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Déclarations officielles de politique étrangère du 17 octobre 2017


Sommaire



1. Point de presse de la porte-parole - Malte/Assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia - Irak/Union européenne/Lancement de la mission européenne d'assistance EUAM Irak (Paris, 17/10/2017)

Au point de presse de ce jour, la porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Malte - Assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia (16 octobre 2017)

L'assassinat de la journaliste d'investigation maltaise, Daphne Caruana Galizia, est une attaque odieuse qui vise la liberté de la presse, essentielle au bon fonctionnement de toute société démocratique.

Nous espérons que l'enquête en cours pourra faire la lumière sur ce drame.

La France adresse ses condoléances à la famille de Daphne Caruana Galizia et assure le peuple et les autorités de Malte de sa solidarité dans cette épreuve.

2 - Irak - Union européenne - Lancement de la mission européenne d'assistance EUAM Irak (16 octobre 2017)

À l'occasion de leur réunion à Luxembourg, M. Jean-Yves Le Drian et ses homologues de l'Union européenne ont lancé hier une nouvelle mission d'assistance à la réforme du secteur de la sécurité conduite par le gouvernement irakien (EUAM Irak).

Cette mission s'inscrit dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune de l'Union. Elle devrait être déployée dans les prochaines semaines pour mener des actions de conseil auprès des autorités irakiennes afin de mettre en oeuvre la stratégie nationale de sécurité de l'Irak. Elle contribuera également à renforcer la coordination de l'action de l'Union européenne et de ses États membres sur le terrain et recensera les possibilités d'améliorer notre soutien commun à l'Irak en matière de sécurité.

La France appuie cette initiative qui vise à renforcer l'unité, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak et la sécurité dans le pays./.

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2. Droits de l'Homme - Responsabilité juridique des multinationales aux violations des droits humains - Réponse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, à une question à l'Assemblée nationale (Paris, 17/10/2017)

Monsieur le Député,

Vous venez de le rappeler, il y a une procédure qui a été mise en oeuvre par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies depuis déjà plusieurs mois. La France y participe de manière extrêmement active et assidue. Cette initiative va entraîner une réunion de ce groupe de travail des Nations unies à la fin de ce mois, avec pour objectif de déposer un texte de loi qui pourra être partagé et voté dans l'ensemble des pays qui soutiendront ce traité.

Je sais que vous y tenez beaucoup, et je sais que c'est une nécessité. Il s'agit en fait d'obliger les entreprises multinationales à respecter les droits humains, partout où elles se trouvent, quel que soit le lieu, la juridiction et le droit du pays où elles se situent.

Dans ces discussions, je peux vous le dire ici, la France apportera une approche constructive et pragmatique. Elle cherchera des solutions qui garantissent une mise en oeuvre équitable et universelle des normes au niveau international, afin d'éviter que, seules nos entreprises ne supportent des obligations supplémentaires.

Mais nous avons de quoi dire, puisque, vous l'avez rappelé, une loi du 27 mars 2017 - dont vous êtes l'auteur - a permis d'étendre la responsabilité juridique des multinationales aux violations des droits humains, sur toute la sphère d'influence, et notamment sur les chaînes de sous-traitance des multinationales, que ce soit sur le territoire national ou non.

C'est une référence, et du coup, la France sera très déterminée à faire en sorte que cette proposition de traité puisse être activée pour retenir l'attention des Nations unies./.

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3. Union européenne - Iran - Corée du Nord - Propos à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères à l'issue du conseil affaires étrangères (Bruxelles, 16/10/2017)

Comme je l'avais pressenti en arrivant, l'essentiel des sujets de ce conseil des ministres des affaires étrangères était centré sur les questions liées à la prolifération. La prolifération est un enjeu crucial, un enjeu vital, une menace existentielle pour la sécurité et la paix dans le monde. Il y a un risque, si l'accord avec l'Iran n'est pas respecté, d'une relance de la course à l'armement nucléaire. Il était donc très important que nous puissions être unanimes sur ces questions, ce qui a été le cas.

Il y a eu une unité de vues sur l'accord de Vienne et sur la nécessité de le maintenir. Une déclaration a été adoptée à cet effet car même si nous considérons que la menace balistique ou les comportements iraniens dans la grande région du Moyen-Orient sont dangereux, nous considérons qu'il faut séparer la question nucléaire, la question de la prolifération de l'ensemble des autres questions. Et donc respecter intégralement l'accord de Vienne. Nous avons souhaité que le Congrès américain puisse aussi le respecter et que l'Iran bien évidemment le fasse.

Il y a eu une unité de vues aussi sur les mesures prises à l'encontre de la Corée du Nord - même sujet de prolifération - et une grande fermeté avec la transposition de la dernière résolution visant au renforcement des sanctions prises par le conseil de sécurité, la résolution 2375, et également avec des sanctions européennes supplémentaires décidées au cours de ce conseil pour ramener la Corée du Nord à la table des négociations. Nous avons aussi fait valoir notre solidarité à l'égard de la Corée du Sud et du Japon dans cette période de grandes tensions. L'essentiel c'est l'unité et l'unité contre toute forme de prolifération.

Q - Concrètement, par rapport à l'Iran, comment l'Europe veut-elle agir ?

R - Pour l'instant, il n'y a pas de renoncement, d'aucune partie, à l'accord. La seule mesure qui a été prise est le renoncement, par le président Trump, à certifier le respect par l'Iran de l'accord. Nous en sommes-là. Et nous souhaitons vivement que cet accord soit intégralement respecté car nous aurons d'autant plus de force, d'une part, à interpeller l'Iran à la fois sur son comportement régional et sur sa volonté d'acquisition balistique, que nous aurons respecté l'accord, et nous aurons, d'autre part, d'autant plus de force à inciter fortement la Corée du Nord à venir à la table des négociations que cet accord-là, en Iran, sera respecté. La prolifération ne se divise pas.

(...)

Q - Est-ce possible que l'Europe, dans les prochains mois, prenne des mesures sur la balistique ?

R - Le sujet principal d'aujourd'hui, c'était l'unité de nos positions concernant l'accord de Vienne. La France a dit qu'elle était désireuse de parler du reste. Nous nous adresserons à l'Iran pour parler du reste et à l'ensemble des acteurs mais ce n'est pas la question qui a été abordée ce matin./.

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4. Union européenne - Venezuela - Propos à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères à l'issue du conseil affaires étrangères (Bruxelles, 16/10/2017)

Q - Sur le Venezuela, pensez-vous que l'Union européenne s'avance vers des sanctions, notamment au vue des résultats des élections régionales ?

R - C'est encore un peu tôt, nous n'avons que très peu évoqué cette question puisque les résultats viennent d'arriver et, vous le savez, ils sont contestés. Nous attendons d'y voir un peu plus clair dans la journée de demain et nous répétons notre position : il importe qu'il y ait au Venezuela d'abord la fin des violences, le retour à l'État de droit et une médiation qui aboutisse à une réconciliation. L'Union européenne, et la France en particulier, est très favorable à cette médiation, il y en a une qui est en gestation autour de l'ancien président du gouvernement espagnol, M. Zapatero. J'ai souhaité pour ma part, lorsque j'ai reçu le ministre des affaires étrangères du Venezuela à Paris il y a quinze jours, que cette médiation puisse se poursuivre de la meilleure manière. Mais pour l'instant, je ne ferai pas de commentaires sur le résultat des élections tant qu'ils ne sont pas dûment vérifiés. (...)./.

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5. Union européenne - Conseil affaires étrangères - Accord sur le nucléaire iranien - Déclaration de l'UE sur le plan d'action global commun - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 16/10/2017)

1. Le plan d'action global commun, qui représente l'aboutissement de 12 ans d'efforts diplomatiques menés sous l'impulsion de l'UE et qui a été approuvé à l'unanimité par la résolution 2231 du conseil de sécurité des Nations unies, est un pilier central de l'architecture de non-prolifération nucléaire à l'échelle mondiale et un facteur essentiel pour la sécurité dans la région. Sa mise en oeuvre réussie continue à assurer que le programme nucléaire iranien demeure exclusivement pacifique. L'UE souligne que, dans le cadre d'un système de surveillance complet et rigoureux, l'Agence internationale de l'énergie atomique a vérifié à huit reprises que l'Iran respecte l'ensemble des engagements qu'il a souscrits en matière nucléaire.

2. L'UE est déterminée à ce que toutes les parties du plan d'action global commun continuent d'être intégralement et effectivement mises en oeuvre. L'UE souligne que la levée des sanctions liées au nucléaire a des retombées positives sur les relations commerciales et économiques avec l'Iran, notamment pour le peuple iranien. Cela renforce la coopération et permet d'entretenir un dialogue permanent avec l'Iran.

3. L'Union européenne considère que la décision du président Trump de ne pas reconnaître que l'Iran respecte le plan d'action global conjoint s'inscrit dans le cadre d'un processus interne aux États-Unis. L'UE encourage ces derniers à maintenir leur engagement à l'égard du plan d'action global commun et, avant d'adopter toute nouvelle mesure, à prendre en considération ses implications sur leur sécurité nationale, celle de leurs partenaires et celle de la région.

4. Tout en exprimant les préoccupations que lui inspirent la question des missiles balistiques et les tensions croissantes dans la région, l'UE réaffirme la nécessité de traiter celles-ci en dehors du plan d'action global commun, au sein des formations et enceintes appropriées. L'UE est prête à promouvoir et à soutenir activement toute initiative visant à assurer un environnement régional plus stable, pacifique et sûr.

5. À une époque où plane une grave menace nucléaire, l'UE est déterminée à faire en sorte que le plan d'action global commun reste un pilier central de l'architecture internationale de non-prolifération./.

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6. Union européenne - Conseil affaires étrangères - Corée du Nord : l'UE adopte de nouvelles sanctions - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 16/10/2017)

Le 16 octobre, le conseil des affaires étrangères a discuté de la situation dans la péninsule coréenne et en particulier des améliorations que la RPDC ne cesse d'apporter à ses armes nucléaires et missiles balistiques, en violation et au mépris flagrant des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU.

Compte tenu de la menace permanente que représente la RPDC pour la paix et la stabilité internationales, le conseil a adopté de nouvelles mesures autonomes de l'UE en vue de renforcer la pression déjà exercée sur la RPDC, afin que celle-ci respecte ses obligations. Les mesures viennent compléter et renforcer les sanctions du conseil de sécurité de l'ONU. Elles prennent immédiatement effet.

Ces nouvelles mesures incluent :

- une interdiction totale des investissements de l'UE en RPDC, dans tous les secteurs. L'interdiction était jusqu'ici limitée aux investissements dans le domaine nucléaire et des armes conventionnelles, dans les secteurs des industries minières, du raffinage et de la chimie, de la métallurgie et du travail des métaux et dans le secteur aérospatial;

- une interdiction totale frappant la vente de produits pétroliers raffinés et de pétrole brut à la RPDC. Ces types d'exportations étaient sujets à certaines limitations en application de la résolution du conseil de sécurité du 11 septembre;

- l'abaissement de 15.000 à 5.000 euros du montant des transferts de fonds individuels vers la RPDC car l'on soupçonne que le pays les utilise pour alimenter ses programmes nucléaires ou de missiles balistiques illicites.

De plus, afin d'éliminer les transferts de fonds vers la RPDC, les États membres ont décidé de concert de ne pas renouveler les permis de travail des ressortissants nord-coréens présents sur leurs territoires, sauf pour les réfugiés et autres personnes qui bénéficient d'une protection internationale.

Le conseil a également ajouté trois personnes et six entités fournissant un appui aux programmes illicites sur les listes des personnes et entités faisant l'objet d'un gel des avoirs et de restrictions des déplacements, ce qui porte à 41 le nombre de personnes et à 10 le nombre d'entités faisant l'objet des mesures restrictives prises par l'UE de manière autonome contre la RPDC. En outre, 63 personnes et 53 entités sont inscrites sur la liste de l'ONU.

Les ministres se sont également accordés pour militer activement en faveur d'une mise en oeuvre efficace de toutes les résolutions du conseil de sécurité par tous les États membres de l'ONU.

Contexte

L'UE met en oeuvre toutes les résolutions du conseil de sécurité de l'ONU adoptées en réaction aux programmes d'armes nucléaires et de missiles balistiques de la RPDC. En outre, l'UE a imposé de manière autonome des mesures restrictives contre la RPDC, qui complètent et renforcent le régime de sanctions de l'ONU./.

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7. Union européenne - Conseil affaires étrangères - Le conseil réaffirme l'attachement de l'UE à la promotion et à la protection des droits de l'Homme - Communiqué de presse du Conseil de l'Union européenne (Bruxelles, 16/10/2017)

Le conseil des affaires étrangères a débattu de la politique de l'UE en matière de droits de l'Homme et des meilleurs moyens de promouvoir les droits de l'Homme dans un contexte bilatéral et multilatéral.

Le conseil a réaffirmé l'attachement de l'UE à la promotion et à la protection des droits de l'Homme partout dans le monde.

Le conseil a adopté des conclusions sur l'examen à mi-parcours du plan d'action en faveur des droits de l'Homme et de la démocratie. Il a également adopté son rapport annuel sur les droits de l'Homme et la démocratie dans le monde en 2016./.

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8. Union européenne - Financement de l'action climatique: les contributions de l'UE et des États membres ont atteint 20,2 milliards d'euros en 2016 - Communiqué de presse (Bruxelles, 17/10/2017)

Les contributions de l'UE et de ses États membres destinées à aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à faire face aux conséquences du changement climatique ont connu une augmentation notable en 2016.

Le montant total a été confirmé le 16 octobre 2017 lors d'une réunion du comité de politique économique de l'UE, avant la tenue de la conférence des Nations unies sur le changement climatique à Bonn (COP 23).

Les contributions totales de l'UE et de ses États membres se sont élevées à 20,2 milliards d'euros [1] en 2016, ce qui marque une nette augmentation par rapport à 2015. Les contributions ont été orientées avec succès vers des initiatives d'atténuation du changement climatique et d'adaptation à celui-ci dans les pays en développement.

Les contributions sont considérées comme une étape importante de la mise en oeuvre de l'accord juridiquement contraignant sur le changement climatique intervenu à Paris en décembre 2015.

Les derniers chiffres témoignent de la détermination de l'UE à continuer de renforcer sa contribution au financement international de l'action climatique, en vue d'atteindre l'objectif d'un montant annuel de 100 milliards de dollars fixé pour les pays développés d'ici à 2020 et jusqu'en 2025. Avant 2025, les parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques fixeront un nouvel objectif collectif. Les contributions en faveur de mesures d'atténuation et d'adaptation seront mobilisées conjointement à partir d'un large éventail de sources - publiques et privées, bilatérales et multilatérales, y compris de nouvelles sources de financement - dans le cadre d'une mise en oeuvre transparente.

[1] Ce montant inclut des sources de financement de l'action climatique provenant de budgets publics et d'autres institutions financières de développement, comme indiqué par les États membres dans le contexte de l'article 16 du règlement (UE) n° 525/2013 du 21 mai 2013. Il inclut également 2,7 milliards d'euros pour le financement de l'action climatique provenant du budget de l'UE et 1,9 milliard d'euros provenant de la banque européenne d'investissement./.

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9. ASEAN - Multilatéralisme - Discours de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, à l'occasion du 50e anniversaire de la création de l'ASEAN (Paris, 16/10/2017)

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Président de la CCI Paris,

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de célébrer aujourd'hui avec vous le cinquantième anniversaire de la création de l'ASEAN.

Depuis 50 ans, l'ASEAN a accompli un parcours exceptionnel, pour devenir aujourd'hui l'une des zones les plus dynamiques au monde, riche de sa diversité géographique, culturelle, linguistique, sociétale, religieuse.

L'ASEAN est un partenaire majeur pour la France et pour l'Europe. L'ASEAN est d'abord une alliée indispensable pour la défense d'un monde qui ne soit pas régi par des logiques de puissances mais par la coopération internationale, par le multilatéralisme et l'intégration régionale. Un monde aussi dans lequel nous puissions, l'ASEAN, la France, l'Europe, garder notre capacité d'agir librement, en indépendance, pour prendre des initiatives et pour élargir le champ des possibles. L'ASEAN et l'Union européenne, qui comptent ensemble plus d'un milliard d'habitants, sont véritablement deux organisations soeurs.

Cet attachement commun à une logique de coopération et d'intégration, il se vérifie bien sûr sur le plan économique. La France est convaincue que le libre-échange est une chance pour la croissance et le développement, à condition qu'il repose sur une répartition équilibrée de ses bénéfices, y compris à l'intérieur de nos propres sociétés, et qu'il soit fondé sur la réciprocité, l'équité et le respect des règles. À cet égard, les projets d'accords de libre-échange entre l'UE et plusieurs pays de l'ASEAN offrent de nouvelles perspectives. La France soutient ces négociations depuis leur origine. Elle soutient la signature dans les meilleurs délais des textes agréés avec Singapour et le Vietnam. Elle appuie les négociations engagées avec l'Indonésie il y a un an. Des discussions sont également en cours avec la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande.

L'ASEAN, en créant en décembre 2015 sa «Communauté économique» a franchi une étape importante vers un renforcement de l'intégration économique, financière et réglementaire entre ses membres. Cette décision renforcera l'attractivité de votre région et l'avancement de vos échanges avec l'Union européenne et avec la France. L'ASEAN est d'ores et déjà le deuxième partenaire économique de la France en Asie et nos échanges commerciaux sont en pleine expansion. La conférence organisée ce matin avec le MEDEF international illustre le très fort intérêt des entreprises françaises pour l'ASEAN. 1500 entreprises françaises sont implantées en Asie du Sud-Est. Les flux touristiques sont en pleine expansion : la France, qui est la première destination mondiale, a accueilli l'an dernier 600.000 visiteurs d'Asie du Sud-Est. Elle est évidemment prête à en recevoir davantage.

Notre attachement commun à la coopération internationale et au multilatéralisme est aussi fondamental pour répondre aux défis globaux auxquels nous devons faire face. Sur le plan sécuritaire, je pense à la lutte contre le terrorisme, qui frappe en Europe comme en Asie du Sud-Est. Même si Daech recule au Moyen-Orient, grâce à l'action de la coalition internationale, l'organisation terroriste se propage et le retour de combattants terroristes du Moyen-Orient est un risque que nos deux régions doivent affronter. Nous devons continuer à lutter ensemble contre la radicalisation et contre tous les trafics qui alimentent les groupes terroristes. De façon plus générale, la France a d'ailleurs engagé des coopérations de défense importantes avec ses partenaires de l'ASEAN, qu'elle souhaite poursuivre, y compris à travers son souhait de se rapprocher de l'ASEAN Defense Ministers Meeting (ADMM+).

Je pense aussi au défi global du changement climatique, auquel l'ASEAN, en raison de sa géographie, est particulièrement exposée. La France demeure fortement engagée pour répondre à cette urgence notamment par ses efforts pour préserver et garantir la meilleure réalisation possible de l'Accord de Paris sur le climat. À cet égard, comme vous le savez, la France organisera le 12 décembre prochain, avec le Secrétaire général des Nations unies et la Banque mondiale, un sommet pour faire un point d'étape et prendre de nouvelles actions pour le climat, en particulier sur la question des financements.

Enfin, le multilatéralisme c'est le respect du droit international, ressource fondamentale et nécessaire pour garantir un ordre mondial stable et pacifique. Parmi les règles qui y figurent, il y a le droit de la mer, la libre circulation, c'est la raison pour laquelle la France, qui est présente dans l'Océan Pacifique, exerce régulièrement son droit de passage en mer de Chine du Sud, en lien étroit avec ses alliés européens, parce que nous voulons justement que ces principes puissent être préservés. Le droit international, ce sont aussi nos engagements en matière de droits de l'Homme et la conscience aigüe que l'héritage reçu de ceux qui ont permis l'adoption de la Déclaration internationale des droits de l'Homme en 1948, nous oblige. À cet égard, la situation de la population Rohingya en Birmanie est particulièrement préoccupante. L'appel par l'ASEAN à l'arrêt des violences et à la mise en oeuvre des recommandations de la Commission présidée par Kofi Annan est très important, tout comme la mobilisation de l'ASEAN sur le plan humanitaire pour aider les populations en Birmanie et pour accueillir les réfugiés.

La France et l'ASEAN sont d'autant plus appelées à incarner l'importance et la nécessité de fonder l'ordre international sur la coopération qu'elles sont liées par des relations privilégiées et historiques. La France a en effet une relation ancienne avec l'Asie du Sud-Est. Elle remonte au XVIe siècle avec l'arrivée de premiers navigateurs français dans le cadre du commerce des épices. Depuis lors, des liens humains et culturels très denses se sont développés. Le nombre important de Français résidant en Asie du Sud-est, la première communauté française d'Asie avec 53.000 inscrits, en est une parfaite illustration. La vivacité de la francophonie, dont vous pouvez témoigner vous-même Monsieur le Secrétaire général, est aussi particulièrement significative. Ces liens historiques et humains sont à la base de notre coopération culturelle, universitaire, scientifique que nous souhaitons approfondir par des programmations dynamiques et en développant encore davantage notre interaction avec les programmes de l'ASEAN. Je citerai par exemple l'Université franco-vietnamienne des Sciences et Technologies de Hanoï (USTH) au Vietnam ou encore l'installation de l'ESSEC à Singapour. Nous souhaitons accueillir davantage d'étudiants d'Asie du sud-est en France qui sont aujourd'hui un peu plus de 10.000 alors qu'environ 400.000 personnes étudient le français dans l'ASEAN.

Monsieur le Secrétaire général, Mesdames, Messieurs,

Comme vous le voyez, les relations entre la France, l'Europe, et l'ASEAN sont d'une grande richesse. En cette année du 50è anniversaire de la création de l'ASEAN et du 60è anniversaire du Traité de Rome, les enjeux du développement de ces relations sont très importants. Ensemble, nous devons faire en sorte que l'avenir de notre monde appartienne au dialogue, à la coopération et à la prospérité partagée./.

 

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10. Journée mondiale de l'alimentation - Communiqué du ministère de l'agriculture et de l'alimentation (Paris, 16/10/2017)

Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, exprime sa grande satisfaction après les échanges de haut niveau auxquels il a participé ce lundi 16 octobre à Rome lors de la journée mondiale de l'alimentation (JMA).

Cette rencontre, sur le thème: «Changeons l'avenir des migrations: investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural», en présence des ministres de l'agriculture du G7 et du Pape François, a permis au ministre de rappeler l'engagement de la France dans la lutte contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition.

Sensible à la parole forte du Pape et son appel aux gouvernements à s'engager collectivement dans la lutte contre la faim, en résolvant les conflits et les désastres causés par le changement climatique, Stéphane Travert a souligné le rôle stratégique du secteur agricole pour apporter des solutions durables face aux défis de notre temps.

Le ministre a jugé que la réduction du gaspillage alimentaire répond à un triple enjeu, environnemental, économique éthique et social : «Jeter de la nourriture est inacceptable alors que l'insécurité alimentaire est une réalité pour des millions de gens. Investir dans l'agriculture et le développement rural est indispensable pour garantir la sécurité alimentaire. Il faut investir plus, il faut investir mieux avec des objectifs clairs et partagés».

Enfin, le ministre français a pu décrire l'initiative des États généraux de l'alimentation en faveur d'une alimentation plus saine, sûre, durable et accessible à tous. Il a pu mesurer tout l'intérêt des pays européens et des grandes organisations internationales à vouloir dupliquer le modèle des EGA./.

(Source : site Internet du ministère de l'agriculture et de l'alimentation)

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11. Nations unies - Semaine de l'Afrique - Intervention du représentant permanent de la France auprès des Nations unies, président du conseil de sécurité (New York, 16/10/2017)

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Président de la 72ème session de l'Assemblée générale des Nations unies,

Monsieur le vice-Président de la Commission de l'Union africaine,

Madame la Présidente du Conseil économique et social, et représentante permanente de la République tchèque,

Monsieur le Représentant du président du Groupe Afrique pour le mois d'octobre 2017, représentant permanent de la République de Djibouti,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de commencer en réitérant la ferme condamnation par la France du tragique attentat de Mogadiscio, ainsi que notre profonde sympathie et notre pleine solidarité avec la Somalie face au terrorisme.

Je tiens à remercier les organisateurs de cette semaine de l'Afrique qui s'ouvre aujourd'hui et qui constitue pour nous tous un rendez-vous important. C'est un honneur de m'exprimer ainsi devant vous. L'Afrique est au coeur battant des Nations unies, à la croisée de toutes les problématiques qui sont elles-mêmes au centre de nos agendas quotidiens, qu'il s'agisse de maintenir la paix, de lutter contre le terrorisme et contre tous les trafics criminels, en particulier la traite des êtres humains, mais aussi d'accélérer le développement, d'en assurer le caractère durable, de mener une gestion raisonnée des migrations ou de répondre au dérèglement climatique. Que ce soit à l'Assemblée générale, au conseil de sécurité, à la Commission de consolidation de la paix ou à l'ECOSOC, la relation entre l'ONU et l'Union Africaine s'est affirmée comme un axe stratégique de notre travail, et ce partenariat est appelé à prendre d'avantage d'envergure encore. C'est le sens, je crois, du partenariat renforcé que le Secrétaire général, son excellence M. Antonio Guterres, a voulu mettre en avant dès sa prise de fonction et vient, devant nous, de donner une forte et éloquente illustration. C'est également ce qui motive la relation privilégiée que le conseil de sécurité entretient avec la Commission paix et sécurité de l'Union africaine. C'est enfin ce qui fait toute la pertinence de la thématique que vous avez choisie et qui s'inscrit parfaitement dans le cadre du programme de la 72ème Assemblée générale des Nations unies qui veut donner «Priorité à l'être humain» - à travers «la paix et une vie décente pour tous sur une planète préservée».

Dans ce contexte, l'alignement de l'Agenda 2030 de l'ONU et de l'Agenda 2063 de l'Union africaine, qui convergent sur le fond, est une nécessité pratique que les derniers sommets de l'Union africaine ont reconnue, de même que les Nations unies. Les deux agendas forment ensemble ce qui doit être le cadre et le guide de notre action. L'agenda 2063 constitue en effet le document politique de référence en faveur de la transformation structurelle de l'Afrique et de son intégration politique, économique, infrastructurelle et commerciale.

Avec cet agenda, l'Union africaine se trouve à l'initiative pour faire face aux défis du continent en matière de développement durable, de gouvernance démocratique, de paix et de sécurité, d'autonomisation des femmes et de bien-être des jeunes. Elle affirme également sa volonté de mettre en valeur ses richesses culturelles, linguistiques ainsi que son patrimoine matériel et immatériel.

C'est une vision politique de long terme, mobilisatrice, en soutien à l'intégration régionale, que la France appuie résolument en Afrique comme ailleurs, en tant que facteur de stabilité et de développement.

L'Agenda 2030 de développement durable a, quant à lui, fait l'objet d'un travail intense et représente un cadre à portée universelle dont la mise en oeuvre s'appuie sur des indicateurs de suivi et des évaluations définies ici même, en septembre 2015, par l'Assemblée générale des Nations unies. L'Agenda 2030 occupe donc aujourd'hui une place centrale, y compris dans les stratégies des organisations internationales et des bailleurs.

De fait, ces deux agendas, 2030 et 2063, soulignent bien l'approche intégrée qui prévaut actuellement dans notre réflexion commune : les enjeux de sécurité sont indissociables des questions de développement ou de gouvernance, et réciproquement. Cette convergence africaine et onusienne autour d'une même compréhension de ce qu'est le développement durable mérite d'être soulignée et encouragée.

C'est dans cet esprit que la France soutient par exemple une approche globale et intégrée de la stabilisation au Sahel, par son appui d'une part à la force conjointe du G5 Sahel et d'autre part à l'Alliance pour le Sahel, lancée avec l'Union européenne, l'Allemagne, la Banque mondiale et le PNUD. Plus largement, c'est également dans cet esprit que la France conçoit son partenariat avec l'Afrique. Le président de la République française l'a souligné ici même lors de la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale : si, face au terrorisme, aux migrations, les réponses de court terme s'imposent afin de gérer les crises, c'est bien notre volonté politique de traiter les causes profondes de toutes ces instabilités qui est aujourd'hui nécessaire. Et ce n'est que par une véritable politique de développement que nous pouvons le faire. C'est pourquoi le président de la République a annoncé que la France consacrera 0,55% de son revenu national brut pour l'aide publique au développement d'ici cinq ans.

Enfin, c'est dans cet esprit toujours que les travaux menés dans le cadre du renforcement du partenariat entre l'ONU et l'Union africaine, et du partenariat entre l'Union européenne et de l'Union africaine - qui sera discuté au prochain sommet d'Abidjan à la fin du mois de novembre - doivent se poursuivre et avancer.

La réforme de l'ONU, qui est une grande ambition collective, ne sera un succès que si nous faisons la différence sur le terrain. Sa réussite dépendra notamment de notre capacité à approfondir le partenariat des Nations unies avec les organisations régionales et sous-régionales, tout particulièrement l'Union africaine. Ce partenariat est une nécessité face à l'évolution, à la multiplication et à la complexité croissante des menaces auxquelles nous devons faire face, qui sont pratiquement toutes de nature planétaire et transversale.

C'est pourquoi l'Union africaine trouvera en la France un soutien résolu et actif pour la mise en oeuvre des résolutions 2320 et 2378 adoptées par le conseil de sécurité, ainsi qu'un partenaire attentif et volontaire pour l'Afrique au sein du conseil.

Nous avons formellement invité un représentant de l'Union africaine à se joindre à la prochaine visite du conseil de sécurité dans les pays du G5 Sahel, ce qui ne sera malheureusement pas possible en raison du calendrier chargé du comité paix et sécurité de l'Union africaine, qui effectue lui-même un déplacement en RDC dans les jours à venir. Cette proposition a toutefois été l'occasion de réaffirmer notre volonté commune qu'une telle association puisse se concrétiser à l'occasion de futures visites de terrain du conseil de sécurité. Nous devons pouvoir entendre régulièrement au conseil les représentants ou envoyés spéciaux de l'Union africaine ou des sous-régions en charge de conduire des processus politiques clés pour les règlements de paix qui sont à l'agenda du conseil - je pense notamment au Soudan du Sud, à la République centrafricaine, à la République démocratique du Congo et au Burundi. Nous devons continuer à encourager le Secrétariat à travailler sur le renforcement des capacités africaines de planification, la formation des troupes africaines, les modalités d'opérationnalisation, la mise en conformité avec les codes de bonne conduite et le respect des droits de l'Homme.

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais saisir cette opportunité pour souligner brièvement deux enjeux importants qui appellent, selon nous, une réponse et une attention prioritaires.

Tout d'abord, l'Agenda 2063 de l'Union africaine souligne à juste titre les ressources propres dont dispose l'Afrique pour financer son programme de développement et ses priorités en matière de paix et sécurité. À cet égard, il faut saluer l'engagement de l'Union africaine de financer par elle-même une part croissante de son propre budget, notamment 75% de son budget programmes et 25% de ses activités en matière de paix et sécurité. Cet engagement est une évolution positive et offre une clé pour faire progresser la question du financement durable des opérations africaines de paix, dans le cadre d'un partenariat à renforcer entre l'ONU et l'Union africaine.

La France est convaincue que l'avenir passe par cette réponse africaine et elle se tient prête à poursuivre la réflexion et le travail collectif pour traduire, en lien avec l'ensemble des partenaires, ces évolutions au conseil de sécurité le moment venu.

Mon second point porte sur le climat. Comme de nombreux chefs d'État africains l'ont soulevé lors du débat général de cette 72ème session de l'Assemblée générale, le changement climatique a un impact global sur les populations aussi bien en termes de santé, d'accès à l'agriculture que de sécurité et de migrations. L'Afrique a joué un rôle très important dans la réussite de l'Accord de Paris et continue de jouer un rôle incontournable suite à l'organisation au Maroc de la COP22. Elle joue également un rôle de premier plan avec l'Initiative africaine pour les énergies renouvelables, dont la réussite est liée notamment à la mobilisation des financements. La France souhaite encourager cette mobilisation et c'est dans cet esprit qu'elle organise le 12 décembre prochain, à Paris, aux côtés des Nations unies et de la Banque mondiale, un sommet sur le financement de l'action climatique. Il s'agit d'un rendez-vous important, dans le prolongement du dialogue des leaders sur le climat organisé par le Secrétaire général en marge de la semaine de haut niveau.

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs,

Pour conclure, je souhaiterais redire combien il est essentiel de continuer à insister sur la nécessaire convergence des efforts déployés dans le cadre des deux agendas 2063 et 2030. Les engagements pris par les États membres à travers l'Agenda 2030 sont en effet de portée universelle et le suivi de la réalisation des objectifs de développement durable au niveau mondial pourra faciliter le suivi de la mise en oeuvre de l'Agenda 2063.

Je vous remercie./.

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