine islamique.

Q - (Sur la protection du patrimoine culturel)

R - Je vais tenter de répondre à la première question que tout le monde se pose, et qui est relative à l'efficacité, ou plutôt au manque d'efficacité des conventions internationales.

Les appels pour le Mali se sont multipliés. Je me suis moi-même récemment rendue à Dakar pour rencontrer des collègues africains, et cette rencontre s'est conclue sur un appel pour le Mali. Mais entre-temps, des mausolées ont été détruits et des mosquées violées.

Nous nous rendons compte, en discutant avec nos collègues responsables de patrimoines, que le seul moyen de protéger un patrimoine - que ce soit au Mali ou au Liban - est de s'appuyer sur les populations qui vivent sur place, car pendant que les forces étrangères, ou certains groupes, se mobilisent pour sauver le patrimoine, celui-ci se démolit.

Les populations sont les principales actrices de la protection du patrimoine. Il faut donc qu'elles soient les bénéficiaires de ce patrimoine et qu'il représente pour elles non seulement un environnement, mais un environnement dont elles sont fières.

Il faut ensuite anticiper, ce qui suppose que l'on inventorie les biens patrimoniaux. Or, dans la plupart des pays, les inventaires sont partiels - quand bien même ils existent. Ainsi, sur les 300 000 manuscrits du Mali, 3 000 seulement seraient inventoriés. Il faut préciser que, dans leur grande majorité, il s'agit de biens privés.

Dès l'instant où un inventaire existe, il devient possible d'assurer la protection du bien correspondant - police, douanes, communauté internationale. Il conviendrait donc que dans le cadre de nos opérations de coopération, nous aidions les populations à procéder à ces inventaires. Mais ce n'est pas simple, car les modèles d'inventaires de la France ou de l'UNESCO ne font pas forcément sens, en l'état, pour les populations dont le patrimoine est vivant. Ainsi, les habitants de la boucle du Niger, s'agissant d'un patrimoine vernaculaire, nous ont montré qu'ils avaient leur propre idée sur les biens qu'il fallait prendre en compte. Cela suppose de mener, en amont, un travail d'adaptation des inventaires.

Vous dites que les Maliens ont pris conscience de leur patrimoine. Dans ce patrimoine, les mausolées sont des lieux vivants qui abritent les esprits des ancêtres, les protecteurs de Tombouctou. La panique actuelle des habitants vient en grande partie de ce que cette chaîne ancestrale a été rompue et que les pires malheurs pourraient s'abattre sur la ville. Malgré tout, ces mausolées sont construits en terre et il est tout à fait possible d'aider les Maliens à les restaurer. Certaines institutions françaises disposent de toute une documentation et des plans précis des mausolées, et les maçons maliens sont tout à fait à même de procéder à cette restauration.

Nous pouvons donc agir. Mais nous devons aussi, dès à présent, préparer la phase qui suivra le conflit. Il ne doit pas s'écouler trop de temps entre le moment où la situation va se calmer et où les habitants pourront rentrer chez eux et retrouver leur village ou leur ville, tels qu'ils étaient auparavant - ou à peu près. Si le temps de vacance patrimoniale est trop grand, ces gens resteront à Dakar ou dans les pays frontaliers.

Avant même que les conflits n'éclatent, il faut former des cadres dans tous les pays et essayer de faire prendre conscience à nos partenaires de l'intérêt des métiers du patrimoine, lesquels sont créateurs d'emplois. Voilà pourquoi nous travaillons avec certains États, comme la Tanzanie, et avec des collectivités territoriales. Je pense à Rochefort qui, grâce à une politique patrimoniale très fine, a réussi à créer à peu près 300 emplois. C'est un exemple dont nous faisons la promotion, dans le cadre des partenariats que nous développons.

Nous veillons donc à renforcer nos coopérations. Mais nous nous heurtons à un problème de moyens. Comme vous le savez, nos budgets sont dramatiquement limités. Nous passons beaucoup de temps à chercher des financements, temps que nous ne consacrons pas à la coopération.

Le récent exemple de la banque culturelle est symptomatique à cet égard : 7 500 euros sont nécessaires pour que 44 communes continuent à vivre de façon à peu près sereine et parviennent à rembourser leurs emprunts. Nous nous appliquons à trouver cette somme, mais ce n'est pas si facile que cela, au sein du ministère des Affaires étrangères.

L'un de vous nous a interrogées sur la Géorgie. Nous suivons la situation avec notre ambassadeur. Pour l'instant, nous sommes en train d'étudier le dossier et je ne sais pas encore ce que nous pourrons faire. Les pressions, du côté russe, sont énormes.

Q - (Sur la destruction d'églises en Géorgie et les moyens d'action de la France)

R - Essentiellement, avec notre direction politique, des pressions de type politique. Malheureusement, avec nos petits moyens et ceux de notre département, nous ne pouvons pas faire grand-chose. Nous devons par ailleurs nous garder de toute ingérence. Je remarque que la question se pose à peu près de la même façon en Serbie.

On est en train de détruire une partie des églises de Géorgie, pour les reconstruire de façon conforme à ce que l'orthodoxie préconise. La situation est très difficile. Nous envoyons des missions d'évaluation, pour constater ce qui s'y passe.

Q - (Sur la coopération décentralisée)

R - Bien sûr, nous favorisons autant que faire se peut les relations entre les collectivités territoriales françaises et les différents pays avec lesquels nous coopérons. Les collectivités territoriales se sont vu transférer un certain nombre de compétences, notamment dans les domaines du patrimoine - les inventaires, par exemple. Elles offrent une garantie de pérennité qu'aucun ministère ne peut donner sur la durée. Voilà pourquoi, à chaque fois que nous le pouvons, nous favorisons le développement des relations à l'international des collectivités territoriales.

Q - (Sur le rôle des organismes multilatéraux en matière de protection des biens culturels)

R - (...) Nous travaillons bien sûr avec l'UNESCO, et nous disposons d'un outil : la Convention France-UNESCO pour le patrimoine, une sorte de fonds en dépôts, abondé par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Culture et le ministère de l'Écologie. Ce fonds est utilisé sur des actions dont nous décidons conjointement de l'opportunité.

Nous travaillons également avec la Commission nationale française auprès de l'UNESCO, notamment sur le patrimoine scientifique, qui sera probablement d'actualité dans les années à venir : qu'est-ce qu'un patrimoine scientifique ? La maison de tel savant en fait-elle partie ? Convient-il de reconnaître tel observatoire astronomique ? Voilà le type de questions que nous abordons ensemble.

Ensuite, nous avons engagé une réflexion avec les pays d'Afrique, les responsables de patrimoines et les linguistes des langues africaines transfrontalières, sur le vocabulaire des conventions : que recouvre ce vocabulaire ? Que signifie la VUE, ou valeur universelle exceptionnelle qui est «le» critère de classement ? Comment définir le critère d'authenticité, d'intégrité ? Comment les traduire en bambara ? Déjà, on nous demande de construire des musées. Or le mot de «musée» n'existe pas dans la plupart des langues. Mais le problème ne se pose pas qu'en Afrique - on le retrouve en Birmanie, notamment.

La France était représentée au Comité du patrimoine mondial, dont elle était membre - je crois que c'était la dernière année. Nous suivons les débats des conventions. Mme Guyomarch s'est récemment rendue à la réunion des États parties à la Convention de 1970 sur le trafic illicite. Cette réunion fut suivie par une autre réunion à Vienne, celle de l'ONUDC, qui est l'organisation des Nations unies pour le crime et la drogue. Cette dernière voudrait inclure dans son champ d'action la problématique des biens culturels - dans la mesure où les réseaux sont les mêmes.

Notre position est plutôt de dire qu'il ne convient pas de multiplier les enceintes où ces questions sont débattues, car on risque ainsi de les banaliser, et qu'il vaudrait mieux consolider la Convention de 1970 de l'UNESCO. Mais le G77, groupe de 77 pays très volontaristes et très organisés sur les questions de biens culturels et de retour des biens culturels dans leur pays d'origine, est plutôt favorable à ce que l'on traite ces dossiers au sein de l'ONUDC.

Q - (Sur les partenariats avec des organismes publics français)

R - Nous travaillons en étroite relation avec le ministère de la Culture et les institutions françaises, dont l'expertise est précieuse. Nous n'avons pas nous-mêmes d'experts, au sein du ministère des Affaires étrangères : ceux-ci viennent d'ailleurs, des institutions françaises ou des collectivités territoriales. Notre rôle est plutôt d'analyser au plus près la demande, pour être sûrs que les personnes qui seront envoyées seront les bonnes. Et nous avons un partenariat, déjà ancien, avec l'École de Chaillot.

Nous sommes très vigilants aux formations de formateurs. En particulier, nous tenons à ce que l'on forme des architectes qui soient eux-mêmes capables d'enseigner, de façon à ne pas avoir à déplacer des armées de formateurs ou d'étudiants en France, ce que nos moyens ne nous permettent plus de faire.

L'École de Chaillot est un partenaire privilégié. Elle abrite aussi l'Observatoire pour la Chine contemporaine, qui travaille depuis de longues années avec un certain nombre d'universités chinoises.

S'agissant des projets étrangers, nous sommes souvent sollicités pour aider à monter les dossiers. Et quand nous l'acceptons, nous le faisons dans le cadre de partenariats ; le dossier est alors un prétexte à des transferts de compétences, à des formations sur place. Mais il faut savoir que les dossiers UNESCO sont très lourds. En outre, la définition des zones « tampons » pose problème, comme on l'a vu récemment avec l'Église de Bethléem.

Q - (Sur le suivi des dossiers relatifs aux biens culturels français)

R - Vous avez évoqué la diversité des biens culturels. Sachez que ce sont nos collègues du ministère de la Culture et ceux de la Délégation permanente de la République française auprès de l'UNESCO qui suivent les dossiers relatifs aux biens culturels strictement français. Notre département n'intervient que lorsqu'il s'agit de biens «en série» : je pense au dossier Le Corbusier, qui impliquait un certain nombre de partenaires étrangers. Nous essayons de coordonner ce qui a trait à l'international.

Nous avons suivi le dossier «gastronomie» par intérêt, parce que nous aurons ensuite à en faire la promotion à l'international et que nous sommes souvent sollicités. C'est également le cas, en ce moment, dans le cadre des «années croisées France-Vietnam», de la valorisation des gastronomies étrangères.

Cette inscription nous a été très enviée par nos partenaires. Mais elle est à l'origine de problèmes avec l'UNESCO. De fait, c'était le «repas gastronomique français» qui avait été inscrit, et non pas la gastronomie française. Or certaines entreprises n'ont pas hésité à utiliser le label UNESCO comme argument publicitaire, ce qui a beaucoup fâché celle-ci.

Enfin, les projets à venir sont traités par le ministère de la Culture, s'agissant des projets français./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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8. Irak - Attentats - Déclaration du porte-parole de la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité

 

La Haute représentante condamne dans les termes les plus vigoureux les attentats perpétrés récemment dans une série de villes irakiennes, qui ont tué des dizaines d'innocents et fait encore bien plus de blessés. Elle déplore ces attentats terroristes incessants qui visent à faire échouer les efforts déployés en vue d'instaurer la stabilité et la prospérité en Irak.

Elle adresse ses condoléances les plus sincères aux autorités irakiennes et aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés./.

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9. Cuba - Disparition d'Oswaldo Payá - Déclaration du porte-parole de la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité

 

C'est avec une profonde tristesse que Catherine Ashton a appris le décès tragique d'Oswaldo Payá dans un accident de voiture survenu le dimanche 22 juillet.

Oswaldo Payá avait consacré sa vie à la cause de la démocratie et des droits de l'homme à Cuba.

En 2002, le Parlement européen lui avait décerné le prix Sakharov notamment pour son travail dans le cadre du projet Varela.

La Haute représentante exprime ses sincères condoléances et toute sa sympathie à sa famille ainsi qu'aux familles des autres victimes de l'accident./.

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