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Déclarations officielles de politique étrangère du 21 novembre 2017


Sommaire



1. Point de presse de la porte-parole - Tourisme/Intervention de M. Jean-Yves Le Drian devant l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie - Nations unies/Élection de Ronny Abraham à la Cour internationale de justice - Syrie - Hezbollah (Paris, 21/11/2017)

Au point presse de ce jour, la porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Tourisme - Intervention de M. Jean-Yves Le Drian devant l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Reims, 21 novembre 2017)

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, interviendra le 21 novembre au 65ème congrès de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie à Reims. Il y sera accueilli par son président, M. Roland Héguy. L'UMIH est membre du conseil interministériel du tourisme.

M. Jean-Yves Le Drian exposera sa stratégie pour atteindre l'objectif à l'horizon 2020 de 100 millions de touristes internationaux et de 50 milliards de recettes. Il insistera sur la contribution des services publics à la structuration d'une offre touristique française de qualité et à l'amélioration de la promotion de cette offre auprès des clientèles nationales et internationales. La hausse de la fréquentation touristique de notre pays se confirme, puisque ce sont approximativement 89 millions de touristes internationaux qui devraient avoir visité la France en 2017.

Le ministre a réuni le 10 octobre le conseil de pilotage du tourisme qui réunit les acteurs du secteur. Il leur a présenté alors ses propositions de mesures concrètes pour le développement de la connectivité de nos destinations, de la promotion et de la sécurisation du parcours touristique.

M. Jean-Yves Le Drian participera au prochain comité interministériel du tourisme, le 19 janvier, sous la présidence du Premier ministre, avant la troisième édition de la conférence annuelle du tourisme au printemps.

2 - Nations unies - Élection de Ronny Abraham à la Cour internationale de justice (9 novembre 2017)

L'élection à la Cour internationale de justice a vu la désignation pour un mandat de neuf ans de MM. Ronny Abraham (France), Abdulqawi Ahmed Yusuf (Somalie), Antônio Augusto Cançado Trindade (Brésil), Nawaf Salam (Liban) et Dalveer Bhandari (Inde). La France adresse ses félicitations aux juges nouvellement élus ou réélus. Elle se félicite, en particulier, de la réélection de M. Ronny Abraham, président en exercice de la Cour, acquise dès la première séance de vote, avec une unanimité de 15 voix lors de tous les tours de scrutin au conseil de sécurité et le nombre de votes le plus élevé lors de chacun des six tours organisés à l'Assemblée générale. Elle salue également la contribution du juge Greenwood aux travaux de la Cour internationale de justice.

L'attachement de la France à la Cour internationale de Justice tient à l'importance de l'organe judiciaire principal des Nations unies ainsi qu'aux responsabilités de notre pays en tant que membre permanent du conseil de sécurité.

Créée par la Charte des Nations unies, la Cour internationale de justice est l'organe judiciaire principal des Nations unies. Sa mission est de régler, conformément au droit international, les différends qui lui sont soumis par les États et de donner des avis consultatifs sur les questions juridiques soulevées par les organes et les institutions spécialisées de l'ONU. Sa mission est donc au coeur du règlement pacifique des différends, principe consacré par la Charte des Nations unies. Ses décisions lient les États qui lui soumettent un différend.

3 - Syrie

Q - Avez-vous des éléments qui démontrent qu'une attaque chimique s'est déroulée dans la Ghouta orientale en Syrie samedi ?

R - Nous avons pris connaissance avec préoccupation des informations faisant état d'une possible attaque chimique dans la Ghouta orientale le 18 novembre.

Compte tenu de la gravité qu'une telle attaque représenterait, nous suivons attentivement la situation et attendons l'expertise des mécanismes d'enquête internationaux opérationnels, en premier lieu la mission d'établissement des faits (FFM).

Face à ce type de situation, la communauté internationale doit avoir tous les moyens de comprendre et d'établir les responsabilités. C'est pourquoi nous regrettons vivement que la Russie ait décidé de mettre un terme au mécanisme d'enquête conjoint des Nations unies et de l'OIAC (JIM) au conseil de sécurité des Nations unies. La France condamne fermement toute violation de la convention d'interdiction des armes chimiques et en particulier tout emploi de telles armes

Q - Estimez-vous que la démission de Riyad Hijab soit une bonne chose ?

R - Nous prenons acte de la décision de M. Riyad Hijab de démissionner de sa fonction de coordinateur du Haut comité syrien pour les négociations. Nous saluons l'action qu'il a menée au sein de l'opposition en vue de parvenir à une solution politique en Syrie.

Nous espérons que la réunion qui se tiendra à partir de demain à Riyad permettra à l'opposition de se restructurer sur une base unifiée, crédible et pragmatique et de se mettre en situation de prendre part dans les meilleurs conditions à la prochaine session de pourparlers à Genève.

Ces discussions doivent être l'occasion d'avancer sur la voie d'une solution politique inclusive à la crise syrienne, dans le cadre de la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations unies.

4 - Hezbollah

Q - La Maison Blanche a insisté ce weekend sur la nécessité de travailler avec ses alliés pour contrer les activités déstabilisatrices du Hezbollah. Est-ce que vous êtes sur la même ligne ?

R - Les exigences de la France à l'égard du Hezbollah sont connues. Conformément aux résolutions pertinentes du conseil de sécurité, nous attendons qu'il renonce aux armes et se comporte comme un parti pleinement respectueux de la souveraineté de l'État libanais. Nous considérons également que la stabilité du Liban nécessite qu'il reste à l'écart des tensions dans la région. Nous considérons donc que l'implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie est dangereuse et rappelons notre attention prioritaire à la sécurité le long de la ligne bleue, à la frontière du Liban et d'Israël.

Dans ce moment délicat, nous poursuivons notre dialogue avec tous les partis libanais et les encourageons à s'entendre sur le bon fonctionnement des institutions de l'État car il est indispensable à la stabilité du Liban./.

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2. Moyen-Orient - Entretiens de M. Emmanuel Macron, président de la République, avec des dirigeants internationaux - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 21/11/2017)

Dans la continuité de ses entretiens téléphoniques du 18 novembre, le président de la République s'est entretenu avec le président iranien, Hassan Rohani, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, afin d'évoquer les dossiers régionaux, dont le Liban. Le président de la République a rappelé la nécessité de préserver la stabilité et la souveraineté du Liban et de soutenir la politique libanaise de dissociation des conflits régionaux. Il a par ailleurs souligné l'importance pour les pays de la région de travailler collectivement à une baisse des tensions.

S'agissant de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, le président de la République a rappelé son attachement à sa mise en oeuvre et la volonté de la France de le préserver. Les sujets régionaux et balistiques devaient faire l'objet de discussions séparées et s'inscrire dans une dynamique constructive.

Le président de la République et ses interlocuteurs sont convenus de poursuivre leurs échanges./.

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3. Union européenne - Brexit - Relocalisation de l'autorité bancaire européenne à Paris - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 20/11/2017)

L'Union européenne vient de choisir Paris pour accueillir, en 2019, l'Autorité bancaire européenne, qui quitte Londres dans le cadre du Brexit.

Le président de la République est heureux et fier de ce choix, qui vient saluer l'engagement européen de la France et l'attractivité de notre capitale, qui conforte ainsi son rang de place financière majeure. Emmanuel Macron remercie nos partenaires européens pour cette marque de confiance.

L'ensemble des acteurs peut compter sur le soutien de l'État pour faire de cette relocalisation un plein succès, au service d'une régulation européenne juste et efficace./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Union européenne - Brexit - Relocalisation de l'autorité bancaire européenne à Paris - Communiqué conjoint du ministère de l'Europe et des affaires étrangères et du ministère de l'économie et des finances (Paris, 20/11/2017)

Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, et Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, se réjouissent du choix de Paris pour accueillir l'Autorité bancaire européenne (ABE) et remercient les États membres de l'Union européenne de leur confiance.

Cette décision va permettre de localiser plus de 150 emplois directs dans la capitale et de renforcer l'attractivité de Paris.

Les mesures prises par le gouvernement, sous l'autorité du président de la République et du Premier ministre, font désormais de Paris une des places les plus attractives au monde.

L'État et les collectivités d'Ile-de-France sont pleinement mobilisés au travers du guichet unique «Choose Paris Region» pour aider l'ABE à être sans délai pleinement opérationnelle dans son nouveau siège et accompagner au cas par cas l'ensemble de son personnel. Le cadre attractif qui sera offert à l'agence et à ses salariés confortera la crédibilité et la pérennité du fonctionnement d'un acteur de tout premier plan de la réglementation et supervision financière dans l'Union européenne.

Cette transition sera d'autant plus facile que la richesse de la place financière parisienne garantira à l'ABE un accès facilité à un vivier de talents et à des acteurs majeurs de la banque et de la finance en Europe pour mener à bien ses activités : 145.000 personnes travaillent dans la banque ou la finance en Ile-de-France. Paris et l'Ile de France forment, en effet, un pôle économique global, avec un large spectre d'activités financières mais aussi industrielles, une vie culturelle riche, et la 3ème concentration au monde de sièges de grands groupes après Londres et New York./.

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5. Union européenne - Brexit - Relocalisation de l'autorité bancaire européenne à Paris - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 20/11/2017)

Ce jour, les ministres de l'UE à 27 ont choisi Paris, en France, comme nouveau siège de l'autorité bancaire européenne (EBA). Le choix a été fait en marge de la session du conseil des affaires générales (article 50), conformément à la procédure approuvée le 22 juin 2017 par les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE à 27.

Les deux agences actuellement situées au Royaume-Uni, l'agence européenne des médicaments (EMA) et l'autorité bancaire européenne (ABE), doivent être transférées dans le contexte du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

L'Autorité bancaire européenne (ABE) s'emploie à garantir un niveau de réglementation et de surveillance prudentielles efficace et cohérent dans l'ensemble du secteur bancaire européen. Parmi les tâches de l'ABE figure notamment celle d'évaluer les risques et les vulnérabilités dans le secteur bancaire de l'UE grâce à des rapports réguliers d'évaluation des risques et à des tests de résistance dans toute l'UE.

Prochaines étapes

La commission va maintenant élaborer des propositions législatives tenant compte du vote de ce jour, en vue de leur adoption dans le cadre de la procédure législative ordinaire, avec la participation du parlement européen. Le conseil et la commission sont résolus à faire en sorte que ces propositions législatives soient traitées aussi rapidement que possible, compte tenu de l'urgence de la question./.

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6. Union européenne - Brexit - Relocalisation de l'agence européenne des médicaments à Amsterdam - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 20/11/2017)

Ce jour, les ministres de l'UE à 27 ont choisi Amsterdam, aux Pays-Bas, comme nouveau siège de l'agence européenne des médicaments (EMA). Le choix a été fait en marge de la session du conseil des affaires générales (article 50), conformément à la procédure approuvée le 22 juin 2017 par les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE à 27.

Les deux agences actuellement situées au Royaume-Uni, l'agence européenne des médicaments (EMA) et l'autorité bancaire européenne (ABE), doivent être transférées dans le contexte du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

L'agence européenne des médicaments (EMA) est chargée de l'évaluation scientifique, de la surveillance et du contrôle de la sécurité des médicaments dans l'UE. L'EMA est essentielle au bon fonctionnement du marché unique des médicaments dans l'UE.

Prochaines étapes

La commission va maintenant élaborer des propositions législatives tenant compte du vote de ce jour, en vue de leur adoption dans le cadre de la procédure législative ordinaire, avec la participation du parlement européen. Le conseil et la commission sont résolus à faire en sorte que ces propositions législatives soient traitées aussi rapidement que possible, compte tenu de l'urgence de la question./.

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7. Union européenne - Conseil Culture - Erasmus - Propos à la presse de Mme François Nyssen, ministre de la culture (Bruxelles, 21/11/2017)

Q - Vous avez comme ambition de vouloir refonder l'Europe par la culture. Vous connaissez le mot de Jean Monnet : «Si c'était à refaire, je recommencerais par la culture». Vous recommencez plus modestement par le passeport européen pour les jeunes : où en êtes-vous sur cette question ?

R - Jean Monnet suggérait l'Europe par la culture à petits pas, mais nous commençons à grands pas avec le «pass» culture qui est une mesure phare du programme du président de la République. Nous la mettons en oeuvre, nous avons commencé le travail en constituant un groupe de réflexion avec des jeunes, qui sont au centre de la chose. Nous avons commencé à travailler aussi sur l'outil qui va éditorialiser la proposition et nous allons pouvoir être en mesure de lancer une expérimentation à la rentrée d‘automne 2018. Donc les choses avancent et le projet est lancé.

Ce que nous avons émis aujourd'hui et que nous avions déjà émis lors de rencontres bilatérales, notamment avec Dario Franceschini, mon homologue italien, c'était de le faire au niveau européen, chose que j'ai répercuté au moment de ma rencontre avec mon homologue allemande à la Foire du Livre de Francfort. Nous avons émis l'idée de ce «pass» européen, et c'est quelque chose qui est partagé, dans un esprit d'«Europe qui unit» et le «pass» culture, comme l'Erasmus, est l'un des éléments de cette Europe.

Q - Concrètement, suffit-il d'avoir 18 ans ?

R - L'idée c'est que, pour accompagner un parcours où la culture n'est pas un supplément d'âme, mais est constitutive de tout le parcours de l'éducation, que soit offert au moment de l'entrée dans l'âge adulte, à 18 ans, un passeport pour un accès à la culture. Pour cela, vous recevez une application éditorialisée avec toutes sortes de propositions qui peuvent aller de l'accès à des lieux, à des grandes manifestations, des concerts, mais aussi à des pratiques, parce que les jeunes sont très en demande, c'est quelque chose qui revient lorsque l'on discute avec eux, des pratiques artistiques donc, mais aussi de mobilité. La grosse constatation que l'on fait est que l'accès à la culture est une véritable interrogation et ce problème doit être posé, et donc l'accès est aussi à prendre en compte. Et cela peut être pris en compte aussi dans ce «pass» culture qui sera effectivement remis à 18 ans, d'un montant de 500 euros tel que cela a été annoncé.

Q - Quelles vont être les limites à ce produit ? Est-ce que l'on peut par exemple considérer, parce qu'il est évidemment compliqué de définir un bien culturel, que la gastronomie ou la tauromachie sont des biens culturels ?

R - C'est là tout le propos de ce groupe de travail que nous menons, avec un pilote, quelqu'un qui harmonise et en intégrant les jeunes. Ce dont nous nous rendons compte, au fur et à mesure que nous avançons sur ce projet, c'est qu'il tient à coeur aux jeunes et donc nous voulons les placer au centre de cette réflexion. Une chose qui est certaine, c'est qu'il faut éditorialiser les propositions, et à partir de ce moment-là, le jeune est maître de son choix. Et dans les éditorialisations, toutes sortes de pratiques culturelles peuvent être mises en place. Nous ne sommes pas limités à ce niveau-là, et c'est l'objet de tout le travail qui a démarré et que nous allons poursuivre de façon intensive, pour pouvoir faire une expérimentation en septembre 2018.

Q - Y a-t-il des limites d'âge ? C'est à 18 ans qu'on l'offre donc c'est au moment de rentrer dans la citoyenneté. Et jusqu'à quel âge ?

R - On le reçoit à 18 ans.

Q - Mais on a un certain temps pour le dépenser ?

R - C'est une chose que nous envisageons très sérieusement. Cela pourrait être trois ans ou plus. Toutes ces choses-là sont évidemment à déterminer de façon participative à travers ce groupe de travail pour que cela corresponde aux attentes des jeunes.

Q - Avez-vous avancé sur l'Erasmus de la culture ?

R - Cela fait partie de choses qui sont ressorties très clairement aujourd'hui par rapport au Conseil : cet enthousiasme sur l'idée de l'Erasmus de la culture en prolongement de l'Erasmus des étudiants qui a véritablement changé la vie d'étudiants qui ont pu bénéficier de cet Erasmus. Les savoir-faire sont à échanger et un des premiers lieus d'échange pourrait être le patrimoine. C'est une grosse demande et nous allons entamer d'entrée de jeu un Erasmus au niveau du patrimoine.

Q - Les Erasmus se situent dans un contexte de formation. Est-ce qu'ici il faudrait passer par une école, un fond, une formule de formation permanente ou autre pour pouvoir accéder à cet Erasmus-là ?

R - Je ne pense pas qu'il faille passer par une école puisqu'il s'agit d'Erasmus de gens déjà dans leurs pratiques professionnelles. Par contre, le fait d'avoir accès à un Erasmus sera une forme de formation. Nous apprenons toujours au contact de l'autre. Nous nous enrichissons quand nous allons voir les pratiques de l'autre. C'est un échange et c'est comme une formation. Il ne faut pas une formation préalable, il faut être dans le désir d'aller échanger sur ces pratiques.

Q - Là aussi il y a une limite d'âge ?

R - Non je n'ai pas du tout envisagé une limite d'âge pour les professionnels.

Q - Y aura-t-il des contraintes, va-t-on suivre des cours ?

R - Non, nous n'envisageons pas les choses d'abord en termes de contraintes mais en termes de possibilités, en termes de désirs, d'envies. Qu'est-ce qui motive tout cela ? C'est une envie de partage, une envie de cohésion, une envie de connaissances de l'autre et de s'enrichir de l'autre. C'est une envie de s'enrichir soi-même. Nous sommes plutôt dans du désir et de la curiosité.

Q - Un mot sur le big bang de l'audiovisuel que vous préparez. France 4 et France O plutôt sur le numérique et vous supprimez aussi France 3 national ?

R - Vous parlez de choses qui n'ont absolument pas été décidées et entérinées. C'est toute une série de propositions qui étaient sur la table depuis longtemps qui ont été rassemblées comme documents de travail car il s'agit de réfléchir et de travailler. D'ailleurs, nous avions demandé à l'ensemble des patrons de l'audiovisuel public de nous remettre des propositions de réflexion qu'ils nous ont remises là précisément, maintenant. Dans mon calendrier des jours prochains, je les rencontre successivement pour aboutir à des propositions dont je vous tiendrai bien sûr informés en temps utile.

Q - Il n'y a pas une chaîne généraliste de trop sur le plan du service public ?

R - Je vous ai répondu très précisément sur la nécessité de faire d'abord un état des lieux à partir des propositions que les patrons des chaînes nous ferons car c'est de l'intérieur qu'il faut essayer de réfléchir. Nous allons partager cela et nous ferons des propositions en temps utile.

Q - La stratégie, c'est de lutter contre Netflix. Où en êtes-vous dans le cadre du rapprochement sur le plan de la production et je pense notamment à Arte ?

R - La problématique de Netflix se pose à beaucoup de niveaux. Au niveau européen, on pourrait se poser la question et ça a été le sens aussi de faire passer en mai dernier au conseil des ministres de la culture européens l'idée d'un quota minimum d'oeuvres. On a une production européenne extraordinaire et de grande qualité et c'est pour cela qu'on se bat donc cela pourrait être le support d'un Netflix. Par ailleurs, on va négocier une ligne de 200 millions pour les industries créatives, il y a peut-être des choses à réfléchir et on va y réfléchir. Cela fera sans doute aussi l'objet des réflexions que j'aurai avec les patrons de chaînes./.

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8. Union européenne - Ukraine - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 20/11/2017)

Le 20 novembre, le conseil a prorogé le mandat de la mission de Conseil de l'UE (EUAM) en Ukraine jusqu'au 31 mai 2019 et a approuvé un budget de 32 millions d'euros pour les 18 prochains mois.

La mission de conseil de l'Union européenne sur la réforme du secteur de la sécurité civile en Ukraine, EUAM Ukraine, intervient depuis décembre 2014, avec pour mandat d'aider les agences de l'État ukrainien à procéder à la réforme du secteur de la sécurité. Cette mission constitue un des éléments fondamentaux du soutien accru que l'UE a apporté aux autorités ukrainiennes au cours des dernières années.

L'EUAM vise à renforcer et à soutenir la réforme des agences de l'État telles que la police, d'autres services répressifs et le secteur judiciaire, en particulier le ministère public. La mission fournit des conseils stratégiques aux autorités ukrainiennes et s'appuie sur des activités opérationnelles, notamment de formation, afin de mettre en place des services de sécurité viables, efficaces et comptables de leurs actes qui renforcent l'État de droit. Ce processus vise en dernier ressort à restaurer la confiance de la population ukrainienne dans ses services de sécurité civils, qui font l'objet d'allégations de corruption et de négligence professionnelle.

L'EUAM est une mission civile non armée et sans compétences d'exécution dont le quartier général est situé à Kiev, qui dispose d'antennes régionales à Lviv et à Kharkiv ainsi que prochainement à Odessa./.

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9. Union européenne - Conseil des affaires générales - Renforcement de la cybersécurité - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 20/11/2017)

L'UE entend renforcer la cybersécurité

Conformément au mandat que lui avait confié le Conseil européen d'octobre 2017, le Conseil des affaires générales a adopté ce jour des conclusions invitant à consolider la cybersécurité européenne et à renforcer la cyber-résilience dans l'ensemble de l'UE.

Les conclusions insistent sur la nécessité, pour tous les pays de l'UE, de mettre à disposition les ressources et les investissements nécessaires pour traiter la question de la cybersécurité. Dans ces conclusions, le Conseil se félicite que l'UE ait l'intention d'intensifier ses efforts de recherche et développement dans le domaine de la cybersécurité en établissant un réseau de centres de compétences en cybersécurité dans toute l'Union.

Le Conseil est en outre favorable au projet visant à mettre en place un cadre européen de certification de cybersécurité d'envergure mondiale afin de renforcer la confiance dans les solutions numériques. Les conclusions mettent en évidence le lien étroit qui existe entre la confiance dans l'Europe numérique et l'objectif d'une cyber-résilience dans l'ensemble de l'UE. Une attention particulière est accordée à la force de la cryptographie utilisée dans les produits et services à l'intérieur du marché unique numérique.

Parmi les autres mesures mises en avant par le Conseil figurent la fourniture des outils nécessaires en matière répressive pour lutter contre la cybercriminalité, l'élaboration d'une réponse coordonnée de l'UE aux incidents et crises de cybersécurité majeurs, et la tenue régulière d'exercices paneuropéens de cybersécurité. En ce qui concerne les aspects mondiaux et diplomatiques de la cybersécurité, le Conseil est conscient de l'importance que revêt la coopération internationale et salue la création d'un cadre clair pour l'utilisation des outils politiques, diplomatiques et économiques dont l'UE dispose pour répondre aux actes de cybermalveillance.

«La cybercriminalité et les actes de cybermalveillance financés par des États constituent au niveau mondial l'une des menaces les plus importantes pour nos sociétés et nos économies. Les cyberattaques nous font déjà perdre globalement chaque année près de 400 milliards d'euros. Cela fait clairement ressortir la nécessité pour l'UE d'utiliser les outils disponibles pour renforcer la stabilité dans le cyberespace et répondre aux incidents de cybersécurité majeurs. L'UE doit simplement rester aux avant-postes», a déclaré Matti Maasikas, vice-ministre estonien chargé des affaires européennes et président de la session du Conseil de ce jour. «L'intensification de nos efforts et de nos investissements dans la cybersécurité est une condition préalable à la construction d'un marché unique numérique fort et fiable pour nos citoyens», a-t-il ajouté./.

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10. Tourisme - Attractivité - 65ème congrès national de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) - Discours de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères (Reims, 21/11/2017)

Monsieur le Député,

Madame la Présidente de la Communauté,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Monsieur le Président confédéral, cher Roland Héguy,

Monsieur le Vice-Président, Cher Hervé Becam,

Messieurs les Membres du Directoire,

Mesdames et Messieurs les membres de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie,

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d'être parmi vous. C'est pour moi un plaisir de venir ici à Reims, ville d'art et de culture, ville dont la cathédrale, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, est si profondément liée à l'histoire de France ! Centre gastronomique aussi, les producteurs de Champagne font la renommée de notre art de vivre. C'est un facteur d'attractivité exceptionnel, comme en témoigne l'augmentation remarquable du nombre de touristes venus découvrir les vins et les vignobles français.

Le choix de cette ville d'exception pour organiser votre congrès est pour moi tout à fait symbolique de l'excellence touristique de notre pays. Nous sommes la première destination touristique mondiale, et c'est un classement que le gouvernement entend bien conforter, je vais y venir dans un instant.

Mais avant toute chose, je tiens à vous féliciter, toutes et tous, pour le travail indispensable que vous menez partout sur le territoire national.  Les prévisions pour 2017 nous permettent déjà d'espérer autour de 89 millions de touristes internationaux. C'est un très beau résultat, qui prouve que nous faisons mieux que rebondir après la difficile année 2016 – 82 millions de touristes internationaux – mais nous allons rebondir en 2017 mieux qu'en 2015 puisqu'il n'y avait que 85 millions de visiteurs internationaux.

C'est d'abord le fruit de vos efforts. Le secteur de l'hôtellerie, des cafés, de la restauration et des établissements de nuit constitue en effet la clef de voûte de notre offre touristique. Sa diversité - près de 650 000 chambres et 170 000 restaurants enregistrés en 2017 - place le secteur du tourisme parmi les premiers contributeurs à la richesse de la nation.

Notre politique touristique doit donc se faire avec vous. C'est pourquoi le Premier ministre, en réunissant dès les premiers mois de son action le Conseil interministériel du tourisme, a tenu à ce que votre groupement y soit associé. 17 membres du gouvernement étaient réunis autour de la table, avec les acteurs locaux et les professionnels, avec en ligne de mire les objectifs que le Premier ministre Edouard Philippe nous a fixés : atteindre la barre des 100 millions de touristes internationaux à l'horizon 2020 - c'est demain - et générer 50 milliards de recettes.

Il nous faudra tous conjuguer nos efforts dans la durée et avec l'ensemble des acteurs de la filière tourisme. Pour ce faire, ma méthode se concentre sur trois axes prioritaires :

- d'abord, améliorer la contribution des services publics à la qualité de l'offre touristique française ;

- ensuite, améliorer l'offre touristique elle-même et pour cela la structurer davantage ;

- enfin, améliorer sa promotion auprès de nos clientèles nationales et internationales, selon un double effort de lisibilité et de visibilité.

1.    Contribution des services publics à la qualité de l'offre touristique

J'entends des critiques sur le fait qu'il n'existe pas de ministère du tourisme en propre. J'espère que ma présence parmi vous aura au moins pour effet de vous confirmer qu'il y a bien un ministre en charge du tourisme, il est là. Mais au-delà, ce dont a d'abord besoin le tourisme, c'est de l'implication de tous les ministères concernés, et ils sont nombreux, et d'un catalyseur de l'action publique - c'est la mission du conseil de pilotage du tourisme dont le Premier ministre m'a confié la présidence.

J'assume, avec le secrétaire d'État Jean-Baptiste Lemoyne qui m'appuie dans cette tâche, la responsabilité de piloter l'action gouvernementale en faveur du tourisme.  Nous sommes donc vos interlocuteurs,  et vous pouvez être assurés de notre disponibilité pour échanger avec vous, pour connaître vos attentes, promouvoir votre action et chercher ensemble les solutions les plus pragmatiques pour atteindre nos objectifs. Je suis essentiellement - ceux qui m'ont côtoyé dans mes précédentes fonctions le savent - un pragmatique et un opérationnel.

Quels sont nos objectifs, s'agissant de la puissance publique ? En premier lieu, l'État doit tenir un engagement simple : l'ensemble des services publics doivent être mobilisés pour assurer une qualité de prestation au meilleur niveau. En effet, les touristes sont en contact avec les acteurs privés - vous en particulier - mais aussi avec les services publics : et de ce côté-là aussi, il faut que la prestation soit de la meilleure qualité possible !

Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères est concerné au premier chef. En effet, pour de nombreux touristes, son réseau est le premier point de contact avec la France. L'un des premiers leviers consiste à délivrer plus rapidement les visas. Nous avons ainsi pris l'engagement, récemment, de délivrer en 48 heures des visas pour 10 nouveaux pays. Je constate, au fur et à mesure de mes déplacements, que cet engagement est tenu. J'étais avant-hier en Inde – je fais une parenthèse sur l'objectif que nous nous donnons des 100 millions de touristes internationaux, l'Inde c'est 650.000 visiteurs, ce qui n'est pas suffisamment connu. Nos services dans ce pays, avec Atout France, se donnent l'objectif d'atteindre 1 million de visiteurs, qui viennent pour visiter mais aussi pour acheter.  Pour cela il fallait des visas diligentés rapidement, et c'est le cas, comme ça l'est également en Russie ou en Indonésie, comme dans tous les pays émergents qui peuvent entrainer un mouvement vers la France.

Ce dispositif révèle déjà son efficacité. Au 30 septembre, le nombre de visas délivrés est en progression de 22% par rapport à 2016, soit près de 300 000 visas supplémentaires délivrés.

Outre la délivrance des visas, l'accueil à l'arrivée est également un chantier sur lequel les membres du gouvernement travaillent de concert. Afin de réduire les temps d'attente et les files parfois interminables qui ne sont ni agréables pour les voyageurs ni bonnes pour notre image de marque, le ministère de l'Intérieur déploiera 200 agents supplémentaires pour le contrôle aux frontières avant la fin de l'année. 90 nouveaux sas de contrôle biométrique automatisés pour passer la frontière en quelques secondes, au départ comme à l'arrivée, sont également en court de déploiement par le groupe ADP dans les aéroports parisiens. Il faudra le généraliser.

En parallèle, nous nous efforçons d'améliorer la connectivité de nos destinations sur l'ensemble du territoire. Le travail sur la connectivité aérienne doit se donner pour objectif le développement de nos liaisons internationales vers les dessertes régionales, pour faire venir les visiteurs étrangers sur nos territoires. Ce sujet entraine beaucoup de résistance mais il est indispensable pour « irriguer » le pays. Il faut que le tourisme soit un vecteur de développement et pour cela, il doit être présent sur tout le territoire.

La sécurité constitue par ailleurs un axe important de notre action. Vous le savez, les touristes chinois sont particulièrement les cibles de la délinquance de proximité, notamment en Île-de-France. L'État, conscient de ses responsabilités, n'est pas resté immobile : la préfecture de police de Paris a adopté un « Plan Tourisme », notamment pour sécuriser l'autoroute A1 et les grands sites touristiques.

Des services publics de qualité sont aussi nécessaires pour assurer la formation des futurs salariés de l'hôtellerie et de la restauration. La qualité de l'accueil en dépend. Je connais les difficultés de recrutement auxquels vous êtes confrontés. Vous pouvez être sûrs que le développement de l'emploi dans un secteur comme le vôtre constitue une priorité du gouvernement. Après la réforme du marché du travail de septembre, nous avons lancé une transformation du dispositif d'apprentissage et de la formation professionnelle. Le comité interministériel du tourisme du 19 janvier prochain vous donnera l'occasion d'évoquer les enjeux qui sont les vôtres devant le Premier ministre.

Je conçois bien la nécessité de modifier le dispositif d'apprentissage, de faire en sorte que les référentiels soient plus souples, que la branche soit plus active, plus présente, et c'est la volonté qui a été exprimée par le président de la République et par le Premier ministre lorsqu'il a été décidé d'engager cette réforme de l'apprentissage. Elle sera au rendez-vous.

L'apprentissage, c'est à tous les niveaux de responsabilité. C'est pour cette raison que j'ai décidé de créer la Conférence des Formations d'Excellence du Tourisme (CFET), pour qu'il y ait un lieu où l'on se parle de l'ensemble des stratégies de formation, pas uniquement liées aux formations primaires. Pour que la force du tourisme français puisse s'exprimer dans sa capacité de formation. Je serai amené, lors de la conférence du 19 janvier, à vous en donner les détails, pour que vous soyez parfaitement acteurs de cette dynamique-là.

En termes d'emploi et de protection sociale, le gouvernement a aussi pris des mesures fortes, justifiées par la situation. Vous le savez, la protection sociale des indépendants (RSI) sera confiée au régime général à compter du 1er janvier 2018. Cette réforme va améliorer la qualité de service. En outre, les travailleurs indépendants conserveront leurs propres règles en matière de cotisations, justifiées par la spécificité de leur situation et bénéficieront au sein des organismes gestionnaires d'une organisation particulière, conçue en fonction de leurs besoins.

2. Mieux structurer notre offre

Au-delà des services publics, mon deuxième axe de travail concerne la structuration de notre offre touristique, notamment de nos infrastructures, de nos équipements et de notre capacité d'hébergement. C'est l'une des priorités de la feuille de route que nous nous sommes fixés, en partant du constat suivant : notre capacité d'hébergement doit être renforcée pour répondre aux attentes des touristes.

Comme vous le savez, les dix dernières années ont été marquées par des changements importants, s'agissant à la fois des profils des clientèles internationales et des comportements. En effet, le dynamisme important des pays émergents associé à une clientèle européenne en quête de nouvelles expériences nous poussent à innover pour la création et la modernisation de nos offres touristiques. C'est pourquoi, la structuration de notre offre en matière d'hébergements et de services touristiques, au plus proche des attentes du marché, est aujourd'hui capitale. La concurrence est vive et certains de nos compétiteurs ont su s'adapter plus rapidement que nous.

Cette structuration s'opère à plusieurs niveaux. Le premier concerne l'investissement pour créer de nouveaux points d'ancrages régionaux pour les clientèles internationales. Le Fonds Investissement Tourisme, qui est porté par la BPI créé en 2015, a permis d'engager ces premiers investissements, de soutenir le développement des entreprises innovantes du secteur.

Les premiers résultats sont encourageants mais nous devons accélérer le repositionnement de nos destinations. C'est pourquoi, nous avons lancé une mission spécifique sur l'investissement dans le secteur du tourisme. Portée par trois personnalités qualifiées du secteur du tourisme, cette mission remettra une feuille de route au Premier ministre le 19 janvier prochain lors du Conseil interministériel du tourisme auquel vous assisterez. L'objectif est clair sur ce point : nous devons lutter contre la dévitalisation des stations touristiques, souvent liée à l'insuffisance ou à la vétusté de certaines offres de services ou d'une partie de l'offre en matière de logements. Et ces engagements sur l'investissement nous permettront progressivement d'y remédier.

Un autre sujet qui est lié, qui est tout aussi important et qui vous préoccupe directement concerne les nouveaux acteurs de l'économie numérique. En la matière, le gouvernement est mu par un principe simple : faire en sorte que l'irruption des nouvelles technologies et de nouveaux usages ne se fassent pas au détriment des acteurs du tourisme. C'est à partir de ce principe qu'il nous faut décliner les conséquences. La loi pour une République numérique promulguée en octobre 2016, dont les décrets d'application sont en cours de publication, nous y aidera. J'y veillerai personnellement. En particulier, le fait que l'on puisse valider l'enregistrement des résidences principales - il est vrai qu'il n'y a pas un caractère obligatoire généralisé mais ce principe-là est tout à fait essentiel même s'il ne fait pas l'objet d'un décret -  en tout cas, l'orientation a été prise et il faut que nous puissions trouver avec les maires cette volonté partagée. C'est particulièrement vrai pour les maires des villes touristiques, mais il va falloir généraliser ce dispositif pour faire en sorte qu'il soit parfaitement lisible et transparent. Par ailleurs, les trois décrets, publiés le 5 octobre dernier, concernant la loyauté des plateformes et l'information des consommateurs, sont essentiels. Chaque plateforme en ligne (qu'il s'agisse d'hébergement ou d'autres activités) a ainsi l'obligation d'indiquer si l'offre émane d'un professionnel ou d'un particulier. Les avis en ligne devront également faire l'objet d'une information loyale, claire et transparente. Le décret explicitant les modalités des sanctions aux manquements des plateformes sera publié parce qu'il ne suffit pas de publier le décret, il faut aussi les pénalisations qui seront articulées avec ces décrets. Enfin, un décret interviendra afin de mettre en oeuvre la transmission automatique des revenus des hôtes à l'administration fiscale.

Voilà le paquet. Ce paquet sera publié, il est en partie engagé, il sera totalement appliqué. Ce que je souhaite, c'est de faire en sorte que nous soyons assurés, dans l'intérêt de nos visiteurs et dans l'intérêt de l'industrie du tourisme, qu'il y ait un cadre réglementaire complet, efficace et opératoire avant même l'arrivée des grands événements que la France va connaître, que ce soit la Coupe du monde de rugby, que ce soit les Jeux Olympiques, que ce soit, je l'espère, l'Exposition universelle en 2025.

D'une manière générale, mais cela dépasse uniquement le cadre de vos activités, l'activité économique numérique pose aujourd'hui un défi aux critères classiques d'imposition des entreprises. Le tourisme, en particulier dans le domaine de l'hôtellerie, n'échappe pas à cette réalité, il faut donc la combattre. De la valeur est créée, des transactions sont réalisées sur le territoire national et européen sans que la présence physique des entreprises soient nécessaire pour cela. Nous travaillons donc à des projets de taxation qui visent à faire en sorte que le caractère immatériel de l'activité numérique n'échappe pas à une imposition adaptée. Voilà nos engagements, j'ai l'habitude de tenir les miens, en tout cas je les annonce ici officiellement au nom du gouvernement.

Mesdames et Messieurs, le renouvellement de notre offre touristique s'opère aussi par le développement d'activités et de services en adéquation avec les aspirations du touriste d'aujourd'hui. C'est le but des cinq Pôles d'Excellence créés par mon ministère et dédiés à l'écotourisme, l'oenotourisme, le tourisme de savoir-faire, le tourisme nocturne et le tourisme de montagne en été.

Mais je voudrais ajouter un autre point, je souhaite que nous encouragions aussi le tourisme d'affaires comme un des pôles d'excellence supplémentaire. Paris est aujourd'hui à la première place du classement qui recense les villes d'accueil de congrès internationaux. L'objectif est désormais que cette excellence se diffuse ailleurs en France. C'est pourquoi l'État, les collectivités et les professionnels ont signé le contrat de filière «Rencontres d'affaires et événementiel» et ont présenté une feuille de route de 50 mesures pour développer ce secteur qui représente 7,5 milliards d'euros de retombées annuelles moyennes et environ 15 millions de visiteurs par an. Avec notre opérateur Atout France, très actif sur le segment du tourisme d'affaires, nous nous engageons ainsi à créer un cadre favorable et attractif aux entreprises organisatrices d'événements professionnels et d'événements grand public.

3.    Promotion de l'offre

Le troisième pilier de la réussite de notre stratégie consiste à mieux promouvoir notre offre.

La richesse et la diversité touristique de la France font bien sûr notre force. Mais, paradoxalement, elles font aussi notre faiblesse en matière de communication. En effet, cette diversité empêche parfois la bonne compréhension par les touristes internationaux, surtout des pays lointains, de ce qu'il est possible de faire dans telle ou telle région. Donc, nous avons cette contradiction à gérer : notre richesse, notre diversité et, en même temps, la qualité du message pour permettre la prise en compte de la richesse et de la diversité.

En outre, face à une concurrence internationale accrue, notre territoire doit réaffirmer sa place de leader par le biais d'une stratégie de promotion cohérente et structurée. Il y a là un double effort de lisibilité et de visibilité que nous devons mettre en oeuvre.

C'est la raison pour laquelle d'abord 16 marques mondiales ont été créées. Là encore, ma méthode est celle de l'unité et de la cohérence. Elle vise à impliquer les acteurs touristiques publics et privés dans la mise en oeuvre d'une stratégie commune de destination pour valoriser la diversité de l'offre touristique française. Et, d'ailleurs, c'est dans cette perspective-là que j'ai souhaité associer davantage les régions à cette stratégie, parce que les régions sentent ces réalités et que si nous voulons relayer nos attractivités, si on veut mettre en avant la diversité de notre richesse touristique, il faut mettre en avant les acteurs qui sont à même aussi de répandre, d'insuffler, de diffuser et d'irriguer l'ensemble du territoire ; j'ai bien entendu votre appel sur la ruralité, et précisément le fait de faire intervenir les régions dans la diffusion de l'offre touristique permettra la mise en valeur de la ruralité, car les régions sont très sensibles à ce fait ; je ne parle pas uniquement de la région dont je suis originaire ; parlant avec les uns et les autres, je me suis rendu compte que c'était une nécessité. Donc, on va mettre aussi les régions à l'oeuvre dans la nécessité d'irriguer la politique touristique sur l'ensemble du territoire national et singulièrement dans l'ensemble de la ruralité française. Ces marques ont été créées, ces marques connaissent déjà un certain succès. À nous de renforcer la promotion de ces marques et de faire en sorte que ces marques soient vraiment irrigantes sur l'ensemble du territoire national.

Pour mieux promouvoir, il faut des moyens. C'est la raison pour laquelle le financement d'Atout France sera pérennisé. J'ai également souhaité que l'attribution d'une partie des recettes liées à l'augmentation des délivrances de visas serve au développement de l'attractivité touristique et permette aussi à Atout France de renforcer son action. C'est aussi dans le même état d'esprit que nous avons décidé un nouvel accompagnement pour la promotion de la gastronomie française dans toute sa diversité. Cet accompagnement fera l'objet d'un traitement particulier en 2018 et en 2019, avec des financements supplémentaires de 4 millions d'euros, ce qui n'est pas rien dans une volonté de donner de l'envie de France, y compris dans le domaine de la restauration.  Nous aurons l'occasion, ensemble, de discuter de l'application de ces dispositifs nouveaux que j'ai décidé mettre en oeuvre.

Enfin, la promotion de la destination France doit aussi utiliser le potentiel des nouveaux outils numériques. C'est essentiel car c'est aujourd'hui, et de loin, le premier canal d'information des touristes. Notre opérateur Atout France lancera bientôt un nouveau portail: «france.fr.» qui regroupera en 16 langues l'ensemble des marques mondiales qui structurent notre offre, ce qui rendra d'autant plus visible nos destinations auprès des acteurs d'influence et des touristes internationaux.

Il existe encore d'autres manières d'améliorer les choses, j'en suis convaincu. J'avais lu vos observations et vos propositions lors de la campagne présidentielle, en particulier sur l'attractivité. C'est la raison pour laquelle j'ai confié à Jacques Barré, président du Groupement national des Chaînes (GNC), à Germain Lelarge, PDG de Du nord au sud Investissements, et à Christian Mantei, Directeur général de Atout France, une mission d'identification de l'ensemble des leviers disponibles pour renforcer les moyens de promotion de la destination France. Quand je demande des missions, c'est vrai pour la mission investissement et c'est vrai pour celle-ci, ce sont des missions rapides afin de dégager au plus vite les décisions d'action et j'ai demandé à ces trois acteurs de me rendre dès janvier leur rapport, afin que je puisse faire acter par le conseil interministériel les décisions nécessaires, pas au conseil de janvier mais au conseil suivant.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les piliers du tourisme français que je veux développer dans ma fonction de ministre chargé de catalyser l'action de tous les ministères dans la perspective du renforcement du tourisme français. Je tiens à saluer l'action résolue de votre Président, Roland Héguy. Infatigable défenseur de votre filière, il a oeuvré au rapprochement des différentes entités du tourisme en créant la Confédération des Acteurs du Tourisme en juillet dernier et c'est une bonne chose.

Je suis frappé par votre unité, vous êtes très divers et vous êtes unis et vous êtes unis par un seul objectif qui nous rassemble tous : l'attractivité et le développement du tourisme sur nos territoires et, donc, du coup, la vitalité de nos territoires.

Je sais que nous pouvons compter sur vous tous, sur votre énergie, votre inventivité, votre savoir-faire, pour que ce trésor national qu'est le tourisme permette le succès de la France. Vous avez dit : quand le Tourisme gagne, c'est la France qui gagne ! Je partage ce point de vue. Il faut un temps où j'avais déclaré, c'était dans des fonctions antérieures et cela concernait le tourisme : nous sommes en train de passer du tourisme de cueillette au tourisme de conquête. Nous sommes, Mesdames et Messieurs, dans la conquête et je suis convaincu que nous gagnerons. Merci./.

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11. Colloque «La Méditerranée du futur» - Coopération - Crise migratoire - Discours de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères (Marseille, 21/11/2017)

Monseigneur,

Monsieur le Président de région,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ministres venus d'autres pays que la France,

Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs généraux,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis de Méditerranée,

(...)

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Il était très important que ce colloque ait lieu et qu'il se tienne à Marseille. D'abord parce que Marseille accueille des institutions importantes à vocation méditerranéenne. Elles sont de portée nationale comme l'Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables (AVITEM) ou internationales comme le Centre pour l'intégration en Méditerranée (CIM). Je tiens à saluer également les représentants de l'Union pour la  Méditerranée et les représentants de l'Union européenne qui, à côté des institutions que je viens de citer, co-organisent cet événement. La présence de toutes ces institutions sur le sol marseillais exprime le rôle majeur que Marseille doit tenir comme « pôle méditerranéen ». Je crois que c'est votre ambition M. Le Président.

Je viens ici avec une conviction : la Méditerranée du futur sera à la fois un carrefour, une transition et un passage.

D'abord, un carrefour, la Méditerranée l'est depuis longtemps entre des cultures qui se sont nourries et enrichies mutuellement par un dialogue continu au fil de l'Histoire. Cette réalité fait de la Méditerranée un espace de civilisation où la France comme l'Europe ont puisé certains éléments majeurs de leur identité et de leurs valeurs.

Ces dernières années, des conflits ont bien sûr morcelé l'espace méditerranéen. Mais ils n'ont pas su rompre les affinités profondes qu'entretiennent l'Afrique du Nord, le Proche-Orient et l'Europe du Sud. Il suffit d'être attentif à nos modes de vie, à notre habitat, ou même à notre alimentation, au discours de M. Muselier,  pour se rendre compte qu'il y a une proximité irréductible qui nous rassemble d'un rivage à l'autre de la Méditerranée.

Le premier message que je tiens donc à vous adresser est un message de confiance : ne nous laissons pas aller à voir la Méditerranée comme un espace éclaté, mais forts de notre histoire et confiants dans l'avenir voyons la comme une chance unique d'enrichissement mutuel et d'intérêts partagés. Cette réalité, cette unité historique et culturelle, ce partage de nos langues, nous devons l'enseigner collectivement aux jeunes générations pour lutter contre les divisions que voudraient exacerber certains.

C'est le but des institutions méditerranéennes de préparer l'avenir des échanges et de ces rencontres qui bénéficieront à chacun d'entre nous.

Je pense en premier lieu à l'Union pour la Méditerranée (UpM) qui doit savoir mêler la labellisation de projets, notamment dans le domaine de l'intégration économique, la coordination d'actions, voire, et c'est souhaitable, et c'était sa vocation, le dialogue politique. A l'approche de son dixième anniversaire, il appartiendra à ses membres - et la France y prendra sa part - de dire ce qu'ils en attendent, de fixer pour l'avenir un horizon partagé, de susciter des initiatives pour relancer cet espace.

J'ai dit l'UpM, je pense également au dialogue 5+5. Format plus ancien, format qui nous rassemble, format très actif : il a prouvé son utilité, je l'ai moi-même déjà expérimentée comme ministre de la défense. Il a prouvé son utilité, qu'il s'agisse de tourisme, d'environnement, de culture, d'échanges sur les politiques étrangères, d'échanges de défense, et nous pourrons, comme nous sommes ici dans un lieu-laboratoire, imaginer l'étendre à d'autres thèmes, comme il l'a été récemment aux finances. Je pense que l'on pourrait, par exemple, ici à partir de Marseille, étendre le 5+5 aux grandes questions portuaires.

La Méditerranée est le carrefour entre l'Europe et l'Afrique, entre l'Europe et le Proche-Orient.  Je suis donc convaincu que l'Union européenne a un rôle à jouer dans cet espace, en tant que co-président de l'UpM, par l'aide au développement qu'elle apporte, par les réunions qu'elle anime. La refondation de l'Europe souhaité par le Président de la République peut aussi s'exprimer dans un cadre méditerranéen. Face aux défis globaux auxquels elle doit répondre, qu'il s'agisse de sécurité, d'économie, d'environnement ou de climat, l'Europe ne peut se projeter sans prendre en compte la dimension méditerranéenne de son avenir.  

La Méditerranée est aussi un espace de transition. Encore faut-il savoir dans quel but. Dans un monde en proie à des transformations majeures, créant de l'instabilité, de l'anxiété, ce que nos concitoyens exigent de nous, c'est de nous atteler à l'élaboration collective de nouvelles conditions de ce qui sera le futur du progrès.

Les pays de notre région ont accompli pour l'essentiel leur transition démographique, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de pays d'Afrique Subsaharienne. La principale question dans ce que seront les nouvelles conditions du futur, du progrès, le défi majeur, c'est celui de l'avenir de nos jeunesses.  Il nous donc faut inventer une politique méditerranéenne de la jeunesse, qui doit faire de l'éducation, de la formation professionnelle et de la coopération universitaire les chantiers prioritaires de son action. Faire en sorte qu'un réseau universitaire méditerranéen ambitieux puisse être lancé en s'appuyant, notamment, sur le nouvel Erasmus qui est en réflexion, « Erasmus pour tous ». Sachons également nous saisir des ressources qu'offrent les nouvelles ressources éducatives en ligne en France, comme les ressources de « France Université Numérique ». Voilà une orientation.

Le progrès doit aussi être économique. Sachons là aussi libérer les énergies du secteur privé, en modernisant les cadres réglementaires, en améliorant le climat des affaires, sur l'espace méditerranéen, en favorisant les partenariats publics privés et les co-investissements dans les deux sens, en développant les guichets de micro-finance et d'appui aux PME, ou en mobilisant les diasporas.

La transition que nous devons accomplir est également une transition environnementale. Le changement climatique est un facteur de crise, personne ne peut plus l'ignorer. Il conduit à un accroissement des tensions par la désertification, la raréfaction de l'eau, par les exils qu'il provoque. Nos politiques de développement et d'aide au développement doivent servir à atténuer ces risques. Je sais que l'Agence française de développement, dont je salue le Directeur général, s'y emploie. Les réunions des acteurs de la Méditerranée sur le changement climatique, dites MEDCOP, ont confirmé que le développement durable est désormais ancré dans les modes d'action des élus de la région. Toutes nos politiques publiques doivent désormais être repensées dans la perspective d'une économie bas carbone.

La région méditerranéenne bénéficie dans ce domaine de nombreux atouts,  je pense à son potentiel en énergies renouvelables, notamment le solaire. Elle fait aussi face à des urgences, je pense à la préservation de la biodiversité, notamment celle des éco-systèmes marins. A cet égard, je tiens à saluer l'initiative qui a été prise sur le développement durable de l'économie bleue en Méditerranée occidentale, la West Med.

La transition est également urbaine. Les villes méditerranéennes, au Nord comme au Sud, se développent rapidement. Cette réalité pose d'immenses défis, qu'il s'agisse de préservation du patrimoine, de politique de logements abordables, de gestion des côtes comme de l'usage des arrière-pays. L'UpM est à l'initiative dans ce domaine puisqu'elle vient de lancer des travaux sur un agenda urbain méditerranéen. Le dialogue 5+5 pourrait aussi s'étendre aux sujets d'aménagement du territoire.

La transition, c'est aussi d'inventer les formes de coopération et de gouvernance adaptées aux défis de l'avenir, en passant d'une coopération essentiellement inter-gouvernementale à des relations entre tous les acteurs non gouvernementaux. Je pense bien évidemment aux régions, et le fait que vous soyez ici à l'initiative en est le symbole. Je pense aussi aux collectivités françaises impliquées dans des projets de coopération décentralisée avec une dizaine de pays du bassin méditerranéen.

Singulièrement, je suggère que cette transition, dans les formes de coopération et de gouvernance, puisse s'appuyer et s'orienter spécifiquement sur les enjeux de la bonne gouvernance de l'eau, de l'assainissement, de la formation et de l'insertion professionnelle. Plus que jamais, nous avons besoin d'acteurs territoriaux de qualité, sur lesquels les élus, de part et d'autre de la Méditerranée, peuvent s'appuyer.

La coopération du futur exige de faire preuve de créativité. La méthode inclusive qui a présidé à la réussite de la COP21 doit nous inspirer. Son succès tient à l'implication de tous les acteurs, notamment dans « l'agenda des solutions ». La même méthode nous inspire pour le Sommet climatique que nous organisons le 12 décembre, à l'initiative du président de la République, conjointement avec les Nations unies et la Banque mondiale, en vue de faciliter la mobilisation en faveur de solutions ambitieuses et concrètes de financement de la lutte contre le changement climatique, en associant acteurs publics et acteurs privés. J'ai une ferme conviction : la Méditerranée du futur ne sera pas seulement la Méditerranée des Etats mais celle des acteurs économiques, des villes, des régions, des organisations non gouvernementales, et certainement de la jeunesse. Un forum informel et régulier des acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux, réunissant tous les forces vives de la Méditerranée, pourrait traduire, régulièrement, ici à Marseille, cette réalité, pour créer cette Méditerranée du futur.

La Méditerranée est enfin un passage. D'abord un passage de et vers l'Afrique. Les pays d'Afrique du Nord sont depuis toujours un lieu d'échanges avec ceux du Sud du Sahara : ce désert est en quelque sorte une mer intérieure. La relation avec les pays du Sahel mérite d'être regardée d'un point de vue « méditerranéen » - et non pas d'un point de vue externe - pour créer un axe intégré entre l'Afrique, la Méditerranée et l'Europe, souhaité par le Président de la République.

Si la Méditerranée est un espace de civilisation, c'est aussi et surtout parce qu'elle est depuis des millénaires le théâtre de circulations et d'échanges humains. C'est à ce niveau que s'ancrent le plus profondément l'histoire que nous partageons et l'avenir que nous souhaitons tracer ensemble. Cette circulation est une chance, à la condition d'être maîtrisée.

Mais la crise migratoire de ces dernières années a rendu nos opinions plus sensibles à la fois aux dimensions humanitaire et sécuritaire que revêtent aujourd'hui les migrations. La gestion commune des flux migratoires par les pays d'origine de transit et d'accueil est une nécessité, qui doit allier quatre missions concomitantes: le développement économique, la lutte contre l'immigration illégale, l'accueil des personnes en besoin de protection et la promotion de voies légales d'accès. C'est autour de ces quatre points, avec les pays d'accueil et les pays d'origine, que nous devons agir. C'est ce que nous faisons, entre autres, avec la politique du Sahel. Mais dans la « Méditerranéisation » de cette stratégie, nous aurons les uns et les autres beaucoup d'intérêts et de cultures croisées à développer. L'Union européenne a tout son rôle à jouer dans cette approche, conformément aux principes adoptés conjointement au Sommet de La Valette.

Espace de passage, la Méditerranée est aussi aujourd'hui traversée par de nombreux conflits. Elle a fixé des foyers de ce terrorisme aveugle qui frappe les peuples des deux rives et que nous devons combattre collectivement, et nous le faisons. Le besoin de sécurité est majeur pour les Etats et les peuples de la Méditerranée. La France travaille sans relâche, à maintenir le dialogue et rechercher des solutions politiques pour la réconciliation et la stabilité, en Syrie ou en Libye et pour une perspective de paix crédible entre Israéliens et Palestiniens. Il faut que l'extraordinaire laboratoire politique, que la Méditerranée a toujours été dans le passé, produise dès aujourd'hui les formules qui permettront de concilier stabilité, liberté et égalité.

Les questions liées à notre sécurité commune doivent donc être une priorité de la Méditerranée du futur, en mettant un accent particulier sur les besoins de développement socio-économique et de gouvernance démocratique dans toute la région. Nous savons désormais à quel point les questions de sécurité et de développement sont intimement liées : il ne s'agit donc pas de traiter les unes avant les autres, mais bien de façon conjointe, selon une approche globale. C'est à cette condition que nous pourrons construire la Méditerranée de la paix, que nous appelons tous de nos voeux, au Nord comme au Sud.

La Méditerranée des projets est une nécessité pour parvenir à cet objectif. Des projets se sont développés, ici et là, sous des formes différentes, ces projets ont permis d'avancer. La question est de savoir si elle suffit à répondre aux défis que je viens de rappeler. Je pense que le temps est venu de franchir un nouveau cap, de penser à une réponse globale. On a essayé dans le passé, cela n'a jamais vraiment abouti, sans doute le temps est-il venu de penser une réponse globale et de passer ensemble d'une Méditerranée des projets à un véritable projet pour la Méditerranée. C'est ce sens que je suis venu vous apporter mon soutien, approuver et apprécier la démarche que vous avez initiée Monsieur le Président. Je vous remercie./.

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12. Birmanie - Propos de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec «TF1» et «LCI» (Rangoun, 20/11/2017)

Q - On peut imaginer un calendrier pour le retour des réfugiés?

R - Il s'agit d'un million de personnes. On voit bien que ce sera un travail de longue haleine qui sera difficile; il y aura sans doute encore des tensions. Mais ce qui était très fort ce matin, lors de la réunion sur l'Arakan en marge de l'ASEM, l'Asia-Europe meeting, c'était la volonté collective affichée./.

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13. Birmanie - Union européenne - Déclaration de la Haute représentante, au nom de l'Union européenne - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 20/11/2017)

L'Union européenne continue à défendre fermement et résolument la transition démocratique du Myanmar/de la Birmanie.

La situation humanitaire et en matière de droits de l'homme dans l'État de Rakhine reste extrêmement grave. L'UE demande une nouvelle fois la cessation immédiate de toute forme de violence et la mise en place de l'État de droit et de l'administration civile dans l'État de Rakhine, dans le cadre d'une approche non discriminatoire. Il est essentiel de rétablir l'accès de l'aide humanitaire pour les Nations unies et les organismes internationaux d'aide. Il faut mettre en place les conditions nécessaires pour permettre le retour volontaire, sûr et digne des personnes concernées vers leurs lieux d'origine.

Rappelant les conclusions sur le Myanmar/la Birmanie que le Conseil a adoptées le 16 octobre 2017, l'Union européenne invite le gouvernement du Myanmar/de la Birmanie à faire en sorte que les auteurs d'atrocités aient à répondre de leurs actes.

Dans le cadre de la 13e réunion des ministres des affaires étrangères ASEM tenue à Nay Pyi Daw du 20 au 21 novembre 2017, l'Union européenne prend note avec satisfaction des prochaines étapes présentées par la conseillère d'État Aung San Suu Kyi, qui prévoient dans un premier temps de finaliser rapidement un accord bilatéral avec le Bangladesh en matière de retour, puis de commencer à mettre en oeuvre les recommandations formulées par la commission consultative sur l'État de Rakhine./.

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14. Nations unies - Débat public sur la traite des êtres humains en situations de conflit - Intervention de la représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité (New York, 21/11/2017)

Monsieur le Président,

Permettez-moi avant tout de remercier chaleureusement l'Italie pour l'organisation de ce débat sur un sujet d'une actualité brûlante qui ébranle nos consciences et de vous féliciter pour les efforts sans relâche qui ont permis l'adoption unanime de la résolution 2388. J'adresse également les remerciements de la France au Secrétaire général pour son engagement exemplaire sur ce sujet. Je remercie aussi Mme Giammarinaro, M. Fedotov et M. Chergui pour leurs présentations éclairantes. La France s'associe au discours qui sera prononcé par l'Union européenne.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais me concentrer sur trois points.

Premièrement, sur le diagnostic : la traite des êtres humains continue d'être l'un des trafics les plus rentables et les plus répandus dans le monde. Cela a été dit, elle recouvre de nombreuses formes d'exploitation : travail forcé, servitude sexuelle, enlèvements à des fins de prostitution forcée, viols, pour n'en citer que quelques-uns. Tragiquement, le recours à de telles atrocités, abominables et déshumanisantes par nature ne constitue plus une exception en situation de conflits ou post-conflits. Les groupes armés, terroristes ou criminels utilisent non seulement la traite des êtres humains comme un moyen de semer la terreur parmi les populations civiles, mais également comme une source de financement, voire un outil de recrutement.

Nous devons faire le constat terrifiant que la traite est devenue une dimension structurelle et perverse de nombreux conflits.

En Irak et en Syrie, ce sont les femmes et les enfants qui ont subi et continuent de subir les pires exactions commises par Daech. En Afrique de l'Ouest, et notamment au Nigéria, Boko Haram torture, viole, retient prisonniers des centaines de femmes et d'enfants. En Libye, les migrants font l'objet de traitements inhumains et de violences de la part de groupes criminels et de milices qui ne voient en eux qu'une source de revenus. 

Monsieur le Président, le second point que je souhaite souligner est l'obligation d'agir collectivement face à ces actes qui ne sont pas seulement insupportables d'un point de vue moral, mais qui sont constitutifs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, voire de crimes de génocide. Les auteurs devront rendre des comptes devant la justice. Ainsi, dans le cas de la Libye, la France salue l'action de la procureure de la Cour pénale internationale qui continue son enquête sur les crimes présumés commis contre des migrants transitant par la Libye. Face à de tels crimes, nous avons le devoir d'agir dans le sens de la protection : protection des civils, mais aussi protection du droit international et humanitaire et de nos principes. Nous devons aussi sans relâche travailler au règlement politique des conflits qui font fuir et souffrir les populations.

En sus de notre engagement déterminé dans l'action multilatérale sur ce sujet, la France est également fortement engagée au niveau national dans la lutte contre la traite des êtres humains, en particulier celle des femmes et des enfants.

Nous disposons en France d'un arsenal juridique développé ainsi que d'un plan d'action national contre ce fléau. Nous encourageons tous les États à se doter de dispositifs nationaux solides, dans le cadre fixé par la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles, dont celui consacré à la lutte contre la traite des êtres humains.

La France mène de nombreuses actions de coopération bilatérale et régionale afin d'aider les États les plus vulnérables à faire face à ce fléau. Elle participe également activement aux programmes de renforcement des capacités de l'ONUDC, notamment en Afrique de l'Ouest, et contribue au fonds fiduciaire des Nations unies pour l'assistance aux victimes de la traite depuis sa création en 2010.

Monsieur le Président,

Le troisième élément que je mettrai en exergue à la suite des orateurs précédents est que le combat commun contre la traite des êtres humains requiert un engagement continu de tous les États et une coopération internationale accrue. Il exige des États une réponse globale, fondée sur le respect des droits de l'Homme, et qui doit reposer sur trois grands objectifs : prévenir, protéger et punir.

Le conseil de sécurité porte une responsabilité particulière dans la lutte contre ce fléau en situations de conflits. On ne peut aujourd'hui nier que le recours à la traite des êtres humains par des groupes armés ou terroristes en situations de conflit ou de post-conflit constitue une menace à la paix et la sécurité internationales.

Après la déclaration présidentielle de décembre 2015 et la résolution 2331 de l'an dernier, la résolution que nous venons d'adopter aujourd'hui constitue un nouveau pas en avant dans notre lutte commune contre la traite et l'exploitation des êtres humains. Elle permettra notamment de renforcer l'action des États, avec l'appui des Nations unies, dans deux domaines principaux : d'abord, l'identification des victimes et des personnes vulnérables, avec une attention particulière sur les femmes et les enfants ; et deuxièmement la capacité à démanteler les réseaux, notamment criminels et terroristes, qui ont recours à la traite.

Monsieur le Président,

Face à des crimes aussi effroyables, nous avons la responsabilité collective d'y mettre un terme et de poursuivre les responsables de tels actes. Soyez assurés du plein engagement de la France dans ce combat.

Je vous remercie./.

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15. Nomination - Brunei Darussalam (Paris, 21/11/2017)

Le Journal officiel du 21 novembre 2017 publie la nomination de M. Christian Ramage, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Brunei Darussalam, en remplacement de Mme Kim-Loan Forgeron./.

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