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Déclarations officielles de politique étrangère du 20 janvier 2017


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Nucléaire/Non-prolifération/Entretien de M. Jean-Marc Ayrault avec M. Lassina Zerbo, secrétaire exécutif de l'OTICE - Kosovo/Entretien de M. Jean-Marc Ayrault avec son homologue - Arabie saoudite/Déplacement de M. Jean-Marc Ayrault - Culture/Deuxième «Nuit des idées» - Agenda du ministre et des secrétaires d'État du 23 au 29 janvier 2017 (Paris, 20/01/2017)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Nucléaire - Non-prolifération - Entretien de M. Jean-Marc Ayrault avec M. Lassina Zerbo, secrétaire exécutif de l'OTICE (Paris, 20 janvier 2017)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, reçoit aujourd'hui M. Lassina Zerbo, secrétaire exécutif de l'organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE).

Le traité d'interdiction complète des essais nucléaires, qui prohibe toute explosion nucléaire, constitue l'un des instruments essentiels du désarmement nucléaire et du régime international de non-prolifération. La France a été le premier État doté à le ratifier dès 1998, avec le Royaume-Uni. Elle promeut son entrée en vigueur et son universalisation.

M. Jean-Marc Ayrault et M. Lassina Zerbo évoqueront les mesures permettant de progresser vers l'entrée en vigueur au plus vite du traité, ainsi que le renforcement du système de surveillance de l'OTICE. Ce dernier joue un rôle essentiel pour lutter contre la prolifération - notamment s'agissant des essais nucléaires conduits par la Corée du Nord, qui menacent la sécurité internationale.

À l'occasion de son déplacement en France, M. Lassina Zerbo aura également des entretiens au ministère de la défense et au commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives. Il participera à une table ronde organisée par la Fondation pour la recherche stratégique.

2 - Kosovo - Entretien de M. Jean-Marc Ayrault avec son homologue (Paris, 20 janvier 2017)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, reçoit aujourd'hui M. Enver Hoxhaj, ministre des affaires étrangères du Kosovo.

Cet entretien sera l'occasion d'évoquer nos relations bilatérales.

Les ministres feront également le point sur le dialogue entre Belgrade et Pristina, le rapprochement du Kosovo avec l'Union européenne ainsi que les dossiers régionaux et internationaux, en particulier à la suite du sommet «Paris-Balkans 2016» qui s'est tenu en France le 4 juillet dernier.

3 - Arabie saoudite - Déplacement de M. Jean-Marc Ayrault (23-24 janvier 2017)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, se rendra en Arabie saoudite les 23 et 24 janvier. Au cours de cette visite, M. Jean-Marc Ayrault réaffirmera le partenariat stratégique qui lie la France et l'Arabie saoudite et poursuivra le dialogue que nous entretenons avec ce pays.

Le ministre s'entretiendra avec plusieurs interlocuteurs saoudiens. Il sera notamment reçu par le Roi Salman et par son homologue saoudien, M. Adel al-Joubeir. Avec ses interlocuteurs, M. Jean-Marc Ayrault abordera les principaux sujets régionaux, notamment la situation au Yémen, en Irak, en Libye et en Syrie. Ils réaffirmeront la priorité que constitue notre coopération en matière de lutte contre le terrorisme.

Les liens économiques que nous entretenons avec l'Arabie saoudite seront évoqués à l'occasion d'une rencontre entre le ministre et des personnalités saoudiennes du monde économique et des affaires. Le ministre se rendra sur le chantier du métro de Riyad dont une partie des travaux est assurée par l'entreprise française Alstom.

M. Jean-Marc Ayrault visitera également la cité des sciences et des technologies Roi Abdulaziz, l'agence saoudienne pour la recherche, et soulignera l'importance de la coopération scientifique et technologique qui unit nos deux pays.

4 - Culture - Deuxième «Nuit des idées» (26 janvier 2017)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, ouvrira le 26 janvier la deuxième édition de la «Nuit des idées» à l'occasion d'une soirée de débats au Quai d'Orsay sur le thème «l'Europe en commun(s)».

Cet événement piloté par l'Institut français se déclinera cette année au travers d'une centaine de manifestations en France et dans 40 pays. De Tokyo, avec la «nuit des océans», jusqu'à Los Angeles, avec la «nuit des utopies», la «Nuit des idées» prendra la forme d'une multitude d'échanges autour d'un thème fédérateur : un monde commun.

Cette nuit, consacrée à la libre circulation des idées dans le monde, permettra à tous ceux qui le souhaitent de découvrir, d'apprendre et de dialoguer. Avec ce nouveau concept, M. Jean-Marc Ayrault a souhaité favoriser les échanges entre le public, l'Institut français de Paris et le réseau culturel français à l'étranger autour du débat d'idées.

Pour plus d'informations :

https://www.lanuitdesidees.com/

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/

5 - Agenda du ministre et des secrétaires d'État du 23 au 29 janvier 2017 - Principaux éléments publics

M. Jean-Marc Ayrault

Lundi 23 - mardi 24 janvier

Déplacement en Arabie Saoudite

Mercredi 25 janvier

9h15 - Conseil restreint de défense, Élysée

10h - Conseil des ministres, Élysée

12h15 - Entretien avec M. Charlot Salwai, Premier ministre du Vanuatu, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

16h30 - Entretien du président de la République avec M. Joachim Gauck, président de la République fédérale d'Allemagne, Élysée

18h - Voeux du Premier ministre, Matignon

19h - Voeux au corps diplomatique, Quai d'Orsay

Jeudi 26 janvier

10h30 - Audition par la mission d'information sur le suivi du Brexit, Assemblée nationale

15h - Séance du dictionnaire de l'Académie française, en présence de M. Joachim Gauck, président de la République fédérale d'Allemagne, Paris

16h30 - «Hackathon, Quai d'Orsay numérique», Convention

18h - Lancement de la «Nuit des idées», Quai d'Orsay

Vendredi 27 janvier

8h30 - Rencontre avec les ambassadeurs des États membres de l'Union européenne à l'occasion du lancement de la présidence maltaise, Paris

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M. Harlem Désir

Lundi 23 janvier - mardi 24 janvier

Réunion informelle du conseil affaires générales, Malte

Mercredi 25 janvier

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

19h - Voeux du ministre au corps diplomatique, Quai d'Orsay

Jeudi 26 janvier

9h - Audition sur le suivi des résolutions européennes devant la commission des affaires européennes, Sénat

10h30 - Examen d'un projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République italienne pour l'engagement des travaux définitifs de la section transfrontalière de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin, Sénat

11h15 - Examen du projet de loi autorisant la ratification du protocole au traité de l'Atlantique Nord sur l'accession du Monténégro, Sénat

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Sénat

18h - Nuit des idées, Quai d'Orsay

Vendredi 27 janvier

8h30 - Rencontre avec les ambassadeurs des États membres de l'Union européenne à l'occasion du lancement de la présidence maltaise, Paris

13h - Déjeuner avec MM. Gilles Finchelstein, directeur général de la fondation Jean Jaurès et Yves Bertoncini, directeur de l'Institut Jacques Delors et président du mouvement européen, Quai d'Orsay

16h - Entretien avec M. Louis Schweitzer, commissaire général à l'investissement, Quai d'Orsay

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M. Matthias Fekl

Lundi 23 janvier

15h - Entretien avec M. Jaroub Qudah, ministre jordanien de l'industrie et du commerce, Quai d'Orsay

16h - Entretien avec Mme Pansy Ho, secrétaire générale du Forum mondial sur l'économie du tourisme, Quai d'Orsay

Mardi 24 janvier

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

16h30 - Audition devant les commissions des affaires étrangères, des affaires économiques et des affaires européennes sur le rapport 2016 sur la stratégie du commerce extérieur de la France et la politique commerciale européenne, Assemblée nationale

Mercredi 25 janvier

14h - Remise du rapport de M. Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime, sur le tourisme des seniors, en présence de Mme Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des personnes âgées et de l'autonomie, et Mme Martine Pinville, secrétaire d'État chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

18h - Voeux du Premier ministre, Matignon

19h - Voeux au corps diplomatique, Quai d'Orsay

Vendredi 27 janvier

14h - États généraux du tourisme de Lot-et-Garonne, Agen

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M. Jean-Marie Le Guen

Lundi 23 janvier

Réunion ministérielle de l'union pour la Méditerranée, Barcelone

Mardi 24 janvier - mercredi 25 janvier

Déplacement à New York (dialogue de haut-niveau sur les synergies entre l'agenda 2030 de développement durable et la paix durable, ONU)

Jeudi 26 janvier

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Sénat

Vendredi 27 janvier

10h - Entretien avec Mme Alice Albright, directrice générale du partenariat mondial pour l'éducation, Convention

11h30 - Entretien avec M. Rémy Rioux, directeur général de l'agence française de développement, Convention

./.

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2. Union européenne - Entretien de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre, avec le quotidien «Le Monde» - Extraits (Paris, 21/01/2017)

(...)

Q - Autre sujet qui fâche, la fraude aux travailleurs détachés. Jean-Luc Mélenchon dénonce un dumping social et veut que la France s'affranchisse de la directive européenne sur le sujet. Arnaud Montebourg réclame sa suspension. Concrètement, que fait le gouvernement ?

R - Là encore, j'invite chacun à ne pas être dans la post-réalité. Ceux qui disent que rien n'a été fait dans ce domaine émettent une contre-vérité. Nous avons pris des dispositions tout au long du quinquennat pour lutter contre la fraude, augmenté considérablement les contrôles et les mises en cause devant les tribunaux, et nous avons obtenu des résultats significatifs. J'accepte que l'on dise qu'il faut porter plus loin l'ambition, mais je n'accepte pas qu'on commence ce débat sur des fondements ne correspondant pas à la réalité. La France est en permanence à l'initiative. Nous avons engagé, au niveau européen, la modification de la directive de 1996 pour que cessent les distorsions de concurrence, l'abaissement et le démantèlement de notre système social résultant des pratiques frauduleuses, et nous sommes optimistes sur la possibilité d'y parvenir. À Berlin, le 13 février, ce sujet sera au coeur des discussions que j'aurai avec la chancelière. Je souhaite quitter Matignon en ayant rendu ce dossier irréversible.

Q - La directive sera donc corrigée mais pas supprimée ?

R - Quand je parle de l'Europe qui protège, ce n'est pas une Europe qui se recroqueville, c'est une Europe qui s'organise. Beaucoup de salariés français sont détachés en Europe et participent au rayonnement de notre pays. Il ne faut pas avoir une vision restreinte, protectionniste de ce sujet, comme il m'arrive de l'entendre.

Q - Les récentes déclarations de Donald Trump sur l'OTAN et l'Europe vous -inquiètent-elles ?

R - On ne peut pas exercer une responsabilité politique dans un exécutif, surtout quand on est premier ministre, en étant inquiet. La montée des périls impose la maîtrise. Face au discours de Donald Trump, la réponse consiste à renforcer toutes les politiques de l'Union européenne de nature à protéger le continent des périls qui se présentent à lui : augmenter le budget de la défense, et cela ne peut pas seulement concerner la France ; créer Frontex - l'agence européenne de surveillance des frontières extérieures -, c'est fait ; réformer Schengen, c'est acté par l'Union européenne. J'entends, dans tous les débats politiques, dire : «Il faut réformer Schengen», mais c'est acté ! J'invite les candidats à lire les textes ! Le débat politique doit avoir une certaine hauteur, une certaine exigence.

Q - Le couple franco-allemand est-il -encore opérationnel ?

R - Contrairement à beaucoup de tentations et de commentaires, ce qui structure l'Europe, c'est l'axe franco-allemand. Nous n'aurions jamais progressé sur Frontex et Schengen sans une relation quasi fusionnelle entre Thomas de Maizière et moi. (...)./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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3. Union européenne - Voeux à la presse de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre - Extraits (Paris, 19/01/2017)

(Seul le prononcé fait foi)

(...)

Je voudrais également insister les questions européennes, qui seront déterminantes dans les mois qui viennent. C'est avant la fin du quinquennat qu'un certain nombre de sujets majeurs auront à trouver leur issue et leur solution. Je pense à la question de la protection de l'Union européenne face au risque terroriste, et notamment de l'aboutissement définitif de la réforme du code frontières Schengen. J'ai, de ce point de vue-là, un très grand intérêt pour tous les débats qui se nouent pendant la présidentielle, dans lesquels je vois des acteurs de toutes sensibilités préconiser qu'on renforce les frontières extérieures de l'Union européenne, qu'on modifie le code frontières Schengen, ce qui est bien entendu tout à fait intéressant, mais souvent totalement ignorant du fait que c'est déjà fait. Je voudrais quand même rappeler que c'est au terme d'une démarche avec Thomas de Maizière que nous avons décidé de doter de 250 millions d'euros l'agence FRONTEX, de la doter de 2.700 personnels dont la France apporte 10% des effectifs, de créer les conditions d'un exercice grandeur nature pour voir si les dispositifs mis en oeuvre correspondent bien aux objectifs qu'ils se sont assignés à eux-mêmes.

J'entends dire qu'il faudrait changer le code frontières Schengen. Mais ignore-t-on que l'article 7-2 du code frontières Schengen a été modifié et que, désormais, les contrôles systématiques aux frontières extérieures de l'Union européenne, y compris pour les ressortissants de l'Union, sont sur le métier et font partie des décisions prises par l'Union européenne ? Ignore-t-on que l'interrogation systématique du système d'information Schengen au moment de l'entrée dans l'espace européen est désormais la doctrine de l'Union, que chaque pays est censé nourrir ce fichier en fonction des éléments dont il dispose ? Est-on ignorant du fait que nous avons obtenu la décision d'engager l'interopérabilité des fichiers et que tout cela va se déployer dans le cadre des dialogues entre les institutions européennes au cours des prochains mois ?

Mais quand vous écoutez des débats en cours, vous avez parfois le sentiment que tout ce que je viens de dire, et qui est fait, est à faire. Et donc je veux vous proposer de contribuer avec vous à éclairer le débat. Je pense que nous avons de ce point de vue-là des choses à faire ensemble parce qu'il m'arrive, y compris sous la plume de certains d'entre vous, dont je lis tous les articles avec une gourmandise incommensurable, de voir que cela est à faire pour demain. Non, c'est fait. Et je pourrais comme cela multiplier les exemples. Nous avons aussi, sur le sujet de la lutte contre la fraude aux travailleurs détachés, des mesures à poursuivre. Je veux rappeler que nous avons déjà obtenu la modification de la directive européenne sur ce sujet dès 2014, que nous engageons la modification de la directive de 1996, que dans le cadre de la loi Macron, des dispositions ont été prises pour lutter contre le travail détaché de façon extrêmement efficace, notamment sur les chantiers de bâtiment et travaux publics. Cela se traduit par des contrôles qui n'ont jamais été aussi puissants et qui n'ont jamais abouti à autant de condamnations au cours des derniers mois. Voilà ce que nous devons faire : faire en sorte que l'Europe protège sur le plan social, qu'elle protège face au terrorisme. Et nous avons, dans les mois qui viennent, encore des décisions à prendre sur ces sujets essentiels. (...)./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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4. États-Unis - Iran - Russie - Syrie - Entretien de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec «Europe 1» - Extraits (Paris, 20/01/2017)

Q - Bonjour Jean-Marc Ayrault.

R - Bonjour.

Q - Alors, «Désormais, tout peut arriver», «Un président pas normal, imprévisible», «Les inconnues d'une présidence», «Défendons nos valeurs», la presse française, dites-moi, elle est inquiète ce matin à quelques heures de l'investiture du 45e président des États-Unis Donald Trump. Franchement, est-ce qu'elle n'en fait pas un peu trop ?

R - Ce n'est pas une série américaine qui commence, c'est la réalité, c'est la politique réelle, et donc il y a un nouveau président, aux États-Unis, qui s'appelle Donald Trump, c'est les Américains qui ont voté, maintenant il est au pied du mur, et ce n'est pas rien de présider les États-Unis. On vient de terminer 8 ans de présidence Obama, cela a été un grand président, on n'a pas toujours été d'accord sur tout, on a même eu des déceptions, je pense à la Syrie par exemple, mais globalement...

Q - Un grand président qui ne s'est quand même pas beaucoup intéressé à l'Europe non plus !

R - Écoutez, je pense que c'est aussi à l'Europe de se prendre en main, on n'a pas besoin que les Américains nous disent ce qu'on a à faire. On doit avoir une Europe plus forte, c'est clair, parce qu'il y a un nouveau monde qui se construit peu à peu, qui évolue vers l'Asie, et donc raison de plus pour avoir une Europe forte.

Q - Revenons sur Donald Trump. Hier soir, on l'a entendu dans les journaux ce matin, il a prononcé un discours rassembleur, mais alors ce sera quoi, ce sera qui le vrai Donald Trump ? Parce que finalement, vous ne le connaissez pas, est-ce que des rencontres sont prévues avec son Administration, est-ce que vous avez prévu de vous entretenir avec Rex Tillerson, le nouveau secrétaire d'État, qui sera en charge des affaires étrangères ?

R - Aussitôt que Rex Tillerson sera nommé, parce que pour l'instant la proposition du président Trump est examinée par le Sénat, et ce n'est pas encore terminé, aussitôt qu'il est nommé, moi je lui écris et je l'invite à Paris, parce qu'il faut discuter. Il y a beaucoup de questions qui sont soulevées, encore récemment, par les déclarations de Donald Trump dans la presse européenne, en Allemagne, en France, et en Grande-Bretagne, c'est, quelle relation avec l'Europe, quelle relation avec l'OTAN, vous avez des questions sur la sécurité...

Q - Jugées obsolètes par Donald Trump...

R - Quelle va être la position américaine dans la lutte contre le terrorisme, c'est une priorité pour nous. Quelle relation avec la Russie, quelle relation avec la Chine, et puis quel avenir pour le traité sur la transition énergétique, l'accord de Paris, l'accord sur le nucléaire iranien. Donc, toutes ces questions...

Q - Donc vous pensez qu'il répondra à votre demande le nouveau secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, vous l'espérez à Paris dans les mois qui viennent ?

R - De toute façon il y aura bientôt des rencontres internationales, le G20, que préside l'Allemagne, la réunion au niveau des chefs d'État et de gouvernement aura lieu au mois de mai/ juin, la date n'est pas encore complètement fixée, peut-être en juillet, mais dès le mois de février il y a une réunion à Bonn au niveau des ministres, donc là c'est évident que les États-Unis seront représentés, j'y serai, ce sera au moins la première rencontre.

Q - Donc, au plus tard, le premier contact sera à ce moment-là.

R - À la mi-février au plus tard. Déjà, en tout cas, nous, nous avons lancé toute une série de contacts avec les futurs membres de l'Administration américaine, vous savez qu'il y a un système de changement de fonctionnaires. Au ministère des affaires étrangères, au secrétariat d'État, il y a 500 personnes qu'il faut changer, pour l'instant je crois qu'il y en a à peu près 30 seulement qui ont été nommées.

Q - Y compris les ambassadeurs, il y en aura un nouveau en France.

R - Voilà.

Q - Mais on sait déjà, et vous l'avez évoqué, que Donald Trump ne sera pas tendre avec l'Europe, il s'en est pris à la politique migratoire de l'Allemagne, il a fait l'apologie du Brexit, à tel point, d'ailleurs, que Manuel Valls a parlé de déclaration de guerre. Dites-moi, guerre, est-ce que le mot est bien choisi ?

R - La France est alliée des États-Unis, comme le disait souvent John Kerry, c'est le plus vieil allié des États-Unis, vous vous souvenez de l'Histoire, La Fayette, etc., cela reste un symbole, mais c'est une réalité. C'est une réalité concrète. D'abord nous avons, ensemble, été solidaires dans deux guerres mondiales et nous sommes reconnaissants aux États-Unis, mais aussi parce que nous avons 150.000 Français qui vivent aux États-Unis, 30.000 Américains qui vivent en France, 3.500.000 touristes américains qui viennent en France, 500.000 emplois qui sont en France, des emplois d'entreprises américaines en France, qui investissent. Nous avons un commerce extérieur de 32 milliards dans un sens, 34 dans l'autre, c'est considérable nos échanges.

Q - Il faut se garder des mots, donc, je parlais de guerre...

R - Il faut faire attention.

Q - À l'égard des États-Unis et de Donald Trump, il faut faire attention.

R - Mais bien sûr il faut faire attention. Nous souhaitons avoir, avec les États-Unis, une relation de confiance, nous partageons les mêmes valeurs, liberté, démocratie, droits de l'Homme, mais en même temps, je les ai citées, il y a toute une série de questions. Donc, si on n'aborde pas ces questions, la France est un pays indépendant, a une politique étrangère, a une politique de défense, elle existe, elle est membre permanent du conseil de sécurité des Nations unies - d'ailleurs ce sera le dernier pays européen à être membre permanent du Conseil de sécurité, après la sortie de la Grande-Bretagne, ce n'est pas rien - nous avons des devoirs, des responsabilités, nous devons poser les questions, mais pas dans une attitude agressive, et ça ne sert à rien.

Q - Vous parlez de l'Europe et des pays européens, on voit clairement se dessiner un axe États-Unis/ Russie, Trump/Poutine...

R - Cela on ne le sait pas, c'est vous qui le dites.

Q - Non, mais on a bien vu qu'il y avait une bienveillance de M. Trump à l'égard de M. Poutine, et en tout cas que le climat glacial qu'il y avait sous la présidence Obama, risque, enfin peut probablement se réchauffer, c'est ce que nous verrons. Mais, un autre sujet. Nous, les Européens, est-ce qu'on doit rester comme cela sur le bord de la route, ou est-ce qu'on doit, au contraire, tendre la main et faire des compromis, aux Américains, aux Russes...

R - Mais, c'est ce qu'on fait.

Q - Est-ce qu'on veut être dans le jeu diplomatique... ?

R - Mais c'est ce que nous faisons, c'est ce que nous faisons. Il y a toujours cette légende...

Q - Cela ne se voit pas beaucoup, franchement.

R - Attendez, cela ne se voit pas beaucoup... d'abord je vais prendre l'exemple du nucléaire iranien, vous êtes déjà en train de conclure ce que sera la politique de Donald Trump, vous n'en savez rien du tout, puisque la principale critique qui a été faite concernant un accord international c'est l'accord sur le nucléaire iranien. Cet accord nucléaire iranien c'est un élément extraordinairement important, il faut le préserver, c'est la position de la France. Autour de la table il y avait la France, autour de la table il y avait les États-Unis, autour de la table il y avait la Russie, autour de la table il y avait les Nations unies, l'Europe...

Q - Oui, mais il y a Donald Trump qui dit qu'il pourrait le remettre en cause d'ores et déjà.

R - Justement, quand vous me dites que déjà il dessine une nouvelle alliance avec la Russie, je ne vois pas très bien comment on pourrait aller aussi vite en besogne, nous allons voir les dossiers les uns après les autres, l'Ukraine, la Syrie, et vous savez que la France est engagée pour une solution diplomatique et non pas pour une solution militaire. Lundi prochain il y aura une réunion à Astana au Kazakhstan et j'espère que ce sera la première annonce du dialogue politique et de la négociation.

Q - Précisément Jean-Marc Ayrault, la Syrie. L'entente - alors on verra, vous avez raison, restons prudents - l'entente américano-russe elle pourrait être au coeur du règlement de la question syrienne, en tout cas pour ces deux puissances, il y a une chose qui est certaine, c'est que le départ de Bachar al-Assad n'est pas un préalable à tout accord de paix et à toute discussion. Est-ce que la realpolitik ne nous impose pas, nous, les Français, les Européens, de nous aligner et de dire eh bien oui, il faut tenir compte du fait que Bachar al-Assad... pour en finir avec ce massacre ?

R - Mais pourquoi est-ce que vous ne suivez pas un peu plus les positions françaises, parce que là vous êtes en train d'inventer quelque chose qui n'est pas exact.

Q - Mais je la suis et vous êtes là pour l'exprimer.

R - Qui n'est pas exact.

Q - Si jamais vous me dites que vous acceptez de discuter avec Bachar al-Assad...

R - La résolution du conseil de sécurité des Nations unies du mois de décembre 2015 prévoit une transition politique, par une négociation. Dans le cadre des Nations unies, à Genève, il y a une réunion qui est prévue par le négociateur des Nations unies le 8 février prochain. À Astana, je l'ai dit, il s'agit d'une réunion plus restreinte...

Q - C'est lundi.

R - C'est un début, c'est une amorce, mais c'est ça la position de la France, et autour de la table, il faut construire une transition politique, où il y aura les représentants du régime, et à la tête du régime aujourd'hui il y a Bachar al-Assad...

Q - Donc, indirectement, on peut discuter avec Bachar al-Assad.

R - Et avec les représentants de l'opposition qui doivent tous y être, et nous nous sommes les garants de cette négociation, avec la communauté internationale, les Russes, les Américains, etc. Mais, quant à Bachar al-Assad, si vous me demandez s'il doit partir à la fin du processus de transition politique, qui doit commencer, c'est une exigence, parce que sinon les réfugiés ne reviendront jamais, la Syrie ne se reconstruira jamais. Alors bien sûr ce ne peut pas être la solution pour un pays qu'il a détruit, un pays où il y a plus de 300.000 morts, un pays où il y a des prisonniers politiques et des tortures, un pays où il y a 10 millions de déplacés et de réfugiés. Donc, à la fin du processus, si vous me dites que Bachar al-Assad est la solution de l'avenir, à l'évidence je vous réponds non.

Q - Mais en revanche on peut discuter avec les représentants de son régime.

R - Voilà. (...)./.

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5. États-Unis - Climat - Communiqué du ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer (Paris, 19/01/2017)

À la veille de la fin du mandat de Barack Obama, Ségolène Royal tient à le remercier et à saluer ses engagements qui ont joué un rôle crucial pour le climat et engagé son pays et la communauté internationale dans une dynamique irréversible.

  • Rôle décisif dans la mise en oeuvre de la COP21 : sous l'impulsion de Barack Obama, la ratification de l'Accord de Paris par les États-Unis en septembre 2016 a constitué une étape décisive. Le texte universel sur le climat entrait en vigueur deux mois plus tard, conformément à l'objectif fixé par la présidente de la COP21. Jusqu'aux derniers jours de son mandat, le président Obama montre sa volonté de donner les moyens à l'ambition climatique, en annonçant une contribution de 500 millions de dollars des États-Unis au fonds vert de l'ONU.
  • Déploiement massif des énergies renouvelables : depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama a entraîné les États-Unis sur la voie de la transition énergétique. Les avancées sont là : production de solaire multipliée par trente, production de l'éolien multipliée par trois, diminution de 9% des émissions de gaz à effet de serre, programme d'investissements de 90 milliards de dollars pour les énergies renouvelables.
  • Lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et limitation des pollutions : la ministre se réjouit des mesures fortes prises par le président américain depuis 2008, tels que l'arrêt du projet de pipeline géant Keystone XL, l'interdiction de tout nouveau forage de gaz ou de pétrole dans l'océan Arctique, le durcissement des normes anti-pollution pour les véhicules particuliers et commerciaux, et son action pour parvenir à un amendement au Protocole de Montréal pour lutter contre les hydroflurocarbures (HFC).
  • Préservation et reconquête de la biodiversité : Barack Obama a annoncé au cours de son deuxième mandat la création de la plus grande réserve marine du monde dans l'archipel d'Hawaï. Cette zone abrite plus de 7.000 espèces - notamment les baleines bleues. Le président des États-Unis a également lancé en juin 2014 une stratégie fédérale pour la santé des abeilles et des autres pollinisateurs.

Dans son dernier discours prononcé le mardi 10 janvier à Chicago, Barack Obama a réaffirmé l'urgence climatique : nier le réchauffement climatique, «c'est trahir les générations futures. Sans une prise de conscience, nos enfants n'auront pas l'occasion d'avoir cette discussion». Ce message a su toucher les consciences du monde entier. À nous de le porter et d'agir collectivement./.

(Source : site Internet du ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer)

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6. Gambie - Investiture du président Adama Barrow - Déclaration du porte-parole du ministère des affaires étrangères et du développement international (Paris, 19/01/2017)

La France félicite le président Adama Barrow qui a été investi aujourd'hui en tant que président de la Gambie.

Cette cérémonie consacre, conformément à la Constitution gambienne, sa victoire indiscutable aux élections présidentielles du 1er décembre dernier, validée par la commission électorale indépendante.

Le respect des choix du peuple gambien s'impose et doit servir d'exemple pour tous ceux qui sont attachés aux principes et valeurs démocratiques.

La France salue le rôle déterminant de la CEDEAO, avec l'appui de l'Union africaine, de l'Union européenne et du conseil de sécurité des Nations unies, pour faire respecter l'ordre constitutionnel en Gambie./.

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7. Gambie - Explication de vote du représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité (New York, 19/01/2017)

Monsieur le Président,

La France salue l'adoption à l'unanimité de la résolution 2337. Elle remercie chaleureusement le Sénégal pour son leadership et a soutenu depuis l'origine les efforts conduits par la CEDEAO et ses partenaires africains.

Les élections en Gambie se sont déroulées de manière irréprochable le 1er décembre. Elles ont illustré un phénomène qui, s'il est devenu banal n'en est pas moins remarquable, en Afrique de l'Ouest. Aujourd'hui en effet, dans la région, la gouvernance démocratique et le respect de la volonté populaire sont considérés comme un acquis, sur lequel personne ne penserait à revenir. L'année dernière, sur 10 élections dans la région, six ont connu une alternance au pouvoir. Les élections se déroulent de manière apaisée et personne ne songe à en contester la légitimité. Je pense au Ghana dernièrement, mais également au Nigéria, au Niger, au Bénin et au Burkina Faso par exemple.

En Gambie, Monsieur le Président, la remise en cause du résultat des élections par le président Jammeh, alors qu'il l'avait lui-même reconnu, a été unanimement condamnée, par la communauté des États d'Afrique de l'Ouest, l'Union africaine et dans cette enceinte. Tous ont appelé M. Jammeh à respecter la décision souveraine de son peuple et à accepter de remettre le pouvoir au président Barrow, dans le respect de la constitution gambienne.

Depuis, les pays de la région n'ont épargné aucun effort pour parvenir à un règlement pacifique de la crise, dans le respect des chartes de la CEDEAO et de l'Union africaine. Les chefs d'États et de gouvernement de la CEDEAO se sont réunis le 17 décembre, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine s'est réuni, le 13 janvier, spécifiquement sur ce sujet, tout comme le Conseil de sécurité, qui a adopté une déclaration présidentielle claire sur la question.

La France salue les efforts sans relâche de la CEDEAO, le travail de médiation des présidents Buhari, Johnson-Sirleaf et Mahama, qui se sont rendus à Banjul et ont été en contact incessant avec les parties gambiennes. Elle salue les efforts du représentant spécial du secrétaire général, Mohamed Ibn Chambas, qui a aussi fait tout son possible pour qu'une transition pacifique puisse avoir lieu. Elle salue enfin les efforts du Maroc et de la Mauritanie, qui, dans un dernier effort, ont également déployé des trésors de diplomatie pour que M. Jammeh accepte de quitter dignement ses fonctions à l'issue de son mandat.

Monsieur le Président,

Nous évoquons souvent dans ce conseil la nécessité de renforcer la diplomatie préventive. La crise gambienne en est une parfaite illustration : aucun effort n'a été épargné par l'ensemble des acteurs pour parvenir à une remise pacifique du pouvoir au président élu.

Aujourd'hui, M. Jammeh refuse toujours d'entendre ces appels, malgré toutes les garanties offertes par son successeur pour lui assurer le respect dû à son statut d'ancien président de la République. M. Barrow a prêté serment ce matin, il est aujourd'hui le président légitime de la Gambie.

C'est pourquoi la France considère qu'il était indispensable que le conseil de sécurité s'exprime et adopte une résolution qui fasse passer un message clair à M. Jammeh aujourd'hui. Elle se félicite que cette résolution ait été adoptée à l'unanimité et que le conseil apporte ainsi son plein soutien aux efforts de la région pour résoudre cette crise.

Je vous remercie./.

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