Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Bulletin d'actualités du 23 juillet 2012


Sommaire



1. Conférence mondiale sur le Sida - Message du président de la République, M. François Hollande

 

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Arrêter l'épidémie de sida dans le monde c'est possible. D'abord en faisant travailler ensemble les milieux de santé, les organisations internationales, les associations de lutte contre le sida et les organisations non gouvernementales.

Ensuite en accroissant encore nos efforts pour mettre au point un vaccin et développer toujours davantage la prévention. Également en facilitant l'accès au dépistage pour réduire l'incidence de l'infection dans tous les pays quel que soit le mode de diffusion et en permettant un accès universel au traitement pour diminuer les risques de transmission. Enfin en concentrant nos efforts pour protéger les populations les plus vulnérables. C'est la solidarité entre les Nations qui est ainsi en jeu ce qui suppose l'implication des pays les plus riches envers les plus démunis.

C'est grâce à cet engagement, que je veux ici renouveler au nom de la France, que nous parviendrons à parcourir la seconde moitié du chemin - la plus difficile - traiter non seulement 7 millions de personnes mais 15 millions de malades du sida.

La France depuis la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et celle d'UNITAID prend une large place à cette oeuvre commune. Elle est le deuxième contributeur financier du Fonds mondial et elle entend poursuivre sa participation mais aussi la diversifier. Nous voulons créer des financements innovants, supplémentaires. C'est le sens de la taxe sur les transactions financières que mon pays a décidé de mettre en place dès le 1er août 2012.

Au Sommet du G20 et de Rio, j'ai proposé d'élargir cette taxe à l'échelle de l'Europe et du monde de façon à ce que nous puissions verser des sommes nouvelles à la lutte contre le sida.

Dans un contexte, je le sais difficile sur le plan économique, sur le plan financier, l'engagement des États et des donateurs est indispensable. Mais c'est avec la jeunesse que nous gagnerons la bataille. C'est elle qui est la première victime de la maladie. C'est donc avec elle que nous cultivons l'espoir de la faire reculer.

Voilà, Chers Amis, ce que j'étais venu vous dire. Il dépend désormais de nous d'arrêter l'épidémie du sida. Si nous le décidons, nous le pouvons !./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


2. 70ème anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv - Discours du président de la République, M. François Hollande

 

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,

Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Maire de Paris,

Monsieur le Président du Conseil représentatif des institutions juives de France,

Monsieur le Grand Rabbin,

Mesdames et Messieurs les Représentants des cultes,

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes rassemblés ce matin pour rappeler l'horreur d'un crime, exprimer le chagrin de ceux qui ont vécu la tragédie, évoquer les heures noires de la collaboration, notre histoire, et donc la responsabilité de la France.

Nous sommes ici aussi pour transmettre la mémoire de la Shoah, dont les rafles étaient la première étape, pour mener le combat contre l'oubli, pour témoigner auprès des nouvelles générations de ce que la barbarie est capable de faire et de ce que l'humanité peut elle-même contenir de ressources pour la vaincre.

Il y a 70 ans, le 16 juillet 1942, au petit matin, 13.152 hommes, femmes et enfants étaient arrêtés à leur domicile. Les couples sans enfants et les célibataires furent internés à Drancy, là où s'élèvera à l'automne le musée créé par le Mémorial de la Shoah.

Les autres furent conduits au Vélodrome d'Hiver. Entassés pendant cinq jours, dans des conditions inhumaines, ils furent de là transférés vers les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.

Une directive claire avait été donnée par l'administration de Vichy : «Les enfants ne doivent pas partir dans les mêmes convois que les parents». C'est donc après des séparations déchirantes que les parents d'un côté, les enfants de l'autre, partirent vers Auschwitz-Birkenau où les déportés de Drancy les avaient précédés de quelques jours.

Ils y furent assassinés. Pour la seule raison qu'ils étaient juifs.

Ce crime s'est déroulé ici, dans notre capitale, dans nos rues, dans nos cours d'immeuble, dans nos cages d'escalier, sous nos préaux d'école.

Il allait ouvrir la voie à d'autres rafles, à Marseille et dans toute la France, c'est-à-dire des deux côtés de la ligne de démarcation. Il y eut aussi d'autres déportations, notamment celle de Tsiganes.

L'infamie du Vel d'Hiv s'inscrivait dans une entreprise qui n'a pas eu de précédent et qui ne peut être comparée à rien: la Shoah, la tentative d'anéantissement de tous les Juifs du continent européen.

76.000 Juifs de France furent déportés vers les camps d'extermination. Seuls 2.500 en sont revenus.

Ces femmes, ces hommes, ces enfants, ne pouvaient pas s'attendre au sort qui leur avait été réservé. Ils ne pouvaient pas même l'imaginer. Ils avaient confiance dans la France.

Ils croyaient que le pays de la grande Révolution, que la Ville Lumière, leur serviraient de refuge. Ils aimaient la République avec une passion inspirée par la gratitude. C'est en effet à Paris, en 1791, sous la Constituante, que, pour la première fois en Europe, les Juifs étaient devenus des citoyens à part entière. Plus tard, d'autres avaient trouvé en France une terre d'accueil, une chance de vie, une promesse de protection.

Ce sont cette promesse et cette confiance qui furent piétinées il y a soixante-dix ans.

Je tiens à rappeler les mots que le grand rabbin de France Jacob Kaplan adressa au maréchal PETAIN en octobre 1940, après la promulgation de l'odieux statut des Juifs : «Victimes, écrivait-il, de mesures qui nous atteignent dans notre dignité d'hommes et dans notre honneur de Français, nous exprimons notre foi profonde en l'esprit de justice de la France éternelle. Nous savons que les liens qui nous unissent à la grande famille française sont trop forts pour pouvoir être rompus.»

Là se situe la trahison.

Par-delà le temps, au-delà du deuil, ma présence ce matin témoigne de la volonté de la France de veiller sur le souvenir de ses enfants disparus et d'honorer ces morts sans sépulture, ces êtres dont le seul tombeau est notre mémoire.

Tel est le sens de l'exigence posée par la République : que les noms de ces suppliciés ne tombent pas dans l'oubli.

Nous devons aux martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver la vérité sur ce qui s'est passé il y a soixante-dix ans.

La vérité, c'est que la police française, sur la base des listes qu'elle avait elle-même établies, s'est chargée d'arrêter les milliers d'innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C'est que la gendarmerie française les a escortés jusqu'aux camps d'internement.

La vérité, c'est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l'ensemble de l'opération.

La vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France.

Le grand mérite du président Jacques Chirac est d'avoir reconnu ici-même, le 16 juillet 1995, cette vérité.

«La France, dit-il, la France, patrie des Lumières et des droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable».

Mais la vérité, c'est aussi que le crime du Vel d'Hiv fut commis contre la France, contre ses valeurs, contre ses principes, contre son idéal.

L'honneur fut sauvé par les Justes, et au-delà par tous ceux qui surent s'élever contre la barbarie, par ces héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin ; qui, là, en aidèrent un autre ; qui risquèrent leurs vies pour que soient épargnées celles des innocents. Par tous ces Français qui ont permis que survivent les trois quarts des Juifs de France.

L'honneur de la France était incarné par le général de Gaulle qui s'était dressé le 18 juin 1940 pour continuer le combat.

L'honneur de la France était défendu par la Résistance, cette armée des ombres qui ne se résigna pas à la honte et à la défaite.

La France était représentée sur les champs de bataille, avec notre drapeau, par les soldats de la France libre.

Elle était servie aussi par des institutions juives, comme l'oeuvre de secours aux enfants, qui organisa clandestinement le sauvetage de plus de 5.000 enfants et qui accueillit les orphelins à la Libération.

La vérité ne divise pas. Elle rassemble. C'est dans cet esprit que cette journée de commémoration avait été instituée par François Mitterrand, et que, sous le gouvernement de Lionel Jospin, fut créée la Fondation pour la mémoire de la Shoah. C'est sous ce même gouvernement, avec Jacques Chirac, que fut installée la commission d'indemnisation des victimes des spoliations antisémites, dont le but était de réparer ce qui pouvait encore l'être.

Il me revient désormais, dans la chaîne de notre histoire collective, de poursuivre ce travail commun de mémoire, de vérité et d'espoir.

Elle commence par la transmission. Beaucoup de dérives trouvent leur source dans l'ignorance. Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que deux jeunes Français sur trois ne sachent pas ce que fut la rafle du Vel d'Hiv.

L'école républicaine, à laquelle j'exprime ici ma confiance, a une mission : instruire, éduquer, enseigner le passé, le faire connaître, le comprendre, dans toutes ses dimensions. La Shoah est inscrite au programme du CM2, de la 3ème et de la 1ère.

Il ne doit pas y avoir en France une seule école, un seul collège, un seul lycée, où elle ne puisse être enseignée. Il ne doit pas y avoir un seul établissement où cette histoire-là ne soit pleinement entendue, respectée et méditée. Il ne peut y avoir, il n'y aura pas, pour la République, de mémoire perdue.

J'y veillerai personnellement.

L'enjeu est de lutter sans relâche contre toutes les formes de falsification de l'Histoire. Non seulement contre l'outrage du négationnisme, mais aussi contre la tentation du relativisme. Transmettre l'histoire de la Shoah, c'est en effet enseigner sa terrible singularité. Ce crime reste, par sa nature, par sa dimension, par ses méthodes, par l'effrayante précision de sa mise en oeuvre, un abîme unique dans l'histoire des hommes. Cette singularité-là doit être constamment rappelée.

Transmettre cette mémoire, c'est enfin en retenir toutes les leçons. C'est comprendre comment l'ignominie fut possible hier, pour qu'elle ne puisse plus jamais ressurgir demain.

La Shoah n'est pas née de rien ni venue de nulle part. Certes, elle fut mise en oeuvre par l'alliance inédite et terrifiante de l'obstination dans le délire raciste et de la rationalité industrielle dans l'exécution. Mais elle a aussi été rendue possible par des siècles d'aveuglement, de bêtise, de mensonges et de haine. Elle a été précédée de multiples signes avant-coureurs, qui n'ont pas alerté les consciences.

Notre vigilance ne doit jamais être prise en défaut. Aucune Nation, aucune société, aucune personne n'est immunisée contre le Mal. N'oublions pas ce jugement de Primo Levi à propos de ses persécuteurs : «Sauf exceptions, ils n'étaient pas des monstres ; ils avaient notre visage». Restons en alerte, afin de savoir déceler le retour de la monstruosité sous ses airs les plus anodins.

Je sais les craintes exprimées par certains d'entre vous. Je veux y répondre.

Consciente de cette Histoire, la République pourchassera avec la plus grande détermination tous les actes antisémites ; mais encore tous les propos qui pourraient seulement amener les Juifs de France à se sentir inquiets dans leur propre pays.

Rien, en la matière, n'est indifférent. Tout sera combattu avec la dernière énergie. Taire l'antisémitisme, le dissimuler, l'expliquer, c'est déjà l'accepter.

La sécurité des Juifs de France n'est pas l'affaire des Juifs, c'est celle de tous les Français, et j'entends qu'elle soit garantie en toutes circonstances et en tous lieux.

Il y a quatre mois, à Toulouse, des enfants mouraient pour la même raison que ceux du Vel d'Hiv : parce qu'ils étaient juifs.

L'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est une abjection. Pour cela, il doit d'abord être regardé en face. Il doit être nommé et reconnu pour ce qu'il est. Partout où il se déploie, il sera démasqué et puni.

Toutes les idéologies d'exclusion, toutes les formes d'intolérance, tous les fanatismes, toutes les xénophobies, qui tentent de développer la logique de la haine, trouveront la République sur leur chemin.

Chaque samedi matin, dans toutes les synagogues françaises, à la fin de l'office, retentit la prière des Juifs de France, celle qu'ils adressent pour le salut de la patrie qu'ils aiment et qu'ils veulent servir : «Que la France vive heureuse et prospère. Qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde. Qu'elle jouisse d'une paix durable et conserve son esprit de noblesse parmi les Nations».

Cet esprit de noblesse, c'est la France tout entière qui doit en être digne.

Enseigner sans relâche la vérité historique ; veiller scrupuleusement sur le respect des valeurs de la République ; rappeler sans cesse l'exigence de tolérance religieuse, dans le cadre de nos lois laïques ; ne jamais céder sur les principes de liberté et de dignité de la personne ; toujours promouvoir la promesse de l'égalité et de l'émancipation. Voilà les mesures que nous devons collectivement nous assigner.

C'est en pensant aux vies qui n'ont pu s'accomplir, à ces enfants privés d'avenir, à ces destins fauchés prématurément que nous devons porter à un niveau plus élevé encore les exigences de nos propres existences. C'est en refusant les indifférences, les négligences, les complaisances, que nous nous rendrons plus forts ensemble.

C'est en étant lucides sur notre propre histoire que la France, grâce à l'esprit de concorde et d'union, portera le mieux ses valeurs, ici et partout dans le monde.

Vive la République !

Vive la France !./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


3. Conseil Affaires étrangères - Point de presse du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius

 

 

Ce matin, nous avons notamment traité deux sujets très importants.

D'abord la Syrie ; nous avons décidé, au niveau européen, de renforcer les sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad, en particulier les sanctions vis-à-vis des personnes qui sont impliquées aux côtés du régime dans la répression, et puis de prendre des sanctions contre la compagnie aérienne syrienne. D'autre part - point également fort important -, nous avons abordé les questions qui concernent le gouvernement de transition. La situation est en effet telle qu'il faut commencer à essayer d'envisager un gouvernement représentatif pour prendre la suite de Bachar Al-Assad. De façon générale, il y a un accord pour dire qu'il faut appuyer tous les efforts pour faire tomber ce régime. On compte maintenant près de 20.000 morts. De plus, il faut imaginer la situation humanitaire abominable : il fait 40 degrés, il n'y a plus d'électricité et plus d'eau. Nous avons aussi décidé de fournir de l'aide humanitaire aux populations qui s'enfuient, puisqu'il y a des dizaines de milliers de ressortissants syriens qui partent en Jordanie, au Liban et dans d'autres pays. On ne peut pas les laisser sans aide. L'Union européenne agit, peut être moins que ce que l'on souhaiterait parfois mais enfin, sur le plan des sanctions et sur le plan de l'aide humanitaire, on est vraiment très présents.

Nous avons abordé un autre sujet, dont on parle moins mais qui est aussi très important, la question du Mali, du Sahel. Là-bas aussi, dans un autre contexte, il y a une situation humanitaire très difficile et il faut que l'Union européenne apporte son aide. Il y a une situation politique qu'il faut modifier puisque le gouvernement du Mali, dans le sud, repose sur une base trop étroite. Les organisations de la région ont donné au gouvernement jusqu'au 31 juillet pour élargir sa représentation. Nous avons là aussi apporté notre appui à ce mouvement. Je me rendrai dans la région à la fin de la semaine et j'aurai l'occasion de rendre visite aux gouvernements des quatre pays voisins.

Q - Avez-vous des craintes particulières sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie ?

R - C'est un sujet extrêmement important et extrêmement grave puisque la Syrie détient, d'après nos informations et en contravention d'ailleurs avec les traités internationaux, de l'ypérite et du gaz moutarde. Je ne serai pas très long là-dessus, mais je dirai simplement que ces installations font l'objet d'une surveillance tout à fait tout à fait particulière./.

 

Retour sommaire


4. Conseil Affaires étrangères - Propos du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, tenus lors de son arrivée à Bruxelles

 

 

Il y a en particulier deux sujets très importants que nous allons évoquer aujourd'hui.

Tout d'abord, la Syrie et j'espère bien que des décisions seront prises, à la fois pour renforcer les sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad et, d'autre part, pour aider les pays voisins. On pense au Liban et à la Jordanie qui sont obligés d'accueillir beaucoup de réfugiés. Nous insistons beaucoup pour que l'Union européenne prenne ces deux décisions : renforcement des sanctions et aide humanitaire. L'Union européenne doit se manifester ; elle a commencé à le faire mais il faut qu'elle le fasse plus fortement.

Nous devons également examiner ce qui se passe au Mali et au Sahel où la France a souhaité que l'Union européenne intervienne, à la fois pour soutenir sur le plan politique, humanitaire et, également, sur le plan de la sécurité./.

 

Retour sommaire


5. Norvège - Commémoration des attentats du 22 juillet 2011 - Déclaration du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius

 

À l'occasion des commémorations du premier anniversaire de l'attentat d'Oslo et de l'effroyable fusillade d'Utøya, je souhaite m'associer aux marques de sympathie et de solidarité à l'égard de la Norvège, si tragiquement endeuillée le 22 juillet 2011.

Je salue la mémoire de notre compatriote Rolf Christopher Johansen Perreau comme de toutes les victimes. Je rends hommage au courage et à la dignité de leurs familles ainsi qu'au peuple norvégien, qui a marqué son attachement aux valeurs de démocratie et de tolérance face à cet acte barbare unanimement condamné./.

Retour sommaire


6. Syrie - Déclaration du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius

 

Quelles que soient ses manoeuvres, le régime de Bachar Al-Assad est condamné par son propre peuple, qui fait preuve d'un grand courage.

Le moment est venu de préparer la transition et le jour d'après.

Dans cet esprit, j'ai pris un certain nombre de contacts, notamment avec le Secrétaire général de la Ligue arabe, ainsi qu'avec le Premier ministre du Qatar. Nous sommes tous d'accord pour considérer que l'heure est venue pour l'opposition de se mettre en ordre de marche afin de prendre les commandes du pays.

Nous souhaitons la formation rapide d'un gouvernement provisoire qui devra être représentatif de la diversité de la société syrienne. La France soutient pleinement les efforts de la Ligue arabe dans ce sens.

Nous sommes prêts à toute initiative - y compris la tenue à Paris d'une réunion ministérielle - en vue de consolider les efforts des pays arabes dans la construction de la Syrie de demain.

Nous chercherons, par ailleurs, à apporter, avec l'Union européenne, l'aide et le soutien nécessaires aux réfugiés de plus en plus nombreux, en lien avec les pays voisins. J'aborderai cette question, lundi à Bruxelles, avec mes partenaires européens./.

Retour sommaire


7. Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Entretien de M. Fabius avec son homologue israélien, M. Lieberman, en marge du CAE - Iftar en l'honneur des ambassadeurs des États membres de l'OCI - Arménie/Entretien de M. Fabius et de Mme Conway avec M. Edward Nalbandian - Réunion du CAG - Entretien de M. Cazeneuve avec M. Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes belge - Incendies dans le nord-est de l'Espagne - Côte d'Ivoire - Syrie - Mali

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue israélien, M. Avidgor Lieberman, en marge du conseil Affaires étrangères à Bruxelles (23 juillet)

Le ministre s'entretiendra aujourd'hui avec M. Avidgor Lieberman à Bruxelles, en marge du Conseil Affaires étrangères et à la veille du conseil d'association Union européenne/Israël.

Il s'agira de sa première rencontre avec son homologue israélien.

Cet entretien sera l'occasion de rappeler la solidarité des autorités françaises au lendemain des attentats qui ont visé des touristes israéliens en Bulgarie, de faire le point sur les relations bilatérales franco-israéliennes et d'évoquer les différents sujets régionaux.

2 - Iftar en l'honneur des ambassadeurs des États membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) (23 juillet 2012)

Le ministre recevra ce soir au Quai d'Orsay pour un Iftar les 57 ambassadeurs des États membres de l'Organisation de coopération islamique (OCI), hormis la Syrie qui n'est pas invitée, et des principaux responsables de l'islam de France.

Le ramadan a commencé en France le 20 juillet et ce dîner de rupture du jeûne intervient donc pour marquer le début du mois du ramadan.

Il s'agit d'un geste de considération envers l'islam, les musulmans et l'OCI. M. Laurent Fabius confirmera notamment sa décision de nommer un envoyé spécial auprès de l'OCI, M. Louis Blin, notre consul général à Djeddah, ville où se trouve le siège de cette institution internationale dont nous souhaitons nous rapprocher. L'OCI joue un rôle croissant, en effet, pour tenter de résoudre les crises du monde islamique et son secrétaire général M. Ihsanoglu, lui a conféré une nouvelle dynamique, notamment pour traiter du dialogue des cultures et des questions économiques et sociales.

3 - Arménie - Entretien du ministre des Affaires étrangères et de la ministre chargée des Français de l'étranger avec M. Edward Nalbandian - 24 juillet

Le ministre des Affaires étrangères de la République d'Arménie, M. Edward Nalbandian, effectuera une visite en France les 24 et 25 juillet 2012. Il sera reçu par le ministre des Affaires étrangères et la ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, ainsi que par la présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Cette visite sera l'occasion de souligner l'importance de la relation franco-arménienne et de donner une nouvelle impulsion à notre coopération.

Les deux ministres évoqueront les négociations en cours pour trouver un règlement pacifique au conflit du Haut-Karabagh, le renforcement des échanges bilatéraux, notamment dans le domaine économique, ainsi que la situation régionale dans le Caucase du sud et au Moyen-Orient.

4 - Réunion du Conseil des Affaires générales - 24 juillet

M. Cazeneuve participera demain, 24 juillet, à la réunion du Conseil des Affaires générales.

La nouvelle présidence chypriote présentera son programme de travail. L'ordre du jour de la session sera ensuite consacré aux suites du Conseil européen des 28 et 29 juin et à l'organisation des travaux sur le prochain cadre financier pluriannnuel, en vue d'un accord en décembre prochain.

En marge du Conseil, M. Cazeneuve aura également plusieurs entretiens, avec M. Didier Reynders, vice-Premier ministre belge et également ministre des Affaires européennes, ainsi qu'avec son holomogue suédoise, Mme Birgitta Ohlsson. Le ministre délégué rencontrera également le commissaire Algirdas Semeta, en charge de la Fiscalité, et le commissaire Johannes Hahn, en charge de la Politique régionale, avec lesquels il abordera la mise en oeuvre des orientations du dernier Conseil européen.

5 - France-Belgique - Entretien du ministre délégué chargé des affaires européennes avec M. Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes du Royaume de Belgique (Bruxelles, 23 juillet 2012)

M. Bernard Cazeneuve s'entretiendra ce soir à l'occasion d'un dîner de travail avec M. Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes du Royaume de Belgique.

Cet entretien portera sur le suivi du Conseil européen des 28 et 29 juin et les thèmes à l'ordre du jour du Conseil Affaires générales de demain, notamment le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union européenne 2014-2020. Les deux ministres aborderont également la gouvernance économique de la zone et le voisinage sud. L'actualité internationale sera bien sûr évoquée.

Outre une coopération transfrontalière très active et fructueuse, nos relations bilatérales avec la Belgique, qui se distinguent notamment par des échanges économiques particulièrement denses, seront également discutées.

6 - Incendies dans le nord-est de l'Espagne (22/23 juillet 2012)

Un incendie de très grande ampleur s'est déclaré dimanche au nord-est de l'Espagne, juste à la frontière française, à proximité de la ville de La Jonquère. Un vent violent a attisé le feu qui s'est très rapidement propagé. Cet incendie continue de faire rage.

Nous déplorons malheureusement, selon les informations que nous a transmises la protection civile espagnole, quatre victimes françaises. Notre consulat général à Barcelone est en permanence mobilisé aux côtés des familles.

Nous remercions les autorités espagnoles de tout le concours qu'elles apportent, dans ces circonstances tragiques, à notre ambassade à Madrid et à notre consulat général à Barcelone.

La violence de la tramontane rend très difficile l'intervention des secours et de tous ceux qui, avec un grand courage, sont mobilisés sur le terrain. La France et l'Espagne luttent ensemble pour faire face à cet incendie. En contact permanent avec les autorités espagnoles, nous assurons celles-ci de toute la sympathie et de la solidarité de la France dans cette épreuve.

7 - Côte d'Ivoire

Q - Y-a-t-il eu défaillances dans la protection du camp des réfugiés de Nahibly, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire où entre 11 et 13 personnes ont été tuées, non loin d'un cantonnement des Casques bleus et d'un détachement des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ? Que pensez-vous des accusations réciproques entre l'État ivoirien et des Nations unies sur la responsabilité du drame ?

R - Nous déplorons toutes les victimes civiles de cette attaque meurtrière.

Ces événements montrent que la situation n'est pas stabilisée en Côte d'Ivoire. La sécurité est étroitement dépendante du processus de réconciliation qui doit se poursuivre. Nous aurons l'occasion d'évoquer cette situation avec le président Ouattara lors de sa visite officielle en France à partir du 24 juillet.

8 - Syrie

Q - Auriez-vous un commentaire concernant la proposition faite par la Ligue arabe au président syrien dimanche soir à Doha d'une sortie «sûre» donc avec des garanties juridiques et pour sa sécurité et celle de ses proches ?

R - Nous saluons l'appel de la Ligue arabe hier au départ de Bachar Al-Assad et à la formation d'un gouvernement de transition. Le ministre s'est exprimé samedi sur ce point. Il l'a évoqué dans ses échanges avec le Secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi et le Premier ministre qatarien Hamad Bin Jassem, président du comité de suivi de la crise syrienne mis en place par la Ligue arabe.

Comme l'a dit M. Laurent Fabius, il est indispensable que l'opposition se mette en ordre de marche pour préparer la transition démocratique autour d'un gouvernement provisoire qui devra être représentatif de la diversité syrienne, en vue d'une Syrie libre, démocratique et respectueuse de tous ses citoyens. Nous relevons à ce sujet les appels importants faits ces derniers jours par un certain nombre de responsables de l'opposition à la protection des civils et en particulier des membres des confessions alaouite et chrétienne.

Q - Les États-Unis d'Amérique proposent de travailler «en dehors du Conseil de sécurité» après l'échec de la semaine dernière concernant l'adoption d'une résolution sous le chapitre 7.

Êtes-vous d'accord avec cette approche ? Seriez-vous prêt à travailler dans le même sens? Enfin, quel type d'action recouvre, selon vous, une telle approche ?

R - Le double veto russe et chinois sur le projet de résolution plaçant le plan Annan et l'accord de Genève sous chapitre VII a entraîné une paralysie du Conseil de sécurité alors que le nombre de victimes de la répression en Syrie ne cesse d'augmenter.

Face à cette situation tragique, notre mobilisation en faveur d'une solution crédible ne faiblit pas.

Comme l'a exprimé M. Laurent Fabius au cours de ces derniers jours, nous travaillons avec nos partenaires sur les points suivants :

- poursuite du travail avec l'opposition afin de renforcer son unification autour d'un projet démocratique conforme aux aspirations du peuple syrien et respectueuse de l'ensemble de ses composantes ;

- renforcement avec nos partenaires européens des sanctions contre le régime de Damas et contre tous ceux qui se rendent complices de la répression. Des décisions doivent être prises aujourd'hui à Bruxelles ;

- mobilisation avec nos partenaires européens pour renforcer notre aide humanitaire en faveur de tous les Syriens qui fuient leur pays ;

- maintien d'un niveau élevé de mobilisation et de solidarité que portent tous ceux qui, dans la communauté internationale, font partie des Amis du peuple syrien.

9 - Mali

Q - La création de six groupes d'autodéfense regroupés au sein d'une même entité appelée Forces patriotiques de résistance (FPR) qui entend reconquérir le Nord du Mali actuellement aux mains des groupes islamistes est-elle une des solutions de sortie de la crise malienne ?

R - Le Mali a besoin d'unité. La grave crise que traverse le Mali ne se résoudra pas par l'action de milices mais par celles d'autorités légitimes telles que demandées par l'Union africaine lors du dernier sommet d'Addis-Abeba, en pleine conformité avec la résolution 2056 du Conseil de sécurité des Nations unies./.

Retour sommaire


8. Entretien du porte-parole du ministère des Affaires étrangères avec le quotidien libanais «Ach Chark» - Extraits -

 

(...)

Q - Les frontières libano-syriennes sont toujours menacées. Est-ce-que la France craint que la crise syrienne soit transférée sur le territoire libanais ?

R - Nous sommes bien sûr préoccupés par les répercussions de la crise syrienne au Liban et par le risque de contagion. La multiplication des violations de la frontière libanaise par les autorités syriennes est inacceptable et constitue une violation des résolutions 1559, 1680 et 1701 du Conseil de sécurité. Dans ce contexte régional de crise en Syrie, le message de la France aux Libanais est clair : ils doivent, tous ensemble, privilégier le dialogue, l'unité nationale et la paix civile afin d'éviter d'importer dans le pays des conflits qui ne sont pas les leurs. Nous saluons la responsabilité dont ont fait preuve les autorités libanaises qui ont choisi, en relançant le dialogue national, d'apaiser les tensions et de démontrer leur attachement à la stabilité du Liban. La France continue à tout mettre en oeuvre pour que les violences cessent en Syrie et qu'une transition politique conforme aux aspirations du peuple syrien soit entamée.

Q - Jusqu'à présent, le Conseil de sécurité n'a pas pu parvenir à une résolution sur la Syrie en raison du veto russe et chinois. Kofi Annan réussira-t-il à convaincre ces deux pays de reconsidérer leur position vis-à-vis de cette crise ? Quelle approche sera adoptée à leur égard ?

R - Face au drame syrien qui a fait jusqu'à présent 17.000 victimes, la communauté internationale doit assumer pleinement ses responsabilités en adoptant une résolution sous chapitre VII, obligeant la Syrie à mettre en oeuvre le plan de Kofi Annan et la convention de Genève, et c'est ce dont avaient convenu les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Pour marquer encore plus l'importance de cette démarche, le Conseil de sécurité devra imposer des sanctions strictes à la Syrie si elle n'y réagit pas favorablement. Les autorités syriennes doivent bien comprendre que les crimes et massacres qu'elles ont commis ne pourront pas rester impunis.

Q - Quelle est la position de la France vis-à-vis des accusations syriennes selon lesquelles le Liban hébergerait des membres d'Al Qaïda sur son territoire et ces derniers traverseraient les frontières entre les deux pays ?

R - Nous n'accordons pas beaucoup de crédit aux propos du régime de Damas qui depuis maintenant 17 mois pratique une politique de répression brutale et implacable de sa propre population. Je tiens d'ailleurs à rappeler que c'est avant tout le choix de la violence par le régime qui plonge tous les jours un peu plus ce pays dans une logique de guerre civile. Le Liban, du fait de sa proximité, accueille de nombreux réfugiés syriens qui ont fui les violences. Nous avons conscience des efforts mis en oeuvre par les autorités libanaises à travers notamment le comité de Haut secours pour permettre l'accueil de ces réfugiés dans de bonnes conditions. Il est très important pour nous que le Liban continue à accueillir les Syriens qui fuient les violences et risqueraient d'être persécutés en cas de retour dans leur pays.

Q - La France a toujours appuyé le «dialogue national» et demandé à toutes les parties politiques de participer à ce dialogue dirigé par le président Michel Sleimane. Quel est l'intérêt de ce dialogue compte tenu de ce qui se passe dans la région ?

R - Les autorités libanaises ont fait le choix, face au risque de contagion de la crise syrienne et après plusieurs semaines de violences au Liban, de relancer le dialogue national. C'est un choix que nous saluons car la tenue du dialogue est un message d'apaisement adressé à tous les Libanais. Il montre l'attachement des plus hautes autorités libanaises à préserver la stabilité, l'intégrité et la souveraineté du Liban auxquelles la France est très attachée.

Q - Comme prévu, la communauté internationale renouvellera à la fin de juillet pour un an de plus le mandat des casques bleus au sud du Liban. Comment évaluez-vous la situation au sud dans cette période, et est-ce que vous pensez que les troupes participant à la FINUL sont toujours menacées ?

R - Nous sommes pleinement engagés au sein de la FINUL qui joue un rôle essentiel au service de la paix et de la stabilité au Liban. La place accordée à notre contingent à l'ouverture du défilé du 14 juillet illustre l'importance de notre engagement. Nous continuerons à oeuvrer en faveur de la mise en oeuvre de la résolution 1701. La sécurité de nos soldats est bien entendu pour nous un impératif, et de ce point de vue, nous attendons les résultats de l'enquête mise en place par les autorités libanaises sur les deux attentats qui ont frappé nos contingents en juillet et décembre 2011. Le président de la République a eu l'occasion de le réaffirmer à M. Sleimane lors de sa récente visite en France.

Q - Êtes-vous satisfaits du travail du TSL ?

R - Le travail du TSL est essentiel pour l'établissement de la justice et la lutte contre l'impunité et à ce titre, nous le soutenons pleinement. Les récentes tentatives d'assassinat qui ont visé Samir Geagea et Boutros Harb montrent à quel point la lutte contre l'impunité reste un enjeu majeur au Liban. Le versement récent par les autorités libanaises de leur contribution au TSL pour 2012 est un signal positif. Nous l'avons dit publiquement. Nous souhaitons que le Tribunal puisse mener à terme sa mission dans de bonnes conditions.

Q - Après les deux nouveaux vetos russe et chinois, quelles actions sont envisagées par la France ? Envisagez-vous d'agir hors du cadre des Nations Unies ?

R - Le double veto russe et chinois, le troisième en 17 mois de crise, est un échec pour le Conseil de sécurité, paralysé face au drame syrien qui a déjà fait plus de 17.000 morts. C'est une triste nouvelle pour le peuple syrien qui se bat pour sa liberté et la démocratie. Par leur vote, la Russie et la Chine ont clairement signifié qu'elles soutenaient inconditionnellement Bachar Al-Assad et entendaient laisser plus de temps au régime de Damas pour massacrer le peuple syrien. Face à cette situation tragique, notre mobilisation sur le dossier syrien en faveur d'une solution crédible ne faiblira pas. Nous ne baissons pas les bras. Nous allons continuer de soutenir tous ceux qui s'opposent à Bachar Al-Assad. Nous poursuivrons notre travail avec l'opposition afin de renforcer son unification autour d'un projet démocratique conforme aux aspirations du peuple syrien et respectueux de l'ensemble des ses composantes. Nous allons, avec nos partenaires européens, renforcer encore plus les sanctions contre le régime de Damas et contre tous ceux qui se rendent complices de cette persécution. Lors du conseil Affaires étrangères, de nouvelles sanctions visant des individus directement impliqués dans la répression et des entités finançant le régime seront prises. Nous allons poursuivre notre mobilisation pour renforcer notre aide humanitaire en faveur de tous les Syriens qui ont fui leur pays. Nous allons intensifier le travail diplomatique pour maintenir à un haut niveau de mobilisation, la dynamique de solidarité que portent tous ceux qui, dans la communauté internationale, font partie des Amis du peuple syrien. Nous restons pleinement mobilisés en faveur de la lutte contre l'impunité, y compris au sein du Conseil des droits de l'Homme. Les responsables qui ont du sang sur les mains devront répondre de leurs crimes et être jugés.

Q - À quand évaluez-vous la chute de Bachar Al-Assad ?

R - Il est difficile de prédire le moment exact de cette chute. Ce qui est certain, par contre, c'est qu'elle est inexorable. Bachar Al-Assad doit comprendre désormais que sa lutte pour le maintien au pouvoir est sans issue. Depuis plus d'un an, le peuple syrien brave la répression sanglante et rien n'arrêtera sa marche vers la liberté et un avenir démocratique conforme à ses aspirations. Plusieurs événements survenus au cours de ces derniers jours montrent la perte de contrôle croissante du régime. D'abord l'attentat du 18 juillet qui a porté un dur coup à l'appareil répressif. Nous constatons, également, que les défections se sont multipliées à tous les niveaux de la hiérarchie militaire et au sein de la communauté d'affaires, montrant le refus grandissant de la politique de répression menée par Bachar Al-Assad. Dans ce contexte, la communauté internationale doit plus que jamais épauler le peuple syrien en vue de la mise en place de la transition démocratique. Bachar Al-Assad ne fait pas partie de l'avenir de la Syrie./.

Retour sommaire


9. Disparition du poète kosovar Ali Podrimja - Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères

 

Nous avons appris avec émotion le décès du poète kosovar Ali Podrimja alors qu'il participait en France au festival «Voix de la Méditerranée», à Lodève.

Depuis que sa disparition avait été signalée, tout avait été mis en oeuvre pour le retrouver, en concertation étroite avec le ministère des Affaires étrangères du Kosovo.

Nous saluons la mémoire de l'une des plus grandes figures de la poésie albanaise contemporaine et adressons à sa famille et à ses proches nos sincères condoléances./.

Retour sommaire


10. Syrie - Entretien du représentant permanent de la France auprès des Nations unies avec «ITELE»

 

Q - Au lendemain des vetos russe et chinois, l'ONU a aujourd'hui prolongé la mission de ses observateurs de trente jours. Concrètement, quand on voit se qui se passe sur le terrain, on se dit que tout cela est inutile... ?

R - Non. Mais vous avez raison de poser cette question. Nous avons essayé de faire intervenir le Conseil de sécurité, à trois reprises, et depuis maintenant dix-sept mois, les Russes ont opposé trois vetos. Je crois que le choix de Moscou est clair : le soutien au régime d'Assad. Le Conseil de sécurité est aujourd'hui paralysé et je crains qu'il ne faille agir en dehors du Conseil de sécurité, qu'il faille aider, soutenir l'opposition afin qu'elle s'unisse pour préparer l'avenir.

Q - Agir en dehors du Conseil de sécurité, c'est ce qu'a envisagé Washington dès hier, mais concrètement, cela veut dire quoi ?

R - Tout d'abord des sanctions. L'Union européenne a déjà voté plusieurs trains de sanctions. Elle va accroître la pression sur le régime par toute une série de mesures, notamment sur les voyages et sur les biens des gens du régime. Nous devons travailler avec l'opposition, nous devons l'unifier afin qu'elle soit capable d'offrir une alternative politique au régime. Il y a aussi tout l'aspect de justice internationale ; nous devons prouver qu'Assad et tous les autres assassins de ce régime payeront un jour ce qu'ils font au peuple syrien.

Q - Vous parliez de ces sanctions, cela fait des mois et des mois que l'Union européenne et les occidentaux prennent ce genre de sanctions, malgré tout rien ne bouge. Cela peut prendre des mois encore et pourtant, on l'a vu, il y urgence sur place.

R - Nous avons essayé la voie diplomatique, la transition politique, afin d'éviter la guerre civile. Nous sommes maintenant dans la guerre civile. C'est le scénario du pire qui est en train de se développer. Après l'échec que nous avons eu au Conseil de sécurité, nous devons travailler ensemble pour voir ce que nous allons faire. Je sais, que les autorités françaises, le président de la République, le ministre des Affaires étrangères sont en train de consulter nos principaux partenaires.

Q - Ma question est peut-être très naïve Gérard Araud, mais agir autrement cela veut dire quoi ? Aller sur place ? Intervenir militairement ?

R - Non, votre question n'est pas naïve. Vous savez, la politique étrangère ce n'est pas seulement faire ce qu'on veut, c'est faire ce qu'on peut. Aujourd'hui, avec les pays de bonne volonté - les pays qui voient, non seulement pour des questions humanitaires mais aussi pour des raisons politiques, cette guerre civile se développer, cette guerre civile qui peut être extrêmement grave pour l'ensemble de la région - nous devons essayer de voir ce que nous pouvons faire afin d'y mettre un terme. Mais disons-le aussi, nos moyens sont limités. Nos moyens sont avant tout politiques : il n'y aura pas d'intervention militaire, nous n'allons pas ajouter la guerre à la guerre.

Q - On avait vu la France en pointe face la Libye ; n'avez-vous pas l'impression que la France est un peu à la traîne dans ce dossier syrien ?

R - Pas du tout, la France est en pointe. En Libye, nous avions pu être en pointe parce que nous avions réussi à faire voter par le Conseil de sécurité l'autorisation de mener une opération militaire et c'était la France qui l'avait obtenue. Là, nous étions de nouveau en pointe du combat avec nos amis arabes, mais nous nous sommes heurtés à trois reprises à un véto russe, et nous avons tout essayé. M. Fabius a rencontré le ministre russe, lui a parlé pour essayer de faire bouger les Russes, mais ils ont fait leur choix : le régime d'Assad. C'est une réalité à laquelle nous nous heurtons. Nous allons devoir, dans les jours qui viennent, voir ce que nous pouvons faire. Nous sommes encore un peu sous le choc : le véto russe était hier.

Q - Est-ce que vous seriez prêt, pour en finir avec cette guerre en Syrie, à voir Bachar Al-Assad se réfugier dans un autre pays, la Russie par exemple, et lui garantir qu'il n'y aura pas de procès derrière ?

R - Ce n'est pas moi qui déciderai cela. Mais si demain M. Assad décidait d'aller passer ses vacances en Crimée, je crois que tout le monde serait soulagé. Assad doit partir, Assad et ses complices sont le problème./.

Retour sommaire


11. Inscription de l'église de la Nativité au patrimoine mondial de l'UNESCO - Tribune du consul général à Jérusalem dans le quotidien «Al-Ayyam»

 

Église de la Nativité : la Palestine au patrimoine mondial

Le 29 juin 2012, la Palestine a obtenu, par un vote à la majorité des deux tiers, l'inscription de son premier site : «Le lieu de naissance de Jésus : l'Église de la Nativité et la route du pèlerinage à Bethléem», sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

La France a soutenu cette décision, de même qu'elle s'était prononcée en faveur de l'admission de la Palestine à l'UNESCO, en octobre 2011.

Le nom choisi pour désigner ce site est important : il nous rappelle que Bethléem est à la fois un lieu et un moment de la civilisation humaine, lié à l'expansion des religions du Livre.

L'Église de la Nativité et la ville de Bethléem rayonnent à travers le monde depuis bientôt deux mille ans, depuis que la tradition locale des premiers chrétiens a désigné une grotte comme lieu de naissance de Jésus. C'est au-dessus de cette grotte vénérée que, dans la première moitié du quatrième siècle, une première grande basilique a été édifiée à la demande de l'empereur Constantin, après la visite en Palestine de sa mère, l'impératrice Hélène. C'est en ces mêmes lieux que Saint Jérôme, entre la fin du quatrième et le début du cinquième siècle, a traduit la Bible en latin, connue sous le nom de Vulgate.

À travers les siècles, l'édifice, qui témoigne du style des premières basiliques byzantines, s'est enrichi de décors de mosaïques et de peintures qui ajoutent à sa valeur et sont d'un grand intérêt pour l'histoire de l'art.

Mais ce n'est pas seulement l'un des plus anciens et des plus beaux monuments chrétiens qui est distingué par l'UNESCO, c'est aussi - malgré l'occupation dont la ville souffre depuis 1967 - un site bien vivant, inséparable des ramifications religieuses et culturelles qui le rattachent au reste du monde. Bethléem a, plus qu'aucune autre ville peut-être, stimulé l'imagination d'artistes qui souvent ne l'avaient jamais vue : combien de mosaïques, d'enluminures et de tableaux qui, depuis l'époque byzantine, figurent la Nativité, la ville et le champ des bergers ou l'adoration des Mages ? Les plus grands artistes, Giotto, Vinci ou Dürer, ont élaboré leur art sur ces thèmes, réinventant Bethléem pour donner à l'humanité des chefs-d'oeuvre impérissables. Et l'histoire de Bethléem a toujours été une histoire de pèlerinages, qui sont à la fois la cause et la conséquence de la fascination qu'elle exerce sur le monde. C'est pourquoi il est juste que la décision de l'UNESCO ne consacre pas le seul bâtiment de l'Église de la Nativité, mais aussi la route de pèlerinage parcourue par la procession des patriarches à Noël, suivant le chemin que la Vierge Marie et Joseph auraient emprunté. La France, qui a un rôle et une responsabilité historiques dans la protection des communautés chrétiennes de Terre Sainte, se félicite que cette dimension, qui fait partie intégrante du site, soit reconnue par l'UNESCO.

Patrimoine universel et largement symbolique donc, mais qui dans ses aspects matériels nécessite des interventions d'urgence. Ce lieu a besoin de protection, de restauration, d'aménagement, alors que chaque année s'y pressent deux millions de pèlerins et touristes. Sans remettre en cause le statu quo qui régit l'administration interne du site par les églises latine, grecque orthodoxe et arménienne - lesquelles ont le souci légitime de maintenir les principes sur lesquels cette administration se fonde - les autorités responsables doivent, avec l'appui de la communauté internationale, entreprendre sans tarder les travaux de restauration de l'Église et établir un plan de gestion du site digne de son importance. La France, qui a une expérience reconnue dans le domaine de la mise en valeur du patrimoine et va contribuer au fonds de restauration de la toiture de l'Église à concurrence de 200 000 euros, est prête à apporter son concours à la Palestine pour l'aider à développer un tel projet.

Le vote du Comité du patrimoine mondial a des conséquences techniques importantes, mais il constitue aussi une victoire diplomatique pour la Palestine et un pas de plus vers l'édification de son État et l'instauration d'une paix juste et durable avec Israël. C'est ce message de paix, lié au nom et à la naissance de Jésus, que la communauté internationale a voulu reprendre à son compte en inscrivant Bethléem au patrimoine mondial./.

Retour sommaire


12. Conseil Affaires étrangères - Conclusions sur le Mali/Sahel

 

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes :

«1. L'Union européenne (l'UE) est vivement préoccupée par la dégradation de la situation au Mali et son impact négatif sur la paix et la stabilité régionales et internationales.

2. L'UE s'inquiète de l'apparition au nord du Mali d'une base contrôlée par des groupes terroristes et extrémistes violents nationaux et internationaux, agissant de concert avec des réseaux criminels internationaux, y compris de trafiquants de drogue. Elle condamne fermement les exactions contre les populations dans les régions du nord du Mali et appelle les mouvements armés à y mettre immédiatement fin. Elle s'inquiète des informations indiquant une multiplication des violations des droits de l'homme ainsi que des déplacements forcés de populations civiles. L'UE condamne les actes révoltants de profanation, dégradation et destructions de sites du patrimoine mondial au Mali. Elle condamne fermement les enlèvements. Tous les individus et groupes ayant commis des crimes devront en rendre compte devant la justice.

3. L'UE est préoccupée par la dégradation continue de la situation humanitaire. Les conditions d'insécurité au nord du Mali, qui ont des répercussions dans les pays voisins déjà affectés par la crise alimentaire, continuent d'engendrer de nouveaux déplacements de populations et limitent le niveau d'assistance. L'UE rappelle aux groupes armés l'obligation de garantir la sécurité de tous les acteurs humanitaires ainsi qu'un accès libre et sans entraves dans les régions du nord du pays. L'UE continuera à apporter l'aide humanitaire aux populations fragilisées par le conflit, en cohérence, notamment avec le partenariat pour «la résilience au Sahel» de l'UE (AGIR).

4. L'UE est préoccupée par la lenteur des progrès de la transition politique à Bamako. La difficile mise en place d'un gouvernement inclusif des forces politiques et de la société civile, la non-dissolution effective du CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État), ainsi que l'incapacité de l'armée et des forces de sécurité à remplir leurs fonctions régaliennes de défense de l'intégrité territoriale et de protection des institutions démocratiques et des populations sont regrettables. Des progrès rapides sont nécessaires pour assurer le retour effectif à l'ordre constitutionnel au Mali et la stabilité au nord du pays. Elle dénonce les agressions dont ont été victimes des journalistes au Mali. L'UE condamne ces tentatives d'intimidation et rappelle son attachement à une presse libre et pluraliste. L'UE se tient prête à adopter des sanctions ciblées à l'encontre de ceux qui continueraient à menacer le processus de transition démocratique, la paix, la sécurité et la stabilité au Mali.

5. L'UE soutient les conclusions du Sommet de Ouagadougou du 7 juillet 2012 entre les parties prenantes maliennes, le Groupe Régional de Contact et l'Union africaine (l'UA), notamment l'appel au président par intérim à former un Gouvernement d'Union Nationale avant le 31 juillet 2012, et l'élaboration d'une feuille de route. Elle encourage le président à travailler étroitement avec la CEDEAO afin de déterminer les modalités qu'elle pourrait apporter pour assurer la protection du processus politique de transition et les institutions de l'État et d'aider le Mali dans la reconstitution des forces armées capables de garantir la légalité et l'État de droit sur toute l'étendue du territoire malien.

6. L'UE soutient pleinement la résolution 2056 du Conseil de sécurité des Nations unies et son suivi ainsi que les initiatives de la CEDEAO qui remettent au coeur des solutions un nouveau gouvernement d'Union Nationale, y compris les acteurs politiques et la société civile du Mali.

7. L'UE reste pleinement mobilisée et continue à travailler en étroite coordination avec l'ONU, l'UA, la CEDEAO et les autres partenaires régionaux et internationaux concernés. Elle appelle les voisins du Mali à jouer un rôle actif et complémentaire à l'action de médiation de la CEDEAO et l'UA afin d'assurer une solution régionale durable.

8. L'UE et ses États membres s'engagent à poursuivre, sur tous les volets, la mise en oeuvre de la Stratégie de l'UE pour la sécurité et développement au Sahel (Stratégie Sahel) au Niger et en Mauritanie, pays qui doivent être préservés de la contagion. A cet égard, le Conseil salue le lancement au 1er août 2012 de la mission PSDC EUCAP SAHEL Niger qui contribuera à la formation et au conseil des forces de sécurité intérieures au Niger et à renforcer la coordination régionale avec le Mali et la Mauritanie dans le domaine de la sécurité.

9. Pour poursuivre la mise en oeuvre de la Stratégie Sahel au Mali, le Conseil invite la HR/VP et la Commission à faire des propositions concrètes en vue de:

- reprendre graduellement la coopération au développement, y compris le soutien au processus électoral, dûment adaptée à l'évolution du contexte résultant de la sortie de la crise, en accompagnant d'une façon incitative la mise en oeuvre par un Gouvernement d'Union Nationale d'une feuille de route consensuelle dès que les conditions sont réunies ;

- prévoir un soutien au possible déploiement d'une force de stabilisation de la CEDEAO au Mali bien préparée, sous mandat du Conseil de sécurité des Nations unies et en concertation avec un gouvernement d'Union nationale et l'UA ;

- contribuer, avec l'accord du gouvernement d'Union nationale et en coordination avec ce dernier et d'autres partenaires, notamment les Nations unies, l'UA et la CEDEAO, à la restructuration des forces de sécurité et de défense maliennes, sous contrôle civil, en cohérence avec la Stratégie Sahel. Le Conseil demande a cette fin la préparation des options, y compris dans le cadre de la PSDC, en vue du prochain Conseil ;

- soutenir l'action de médiation de la CEDEAO, en concertation avec l'UA, l'ONU, les pays du champ et d'autres acteurs internationaux ;

- en coopération avec les États membres revoir, en vue de sa mise en oeuvre rapide, l'ensemble des actions en matière de gouvernance, sécurité, de développement et de résolution de conflits envisagées par la Stratégie Sahel pour le nord du Mali en vue d'accompagner efficacement le processus de négociation au nord et les efforts de médiation et la prise en compte des besoins des populations concernées.»./.

Retour sommaire


13. Conseil Affaires étrangères - Syrie - Renforcement de l'application de l'embargo sur les armes

 

En réaction à l'escalade ininterrompue de la violence en Syrie, le Conseil a, ce jour, renforcé l'application de l'embargo sur les armes décrété par l'UE contre la Syrie Les pays de l'UE seront tenus d'inspecter les navires et les avions ayant pour destination la Syrie s'ils les soupçonnent de transporter des armes ou des équipements destinés à la répression interne. Cette obligation s'applique dans les ports et aéroports des États membres ainsi que dans leurs eaux territoriales, conformément au droit international. Les articles dont l'exportation vers la Syrie n'est pas autorisée en vertu de la législation de l'UE doivent être saisis. En outre, les avions et les navires se dirigeant vers la Syrie devront fournir des informations supplémentaires sur leur cargaison préalablement à leur arrivée et à leur départ.

Mme Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a fait la déclaration suivante : «Je suis profondément préoccupée par l'escalade de la violence et ses conséquences tragiques pour la population syrienne. L'UE a mis en garde contre une militarisation accrue du conflit. Aujourd'hui, nous prenons des mesures concrètes afin de limiter les approvisionnements qui attisent les combats.»

L'embargo décrété par l'UE sur les exportations vers la Syrie d'armes et d'équipements destinés à la répression interne est en vigueur depuis mai 2011. Il interdit également les subventions, les prêts, l'assurance crédit à l'exportation, l'aide technique, l'assurance et la réassurance pour les exportations vers la Syrie d'armes et d'équipements destinés à la répression interne.

Ce jour, le Conseil a également gelé les avoirs de trois entités soutenant le régime. Il a aussi imposé à vingt-six personnes responsables de la répression violente une interdiction d'entrée sur le territoire de l'UE et un gel de leurs avoirs. Le nombre total de personnes frappées par des sanctions passe ainsi à 155, alors que le nombre d'entités faisant l'objet d'un gel des avoirs s'élève désormais à 52.

Le Conseil a aussi approuvé une dérogation au gel des avoirs décidé par l'UE : les États membres peuvent autoriser les paiements effectués par l'intermédiaire de banques faisant l'objet de sanctions si les transferts constituent une aide financière apportée à des étudiants et chercheurs syriens sur le territoire de l'UE.

Il s'agit de la dix-septième série de sanctions prises par l'UE contre le régime syrien depuis le début de la répression violente. Les décisions prises ce jour, y compris la liste des nouvelles personnes et entités désignées pour faire l'objet de sanctions, seront publiées au Journal officiel de l'UE du 24 juillet 2012./.

Retour sommaire


14. République du Soudan du Sud - Résolution 2057 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies

 

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions 1996 (2011) et 2046 (2012),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, l'indépendance, l'intégrité territoriale et l'unité nationale de la République du Soudan du Sud,

Se félicitant de l'établissement par le gouvernement de la République du Soudan du Sud d'institutions gouvernementales et d'une assemblée législative nationale, et se félicitant en outre de l'adoption de textes de loi internes, dont la loi sur les partis politiques,

Prenant note de la loi sur la gestion financière ainsi que du programme législatif de lutte contre la corruption du président Salva Kiir, et soulignant la nécessité pour le gouvernement sud-soudanais de prendre d'autres mesures de lutte contre la corruption,

Fermement attaché à l'idée de voir le Soudan du Sud devenir un État économiquement prospère et vivant côte à côte avec le Soudan dans la paix, la sécurité et la stabilité,

Soulignant qu'il est nécessaire de veiller à la cohérence des activités des Nations unies en République du Soudan du Sud, les rôles, les responsabilités et les modalités de la collaboration entre la MINUSS et l'équipe de pays des Nations unies devant être clairement définis à cette fin sur la base des avantages comparatifs l'une de l'autre, et notant qu'il importe de coopérer avec les autres acteurs compétents présents dans la région, notamment l'Opération hybride Union africaine-Nations unies au Darfour (MINUAD), la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA) et la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO),

Soulignant qu'il est nécessaire de nouer des partenariats plus solides et bien définis entre les Nations unies, les organismes de développement, les partenaires bilatéraux et les autres acteurs compétents, les organisations régionales et sous-régionales et les institutions financières internationales pour mettre en oeuvre des stratégies nationales visant à doter le pays d'institutions efficaces, l'entreprise devant reposer sur les principes d'appropriation nationale, de résultats et de responsabilité mutuelle,

Déplorant la persistance du conflit et des violences ainsi que leurs répercussions sur les civils, y compris le meurtre et le déplacement de civils en grand nombre et notant qu'il importe d'entretenir une coopération et un dialogue suivis avec la société civile pour stabiliser l'état de sécurité et assurer la protection des civils,

Rappelant que dans sa déclaration du 11 février 2011, la présidente du Conseil a affirmé que la prise en main de leurs intérêts et l'exercice de leurs responsabilités par les États sont une condition essentielle de l'instauration d'une paix durable et que c'est aux autorités nationales qu'il incombe au premier chef de définir les priorités et la stratégie de consolidation de la paix au lendemain de tout conflit,

Soulignant que pour consolider la paix, il faut adopter une démarche globale, intégrée et ordonnée en priorités qui vienne renforcer dans leur convergence les activités intéressant les domaines politique et de la sécurité, du développement, des droits de l'Homme et de l'État de droit et s'attaquer aux causes profondes du conflit, et soulignant que, étroitement liés et interdépendants, la sécurité et le développement sont essentiels pour asseoir durablement la paix,

Se déclarant profondément préoccupé par la situation humanitaire née de l'insécurité croissante dans la région frontalière entre le Soudan et le Soudan du Sud et du conflit dans les États du Kordofan méridional et du Nil Bleu, ainsi que de l'insécurité alimentaire généralisée, et se déclarant préoccupé par les restrictions imposées aux déplacements de la MINUSS dans certaines zones,

Rappelant ses déclarations précédentes sur la consolidation de la paix au lendemain de conflits, soulignant qu'il importe de bâtir des institutions, élément critique de la consolidation de la paix, et mettant l'accent sur la nécessité d'une réponse nationale et internationale plus efficace et plus cohérente qui permettrait à tout pays sortant d'un conflit de s'acquitter des missions essentielles de l'État, dont celle de gérer pacifiquement les différends politiques et de mieux utiliser les moyens et capacités du pays, l'idée étant de lui permettre de s'approprier cette entreprise,

Soulignant le rôle vital que joue l'Organisation des Nations unies s'agissant d'aider les autorités nationales, en étroite consultation avec les partenaires internationaux, à asseoir la paix et empêcher le retour de la violence et, pour ce faire, d'arrêter dès le départ une stratégie d'appui aux priorités nationales de consolidation de la paix, dont celles de définir les missions essentielles de l'État, de pourvoir à la prestation de services publics de base, à l'avènement de l'État de droit, au respect des droits de l'Homme, à la gestion des ressources naturelles, au renforcement du secteur de la sécurité, à la lutte contre le chômage des jeunes et à la relance de l'économie,

Conscient de la nécessité de soutenir l'entreprise de consolidation de la paix pour jeter les bases d'un développement durable, et, dans ce contexte, notant avec vive préoccupation les conséquences potentielles du budget d'austérité sur cette entreprise, tout en prenant note des mesures prises par le gouvernement sud-soudanais pour équilibrer les recettes et les dépenses, et soulignant le rôle important que les recettes pétrolières pourraient jouer dans l'économie du Soudan du Sud,

Estimant qu'il est nécessaire d'élargir et d'étoffer la réserve d'experts civils, en particulier originaires de pays en développement et de sexe féminin, pour aider à développer les capacités nationales, et encourageant les États membres de l'Organisation des Nations unies et les autres partenaires à coopérer et à se concerter plus étroitement en vue de mobiliser les compétences requises pour accompagner le gouvernement et le peuple sud-soudanais dans leur entreprise de consolidation de la paix,

Rappelant ses résolutions 1612 (2005), 1882 (2009) et 1998 (2011) et les déclarations de son président en date des 29 avril 2009 (S/PRST/2009/9) et 16 juin 2010 (S/PRST/2010/10) sur les enfants et les conflits armés, et prenant note des rapports du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé au Soudan datés des 10 février 2009 (S/2009/84), 29 août 2007 (S/2007/520) et 5 juillet 2011 (S/2011/413) et des conclusions approuvées par le Groupe de travail du Conseil sur les enfants et le conflit armé au Soudan (S/AC.51/2009/5),

Réaffirmant ses résolutions 1674 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé et 1502 (2003) sur la protection du personnel des Nations unies et du personnel humanitaire,

Réaffirmant également ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009) et 1960 (2010) sur les femmes, la paix et la sécurité et réaffirmant qu'il est nécessaire que les femmes participent pleinement, effectivement et sur un pied d'égalité à toutes les étapes des processus de paix, étant donné le rôle crucial qu'elles jouent dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que dans la consolidation de la paix, réaffirmant le rôle clef que les femmes peuvent jouer s'agissant de reconstituer le tissu social des pays au lendemain de tout conflit et soulignant que les femmes doivent être associées à l'élaboration et à la mise en oeuvre des stratégies de lendemain de conflit, leur optique et leurs besoins devant être pris en compte,

Considérant qu'il importe de s'inspirer des pratiques optimales, de l'expérience et des enseignements tirés d'autres missions, notamment par les pays fournisseurs de contingents et d'effectifs de police, dans le droit fil des initiatives de réforme des opérations de maintien de la paix en cours, notamment le rapport «Horizons nouveaux», la stratégie mondiale d'appui aux missions et l'examen des capacités civiles,

Rappelant les engagements pris par le gouvernement du Soudan et celui du Soudan du Sud dans l'accord conclu le 20 juin 2011 entre le gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan concernant les arrangements temporaires pour l'administration et la sécurité de la Zone d'Abyei, l'accord du 29 juin 2011 entre les gouvernements soudanais et sud-soudanais sur la sécurité des frontières et le mécanisme politique et de sécurité conjoint, l'accord du 30 juillet 2011 relatif à la Mission d'appui au contrôle de la frontière conclu entre les gouvernements soudanais et sud-soudanais et le Mémorandum d'accord sur la non-agression et la coopération du 10 février 2012,

Condamnant les violences répétées qui ont éclaté à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, et conscient que la situation de tensions et d'instabilité qui règne dans cette zone et les questions en suspens de l'Accord de paix global ont eu des incidences négatives sur les conditions de sécurité, tout en observant que la violence s'est récemment apaisée dans la région frontalière après l'adoption de la résolution 2046 (2012),

Considérant que la situation au Soudan du Sud continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies,

1. Décide de proroger le mandat de la Mission des Nations unies en République du Soudan du Sud (MINUSS), tel qu'il résulte du paragraphe 3 de la résolution 1996 (2011), jusqu'au 15 juillet 2013 ;

2. Prie le Secrétaire général, par le biais de son Représentant spécial, de continuer à diriger les opérations d'une MINUSS intégrée, de coordonner toutes les activités menées par le système des Nations unies en République du Soudan du Sud et d'aider la communauté internationale à agir dans la cohésion en vue d'instaurer une paix stable en République du Soudan du Sud ;

3. Note l'ordre de priorité des tâches dont doit s'acquitter la MINUSS en application de la résolution 1996 (2011) pour protéger les civils et améliorer l'état de sécurité, demande instamment à la MINUSS de déployer ses moyens en conséquence, souligne qu'il importe que la MINUSS accorde toute l'attention voulue aux mesures de renforcement des capacités prises dans ce domaine et se félicite de l'élaboration d'une stratégie de protection des civils et d'une stratégie d'alerte et d'intervention rapides, encourage la MINUSS à mettre en oeuvre ces stratégies et prie le Secrétaire général de rendre compte dans les rapports qu'il lui présente de l'état d'avancement de leur exécution ;

4. Appelle le gouvernement sud-soudanais, conformément à ses obligations internationales, à répondre davantage de la protection de ses civils, et l'encourage à cet égard à coopérer avec la MINUSS ;

5. Autorise la MINUSS à employer tous les moyens nécessaires, dans la limite de sa capacité et dans les zones de déploiement de ses unités, pour exécuter son mandat de protection tel qu'il résulte des sous-alinéas iv), v) et vi) de l'alinéa b) du paragraphe 3 de sa résolution 1996 (2011) ;

6. En attendant la mise en oeuvre du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière et l'entrée en fonctions du Comité ad hoc du Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité prévus par la résolution 2046 (2012), prie la MINUSS d'observer tout passage de personnel, d'armes et de matériel connexe par la frontière avec le Soudan et de faire rapport à ce sujet ;

7. Exige du gouvernement sud-soudanais et de toutes les parties concernées qu'ils coopèrent sans réserve au déploiement et aux opérations de la MINUSS, ainsi qu'à ses missions de surveillance, de vérification et de constatation, notamment en garantissant la sécurité et l'entière liberté de circulation du personnel des Nations unies et du personnel associé sur tout le territoire de la République du Soudan du Sud et, à cet égard, condamne fermement les attaques perpétrées contre le personnel militaire et civil de la MINUSS et exige qu'elles ne se reproduisent plus ;

8. Demande à tous les États membres d'assurer la libre circulation, sans entrave ni retard, à destination et en provenance de la République du Soudan du Sud, de tout le personnel de la MINUSS, ainsi que du matériel, des vivres, des fournitures et autres biens, y compris des véhicules et pièces détachées, destinés à l'usage exclusif et officiel de la Mission ;

9. Demande également à toutes les parties d'assurer, conformément au droit international applicable, le plein accès du personnel humanitaire, en toute sécurité et liberté, à tous ceux qui ont besoin de secours et l'acheminement de l'aide humanitaire, destinée en particulier aux déplacés et aux réfugiés ;

10. Exige de toutes les parties qu'elles mettent immédiatement fin à toutes les formes de violence et d'atteinte aux droits de l'Homme commises contre la population civile au Soudan du Sud, en particulier aux actes de violence sexiste (viol et autres atteintes sexuelles), ainsi qu'à toutes les violations et exactions commises à l'encontre d'enfants en violation du droit international applicable (recrutement, utilisation, meurtre et mutilation volontaires, enlèvement et attaques contre des écoles et des hôpitaux), et demande que soient pris des engagements précis et assortis d'échéances conformément à la résolution 1960 (2010) ;

11. Se félicite de l'initiative prise par la MINUSS de lancer une campagne de sensibilisation dans tout le pays et encourage la Mission, dans la limite des ressources existantes, à se rapprocher encore des collectivités locales pour faire mieux comprendre son mandat ;

12. Se félicite aussi de la signature, le 12 mars 2012, d'un nouveau plan d'action visant à mettre fin au recrutement d'enfants par le gouvernement sud-soudanais, dans lequel est réaffirmé l'engagement à libérer tous les enfants enrôlés dans l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), prend note des mesures adoptées par le gouvernement sud-soudanais pour mettre en oeuvre ce nouveau plan d'action, engage à en poursuivre la mise en oeuvre, prie la MINUSS de conseiller et d'aider le gouvernement sud-soudanais dans ce domaine, prie également le Secrétaire général de renforcer la protection des enfants dans le cadre des activités menées par le système des Nations unies en République du Soudan du Sud et de veiller à suivre en permanence la situation des enfants et à établir régulièrement des rapports sur la question, et se félicite de la création en septembre 2011 de l'équipe de pays des Nations unies chargée du mécanisme de suivi et d'établissement de rapports ;

13. Engage le gouvernement sud-soudanais à ratifier et à appliquer les principaux traités et conventions internationaux relatifs aux droits de l'Homme, notamment ceux consacrés aux femmes et aux enfants, aux réfugiés et aux apatrides, et prie la MINUSS, avec d'autres acteurs du système des Nations unies, de conseiller et d'aider le gouvernement dans ce domaine ;

14. Se dit vivement préoccupé par les violences intercommunautaires survenues dans l'État de Jongleï le 18 août 2011 et entre le 23 décembre 2011 et le 4 février 2012 et par les centaines de morts, les enlèvements de femmes et d'enfants et les déplacements massifs de civils qui en ont résulté, reconnaît les efforts faits par le gouvernement sud-soudanais pour réagir face à ces incidents et pour protéger ses civils et souligne à cet égard qu'il faut donner suite aux recommandations issues de la Conférence pour la paix dans tout le Jongleï et au rapport sur les droits de l'Homme établi par la MINUSS au sujet de ces attaques, en particulier l'ouverture des travaux de la Commission d'enquête indépendante et impartiale ;

15. Demande au gouvernement sud-soudanais de prendre des mesures pour faire davantage participer les femmes à la mise en oeuvre des dispositions de l'Accord de paix global qui n'ont pas encore été appliquées et des accords conclus après l'indépendance et d'associer davantage les femmes du Soudan du Sud à la prise de décisions dans les instances publiques à tous les niveaux, notamment en facilitant leur accès à des postes de responsabilité, en leur permettant de prendre dûment part à la révision de la Constitution du Soudan du Sud, en soutenant les organisations féminines et en luttant contre les préjugés concernant l'aptitude des femmes à participer à la vie publique sur un pied d'égalité avec les hommes ;

16. Demande aux autorités sud-soudanaises de combattre l'impunité et d'amener à répondre de leurs actes tous les auteurs de violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire, y compris celles commises par des groupes armés illégaux ou des éléments des Forces de sécurité de la République du Soudan du Sud ;

17. Demande au gouvernement sud-soudanais de mettre fin aux détentions prolongées ou arbitraires et de mettre en place, en coopération avec des partenaires internationaux et en s'appuyant sur leurs conseils et leur assistance technique, un système pénitentiaire sûr et humain, et prie la MINUSS, avec d'autres acteurs du système des Nations unies, de conseiller et d'aider le gouvernement dans ce domaine ;

18. Demande également au gouvernement sud-soudanais d'exécuter pleinement la stratégie nationale de désarmement, démobilisation et réintégration et d'accélérer de manière cohérente la mise en oeuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration en cours, et prie la MINUSS de travailler en étroite coopération avec le gouvernement sud-soudanais et en coordination avec tous les acteurs pertinents des Nations unies et autres partenaires internationaux pour appuyer le processus de désarmement, démobilisation et réintégration ;

19. Demande à la MINUSS de coordonner son action avec le gouvernement sud-soudanais et de participer aux mécanismes régionaux de coordination et d'information afin d'améliorer la protection des civils et d'accompagner les activités de désarmement, de démobilisation et de réintégration, compte tenu des attaques perpétrées par l'Armée de résistance du Seigneur en République du Soudan du Sud, et prie le Secrétaire général d'inclure, dans ses rapports trimestriels sur la MINUSS, un résumé des activités de coopération et d'échange d'informations menées par la MINUSS, l'Opération hybride Union africaine-Nations unies au Darfour (MINUAD), la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et les partenaires régionaux et internationaux afin de combattre la menace que constitue l'Armée de résistance du Seigneur ;

20. Autorise le Secrétaire général à prendre les mesures nécessaires pour que les missions coopèrent entre elles et autorise, à hauteur du plafond des effectifs fixé au paragraphe 1 de la résolution 1996 (2011), le transfert d'éléments habilitants et de multiplicateurs de force d'autres missions, sous réserve de l'accord des pays fournisseurs de contingents et sans remettre en cause l'exécution des mandats de ces missions des Nations unies ;

21. Souligne l'importance de l'exécution des activités de consolidation de la paix prescrites par le mandat de la MINUSS et demande de nouveau que celle-ci lui fasse rapport au sujet d'un plan qui permette au système des Nations unies de fournir un appui à cet égard et qu'elle le tienne informé à l'occasion des rapports que le Secrétaire général lui présente régulièrement quant aux progrès réalisés dans la contribution du système à certaines activités de consolidation de la paix, notamment dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité, du renforcement institutionnel de la police, de l'appui à l'État de droit et au secteur de la justice, de l'amélioration des capacités en matière de droits de l'Homme, du relèvement rapide, de l'élaboration de politiques nationales portant sur les questions essentielles de l'édification et du développement de l'État, et qui mette en place des conditions propices au développement dans le respect des priorités nationales, l'idée étant d'aider le pays à se doter d'un cadre commun de suivi des progrès dans ces domaines, et insiste sur l'intérêt d'une coopération étroite et sans réserve entre la Mission et le gouvernement sud-soudanais, l'équipe de pays et la communauté des donateurs pour éviter le chevauchement des activités ;

22. Prie le Secrétaire général de continuer à l'informer du délai prévu pour le déploiement de tous les éléments de la Mission, y compris de l'état d'avancement des consultations avec les pays fournisseurs d'effectifs militaires ou de police et du déploiement des principaux éléments habilitants et, soulignant combien il importe de recruter rapidement des spécialistes compétents pour pourvoir les postes vacants au sein de la composante civile, et prie également le Secrétaire général de l'informer du délai prévu pour que l'effectif civil soit au complet ;

23. Prend note des objectifs que le Secrétaire général a présentés dans son rapport (S/2012/486) à la suite de consultations avec le gouvernement sud-soudanais et prie le Secrétaire général de le tenir informé régulièrement, dans le cadre de ses rapports périodiques, des progrès accomplis ;

24. Constate avec préoccupation que la MINUSS a grand besoin d'hélicoptères militaires, demande aux États membres de redoubler d'efforts pour fournir des unités de transport aérien à la Mission et prie le Secrétaire général de l'informer régulièrement, dans ses rapports, des mesures qu'il prend pour mettre une force sur pied ;

25. Souligne qu'il importe que l'Organisation des Nations unies, les institutions financières internationales et les partenaires bilatéraux et multilatéraux coopèrent étroitement avec le gouvernement sud-soudanais pour garantir que l'aide internationale cadre avec les priorités nationales, notamment avec le plan de développement du Soudan du Sud, et qu'ils soient en mesure de fournir à la République du Soudan du Sud un appui qui corresponde à ses besoins et priorités en matière de consolidation de la paix, insiste sur les avantages d'une coopération étroite et sans réserve entre les parties pour éviter les doubles emplois des activités et pour veiller à ce que celles qui ont un avantage comparatif se voient confier des tâches correspondant à cet avantage ; et prie le Représentant spécial du Secrétaire général de continuer à représenter le système des Nations unies au sein des mécanismes et instances d'aide internationale ;

26. Encourage le Secrétaire général à étudier plus avant les idées que le Groupe consultatif de haut niveau sur les moyens civils nécessaires au lendemain d'un conflit a présentées dans son rapport indépendant et qui pourraient être appliquées en République du Soudan du Sud ;

27. Prie le Secrétaire général, en particulier, d'exploiter, autant que faire se peut, toutes les possibilités de regrouper des composantes de mission avec des entités comparables de la République du Soudan du Sud en vue de renforcer les capacités nationales et d'explorer toutes les possibilités d'engranger rapidement les dividendes de la paix en achetant sur place et en augmentant par ailleurs, dans toute la mesure possible, la contribution de la MINUSS à l'économie ;

28. Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures nécessaires pour que la MINUSS applique strictement la politique de tolérance zéro de l'ONU concernant les actes d'exploitation et d'atteinte sexuels et de le tenir pleinement informé à ce sujet, et exhorte les pays qui fournissent des contingents à prendre les mesures préventives appropriées, notamment de sensibilisation des personnels avant leur déploiement, et toutes autres mesures nécessaires pour amener tous membres de leur personnel qui seraient mis en cause à répondre pleinement de leurs actes ;

29. Réaffirme qu'il importe que le personnel des missions qu'il a créées conformément à ses résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) connaisse bien les questions liées à la problématique hommes-femmes et y soit dûment formé, rappelle qu'il faut lutter contre le recours à la violence à l'égard des femmes et des filles comme une arme de guerre, attend avec intérêt la nomination de conseillères pour la protection des femmes prévue par ses résolutions 1888 (2009), 1889 (2009) et 1960 (2010), prie le Secrétaire général de mettre en place des mécanismes de suivi, d'analyse et de communication de l'information relative aux violences sexuelles liées aux conflits, notamment aux viols commis pendant et après les conflits et dans d'autres circonstances auxquelles s'applique la résolution 1888 (2009), selon qu'il convient, et encourage la MINUSS ainsi que le gouvernement de la République du Soudan du Sud à traiter activement ces questions ;

30. Prie le Secrétaire général de tenir compte des besoins particuliers des personnes touchées par le VIH et vulnérables au VIH, notamment des femmes et des filles, lorsqu'il s'acquitte des tâches qui lui ont été confiées et, dans ce contexte, l'encourage à introduire dans la Mission, selon qu'il convient, des programmes de prévention, de traitement, de soins et de soutien, y compris de conseil et de dépistage volontaires et confidentiels ;

31. Salue l'accord sur le statut des forces conclu avec le gouvernement de la République du Soudan du Sud et invite le gouvernement hôte à s'acquitter des obligations qui lui incombent en vertu de ce texte ;

32. Décide de rester activement saisi de la question./.

Retour sommaire


15. Chypre - Résolution 2058 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies

 

Le Conseil de sécurité,

Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date du 29 juin 2012 (S/2012/507) sur l'opération des Nations unies à Chypre,

Notant que le gouvernement chypriote convient qu'en raison de la situation qui règne dans l'île, il est nécessaire d'y maintenir la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre au-delà du 19 juillet 2012,

Faisant écho à la ferme conviction du Secrétaire général selon laquelle c'est aux Chypriotes eux-mêmes qu'il incombe au premier chef de trouver une solution et réaffirmant le rôle de premier plan de l'Organisation des Nations unies s'agissant d'aider les parties à parvenir à un règlement global et durable du conflit à Chypre et du problème de la division de l'île,

Se félicitant des progrès accomplis à ce jour dans les négociations véritables ainsi que des déclarations communes des dirigeants, notamment celles des 23 mai et 1er juillet 2008,

Rappelant combien il importe à la communauté internationale que toutes les parties s'engagent pleinement dans les négociations, en faisant preuve de souplesse et d'un esprit constructif, notant que le passage à une phase plus active des négociations n'a pas encore permis un règlement durable, global et juste fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale et sur l'égalité politique, comme y appellent ses résolutions pertinentes, engageant les parties à poursuivre les négociations de fond sur les questions essentielles et soulignant que le statu quo n'est pas viable,

Se félicitant des efforts faits par le Secrétaire général, lors de sa rencontre avec les deux dirigeants le 31 octobre 2011 et le 23 janvier 2012, pour favoriser les progrès, et lui exprimant son soutien sans faille,

Notant qu'il importe de progresser dans l'examen des mesures de confiance militaires et les discussions à ce sujet, et appelant à de nouveaux efforts pour mettre en oeuvre l'ensemble des mesures de confiance restantes ainsi que pour parvenir à un accord au sujet de nouvelles mesures propres à renforcer la confiance entre les communautés et pour les appliquer,

Réaffirmant qu'il importe que les Chypriotes puissent continuer à traverser la Ligne verte et encourageant l'ouverture, d'un commun accord, d'autres points de passage,

Convaincu des avantages nombreux et importants, notamment des avantages économiques, qu'aurait pour tous les Chypriotes un règlement global et durable de la question de Chypre, engageant vivement les deux parties et leurs dirigeants à contribuer à faire prévaloir un discours public positif et les encourageant à exposer clairement aux deux communautés, suffisamment de temps avant l'organisation de tout référendum éventuel, les avantages d'un règlement en expliquant qu'il importe de faire preuve à cette fin de davantage de souplesse et d'esprit de compromis,

Estimant que porter atteinte à la crédibilité de l'ONU compromet le processus de paix lui-même,

Soulignant l'importance du rôle d'accompagnement que jouent la communauté internationale, et en particulier les parties intéressées, en prenant des mesures concrètes en vue d'encourager les dirigeants chypriotes grecs et chypriotes turcs à saisir véritablement l'occasion qui s'offre actuellement à eux,

Notant que le Secrétaire général juge que l'état de sécurité dans l'île et le long de la Ligne verte demeure stable et priant instamment toutes les parties d'éviter toute action susceptible d'accroître les tensions, de remettre en question les progrès réalisés ou de porter atteinte à la bonne volonté sur l'île,

Rappelant la ferme conviction du Secrétaire général que la situation dans la zone tampon s'améliorerait si les deux parties acceptaient l'aide-mémoire de 1989 utilisé par l'Organisation des Nations unies,

Déplorant que les parties bloquent l'accès aux champs de mines encore existants dans la zone tampon, et estimant que le déminage de Chypre doit se poursuivre, notant le danger que continuent de poser les mines à Chypre, et plaidant pour un accord rapide concernant la facilitation de la reprise des opérations de déminage des champs de mines restants,

Soulignant l'importance des activités du Comité des personnes disparues, préconisant vivement l'ouverture d'accès à toutes les zones pour permettre au Comité d'accomplir ses tâches et convaincu que cela favorisera la réconciliation des communautés,

Convenant que la participation active des groupes de la société civile, y compris les groupes de femmes, est essentielle pour le processus politique et peut contribuer à assurer la viabilité de tout règlement futur, rappelant que les femmes jouent un rôle important dans les processus de paix, se félicitant des efforts réalisés, notamment par tous les organismes des Nations unies présents sur l'île, pour promouvoir les contacts et les manifestations bicommunautaires et exhortant les deux parties à favoriser la participation active de la société civile, à encourager la coopération entre organismes à vocation économique et commerciale et à lever tous les obstacles à ces contacts,

Soulignant qu'il lui faut adopter une approche rigoureuse et stratégique en matière de déploiement des opérations de maintien de la paix,

Se félicitant de l'intention du Secrétaire général de suivre de près toutes les activités de maintien de la paix de façon à en assurer l'efficacité et l'efficience, notamment les activités de la Force, au besoin, et notant qu'il importe, en prévision du règlement, de préparer des plans d'urgence, si nécessaire assortis de recommandations sur les nouveaux aménagements à apporter au mandat de la Force, à ses effectifs, à ses autres ressources et à son concept d'opération, compte tenu de l'évolution de la situation sur le terrain et des vues des parties,

Se félicitant aussi des efforts que continuent de déployer Alexander Downer, en sa qualité de Conseiller spécial du Secrétaire général chargé d'aider les parties à mener des négociations véritables en vue de parvenir à un règlement global, ainsi que Lisa Buttenheim, en sa qualité de Représentante spéciale du Secrétaire général,

S'associant au Secrétaire général pour exprimer sa gratitude au gouvernement chypriote et au gouvernement grec, qui ont versé des contributions volontaires au financement de la Force, et pour demander que d'autres pays et organisations versent de nouvelles contributions volontaires, et remerciant les États membres qui fournissent du personnel à la Force,

Appréciant et encourageant les efforts que l'Organisation des Nations unies déploie, dans le cadre de toutes ses opérations de maintien de la paix, pour sensibiliser le personnel de maintien de la paix à la question de la prévention du VIH/sida et d'autres maladies transmissibles et de la lutte contre ces maladies,

1. Prend acte des progrès accomplis à ce jour dans les négociations véritables, mais relève qu'ils ne suffisent pas et qu'ils n'ont pas encore débouché sur un règlement global et durable, et exhorte les parties à poursuivre les discussions pour réaliser des progrès décisifs concernant les questions essentielles ;

2. Prend note du rapport du Secrétaire général (S/2012/507) ;

3. Rappelle sa résolution 2026 (2011) et demande aux deux dirigeants :

a) De s'employer davantage à faire converger leurs points de vue sur les questions essentielles ;

b) De continuer à travailler avec les commissions techniques afin d'améliorer la vie quotidienne des Chypriotes ;

c) D'améliorer le climat général dans lequel se déroulent les négociations, notamment en insistant dans les messages publics sur les convergences et la voie à suivre, et en adressant des messages plus constructifs et plus cohérents ;

d) D'accroître la participation de la société civile au processus, selon qu'il conviendra ;

4. Demande instamment l'application de mesures de confiance et espère que de nouvelles mesures seront convenues et mises en oeuvre, y compris des mesures de confiance militaires et l'ouverture de nouveaux points de passage ;

5. Exhorte toutes les parties à faire preuve de plus d'empressement s'agissant de répondre aux demandes d'exhumation présentées par le Comité des personnes disparues, en lui assurant une liberté d'accès totale dans toute l'île, y compris les zones militaires du nord ;

6. Réaffirme toutes ses résolutions pertinentes sur Chypre, en particulier sa résolution 1251 (1999) du 29 juin 1999 et ses résolutions ultérieures ;

7. Exprime son plein appui à la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre et décide d'en proroger le mandat jusqu'au 31 janvier 2013 ;

8. Demande aux deux parties de continuer à tenir, d'urgence et dans le respect du mandat de la Force, des consultations avec celle-ci sur la démarcation de la zone tampon et sur l'aide-mémoire de l'Organisation des Nations unies de 1989, en vue de parvenir rapidement à un accord sur les questions en suspens ;

9. Demande à la partie chypriote turque et aux forces turques de rétablir à Strovilia le statu quo militaire antérieur au 30 juin 2000 ;

10. Demande aux deux parties de permettre aux démineurs d'accéder à la zone tampon et de faciliter la destruction des mines qui s'y trouvent encore, et prie instamment les deux parties d'étendre les opérations de déminage au-delà de la zone tampon ;

11. Prie le Secrétaire général de lui rendre compte de l'application de la présente résolution, y compris sur la question des plans d'urgence en prévision du règlement, au plus tard le 10 janvier 2013, et de le tenir au courant de la situation en tant que de besoin ;

12. Se félicite des efforts déployés par la Force pour appliquer la politique de tolérance zéro du Secrétaire général concernant l'exploitation et les atteintes sexuelles et veiller à ce que son personnel respecte strictement le code de conduite de l'Organisation des Nations unies, prie le Secrétaire général de continuer à prendre toutes mesures nécessaires et de l'en tenir informé, et demande instamment aux pays qui fournissent des contingents d'adopter des mesures de prévention appropriées, notamment de sensibiliser les contingents avant leur déploiement, ainsi que de prendre des mesures disciplinaires et autres pour amener les membres de leurs contingents qui se seraient rendus coupables de tels actes à en répondre pleinement ;

13. Décide de rester saisi de la question./.

Retour sommaire


16. Syrie - Résolution 2059 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies

 

Le Conseil de sécurité,

Saluant les efforts de la Mission de supervision des Nations unies en République arabe syrienne (MISNUS),

1. Décide de proroger le mandat de la MISNUS pour une dernière période de 30 jours, compte tenu des recommandations du Secrétaire général tendant à reconfigurer la Mission et des incidences opérationnelles des conditions de sécurité de plus en plus dangereuses en Syrie ;

2. Demande aux parties d'assurer la sécurité du personnel de la MISNUS, sans préjudice de sa liberté de circulation et d'accès, et souligne que la responsabilité à cet égard incombe au premier chef aux autorités syriennes ;

3. Déclare qu'il ne sera disposé à proroger le mandat de la MISNUS par la suite que si le Secrétaire général indique et lui-même confirme qu'il n'est plus fait usage d'armes lourdes et que le niveau de violence de la part de toutes les parties a suffisamment diminué pour permettre à la Mission de s'acquitter de son mandat ;

4. Prie le Secrétaire général de lui rendre compte de l'application de la présente résolution dans les 15 jours ;

5. Décide de rester saisi de la question./.

Retour sommaire


17. Nomination

 

Le Journal officiel du 21 juillet 2012 a publié la nomination de M. Fabrice Etienne, en qualité de consul général de France à Calcutta, en remplacement de M. Jean-Louis Rysto./.

Retour sommaire