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Déclarations officielles de politique étrangère du 29 janvier 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Liban/Violences dans la zone des fermes de Chebaa - République centrafricaine - Mali (Paris, 29/01/2015)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait la déclaration et répondu aux questions suivantes :

1 - Liban - Violences dans la zone des fermes de Chebaa (28 janvier 2015)

La France condamne l'attaque conduite hier par le Hezbollah dans la zone des fermes de Chebaa, au cours de laquelle deux soldats israéliens ont trouvé la mort et sept autres ont été blessés. Elle condamne également les violences ayant entraîné la mort d'un soldat espagnol de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et soutient l'enquête diligentée par les Nations unies.

Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes.

La France condamne ces violations de la résolution 1701 du conseil de sécurité des Nations unies et appelle au respect de la Ligne bleue. Elle réitère son soutien à la FINUL dans sa mission de maintien du calme à la frontière et aux pays contributeurs de troupe, en particulier à l'Espagne.

Nous appelons l'ensemble des parties à tout mettre en oeuvre afin d'éviter une escalade qui ferait peser un risque sur la stabilité de la région.

2 - République centrafricaine

Q - Que pensez-vous de l'accord conclu à Nairobi entre belligérants centrafricains, sans représentant du gouvernement de transition ? Quel peut être sa portée ?

R - La clé de la sortie de crise en République centrafricaine réside dans la réussite du processus de transition conduit par les autorités centrafricaines de transition, sous l'égide de la présidente Samba Panza, avec le soutien de la communauté internationale. Nous soutenons l'appel lancé en ce sens le 17 janvier par le président Denis Sassou N'Guesso, médiateur pour la RCA.

Il est essentiel que tous les acteurs centrafricains responsables s'inscrivent dans la démarche de concertation engagée par les autorités de transition, qui doit aboutir rapidement au Forum de Bangui.

Cette démarche a l'appui de la France. Aucune initiative conduite en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation conduit par les autorités de transition n'est susceptible de contribuer à la sortie de crise.

La France souligne en particulier l'importance, dans le processus de réconciliation, de la lutte contre l'impunité. Tous les États membres des Nations unies doivent respecter les sanctions adoptées par le conseil de sécurité.

3 - Mali

Q - Quel est votre commentaire sur les événements de Tabankort, où un mouvement touareg proche de Bamako mène des attaques suicides ? Bamako joue-t-il double jeu avant la reprise des négociations à Alger ?

R - Seul un accord entre le gouvernement malien et les groupes rebelles non terroristes est susceptible de créer les conditions d'une stabilisation durable au Mali.

Nous condamnons les attaques terroristes. La France réaffirme son attachement aux négociations inter-maliennes d'Alger, qui vont reprendre prochainement. Elle appelle l'ensemble des parties à participer de manière constructive à la reprise des discussions et à s'abstenir de toute violence sur le terrain./.

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2. Union européenne - Grèce - Zone euro - Conférence de presse conjointe de M. François Hollande et de son homologue colombien - Propos de M. Hollande (Paris, 26/01/2015)

(...)

Q - Le nouveau Premier ministre grec que vous avez eu aujourd'hui même au téléphone réclame une restructuration de la dette de son pays. L'Allemagne y est opposée. Quelle est votre position personnelle ? Êtes-vous favorable à un nouvel effacement de la dette grecque, à un rééchelonnement ou à une réduction des taux d'intérêt ?

R - Tout d'abord, j'ai eu en effet au téléphone Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre grec. Je l'ai invité à venir à Paris. La France et la Grèce ont des relations traditionnelles d'amitié et nous voulons les poursuivre avec le nouveau gouvernement. Nous avons deux principes par rapport à ce que vit la Grèce, c'est-à-dire, depuis des années, une austérité particulièrement douloureuse.

Le premier principe est celui de la solidarité : un programme d'aide à la Grèce est en cours au plan européen et il doit se poursuivre. Le second principe est celui de la responsabilité : des engagements ont été pris et doivent être tenus. La France d'ailleurs a participé financièrement aux efforts demandés pour la Grèce. C'est donc en fonction de ces deux principes que nous allons engager des discussions.

Ces discussions doivent s'engager parce qu'elles étaient prévues, j'allais dire quel que soit le vote des Grecs. Aujourd'hui, il y a un nouveau gouvernement, c'est une raison de plus d'engager ces discussions sur les bases que je viens de définir. C'est l'Europe qui aura à le faire et la France accompagnera ce processus. Elle le fera dans un esprit européen. La Grèce est dans la zone euro ; la Grèce veut rester et restera dans la zone euro (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Union européenne - Grèce - Zone euro - Entretien de M. Harlem Désir, secrétaire d'État chargé des affaires européennes, avec «LCI - Radio classique» (Paris, 29/01/2015)

Q - Quand le nouveau Premier ministre grec vient-il en France - François Hollande l'a invité ? Avez-vous une date ?

R - Oui. François Hollande a appelé Alexis Tsipras, ils se sont entretenus lundi. François Hollande l'a félicité et l'a invité à venir à Paris dès que possible, dès qu'il aura constitué son gouvernement. Son gouvernement a été constitué, je pense donc qu'il sera là assez vite, dans les prochains jours. Le ministre des finances grec vient à Paris lundi et il y aura une première rencontre de travail avec Michel Sapin. Moi-même, je me rendrai en Grèce très rapidement.

Q - Vous avez vu que ce matin dans les journaux - il s'agit notamment de M. Juncker -, les propos sont fermes, c'est-à-dire qu'il n'est pas question de renégocier la dette en l'état, pas question d'annuler quoi que ce soit et j'ai même souligné cette phrase qui est importante - il faut peser ses mots... - : «il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens». Donc cela veut dire qu'il n'y a rien à négocier ?

R - Non, je ne pense pas. Je pense qu'il faut partir de deux principes et qu'il faut bien entendre ce que dit Jean-Claude Juncker, qui est dans son rôle de président de la Commission. D'un côté, il y a eu des élections ; les Grecs ont fait un choix, ce choix c'est celui d'un changement politique, c'est celui du refus des politiques d'austérité qui ont été très dures, mais c'est aussi le choix de rester dans l'Europe et même dans l'euro. Alexis Tsipras a fait évoluer son discours au fur et à mesure de la campagne et je pense qu'en l'élisant les Grecs ont fait un choix souverain, libre, de changement.

À partir du moment où il y a le choix de rester dans l'Europe, de rester dans l'euro et, en même temps, le choix d'avoir une politique différente - peut-être plus de justice sociale, moins de brutalité, aussi parce que l'austérité n'a pas fonctionné pour le redémarrage économique -, il doit y avoir une discussion qui part de deux principes. Le premier principe, c'est la solidarité et l'écoute, la prise en compte d'un choix légitime des citoyens grecs ; la Grèce est un partenaire de l'Union européenne qui est fondée sur la démocratie et on entend les choix qui sont fait par chacun des peuples. Et puis, en même temps, il y a un principe de responsabilité de part et d'autre, notamment de la part des nouvelles autorités grecques qui ont eu besoin de l'aide européenne. Des prêts ont été faits, notamment par la France, par l'Allemagne, par la Slovénie, par l'Espagne, par tous les pays, les grands, les petits, ceux qui ont des difficultés et ceux qui n'en ont pas. Il y a une dette qui doit être remboursée, mais on peut discuter des conditions de ce remboursement, par exemple les délais...

Q - D'accord. Mais vous savez très bien que l'étalement cela va être l'effacement ?

R - Non, ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas parce que vous avez un peu plus de temps pour rembourser que vous n'avez pas à rembourser.

Q - D'accord, mais si on arrête de payer pendant un certain temps, pour respirer, et puis qu'on étale sur je ne sais pas combien de temps, cela veut dire que, d'une certaine manière, on va renoncer ?

R - Oui, bien sûr, cela doit être concret. Tout le monde doit avoir le même objectif, que finalement l'économie de la Grèce puisse redémarrer. Aujourd'hui, la Grèce a une dette de l'ordre de 175 % de son PIB ; c'est absolument insoutenable de continuer avec une dette de cette ampleur. C'est pour cela d'ailleurs qu'il a fallu des aides internationales.

Q - Pardonnez-moi, je vais être un peu violent, mais c'est quand même un peu de leur faute ?

R - Des réformes n'avaient pas été faites.

Q - Mais c'est un peu stupéfiant. Les Allemands viennent de leur dire : «pour l'instant, vous discutez avec les Européens, pas avec nous». C'est en gros la position qui est celle de M. Schäuble et d'Angela Merkel qui ne veut pas de tête-à-tête avec les Grecs mais qui veut que ces discussions se fassent au niveau européen - sujet que vous connaissez bien. Nous, on les invite dès la semaine prochaine, vous venez de le dire vous-même. Donc, on donne l'impression que finalement on est en train de se désolidariser des Européens...

R - Non. Le rôle de la France, c'est de faire en sorte qu'un dialogue constructif, responsable, puisse se nouer entre la Grèce et l'ensemble des partenaires européens. Nous-mêmes, avec les autres partenaires européens, nous avons une préoccupation, c'est qu'effectivement la Grèce soit en situation le plus vite possible de rembourser les emprunts qu'elle a contractés auprès de l'Europe.

Q - Vous voulez dire que François Hollande va recevoir M. Tsipras pour lui expliquer qu'il ne faut pas justement exiger de l'Europe les choses que l'Europe ne lui accordera pas ou est-ce qu'il le reçoit pour des raisons de politique intérieure, faire plaisir à la gauche de la gauche en France ?

R - L'Europe est là pour aider. Le président de la République reçoit M. Tsipras parce que c'est un Premier ministre qui vient d'être élu, que c'est un partenaire. Il va maintenant faire partie du Conseil européen, avec les autres chefs d'État ou de gouvernement et, ensemble, il faut que la Grèce, l'Europe, nous trouvions une solution pour que la Grèce retrouve de la croissance, de l'emploi et puisse rembourser sa dette.

Si la Grèce aujourd'hui a 175 % de dette, c'est aussi parce que son PIB a reculé de 25 % ; son PIB est donc de 25 % inférieur ce qu'il était avant la crise de 2008. Il y avait des mesures indispensables à prendre et elles doivent continuer à être mises en oeuvre. Par exemple, il faut qu'il y ait une fiscalité en Grèce ; il faut qu'il y ait un cadastre ; il faut que les gens qui ont des propriétés paient des impôts ; il faut que les armateurs paient des impôts ; il y a de grands propriétaires terriens qui ne paient pas d'impôts. Toutes ces questions doivent être réglées et c'est aux Grecs eux-mêmes de les régler. Nous sommes prêts à leur donner le temps...

Q - Ça fait longtemps ça !

R - Ça fait longtemps ! Et déjà ils ont progressé. Donc, il faut en même temps que nous les aidions à ce que les investissements reviennent et qu'ils soient en mesure le plus vite possible...

Q - Mais ils viennent de prendre des décisions augmentant le nombre de fonctionnaires, augmentant les salaires minimum, faire des choses qui sont contraires à ce que les économistes pensent de ce qu'il faudrait faire pour la Grèce aujourd'hui ? Donc, nous en les recevant, vous dites dans les prochains jours, c'est bien confirmé ?

R - Oui.

Q - Eh bien en le recevant rapidement on donne quand même un peu l'impression qu'on est d'accord avec leur position ?

R - Non. D'abord, recevoir le Premier ministre d'un autre gouvernement européen, c'est normal. L'Europe c'est un lieu de rencontre.

Q - D'accord. Mais pourquoi dans les prochains jours, on n'était peut-être pas dans l'obligation ?

R - Quand un nouveau leader européen est élu, normalement, il va tout de suite voir ses partenaires. Je vous rappelle que, c'est un réflexe normal, que des pays soient en difficulté ou non, parce que nous faisons partie d'une union de nations qui défend ensemble un projet de société et, en plus, nous avons une monnaie commune et nous avons effectivement à gérer des politiques en commun. La Grèce a eu à demander de l'aide à l'Union européenne. Nous, nous voulons aider la Grèce à sortir de sa situation de crise.

Q - Et vous ne considérez pas que c'est une erreur politique de François Hollande de le recevoir le premier ?

R - Au contraire. Je crois que c'est vraiment le rôle que l'on attend de la France et de François Hollande que d'aider à ce que le dialogue, sur les bases de la responsabilité et de la solidarité, se noue le plus vite possible avec la Grèce ; c'est l'intérêt de toute l'Europe. La Grèce est un pays qui est sorti de la dictature pour adhérer à l'Union européenne...

Q - Mais ça fait longtemps ça !

R - Cela fait longtemps ! Eh bien d'accord, mais enfin l'Europe, on l'a vu le 11 janvier se mobiliser autour de ses valeurs, en solidarité avec la France. L'Europe, on ne doit pas oublier que ce n'est pas simplement des traités et des règles, c'est d'abord des nations qui s'unissent pour des valeurs de démocratie, de paix, de coopération, de solidarité. Aujourd'hui, dans la mondialisation, aucun de nos pays ne peut faire face seul, on ne peut pas faire face seul aux grands enjeux de la compétition - dans le numérique par exemple - mais pas non plus aux enjeux du terrorisme et de la défense de nos valeurs, celles d'une société encore une fois de liberté et aussi de cohésion sociale. Nous allons donc aider ce nouveau gouvernement mais lui-même doit effectivement prendre des mesures qui permettent à son économie de redémarrer.

Q - Mais Harlem Désir, pardonnez-moi, vous ne pensez pas que les Allemands et d'autres vont considérer que cette invitation est un peu prématurée ?

R - Non.

Q - Regardez encore ce matin. Il a téléphoné à Frederica Mogherini, que vous connaissez, qui est donc la responsable de la politique et de la diplomatie européenne, en lui disant : «il vaudrait mieux soutenir les Russes» alors qu'il y a une même réunion aujourd'hui...

R - Cet après-midi même ! À laquelle je me rends pour représenter la France.

Q - ...qui consiste justement à augmenter les sanctions contre la Russie ?

R - ...qui consiste surtout à empêcher que l'escalade militaire entre la Russie et l'Ukraine ou entre les séparatistes...

Q - Mais il y aura des négociations ?

R - Oui. C'est un instrument pour essayer de revenir à la table des négociations.

Q - Et Tsipras dit non, il n'en veut pas.

R - Nous allons voir. Ils vont devoir participer maintenant. C'est un gouvernement qui vient d'être mis en place il y a quelques heures et je pense que, d'une certaine façon, ils vont devoir prendre leurs marques et prendre en compte le fait qu'ils font partie d'une union politique, que précisément ce n'est pas simplement une union monétaire, pas simplement une zone de libre-échange, c'est bien plus que cela.

Il doit y avoir une participation du nouveau gouvernement grec à toutes les décisions politiques en prenant en compte le fait que l'unité européenne - notamment dans des dossiers comme ceux de l'Ukraine - est absolument indispensable. Chacun peut arriver avec des sensibilités et des points de vue différents mais, à la fin, l'Europe ne peut exister que si elle est unie.

C'est pareil pour régler les problèmes de la crise économique. Nous avons des différences, chaque gouvernement peut avoir sa propre politique économique en matière de fonction publique, de retraite, mais à condition que ce soit compatible avec la cohésion économique de l'Union. C'est aussi ce à quoi nous allons peut-être aider les Grecs à parvenir.

Q - Donc, si je comprends bien, François Hollande va essayer de le convaincre de respecter les traités européens et de peut-être modérer ses propos concernant la Russie...

R - Le respect des traités fait partie des engagements qui sont pris par chacun de nos pays, indépendamment des alternances. Les traités n'empêchent pas un gouvernement de mener une politique économique ou sociale différente, mais à condition de respecter effectivement les engagements pris vis-à-vis des autres. Nous, les uns les autres, par exemple nous devons respecter un certain nombre de règles pour que la monnaie unique reste viable. En termes de dette, de déficit, on peut avoir des délais, on peut prendre en compte la situation d'un pays, mais effectivement nous sommes tenus de respecter les traités. La Grèce a pris des engagements vis-à-vis de ses partenaires parce qu'elle a eu besoin de leur aide.

La France a été aux côtés de la Grèce et continuera à être aux côtés de la Grèce parce que nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro. Nous voulons aider la Grèce à sortir de la crise mais, effectivement, cela veut dire qu'il faut aussi respecter les engagements en termes de dette.

Q - Quand Mme Merkel a dit à un moment que, finalement, s'ils sortaient de l'euro et de l'Europe, ce n'était peut-être pas une mauvaise idée ?

R - Non. Elle ne l'a pas dit...

Q - Elle ne l'a pas dit comme ça, mais elle l'a suggéré.

R - Ce sont des propos qui lui ont été prêtés.

Q - D'accord !

R - Je crois que la position de la Chancelière Merkel est la même que la nôtre. Il faut que la Grèce, qui est dans l'euro et qui souhaite le rester - Alexis Tsipras s'est engagé dans ce sens et c'est sans doute aussi l'une des raisons pour lesquelles il a eu le soutien majoritaire des citoyens qui veut un changement de politique mais en restant dans l'euro -, puisse, dans l'euro, trouver une voie de retour à la croissance. C'est la croissance qui fera baisser la dette et qui lui permettra de rembourser et, en même temps, par le plein emploi d'avoir des recettes fiscales et d'avoir une situation assainie. Mais elle doit poursuivre les réformes d'assainissement de ses finances publiques.

Q - Rappelons, Harlem Désir, que vous êtes chargé des questions européennes au gouvernement, il y a beaucoup de gens qui commencent à écrire que finalement il est reçu pour des raisons internes...

R - C'est vraiment le rôle du président de la République ! Je l'accompagne dans beaucoup de sommets européens. J'étais notamment en déplacement avec le président de la République pour les commémorations du 70ème anniversaire de la libération d'Auschwitz cette semaine ; il a eu une rencontre avec le président polonais. Ce que je veux dire, c'est le rôle particulier que joue le président de la République aujourd'hui dans le Conseil européen, c'est-à-dire dans la relation entre les différents chefs d'État et de gouvernement...

Q - Donc, ce n'est pas de la politique politicienne ?

R - Non, parce qu'il a défendu une réorientation des politiques européennes en faveur de la croissance, en faveur de l'investissement, cela a aussi une influence sur la politique monétaire.

Vous avez vu que maintenant l'euro est revenu à des niveaux qui sont plus compatibles avec ce que nous souhaitons, qu'il y a une injection de liquidité très importante de 1000 milliards d'euros, qu'il y a un plan d'investissement de Jean-Claude Juncker de 315 milliards d'euros pour qu'on redevienne très forts dans les domaines d'avenir : le numérique, l'énergie, les grands projets européens.

Il y a donc une nouvelle approche du pacte de stabilité et de croissance. François Hollande est au centre aujourd'hui de la discussion entre les chefs d'État et de gouvernement sur la façon de sortir l'Europe de la crise. C'est donc normal qu'il soit dans ce rôle de médiateur et de facilitateur.

Q - Harlem Désir, vous avez le jour où Alexis Tsipras viendra en France ?

R - Non. Le président de la République lui a proposé de venir dès qu'il le pourrait

Q - Avant ou après la conférence de presse ?

R - Avant le Conseil européen du 12 février./.

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4. Union européenne - Ukraine - Russie - Grèce - Point de presse de M. Harlem Désir, secrétaire d'État chargé des affaires européennes, à son arrivée au Conseil extraordinaire de l'Union européenne sur la situation en Ukraine (Bruxelles, 29/01/2015)

La situation sur le terrain dans l'Est de l'Ukraine et à Marioupol s'est très fortement et gravement dégradée au cours des derniers jours. Il y a eu plus de 5000 morts en Ukraine depuis le début de la crise, et plus de 300 morts depuis le 13 janvier. Le but de notre réunion aujourd'hui, c'est de dire avec fermeté aux deux parties qu'il n'y a pas de solution militaire à cette crise. Il faut à tout prix revenir à la recherche d'une solution diplomatique, une solution politique, une solution négociée dans le cadre des accords de Minsk de septembre qui constituent la seule feuille de route agréée par toutes les parties.

Dans cette réunion, nous allons manifester l'unité très forte de l'Union européenne et exercer toutes les pressions qui sont nécessaires, notamment par une prolongation et une extension des sanctions individuelles à l'égard des séparatistes, de ceux qui mettent en cause l'intégrité territoriale de l'Ukraine, de ceux qui soutiennent les actions militaires des séparatistes, y compris en Russie, pour obtenir un retour à une solution négociée.

La diplomatie française est très fortement mobilisée pour y parvenir. Le président de la République a, encore cette semaine, eu des contacts avec le président Poutine, avec le président Porochenko, en lien avec la chancelière Angela Merkel.

Nous sommes à la recherche d'une solution qui permette un cessez-le-feu immédiat, un retrait des lignes de démarcation qui ont été convenues dans le cadre de l'accord de Minsk, un retrait des armes lourdes et de toutes les forces militaires ainsi qu'un libre accès humanitaire dans l'Est de l'Ukraine. La France elle-même a envoyé cette semaine plusieurs tonnes d'aide humanitaire avec le centre de crise du Quai d'Orsay. Le ministre des affaires étrangères et du développement international, Laurent Fabius, est en contact permanent avec les ministres des affaires étrangères russe et ukrainien, en lien avec son collègue Frank-Walter Steinmeier, le ministres allemand des affaires étrangères, pour faire en sorte que chacun revienne à une solution raisonnable, celle de la négociation politique.

Aujourd'hui, nous allons prolonger dans le temps et élargir les sanctions individuelles vis-à-vis de ceux qui continuent à utiliser la force armée, à mettre en péril la paix et à provoquer des victimes, y compris des victimes civiles. Vous le savez, des bombardements ont atteint des maisons, des bus dans lesquels se trouvaient des enfants. Cela doit cesser. Cette situation est dangereuse pour la sécurité en Europe. Il faut faire respecter l'intégrité, la souveraineté de l'Ukraine et revenir à une solution politique. Cette solution passe aussi par des réformes institutionnelles en Ukraine, par l'élection de représentants - sous une forme constitutionnelle agréée par l'Ukraine - des régions de l'Est de l'Ukraine et par le dialogue national. Tout cela, c'est la voie politique, la seule voie qui puisse permettre de trouver une issue à cette crise.

Q - La Grèce essaie-t-elle d'atténuer les sanctions ? Avez-vous un problème grec ? Aurons-nous des sanctions qui ne seront peut-être pas tout à fait à la hauteur des morts sur le terrain ?

R - Aujourd'hui il y aura une réunion où tous les gouvernements seront représentés, y compris le nouveau gouvernement grec, et il y aura une discussion qui associera l'ensemble des 28 États membres de l'Union européenne pour avoir une position commune. L'unité de l'Union européenne pour exercer la pression la plus forte pour le retour d'une solution négociée est absolument indispensable. Et c'est l'état d'esprit dans lequel la France va aider à dégager une position commune, une position forte, une position ferme, une position qui soit celle de la solution diplomatique.

Q - Vous avez dit «toute pression nécessaire». Cela veut dire qu'il pourrait y avoir des sanctions économiques sur la Russie - pas aujourd'hui mais dans les semaines qui viennent ?

R - Elles sont déjà en place et elles ont leur effet. Elles sont extrêmement coûteuses, notamment pour la Russie. Ce qui va être décidé aujourd'hui, c'est de renforcer et d'étendre des sanctions qui visent spécifiquement les séparatistes et ceux qui les soutiennent, y compris en Russie, parce qu'il faut la fermeté la plus grande pour amener au retour à la solution négociée.

Q - Comment arrêter M. Poutine ?

R - Il faut que, de part et d'autre, chacun soit convaincu qu'il ne peut y avoir de solution que dans la négociation. Il n'y a pas d'issue militaire à cette confrontation. C'est un danger pour la sécurité en Europe, et c'est une situation qui a des conséquences très graves, à la fois sur la Russie et sur l'Ukraine./.

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5. Union européenne - Grèce - Zone euro - Réponse de M. Harlem Désir, secrétaire d'État chargé des affaires européennes, à une question à l'Assemblée nationale (Paris, 27/01/2015)

Monsieur le Député, comme vous l'avez rappelé, le président de la République s'est entretenu lundi avec le nouveau Premier ministre grec, Alexis Tsipras, à la suite des élections législatives qui ont vu les citoyens grecs accorder à Syriza une majorité et confier à Alexis Tsipras le soin de présider aux destinées de la Grèce.

Nous allons donc travailler avec le nouveau gouvernement grec. Le président de la République a proposé à Alexis Tsipras de se rendre à Paris dès que son gouvernement serait formé. C'est désormais chose faite. Le rôle de la France et de l'Europe est de faire en sorte que nous puissions travailler dans un esprit de solidarité et de responsabilité.

Nous ne pouvons pas accepter deux attitudes, l'une consistant à faire comme si les Grecs ne s'étaient pas exprimés, comme s'ils n'avaient pas dit qu'ils voulaient en finir avec l'austérité. Il faut discuter avec le nouveau gouvernement que se sont choisi les citoyens grecs, comme cela aurait été le cas si le résultat avait été différent.

Les Grecs ont choisi une majorité qui est favorable au maintien de la Grèce non seulement dans l'Europe, mais dans la zone euro. Un esprit de responsabilité s'est manifesté ; des engagements ont été pris et ils doivent être tenus, mais en permettant à la Grèce de retrouver le chemin de la croissance.

La dette a augmenté. Si elle s'élève à 175 % du PIB, c'est aussi parce que le PIB, la richesse nationale, a baissé de 25 % depuis le début de la crise. Notre réponse doit consister à aider la Grèce à mener les réformes, à retrouver la croissance qui lui permettra de faire en sorte que soit renoué le lien des citoyens avec le projet européen, mais aussi avec l'emploi.

Il s'agit en effet de la bataille pour la réorientation que nous menons. C'est ce que nous avons fait avec la nouvelle politique monétaire qui permet la baisse de l'euro, le plan Juncker de 315 milliards d'investissement et une nouvelle doctrine sur la flexibilité. Telle est la bataille que nous allons mener pour la Grèce et pour l'Europe./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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6. Tanzanie - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 28/01/2015)

Le président de la République s'est entretenu à Paris avec son homologue tanzanien, M. Jakaya Kikwete.

Le chef de l'État a salué l'engagement du président tanzanien contre le dérèglement climatique, au sein du comité africain des chefs d'État et de gouvernement que M. Kikwete préside. François Hollande a rappelé sa détermination à parvenir à un accord ambitieux lors de la conférence de Paris sur le climat qui aura lieu en fin d'année. Il a rappelé l'engagement de la France à verser un milliard de dollars au fonds vert. Cette aide permettra de financer des projets concrets de lutte contre le changement climatique, en particulier en Afrique, où pèsent des risques spécifiques (sécheresses, déforestation, inondations, érosion côtière, etc.). La France soutiendra également la Tanzanie à titre bilatéral via l'Agence française de développement, avec des projets dans les secteurs de l'eau, de l'énergie et des transports.

Le président de la République s'est félicité du renforcement de la présence des entreprises françaises en Tanzanie, pays qui connaît une croissance proche de 7 % par an depuis 10 ans.

Enfin, le chef de l'État a salué l'engagement de la Tanzanie en faveur de la paix en Afrique et la participation des forces tanzaniennes à l'opération de l'ONU en République Démocratique du Congo (RDC). Le renforcement de la mission des Nations unies en RDC a permis de combattre plus efficacement les groupes armés qui sévissent dans l'Est de ce pays et de limiter les violences insupportables qu'ils y exercent. Le président de la République a félicité le président tanzanien pour son action au Soudan du Sud./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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7. Colombie - Relations bilatérales - Lutte contre le terrorisme - COP21 - Conférence de presse conjointe de M. François Hollande et de son homologue colombien - Propos de M. Hollande (Paris, 26/01/2015)

Mesdames, Messieurs,

J'ai reçu le président de la République de Colombie. C'est la deuxième fois en quelques mois et cela souligne la qualité de la relation entre nos deux pays. Aujourd'hui, c'est une visite officielle. Nous avons pu aborder de nombreux et importants sujets, qui justifient que la France et la Colombie renforcent encore leurs relations.

Il y a d'abord, sur le plan politique, l'appui que nous donnons depuis le premier jour - mais il s'est renforcé encore ces derniers mois - au processus engagé par le président Santos pour aboutir à un accord de paix. Même s'il y a eu, ces dernières semaines, encore des incidents, le président Santos a la volonté d'aboutir. Nous devons donner non seulement notre appui politique à ce processus mais également des assurances, des garanties, que l'Europe et la France seront au rendez-vous de la paix en Colombie. Nous dégagerons des moyens financiers et techniques pour assurer notamment le développement des zones où la guérilla s'était installée. J'ai confirmé au président Santos qu'avec l'Agence française de développement, nous dégagerions des moyens supplémentaires. J'ai également assuré au président Santos l'appui de la France dans les discussions qui vont s'engager pour renforcer la coopération entre l'Europe et la Colombie.

Avec la Colombie, nous avons des relations économiques très importantes. La Colombie a une économie très dynamique et nous souhaitons lui donner encore davantage d'ampleur.

C'est la raison pour laquelle nous avons créé un Comité stratégique franco-colombien. Ce comité réunira seize personnalités, huit françaises et huit colombiennes, avec deux co-présidents, Antoine Frérot et Nicanor Restrepo.

Nous avons chargé ce comité de nous faire de nouvelles propositions en juin pour développer nos échanges. Nous attendons notamment des orientations pour les infrastructures de transport, pour l'eau, pour l'énergie. Nous avons dégagé d'autres domaines comme l'enseignement agricole et le développement de l'agriculture, notamment dans la perspective de l'accord de paix.

Nous avons aussi voulu qu'il y ait une coopération de haut niveau sur le plan technologique, notamment pour développer des relations entre les différents pôles d'excellence de nos deux pays. Nous avons également fait le choix de mettre l'accent sur l'énergie, avec des coopérations entre nos entreprises, mais également sur les routes, les infrastructures..., bref, tout ce qui peut conforter nos deux économies.

Nous avons également décidé une coopération universitaire et scientifique de plus grande ampleur. Il y a déjà 3.500 étudiants colombiens accueillis en France ; c'est le deuxième contingent d'étudiants latino-américains. Nous voulons encore améliorer leur accueil et le nombre de ces étudiants devra augmenter.

Nous avons également le souci, je l'ai dit, de développer l'enseignement technique et professionnel et d'avoir, sur le plan culturel, une coopération de haut niveau. Cela sera l'objet des deux saisons culturelles croisées organisées en 2017.

Sur la question de la défense, nous avons évoqué ce que nous pouvons faire ensemble. La Colombie a des besoins et une armée de très haut niveau. Nous avons, là aussi, la volonté de travailler ensemble sur les missions de maintien de la paix décidées par les Nations unies.

Je veux terminer sur le processus de paix engagé, avec courage, par le président Santos. Il avance. Des discussions sont maintenant en cours à La Havane. Jamais la paix n'a été aussi proche. Je l'ai dit, nous aurons à soutenir la Colombie dans ce qu'on appelle le «post-conflit». C'est dans ce sens que nous voulons agir, notamment sur le plan d'une coopération en matière de gendarmerie pour aider à la mise en place d'une police rurale et sur le plan de la justice pour permettre justement la transition.

Enfin, nous avons abordé la question de la Conférence sur le climat. La Colombie a déjà développé des actions exemplaires et annoncé une contribution financière au Fonds vert. Elle s'est engagée pleinement dans la préparation de cette conférence ; elle le fait avec ses voisins d'Amérique latine, de manière cohérente, de manière ambitieuse. Nous avons tous les deux décidé de faire en sorte que nous puissions annoncer nos engagements - engagements colombiens, engagements latino-américains plus largement et engagements européens - avant le début de cet été.

Une nouvelle fois, je dis au président Santos toute notre reconnaissance car la Colombie a été solidaire lors des attentats dont nous avons été la cible. Je veux, une fois encore, souligner la qualité et le sens de l'amitié entre nos deux pays. Merci.

Q - Lorsque vous parlez des aides post-conflit, pouvez-vous nous dire quel genre d'aide concrètement vous allez apporter ? Vous avez parlé de ce fonds pour cette période post-conflit. Quel serait le montant possible ? Comment cette aide va être apportée concrètement ?

R - Un fonds européen doit être constitué pour le soutien à la Colombie dans la phase post-conflit. Ce fonds, la France fait en sorte qu'il puisse être le plus richement doté. Mais il ne suffit pas de collecter des fonds, il faut convenir de leur utilisation. L'Europe doit s'engager sur un certain nombre d'actions : le développement rural, les infrastructures, la question de «la justice transitionnelle», comme on dit dans le jargon de la négociation.

Et puis, à côté de ce fonds européen, il peut y avoir des actions nationales. La France notamment - je l'ai ici confirmé - va demander à l'Agence française de développement, qui est notre instrument financier, d'augmenter encore son volume de prêts. Il représente déjà 500 millions de dollars pour 2015 et 2016. Nous voulons amplifier encore notre participation à la phase post-conflit à travers ces prêts.

Parmi les formes que nous voulons donner à notre coopération et à notre soutien, il y a notamment le développement d'écoles de formation et d'écoles agricoles, qui permettront à beaucoup de jeunes ou de paysans de trouver une qualification et donc un emploi. Nous faisons en sorte d'aider à valoriser le patrimoine et le territoire dans les zones pacifiées.

(...)

Q - En Colombie, il y a beaucoup d'attentes concernant les annonces faites, le visa Schengen pour que les Colombiens puissent venir en Union européenne. Les attentats contre Charlie Hebdo, est-ce qu'ils vont modifier tout cela ?

R - La France est en faveur de la libéralisation des visas entre l'Europe et la Colombie. Elle ne changera pas de position après ce qui s'est produit. Parce que la France veut qu'il y ait davantage de Colombiens qui viennent ici, dans notre pays et en Europe, pour mener leurs études - je l'ai évoqué -, pour faire des affaires et pour aussi découvrir l'Europe. Il n'est pas question que nous changions de position. Je le réaffirme ici, la France agira au niveau européen pour faciliter ces échanges.

Q - Vous avez parlé du sommet pour le changement climatique ici, à Paris. La Colombie est l'un des principaux exportateurs de carbone, de charbon en Europe. Est-ce qu'il y a des engagements pris par rapport à tout cela ? Est-ce que c'est un sujet dont vous avez parlé entre vous ? Pour changer l'utilisation du charbon, y a-t-il un engagement qui a été mis en place pour pallier le fait que vous allez cesser d'exporter du charbon ?

R - J'ai dit, devant le président Santos, ce qu'est la démarche de la France pour la préparation de la Conférence sur le climat, puisque nous avons la responsabilité de l'organiser. Nous avons demandé aux pays de s'engager et de faire connaître leurs objectifs et les moyens d'y parvenir, avant l'été, pour que nous puissions avancer sur un accord global et contraignant, pays par pays. La Colombie a fait savoir, par la voix du président Santos, qu'elle était dans cette démarche et dans ce processus. Je pense que c'est la bonne méthode.

Q - Le Premier ministre français a annulé une visite en Colombie en décembre. Vous-même, vous deviez aller en Argentine et au Pérou. Ce voyage a été reporté sine die. On a donc du mal à comprendre que l'Amérique latine soit une priorité pour la diplomatie française. Pourquoi ces changements ?

R - Je vous remercie d'avoir posé la question que le président Santos voulait m'adresser ! Je ne pouvais pas aller en Amérique latine au mois de mars, il y a un certain nombre d'engagements. En revanche, j'ai une tournée qui est prévue. Comme vous avez beaucoup insisté, Madame, j'irai en Colombie si j'y suis invité. Je ne peux pas forcer la porte ! Mais, effectivement, un déplacement aura lieu en Amérique latine, parce que c'est un continent avec lequel la France veut travailler. J'ai été très sensible à ce qu'a dit le président Santos sur la Francophonie et sur la volonté d'amplifier encore les relations. En plus, sur le plan politique, nous sommes en convergence. La France est attendue... J'espère qu'elle pourra être invitée !

Q - J'aimerais savoir si, au sujet des attentats qui ont eu lieu ici, à Paris, il y aura un accord ? La France a dit qu'on allait partager le registre des passagers en Union européenne. Est-ce que cela va être fait également avec l'Amérique latine ? Est-ce que vous avez parlé de ce sujet-là pendant vos réunions ?

R - A la suite de ce qui s'est passé, mais c'était déjà notre intention, en France, avant ces drames, nous avons la volonté d'avoir en Europe un programme d'échanges d'informations sur les déplacements aériens, de manière à contrôler le plus efficacement possible les mouvements de populations, notamment ceux des supposés combattants qui se rendent sur les zones de conflit. Nous voulons d'abord un accord européen. Mais nous sommes, à l'évidence, dans une recherche d'un accord plus complet. Parce qu'on sait que les terroristes peuvent utiliser des itinéraires qui ne sont pas les plus directs et peuvent parfois faire de longs détours. Nous devrons avoir un programme le plus large possible, de manière à ce qu'aucun ne puisse passer, si je puis dire, à travers les mailles du filet./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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8. Chine - Entretien de M. Manuel Valls, Premier ministre, avec l'agence de presse Xinhua (Chine nouvelle) (Paris, 27/01/2015)

Q - Monsieur le Premier ministre, vous allez effectuer une visite en Chine. Ce voyage en Chine sera votre première visite en Chine depuis votre accession au poste de chef du gouvernement, ce sera un grand événement dans l'histoire des relations entre nos deux pays. Pourriez-vous nous dire ce que vous attendez de cette visite ? Avant de vous rendre en Chine, souhaiteriez-vous adresser un message d'amitié au peuple chinois ?

R - J'accorde une très grande importance à ce déplacement en Chine. Un pays que je connais car j'ai déjà eu l'occasion de le visiter lors de l'exposition universelle de 2010 et de constater toute l'étendue et la richesse de notre relation.

Aujourd'hui, l'essor de nos relations bilatérales doit se poursuivre et nous y travaillons avec le Premier ministre, M. Li Keqiang. La France et la Chine ont à gagner mutuellement en favorisant leurs investissements croisés. Et je veux vous dire que la France est plus que jamais ouverte à la Chine, à ses investisseurs, à ses étudiants et à ses touristes.

Q - Comment définiriez-vous les relations franco-chinoises aujourd'hui et, plus précisément, les évolutions constatées au cours de l'année écoulée ?

R - Les relations franco-chinoises reposent sur deux valeurs : la longévité et la vitalité de leurs échanges. Et cette année a permis d'approfondir notre relation sur de nombreux sujets : en matière de lutte contre le terrorisme, renforcée après les événements que notre pays a connus ; sur les sujets économiques, en raison de nos partenariats fructueux notamment dans le secteur de l'aéronautique ou de l'automobile ; et sur les sujets environnementaux. À ce titre, l'année 2015 sera déterminante, avec la tenue de la COP21 à Paris, au cours de laquelle un accord ferme et durable devra être conclu pour répondre à l'urgence écologique. La Chine aura d'ailleurs un rôle important à jouer dans la réussite de cette conférence.

Q - En 2014, nos deux pays ont organisé de nombreuses manifestations pour célébrer le 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques. Comment envisagez-vous l'avenir du «partenariat stratégique global» entre nos deux pays ?

R - 2014 a été une année exceptionnelle et cette commémoration, plébiscitée par le public chinois et français, a permis de rapprocher nos deux cultures. La visite du président chinois, M. Xi Jinping, en France en mars dernier a également été un grand moment, rappelant l'importance de nos relations bilatérales. Notre projet, désormais, c'est de tracer la feuille de route du partenariat franco-chinois à venir. Il doit être tout aussi ambitieux et porter sur des problématiques communes : la croissance verte, l'urbanisme durable et le vieillissement de la population. La France a dans ses domaines une expertise et un savoir-faire qui peuvent accompagner les évolutions actuelles que connait la Chine.

Q - Quelle forme devrait prendre, selon vous, la coopération d'entreprise et d'investissement entre la France et la Chine ?

R - Depuis 20 ans, de remarquables réalisations ont été menées, notamment dans le domaine de l'aéronautique. J'irai d'ailleurs visiter l'usine d'assemblage d'Airbus de Tianjin qui illustre, à elle seule, ce que la France et la Chine peuvent faire de mieux ensemble : l'innovation, la coproduction, la haute technologie et les secteurs d'avenir.

Notre coopération dans le domaine du nucléaire, une filière d'excellence, est également remarquable. Et le secteur de l'automobile, a été particulièrement en pointe en 2014, grâce aux partenariats noués par Dongfeng avec Renault et PSA.

Nous souhaitons davantage d'investissements chinois sur notre territoire. J'ai reçu il y a quelques mois le président de Huawei et je lui ai confirmé l'accueil très favorable que nous réserverions à l'ouverture d'un centre de recherche en France. Des investissements croisés, des partenariats technologiques et industriels, en particulier dans les technologies d'avenir, des entreprises communes : telles sont les formes que doit revêtir notre partenariat économique.

Q - À votre avis, existe-t-il des points faibles concernant les relations franco-chinoises. Si oui, quelles solutions pourraient être envisagées pour corriger ces points faibles ?

R - Peu de grandes puissances partagent une telle densité d'échanges. Nous avons des dialogues économiques de haut niveau en matière économique et stratégique, animé par M. Ma Kai, et sur les échanges humains en compagnie de Mme Liu Yandong, qui a animé la première session consacrée à ce thème à Paris à l'automne dernier.

Des efforts continus sont fournis par les ambassades et consulats de France en Chine pour favoriser les voyages entre nos deux pays. Je pense à la délivrance des visas en 48 heures qui facilite la venue des touristes en France mais également aux échanges universitaires entre nos deux pays. Notre objectif est de recevoir 50.000 étudiants dans les années à venir.

Q - Quelles nouvelles initiatives la France pourrait-elle prendre pour attirer les touristes et les investisseurs chinois ?

R - La France est un pays très attractif. S'agissant des investisseurs, le gouvernement a lancé de nombreuses initiatives visant à faciliter leur venue : une fiscalité stable, une réglementation simplifiée, un marché du travail attractif. Et déjà, des projets emblématiques ont été signés, attestant de la confiance des investisseurs comme la prise de participation dans l'aéroport de Toulouse et l'entrée de capitaux chinois dans le grand groupe français Club Méditerranée.

La France, en se réformant pour être plus compétitive, souhaite attirer davantage d'investisseurs chinois. Ils sont les bienvenus.

La France, c'est aussi la première destination touristique mondiale pour son patrimoine historique et sa richesse culturelle. Les touristes chinois sont de plus en plus nombreux à vouloir découvrir notre pays. Nous nous en réjouissons et des mesures sont prises pour faciliter leur venue : des procédures de visas accélérées, une information plus accessible et des mesures de sécurité renforcée. Nous avons l'objectif ambitieux d'accueillir, d'ici 2020, 5 millions de voyageurs venus de Chine.

Q - Le président François Hollande a annoncé vouloir obtenir un «accord historique» à la Conférence mondiale sur le climat en décembre 2015 à Paris. Quel type d'accord serait, selon vous, envisageable ? Comment envisagez-vous le rôle de la Chine lors de cette conférence de Paris ?

R - La question du dérèglement climatique est le défi le plus vaste auquel nos sociétés sont confrontées. Face à cette urgence, nous avons un devoir de responsabilité.

La conférence Paris Climat, que nous réunirons à la fin de l'année 2015, est une échéance majeure que nous ne pouvons manquer. Un accord ambitieux qui préserve l'avenir de la planète devra être signé à l'issue de la conférence, permettant de limiter le réchauffement climatique à plus deux degrés d'ici la fin du siècle. Nous le devons à nos enfants et aux générations futures.

En s'engageant à diminuer l'émission de ses gaz à effet de serre en novembre dernier, la Chine a déjà fait un premier pas. Réussir ensemble la conférence sur le climat de 2015, voilà le chantier principal qui va mobiliser toutes les forces des dirigeants français et chinois cette année./.

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9. Maroc - Relations bilatérales - Réponse de M. Manuel Valls, Premier ministre, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale (Paris, 28/01/2015)

Le Maroc, nous le savons, Bernard Cazeneuve, Christiane Taubira et moi-même, est un partenaire majeur dans bien des domaines. Je l'ai expérimenté moi-même quand, avec l'Espagne, il s'agit de lutter contre le trafic de drogue, mais aussi, bien sûr, pour lutter contre l'islamisme radical, le djihadisme et le terrorisme.

La France est l'amie du Maroc, le Maroc est l'ami de la France : Laurent Fabius a déjà eu l'occasion de le dire à de nombreuses reprises, parce que - et chacun doit y prendre sa part - il nous faut dépasser cet épisode, qui repose me semble-t-il sur de nombreuses incompréhensions.

Laurent Fabius s'est entretenu avec son homologue, M. Mezouar, à plusieurs reprises ces dernières semaines. La France fait de nombreuses propositions pour renouer rapidement des liens étroits avec les autorités marocaines. Laurent Fabius aura l'occasion de se rendre prochainement au Maroc, mais dès demain, les deux ministres de la justice se rencontreront afin de sortir de cette difficulté.

C'est la volonté exprimée par les deux chefs de gouvernement. C'est la volonté exprimée aussi, bien sûr, par le roi du Maroc et par le président de la République.

Sur les liens qui nous unissent au Maroc, j'ai moi-même eu l'occasion de m'exprimer à Paris, lors de la fête nationale marocaine, il y a quelques mois. La coopération économique, mais aussi les liens humains, les liens universitaires, les liens culturels, et la lutte commune contre le terrorisme, nous obligent à dépasser le plus vite possible ces incompréhensions et à faire en sorte, comme le souhaitent l'ensemble des parlementaires, que cette coopération reprenne dans les meilleures dispositions possibles. C'est, en tout cas, je veux vous le dire, la volonté absolue du président de la République et du gouvernement./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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10. Espagne - Accident aérien - Réponse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, à une question à l'Assemblée nationale (Paris, 28/01/2015)

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, Monsieur le Député, je voudrais avec vous rendre hommage aux neuf militaires morts dans cet accident dramatique d'Albacete. J'y associe les deux pilotes grecs du F16.

Avec vous et, je pense, l'Assemblée nationale entière, et au nom de l'ensemble du gouvernement, je veux aussi faire part de nos condoléances et de notre compassion aux familles endeuillées, qu'elles soient à Nancy-Ochey, à Châteaudun ou à Saint-Malo. Avec vous, je veux aussi dire aux blessés toute notre solidarité.

J'ai pu me rendre hier à Albacete, avec le ministre de la défense espagnol, qui a fait preuve de la plus grande diligence pour nous assister dans ce moment difficile, avec notre ambassadeur, avec le chef d'état-major de l'armée de l'air. Nous avons rencontré soixante-dix hommes du détachement de l'armée de l'air qui participait à l'exercice et qui en sont sortis traumatisés et meurtris, d'autant qu'une partie d'entre eux a assisté, horrifiée, à l'accident.

Outre neuf morts, ce drame a fait cinq blessés, dont quatre seront rentrés ce soir, le dernier restant hospitalisé à Madrid faute d'être transportable.

Quant aux causes de l'accident, elles n'ont toujours pas pu être établies à l'heure où je vous parle. Une enquête administrative est en cours. Une enquête judiciaire a été également ouverte, à laquelle nous participons à la demande des autorités espagnoles.

Mesdames, Messieurs les Députés, Monsieur le Député, la mission militaire est toujours exigeante : même en exercice elle comporte des risques. C'est la raison pour laquelle le président de la République a décidé ce matin qu'un hommage national serait rendu aux neuf victimes la semaine prochaine aux Invalides./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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11. Rencontre sur la sécurité des entreprises françaises à l'étranger - Intervention de Mme Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du développement et de la francophonie (Paris, 29/01/2015)

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur l'Ambassadeur,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui, pour ouvrir cette 9ème Rencontre sur la sécurité des entreprises françaises à l'étranger, à l'heure où les enjeux sécuritaires nous préoccupent tous, ici bien sûr malheureusement, et dans les pays en développement, en particulier dans les zones de crise et les pays les plus fragiles.

Vous êtes un maillon essentiel du commerce extérieur, bien entendu, mais aussi des dynamiques de développement dans ces pays, et on le dit moins ! Je profite aujourd'hui de cette rencontre pour souligner votre apport au développement des pays où vous intervenez.

Les entreprises françaises sont pionnières en matière de responsabilité sociétale des entreprises, et vous contribuez largement, par l'exemple des emplois décents que vous créez, à améliorer des marchés du travail encore insuffisamment protecteurs des droits fondamentaux, en Afrique en particulier.

À nous d'accompagner vos activités en vous assurant les meilleures conditions de sécurité.

Car comme l'a dit le président de la République : «Il n'y a pas de sécurité sans développement, il n'y a pas de développement sans sécurité». Derrière ce propos, nous parlons de la sécurité qui touche à la vie de tous les jours: celle qui permet de se déplacer sans crainte, de s'exprimer, d'échanger, de produire. Une sécurité indispensable au déploiement de vos activités et à l'amélioration de la qualité de vie...

En particulier, la sécurité sanitaire, qui vous réunit aujourd'hui, est un thème central au coeur de l'action diplomatique française, comme nous l'a montré l'actualité récente – je pense naturellement à l'épidémie d'Ebola.

Je me suis rendue à plusieurs reprises en Guinée depuis que la crise Ebola a débuté. J'y ai vu et compris les ravages d'une épidémie lorsque le système de santé est défaillant.

Les inégalités devant les maladies restent très fortes sur la planète.

Pour vous qui êtes présents sur des terrains fragiles, le défi est double : il vous faut à la fois anticiper et gérer les crises lorsqu'elles surviennent, mais aussi assurer le développement de vos entreprises sans jamais compromettre la sécurité de vos salariés.

Les crises sanitaires ont ceci de particulier qu'elles diffusent très vite un sentiment de peur, parfois même de panique. Dans ce contexte, les arbitrages sereins sont parfois difficiles, pour ne pas dire impossibles.

Je voulais à cet égard vous dire combien votre réaction et vos réponses à la crise Ebola ont été appréciées par les autorités françaises, mais également par les gouvernements des pays amis, durement éprouvés par la crise Ebola.

Loin de céder au vent de panique, vous avez pris très vite une position équilibrée avec le soutien des autorités françaises : donner l'information la plus juste à vos salariés ; prendre les mesures les plus adaptées ; maintenir l'activité de vos entreprises, y compris dans les pays les plus touchés ; enfin témoigner votre solidarité vis-à-vis de ces mêmes pays en contribuant à leurs côtés et avec vos moyens propres à la mobilisation et à la lutte.

Cette approche, que je salue, a été la bonne. Pour l'ensemble des entreprises françaises présentes dans les pays les plus touchés, selon les données qui m'ont été communiquées, seules deux salariés auraient été contaminés par le virus Ebola.

Vous avez fait le choix de la détermination dans la lutte conte cette terrible épidémie ; vous étiez également persuadés qu'il était envisageable de vivre en Guinée en prenant des précautions ; vous l'avez dit et fait avec courage, en prenant bien sûr les mesures qui s'imposaient.

Concernant notre action dans le cadre de la riposte d'ensemble contre Ebola en Afrique de l'Ouest, nous avons concentré nos efforts sur la Guinée, en étroite coordination avec les autorités guinéennes et la communauté internationale.

Le professeur Delfraissy vous détaillera le plan français, qui aura mobilisé au total des centaines de personnels de santé, mais aussi la sécurité civile, nos forces de défense, dans le cadre d'un dispositif coordonné par le Quai d'Orsay pour le volet international, avec l'appui du Centre de crise et de soutien. Je saisis l'occasion pour rendre hommage à l'action de Mme Christine Fages à la tête de cette équipe de réaction rapide (la Task Force en bon français). J'associe également à cet hommage le personnel de nos ambassades en Afrique de l'ouest, et tout particulièrement à Conakry.

Permettez-moi également de souligner le travail remarquable des ONG françaises, présentes aux premières heures de l'épidémie sur le terrain, travail que nous avons soutenu. Je pense également à la Croix-Rouge française qui a conduit pour le compte de l'État français les opérations de construction et de gestion des premiers centres de traitement d'Ebola.

Les informations de ces dernières semaines sont encourageantes : sans baisser la garde, et tout en restant mobilisés, je crois que l'on peut dire que le pire est désormais derrière nous.

Mais notre responsabilité, au-delà de la réponse sanitaire d'urgence, c'est aussi, d'une part, d'anticiper et de prévenir les risques de déstabilisation économique des pays touchés, qui à terme peuvent ruiner des années d'efforts ; d'autre part, de construire de la résilience, notamment en renforçant les systèmes pour éviter de nouvelles tragédies.

Je parle de prévenir la déstabilisation économique car au-delà des conséquences sanitaires, l'impact sur les économies des pays les plus touchés est énorme : pour la seule Guinée, ce sera 2.1 points de PIB en moins en 2014. Vous le savez, vous le voyez sur le terrain.

Je parle de construire de la résilience, car la sécurité sanitaire est à ce prix : consolidons le système d'alerte épidémique et de surveillance sanitaire ; améliorons les capacités de diagnostic, de prévention et de recherche par le renforcement (et l'Institut Pasteur à Conakry qui ouvre en 2015 le permettra) ; renforçons la gouvernance sanitaire ; renforçons les systèmes de santé (la couverture sanitaire universelle est, à ce titre, un objectif reconnu indispensable par la communauté internationale).

Je parle aussi du développement économique de ce pays que nous accompagnons via l'Agence française de développement en particulier.

Dans ce contexte, votre engagement, celui du secteur privé, de vos entreprises, directement ou parfois via vos fondations, est essentiel.

Continuons à travailler ensemble, sur ce terrain, et sur d'autres, au service du développement !

Nous devons, dans un contexte où les enjeux globaux se multiplient, où d'ambitieux Objectifs du développement durable sont en passe d'être définis, penser autrement l'aide au développement, l'envisager dans le cadre d'un partenariat global : le temps des programmes en silos, le temps de la séparation de l'action du secteur public et du secteur privé, ce temps-là est révolu.

Ce message, que je souhaite porter aujourd'hui auprès de vous, je le sais, est déjà très présent dans le dialogue que ce ministère a noué avec vous :

- au centre de crise et de soutien, tant dans l'amont, dans le partage de l'analyse du risque, que dans l'aval, la gestion des situations de crise ;

- mais aussi, bien sûr, dans le cadre de la rénovation de notre politique de développement, qui soutient, par le biais de nouveaux outils, les partenariats multi-acteurs, et accompagne les initiatives du secteur privé en faveur du développement durable sur les territoires.

Enfin, à quelques mois de Paris climat 2015, je tiens à souligner l'importance du facteur climatique dans les problématiques sanitaires. Climat, développement économique et santé ont partie liée. Le dérèglement climatique a ainsi un impact sur la biodiversité et certains vecteurs de maladie. Les conditions de vie peuvent être localement très dégradées, ce qui accroît la fragilité des populations de zones entières. Plus généralement, les facteurs environnementaux sont centraux : nos entreprises implantées dans certains pays émergents ont font la douloureuse expérience au quotidien, dans un pays où le taux de mortalité lié à la pollution est parmi les plus élevés. C'est un sujet de préoccupation pour vous et vos collaborateurs.

Sur tous ces sujets, nous serons à vos côtés et j'espère que nous continuerons à travailler ensemble !

Je remercie tous les intervenants, certains venus de loin, et dont les contributions, sont très attendues.

Je ne doute pas que cette journée sera pour tous riche de rencontres, d'apprentissages et d'opportunités pour toujours plus d'actions et d'engagement conjoints.

Je vous remercie de votre attention./.

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12. Secteur de l'audiovisuel - Entretien de Mme Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication, avec le quotidien «Les Échos» (Paris, 29/01/2015)

Q - Quelles sont vos priorités pour l'audiovisuel dans les prochains mois ?

R - Il faut une réforme plus structurelle avec trois priorités : le soutien à la création française et européenne ; le soutien au rayonnement et à l'export ; et un meilleur partage du risque entre les opérateurs de la filière. Nous avons déjà commencé ce travail, après la modification du «décret production» à la suite de la loi de 2013 sur l'audiovisuel, qui n'a pas réglé tous les sujets.

Q - Pourquoi tout changer ?

R - La réglementation de l'audiovisuel doit être adaptée régulièrement car le monde de l'audiovisuel s'est complètement transformé. Il faut repenser nos outils en préservant les principes fondateurs de notre modèle de financement de la création. Tous les acteurs sont conscients que la situation actuelle n'est pas un bon statu quo. Au niveau mondial, le secteur est en train de se recomposer et l'émergence de nouveaux acteurs comme Netflix ou Amazon bouleverse le paysage de la création et de sa diffusion. La question est également de faire contribuer les nouveaux acteurs à ce modèle.

Q - Quels sont votre calendrier et votre vision à horizon cinq ou dix ans ?

R - Je souhaite un deuxième train de mesures au printemps. Je suis favorable à ce que le secteur poursuive sa structuration, sans aller vers un oligopole. Il faut continuer à avoir un grand pluralisme dans la production, avec des producteurs qui fassent des choix audacieux, mais aussi des acteurs plus performants à l'international, capables d'être en compétition avec les grands groupes étrangers comme HBO.

Q - Faut-il ouvrir le capital des producteurs français aux étrangers ?

R - Il n'y a pas d'interdit, mais je souhaite qu'on assure le développement de ces acteurs avec un actionnariat français ! Il nous faudra certainement des groupes pour jouer les rôles de piliers du secteur. Dans l'ensemble, les choix faits aujourd'hui peuvent être très structurants pour les dix à quinze années à venir. Si on retient l'exemple de la Scandinavie, on voit qu'il y a une place pour la production française et européenne.

Q - Ne faut-il pas une nouvelle loi pour remplacer celle de 1986 ?

R - Je souhaite avancer rapidement sur ces sujets et je suis pragmatique. Nous verrons dans le cadre du travail que j'ai engagé si une loi est nécessaire, mais je ne veux pas attendre un créneau dans le calendrier parlementaire pour changer les choses.

Q - Comment faire participer Google, Netflix, etc., au financement de la création française ?

R - Quand ces grands opérateurs agissent sur le marché français, ils doivent être logés à la même enseigne que les acteurs français, comme par exemple les chaînes de télévision, et contribuer à la hauteur de leur activité. Ces opérateurs payent désormais la TVA en France et bientôt la taxe vidéo [payée par les services de vidéo à la demande, NDLR], si la Commission valide l'élargissement de ce dispositif qui contribue au financement de la création. C'est une avancée, mais il reste encore du travail. Le gouvernement étudie différentes pistes, à l'échelle nationale, à l'échelle européenne, et dans le cadre de l'OCDE. C'est notamment un sujet urgent pour le financement de la création française, dont ces grands opérateurs bénéficient, pourtant, puisqu'ils en sont aussi des diffuseurs ! J'espère trouver une solution pour le projet de loi de finances 2016 cet automne. Je ne doute pas que les solutions qui seront mises en avant par la France intéresseront le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ou la Pologne.

Q - Vous avez récemment pris position pour une évolution du statut d'hébergeur, ce qui a provoqué de vives réactions. Le but est-il de créer un statut intermédiaire entre éditeur et hébergeur ?

R - Ces statuts datent de la loi de confiance dans l'économie numérique de 2004, qui transpose elle-même une directive européenne de 2000. Internet a évolué depuis ! On le voit, nous avons beaucoup de mal, en pratique, à obtenir une exécution rapide des décisions de justice dans certains cas de contrefaçon en ligne d'oeuvres de l'esprit. Nous avons donc ouvert une réflexion, en lien avec Axelle Lemaire.

Il ne s'agit pas de rendre les réseaux sociaux, les plates-formes vidéo responsables, de les muer en police de leurs contenus. Ce serait difficile, philosophiquement et matériellement. Mais il faut que chacun ait conscience de sa responsabilité, revoir nos modes de coopération, notamment en matière de protection du droit d'auteur, en allant peut-être vers un statut hybride, par exemple pour les grandes plates-formes, qui ne sont ni simplement des hébergeurs ni totalement des éditeurs.

Dans le même temps, il faut avancer sur le sujet de la domiciliation juridique de certains acteurs. Il apparaît nécessaire d'avoir au moins un correspondant juridique pour chaque grand acteur du Net./.

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13. Gestion coordonnée des frontières - Communiqué du ministère des finances et des comptes publics (Paris, 28/01/2015)

M. Christian Eckert, secrétaire d'État chargé du budget, a conclu au musée national des douanes de Bordeaux, un colloque dédié à la «gestion coordonnée des frontières» sous l'égide de l'Organisation mondiale des douanes (OMD), en présence de M. Kunio Mikuriya, secrétaire général de l'OMD, de Mme Hélène Crocquevielle, directrice générale des douanes françaises, et de plusieurs personnalités françaises et internationales des domaines de la sécurité et de l'économie. M. Christian Eckert a salué la mobilisation de tous les partenaires de la douane au service de la protection des populations et des échanges.

Dans un contexte mondialisé d'intensification des échanges et de diversification des menaces, l'enjeu au niveau national et européen est désormais de fédérer les compétences des administrations et des opérateurs du commerce international afin d'accroître la sécurisation des flux aux frontières extérieures de l'Union européenne, tout en préservant l'attractivité économique des territoires.

Parmi les diverses pistes envisagées figurent le partage des informations, la fiabilisation et l'enrichissement des données transmises par les acteurs de la chaîne logistique, la coordination des services de contrôle aux frontières et la coopération entre États membres pour prévenir les menaces et développer les échanges dans un cadre sécurisé./.

(Source : site Internet du ministère des finances et des comptes publics)

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14. Chypre - Conseil de sécurité - Explication de vote du représentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 29/01/2015)

Monsieur le Président,

La France a voté en faveur du projet de résolution préparé par la Mission du Royaume-Uni, qui renouvelle le mandat de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre, la FNUCHYP.

Nous considérons, en effet, que le rôle de la FNUCHYP est essentiel.

En prévenant la reprise des combats et en contribuant au maintien de l'ordre et à un retour à une vie normale, la Force renforce la confiance entre les communautés et concourt à l'action d'ensemble menée par les Nations unies à l'appui des négociations inter-chypriotes. En particulier, elle contribue à faciliter la mission de bons offices que conduit le Conseiller spécial en vue d'une réunification, sous la forme d'une fédération bi-zonale et bi-communautaire, avec égalité politique. Il était donc primordial que son mandat puisse être renouvelé.

L'un des aspects essentiels de l'action de la Force est aussi le soutien qu'elle apporte à l'action humanitaire que conduit le Comité des personnes disparues au profit des familles des victimes. Comme cette résolution le rappelle dans sa partie préambulaire, cinquante ans après leur disparition, la moitié des personnes disparues n'ont toujours pas été retrouvées et plus de 70 % d'entre elles n'ont pas encore été identifiées. Compte tenu de ces chiffres et de l'âge avancé des parents des personnes disparues, la France est attachée à ce que les travaux du Comité puissent avancer plus vite, à travers une coopération plus étroite avec lui et la délivrance plus rapide des autorisations d'accès à toutes les zones concernées.

Monsieur le Président,

Après l'amorce d'une dynamique positive avec la signature, le 11 février 2014, d'une déclaration conjointe des dirigeants des deux communautés, il est regrettable que les négociations inter-communautaires aient connu un coup d'arrêt. Il est important que ces négociations puissent reprendre afin de parvenir à un règlement global dans les meilleurs délais sur la base des principes agréés. Comme le secrétaire général des Nations unies, la France souligne l'importance d'un environnement propice pour l'avancement des négociations.

Monsieur le Président,

Alors que la Force est entrée, il y a peu, dans sa 51ème année d'existence, je souhaite renouveler l'attachement de la France à un règlement de la question de Chypre. Nous saluons les efforts inlassables en ce sens de la représentante spéciale, Mme Lisa Buttenheim, et du conseiller spécial, M. Espen Barth Eide, et leur renouvelons notre plein soutien.

Je vous remercie./.

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15. Nomination - République de Nauru (Paris, 29/01/2015)

Le Journal officiel du 29 janvier 2015 publie la nomination de M. Michel Djokovic, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Nauru, en résidence à Suva, en remplacement de M. Gilles Montagnier./.

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