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Bulletin d'actualités du 10 juillet 2012


Sommaire



1. Cérémonie du 14 juillet 2012 Programme du président de la République, M. François Hollande - Communiqué de la présidence de la République

François Hollande, président de la République, chef des Armées, présidera à partir de 10h15 le défilé militaire du 14 juillet placé sous le thème des «armées au service de la nation et de la paix dans le monde : hier, aujourd'hui, demain».

Le défilé sera ouvert par le bataillon français ayant servi, récemment, dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), pour marquer l'attachement de la France au rôle de l'Organisation des Nations unies dans la gestion des crises mondiales.

Les troupes rentrant d'opérations extérieures seront mises à l'honneur, tout comme celles qui s'illustrent quotidiennement au service des Français sur le territoire national, dans le cadre des nombreuses missions de sauvegarde et de sécurité.

Par ailleurs, pour la première fois, le président de la République a souhaité associer à cette cérémonie 120 jeunes issus de 86 pays, présents en France à l'occasion d'un séjour sur le thème des droits de l'Homme. Ils assisteront au défilé depuis la tribune présidentielle.

À 13h15, le président de la République sera l'invité de TF1 et France 2. Il répondra aux questions de Claire Chazal et Laurent Delahousse.

Il rejoindra, ensuite, l'Élysée où il recevra à déjeuner des militaires blessés en opération et leur famille.

À 17h00, le chef de l'État se rendra à Brest dans le cadre du 20ème anniversaire de la Fête maritime internationale «Tonnerres de Brest». Tous les quatre ans, la ville de Brest et la Marine nationale reçoivent des nations maritimes et leurs navires ambassadeurs. Le président rencontrera, notamment, des jeunes européens ainsi que des sauveteurs en mer.

Par ailleurs, de 15h00 à 19h00, les jardins du Palais de l'Élysée seront ouverts au public./.

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2. Entretien du président de la République, M. François Hollande, avec le Secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf - Communiqué de la présidence de la République

Le président de la République a reçu, cet après-midi au Palais de l'Élysée, le Secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf, ancien président de la République du Sénégal.

La ministre déléguée chargée de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui, qui a également été nommée Représentante personnelle du président de la République auprès de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), participait à cet entretien.

Le chef de l'État a réaffirmé le soutien de la France à la Francophonie, dont elle est le premier contributeur. Il a chaleureusement félicité M. Abdou Diouf pour son bilan à la tête de l'OIF, organisation internationale regroupant 75 membres et observateurs et représentant à travers le monde 200 millions de francophones. En 2012, un pays membre de l'ONU sur trois est membre ou observateur de l'OIF.

Le président de la République a également salué l'action de l'OIF en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme, de la promotion de la langue française et de la diversité culturelle, et a souligné leur volonté commune de développer une véritable stratégie de la Francophonie en faveur de la croissance, de l'emploi et des entreprises.

Ils ont évoqué le XIVème Sommet de la Francophonie qui est prévu du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa. Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l'État de droit.

Le président de la République et M. Abdou Diouf ont également évoqué la situation à Bamako et dans le nord du Mali, après l'adoption le 5 juillet de la résolution 2056 par le Conseil de sécurité de l'ONU, à l'initiative de la France./.

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3. Nomination de Mme Yamina Benguigui Représentante personnelle du président de la République pour la Francophonie - Communiqué de la présidence de la République

Le président de la République a demandé à Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, d'être sa Représentante personnelle auprès de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Ces fonctions étaient occupées jusqu'à présent par M. Jean-Pierre Raffarin, sénateur et ancien Premier ministre.

Mme Benguigui assumera ses fonctions dans le cadre des responsabilités qui sont les siennes auprès du ministre des Affaires étrangères, au sein du gouvernement.

Elle représentera la France au Conseil permanent de la Francophonie à l'OIF et aux autres réunions organisées par le Secrétaire général de l'OIF, M. Abdou Diouf./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Débat au Sénat sur les résultats du Conseil européen des 28 et 29 juin 2012 - Intervention du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault

Je vais vous rendre compte du premier Conseil européen auquel a participé M. François Hollande. Les enjeux étaient lourds pour la zone euro, un échec aurait été grave. Mais le résultat est positif, les décisions prises sont ambitieuses pour assurer la croissance et la stabilité.

La crise, depuis 2010, est devenue une crise des dettes souveraines. Les États les plus fragiles ont été touchés les uns après les autres, et la contagion, après la Grèce, a touché l'Espagne puis l'Italie. Aucun État n'est à l'abri. C'est désormais une crise systémique. Difficultés de financement, taux d'emprunt très élevés, méfiance des investisseurs. Des mesures structurelles s'imposaient mais aussi des mesures de court terme. L'échec n'était pas permis, après dix-huit sommets de la dernière chance dont les décisions étaient insuffisantes. Il fallait donc changer de méthode, le président de la République, M. François Hollande, s'y est employé, dans le dialogue avec l'Allemagne mais aussi avec nos autres partenaires. Nous n'avons pas cédé à la facilité du directoire franco-allemand. Nous avons travaillé avec l'Allemagne, et nous continuerons à le faire, pour trouver le maximum de convergences même si des divergences demeurent.

Nous avons dialogué avec nos autres partenaires comme le président de la République l'avait fait dès son élection et la relation franco-allemande, dans un esprit nouveau, a bien fonctionné. Nous avons retrouvé le sens du temps. L'Europe, engagée dans une course éperdue derrière les marchés, a trop longtemps pratiqué une politique du trop peu ou du trop tard. Nous avons proposé des mesures nouvelles comme le pacte de croissance et d'emploi qui est le pendant du pacte budgétaire.

Nous avons respecté les engagements que nous avons pris devant les Français. Ce cadre nouveau réoriente les politiques sans remettre en cause les efforts budgétaires.

Je demanderai rapidement au Parlement de se prononcer sur le pacte de croissance européen (PCE), ensemble cohérent de mesures favorisant la croissance et l'emploi au plan européen, par l'approfondissement du marché unique, l'innovation, la politique de cohésion, le soutien aux PME, politique commerciale fondée sur la réciprocité. Le président de la République a beaucoup bataillé à ce sujet. La politique de compétitivité, dans les secteurs du numérique, du marché de l'énergie, de la recherche et de l'innovation, aidera à renforcer la place de l'Europe.

Il y a aussi les 120 milliards d'euros, 1 % du PIB de la zone euro, pour la croissance : cela était loin d'être acquis ! Tout le monde n'était pas d'accord pour augmenter le capital de la Banque européenne d'investissement (BEI) par exemple. Les 10 milliards permettront 60 milliards de nouveaux prêts. En tout, 180 milliards seront dégagés pour l'investissement grâce au cofinancement.

La réallocation de 55 milliards d'euros de fonds structurels figure aussi dans ce pacte, ainsi que le lancement des obligations de projet, à hauteur de 5 milliards d'euros pour commencer.

Enfin, la taxe sur les transactions financières à été adoptée, grâce à toutes les discussions préalables au Conseil. Neuf États membres lancent une coopération renforcée : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la France l'Italie, la Grèce, le Portugal et la Slovénie. Nous avons reçu une délégation de l'opposition allemande, on nous a reproché un «affront». Mais non ! La ratification des traités passait par l'accord de l'opposition, qui y mettait pour condition l'adoption de cette taxe.

Nous n'attendrons pas la Grande-Bretagne pour appliquer cette mesure que, j'espère, vous voterez.

Il fallait des perspectives pour restaurer la confiance : le président du Conseil européen, en coopération avec l'Eurogroupe et la Banque centrale européenne (BCE), élaborera des propositions concrètes pour une véritable union bancaire et monétaire, une supervision intégrée des banques, un gouvernement économique, que la France réclame. Le rapport sera remis en octobre.

L'accord a été obtenu à dix-sept. Il a fait l'objet d'un texte spécifique mais il s'est traduit par une déclaration commune, affirmant la volonté d'un assouplissement de l'utilisation des outils de lutte contre la crise. Grâce à un Mécanisme de supervision unique (MSU), le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra intervenir directement auprès des banques, et non des seuls États.

Autre innovation, l'intervention en faveur de l'Espagne sera reprise par le MES.

Les instruments d'aide, à l'égard des États qui respectent les règles communes, seront utilisés à plein pour stabiliser les marchés obligataires : la BCE interviendra par le Fonds européen de stabilité financière.

Nous avons stoppé l'aggravation de la crise et inversé la tendance et le vote des Français a contribué à réorienter l'Europe.

Le succès de ce Conseil donne de nouvelles perspectives à l'Union européenne. L'Europe a besoin d'un grand projet commun. Chaque nation demeurera. Mais l'ambition que nous saurons mettre en commun nous rendra plus forts./.

(Source : site Internet du Sénat)

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5. Débat au Sénat sur les résultats du Conseil européen des 28 et 29 juin 2012 - Intervention du ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve - Extraits -

Chacun de vous a bien perçu l'importance de ce sommet dans la situation actuelle en Europe. Vous partagez certaines interrogations qui sont communes au - delà des appartenances politiques.

Les décisions de la semaine dernière ont permis de surmonter des clivages antérieurs. Je songe à l'opposition entre croissance et discipline budgétaire. Merci à MM. Sutour, Marc et Raoul, ainsi qu'aux orateurs des groupes socialiste et écologiste, qui ont insisté sur la cohérence entre nos propos de la campagne présidentielle et les résultats obtenus au sommet : pas de contradiction entre la réduction des déficits et la croissance fondée sur la confiance. Si les taux d'intérêt augmentent, l'activité est soumise à trop de contraintes. Si nous condamnons les peuples à l'austérité, ils se détourneront d'une Europe sans ambition ; et ce sera la crise politique. Les pères fondateurs avaient un projet, oui, monsieur Bernard-Reymond. Il faut le relancer.

Croissance par l'investissement, par de grands projets, ou dérégulation pour accroître la compétitivité ? Celle-ci n'est pas absente de nos préoccupations : nous prévoyons des mesures fiscales favorables aux PME, le maintien dans l'emploi des seniors et l'embauche de jeunes, par des contrats qui les lient. Bref, on peut faire des investissements d'avenir et favoriser la compétitivité.

Conflit entre mesures conjoncturelles et intégration plus poussée ? Pas du tout ! Le couple franco-allemand n'est pas sorti affaibli du sommet. Mais aux Allemands qui nous proposent le «saut fédéral», nous réclamons plus de solidarité, socle de la construction européenne. C'est ce que M. François Hollande appelle l'intégration solidaire : souverainetés partagées, transferts pas à pas.

Qu'avons-nous obtenu ? Une décision concrète en faveur de la croissance. La recapitalisation de la BEI n'était pas acquise et nombre de pays, il y a quelques semaines encore, étaient sceptiques. Désormais la BEI va pouvoir consentir 60 milliards d'euros de prêts, qui rendront possibles 182 milliards d'euros d'investissements privés.

Les 50 milliards d'euros de fonds structurels n'ont pas encore été affectés à des projets : dans les semaines qui viennent, nous identifierons les projets, de développement durable en particulier. Tous les pays sont confrontés à la crise et les fonds bénéficieront à tous les États membres.

Dans les discussions sur les perspectives budgétaires 2013-2020, nous nous efforcerons de faire prévaloir le mieux-dépenser, en faveur de projets fructueux.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle n'était pas du tout dans les tuyaux : elle a été supprimée en 2008, rétablie dans la précipitation en fin de législature. Nous étions pour une taxe d'assiette large avec un taux dynamique, pour doter l'Union européenne de ressources propres, plus dynamiques que les dotations des États.

(...)

La trajectoire des finances publiques présentée par la France a été explicitée par M. Hollande et la déclaration de politique générale montre qu'elle sera respectée. Ramener le déficit à 3 % en 2013 et à 0 % en 2017. Au prix d'une surfiscalisation des Français ? Mais ce n'est pas nous qui avons voulu imposer 13 milliards de plus aux ménages avec une TVA sociale. Ce que nous voulons faire par la croissance sera assorti d'effort de rigueur budgétaire.

(...)

Nous ne demanderons pas aux peuples de se serrer la ceinture une nouvelle fois. La rigueur, c'est l'effort de discipline budgétaire plus la croissance, un effort de redressement dans la justice fiscale. Comment assurer le respect de la souveraineté des parlements nationaux ? La Commission, le groupe des quatre et M. Van Rompuy continueront à travailler. La feuille de route comporte des eurobonds, la mutualisation de la dette mais aussi le pilotage politique. Nous vous rendrons compte des étapes successives, les parlements seront associés à cette démarche ambitieuse. Dimension démocratique et exigence de débat public seront respectées.

Réponses aux questions posées par les sénateurs

Q - (concernant la Syrie)

R - Vous connaissez la mobilisation du Parlement français sur la question syrienne. La crise doit être surmontée.

Le club des Amis des Syriens se réunit à Paris demain. L'Union pour la Méditerranée peut être mobilisée pour atteindre les objectifs, tous les efforts sont bienvenus. Les liens avec l'APM ont été renforcés ; je salue l'efficacité de cette assemblée interparlementaire.

Q - (concernant le pacte pour la croissance et l'Union bancaire)

R - On ne peut réduire le pacte pour la croissance à ces 120 milliards d'euros. Les investissements d'avenir passent par la stabilité bancaire et des taux d'intérêt, ainsi que par les project bonds. Nous avons fait prévaloir la solidarité, condition de l'intégration.

Ces 120 milliards d'euros créeront une dynamique d'investissement car ils s'accompagneront de contributions privées dans le cadre de partenariats.

Quant à l'Union bancaire, les banques pourront à nouveau jouer leur rôle d'accompagnement des acteurs économiques. Il fallait une supervision bancaire attentive et rapidement mise en place, pour éviter que les errements ne se reproduisent. La recapitalisation directe des banques, ce n'est pas favoriser les banques au détriment des peuples, c'est faire en sorte que les établissements financiers retrouvent leur rôle économique.

Cela suffira-t-il ? On ne peut jamais le dire, mais nous avons créé les conditions du redressement. C'est une attitude pragmatique.

Q - (concernant la situation économique de Chypre)

(...)

R - La situation de Chypre est comparable à celle de plusieurs pays européens, crise du secteur bancaire, intervention de l'État puis appel à l'aide de l'Union européenne.

L'intervention de l'Union européenne dans un pays en difficulté ne se fait jamais de but en blanc. Le préalable est une expertise par la troïka ; la décision appartient ensuite, non à la seule France, mais à tous les États membres. Nous serons prudents et raisonnables.

Q - (concernant la ratification parlementaire)

R - Le Premier ministre a indiqué les voies de la ratification parlementaire. L'accord comporte quatre éléments. Le TSCG, la taxe sur les transactions financières, le MSU et le pacte de croissance. À eux quatre, ils ont marqué une réorientation de l'Europe. Le Parlement sera consulté sur ces quatre éléments qui sont indissociables et ont été négociés ensemble. Le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État, comme la loi le veut, seront saisis préalablement de ces textes.

Cette procédure est conforme à notre cadre juridique. Quant au référendum, le président de la République, quand il était candidat, ne s'y est pas engagé. Il appliquera le programme annoncé.

Q - (concernant les grandes orientations du «budget horizon 2020»)

R - Nous souhaitons travailler avec la commission, à l'accélération de l'instruction des demandes des entreprises en passant, en particulier, par l'implication des régions.

À ce stade, je ne peux pas être plus précis sur le budget 2014-2020. Je m'engage à vous en informer dès que cela sera possible.

Q - (concernant l'Union bancaire)

R - L'Union bancaire vise à garantir les dépôts, un élément fondamental, à résorber les crises et à créer un système de supervision.

Nous avons commencé par la supervision, ce qui permet de recapitaliser les banques, mais il n'y aura pas de recapitalisation sans supervision.

En octobre, des propositions seront faites pour déterminer les modalités. Le Conseil européen l'a demandé à la Commission. À ce stade, il m'est difficile d'en dire plus.

(...)

Q - (concernant la nomination d'un Haut représentant aux droits de l'Homme)

R - Mme Ashton a commencé de procéder à des auditions. Ces dernières semaines, M. Fabius est intervenu à de nombreuses reprises pour soutenir la candidature de l'ambassadeur français aux droits de l'homme. Le candidat retenu devra disposer d'expérience et d'un réseau pour une action efficace. Or le candidat français a des qualités réelles. Je ne peux vous en dire plus.

Q - (concernant le financement futur de la PAC et la politique de cohésion)

R - Le sujet est extrêmement important, pour la croissance aussi. Le débat est en cours, la position française en voie d'élaboration, le travail interministériel engagé. La Commission demande aux États membres le respect des orientations budgétaires européennes mais souhaite un budget accru, ce qui augmenterait notre contribution de 18 à 24 milliards d'euros. Quel dilemme, quelle contradiction !

Nous n'accepterons pas une diminution drastique des aides directes au sein de la PAC, ainsi que le proposent certains États membres dans leurs amendements. En revanche, nous pouvons envisager le verdissement de ce budget. Quant aux crédits de la cohésion, ils sont importants pour la croissance. Mais ils doivent être employés à bon escient. Raison pour laquelle nous ne sommes pas favorables au filet de sécurité qui maintient des crédits à des régions qui n'en ont pas forcément besoin, mais au filet de sécurité inversé. Pour l'heure, je m'en tiens là.

Q - (concernant les résultats du sommet européen)

R - Ceux qui disent aujourd'hui «les mesures sont insuffisantes» pensaient hier qu'elles étaient inutiles. Ce sommet était une étape, non un énième sommet de la dernière chance, médiatisé de manière tonitruante au profit d'un président de la République vainqueur seul contre tous. Le couple franco-allemand est sorti renforcé de ce sommet. Les compromis solides se construisent dans la franchise. C'était l'esprit de M. Giscard d'Estaing et de M. Gerhard Schröder, c'est également le nôtre : franchise et modestie.

Nous devons mobiliser les régions, les entreprises, les institutions pour que les fonds soient, demain, bien affectés. En outre, il y a la feuille de route de M. Van Rompuy. Étape après étape, je rendrai compte de la progression de l'intégration solidaire voulue par M. Hollande.

Quels projets ? Demandez-vous. Ceux qui favoriseront la croissance verte, l'emploi, la transition énergétique tant décriée hier par l'opposition. Nous avons besoin du soutien du Parlement pour atteindre ces objectifs le plus rapidement possible.

Merci à tous les orateurs de leur contribution. Je me réjouis de revenir devant vos commissions pour une discussion approfondie le 18 juillet.

Quel sera l'impact du pacte de croissance pour la France ? Si l'on considère sa part dans le PIB européen, le montant serait de 20 milliards, ce n'est pas négligeable.

Sur la mutualisation des dettes, nous connaissons la suggestion des fonds de rédemption formulée en Allemagne : nous voulons créer un climat de confiance pour aller vers cette mutualisation.

Je partage votre avis quand à la nécessité de venir régulièrement devant le Parlement pour discuter de l'allocation des fonds.

Quant aux étapes ultérieures, l'essentiel est que l'Allemagne et la France avancent ensemble, comme elles l'ont fait lors de ce sommet. Il n'y a pas de progrès sans contrepartie, comme l'a déclaré Mme Merkel : «keine Leistung ohne Gegenleistung». Je suis heureux de conclure ainsi nos échanges./.

(Source : site Internet du Sénat)

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6. Mobilisation de la France pour lutter contre la crise acridienne au Sahel - Déclaration du ministre délégué chargé du Développement, M. Pascal Canfin

Depuis quelques semaines, des formations de criquets pèlerins ont été identifiées dans le nord de la bande sahélienne par le dispositif de surveillance mis en place par les pays de la région. Ces groupes ont été notamment localisés au nord du Niger et du Mali, où l'insécurité pourrait entraver les opérations de prospection et de lutte nécessaires.

La poursuite de cette invasion acridienne dans le sud de la région aurait des conséquences désastreuses, entraînant la destruction de récoltes et ouvrant la perspective d'une aggravation de la crise alimentaire.

Face à la gravité de la situation, la France s'est mobilisée pour répondre à l'appel lancé par l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (OAA/FAO), chargée de coordonner la lutte contre le criquet pèlerin. La France a, ainsi, débloqué un financement d'urgence de 850 000 euros afin de :

- répondre aux besoins immédiats du Niger, pays actuellement le plus affecté, en appuyant le Centre national de lutte antiacridienne (400 000 euros) ;

- contribuer à une réponse régionale, grâce au fonds d'urgence mis en place par l'OAA/FAO (450 000 euros) qui financera notamment les opérations de prospection et de lutte au Mali.

D'ores et déjà, la mobilisation rapide des donateurs, au premier rang desquels la France et l'Union européenne, a permis ainsi de couvrir en quelques jours les besoins immédiats, estimés par l'OAA/FAO à 2,5 millions de dollars. La France restera particulièrement attentive à l'évolution de la situation dans les semaines et les mois à venir./.

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7. Déplacement en Chine - Allocution du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à l'Université d'aéronautique et d'astronautique de Pékin

«La relation franco-chinoise : une ambition nouvelle pour répondre aux défis communs»

Mesdames, Messieurs, Chers Étudiants,

Je vous remercie d'être venus nombreux aujourd'hui, d'autant plus, si je comprends bien, que c'est la période des vacances. Je suis très honoré du titre qui vient de m'être attribué de professeur honoraire de l'université Beihang, et je disais justement à votre président d'université qu'il était bon que ce soit professeur honoraire plutôt que professeur réel, parce que mes compétences dans le domaine de l'aéronautique, des mathématiques, de la construction des ponts, sont assez limitées.

C'est un grand plaisir pour moi de m'exprimer devant vous, ici dans les locaux de cette université prestigieuse, et en particulier devant l'École Centrale de Pékin.

La visite que j'effectue depuis hier en Chine est la première d'un dirigeant français depuis les élections à la présidence de la République qui ont eu lieu dans mon pays au mois de mai. Depuis lors, il y a eu des élections législatives, qui ont confirmé les résultats des élections présidentielles. C'est une équipe qui est désormais au pouvoir en France pour au moins cinq années, ce qui permet de construire avec la Chine une relation stable. Ce déplacement intervient à la veille d'échéances importantes pour la Chine, qui verra dans quelques mois un passage de relais d'une génération de dirigeants à une autre. C'est le bon moment pour tracer les perspectives de notre relation pour les années qui viennent, afin de faire franchir une nouvelle étape à notre partenariat. Je me suis entretenu en priorité de cela hier avec le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, avec le conseiller d'État Dai Bingguo, et c'est aussi cela que j'évoquerai cet après-midi avec votre Premier ministre, M. Wen Jiabao et avec le vice-Premier ministre Li Keqiang, dont je crois comprendre qu'il occupera dans le futur une responsabilité essentielle.

J'ai donc eu des entretiens politiques, nourris, confiants et amicaux, mais je rencontre aussi des responsables d'entreprises, des intellectuels, et je souhaite aussi discuter avec vous, ici, qui représentez l'avenir. Avant de répondre à vos questions, je souhaiterais vous proposer quelques réflexions sur l'avenir des relations entre la Chine et la France.

Nous portons une ambition nouvelle pour la relation entre la France et la Chine. Cette ambition a été soulignée il y a quelques jours, en juin, par les présidents Hu et Hollande lors de leur premier entretien au Mexique lors du G20, et auquel j'ai pu assister.

Économiquement et politiquement, la Chine occupe aujourd'hui les tous premiers rangs, ce qui fait de ce grand pays un partenaire majeur pour le pays que nous sommes. Le nouveau gouvernement français souhaite s'investir fortement dans la relation avec la Chine. Nous voulons fonder notre relation sur l'intérêt mutuel, la constance et aussi, comme il est normal entre amis, sur la franchise.

La France n'a ni la même taille ni le même poids économique que la Chine. La Chine est la deuxième puissance mondiale, nous sommes la cinquième puissance économique. Mais la France est un acteur pivot de la scène mondiale. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, pays central en Europe, disposant de la puissance nucléaire, la France est une puissance économique reconnue, une culture admirée dans le monde. Nous sommes une «puissance d'influence», un interlocuteur capable de peser notamment dans les enceintes internationales. L'Europe, à laquelle nous appartenons, est le premier partenaire commercial de la Chine. C'est notre conviction que la Chine a tout à gagner d'une relation constructive et d'un partenariat étroit avec la France.

Je voudrais, au nom du gouvernement français, placer ce partenariat, pour le faire avancer, sous le signe de trois volontés :

- volonté de rééquilibrer par le haut nos échanges économiques et commerciaux ;

- volonté de donner une traduction concrète et positive à notre partenariat politique ;

- enfin, et c'est nouveau, volonté de promouvoir les échanges entre nos sociétés civiles (c'est-à-dire les étudiants, échanges de jeunes, intellectuels, acteurs culturels, acteurs sociaux) qui constituent un front de la relation franco-chinoise.

* * *

Une ambition nouvelle pour les relations franco-chinoises

1) Cette ambition nouvelle est facilitée par l'histoire que nous avons en commun. Nous sommes la rencontre de deux grandes civilisations que beaucoup rapproche. Nous sommes deux cultures qui ont placé l'éducation et le savoir au sommet de leur échelle des valeurs, et qui ont aussi su développer l'art de vivre à des niveaux excellents. La Chine et la France avaient tant à échanger.

Parmi ces rencontres, je rappelle la passion du Siècle des Lumières pour la Chine, illustrée en particulier au XVIIIème siècle par les débats entre des philosophes tels que Montesquieu, Voltaire et d'autres. La Chine a contribué, les spécialistes le savent, à nourrir ce mouvement des Lumières, qui ont suscité en retour l'engouement des lettrés chinois au tournant du XXème siècle. Je pense, par exemple, à Fu Lei, figure emblématique de notre amitié, intellectuel exceptionnel, critique d'art, amoureux de la culture française et traducteur de tant de nos grands auteurs qu'il a fait connaître pour la première fois au public chinois.

Plus près de nous, à l'époque du général de Gaulle, la France a été le premier grand pays occidental à établir en 1964 des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, donnant ainsi à notre relation un caractère pionnier. Je tiens d'ailleurs à souligner que pour 2014, nous avons l'intention de faire du cinquantenaire de l'établissement des relations diplomatiques franco-chinoises un événement de grande portée.

L'amitié qui nous lie est donc ancienne et profonde. Elle s'inscrit dans le temps long, dans cette durée qui seule permet de bâtir de grandes choses.

2) Cette ambition nouvelle nous est aussi dictée par «l'évidence», terme déjà utilisé en 1964, au moment de l'établissement des relations diplomatiques avec la Chine.

Cette évidence, c'est l'extraordinaire mutation que connaît la Chine. J'ai effectué plusieurs voyages dans votre pays ces dernières années, et j'ai été à chaque fois frappé par l'ampleur et par la rapidité des changements. Nous avons en France une grande admiration pour ce développement et les réalisations exceptionnelles des trente dernières années. La sortie de la pauvreté de plusieurs centaines de millions de personnes en une génération est un fait qui n'a pas de précédent dans l'histoire de l'humanité.

La France a fait le choix, très tôt, d'accompagner votre pays dans cette mutation. Nous considérons que l'émergence de la Chine n'est pas une anomalie, mais la correction d'une anomalie. L'anomalie, c'était l'éclipse momentanée de votre pays, pendant un siècle et demi de troubles et de souffrances. Le retour au premier plan, c'est pour la Chine, d'une certaine façon et même si cela peut surprendre, le retour à une certaine normalité de l'histoire. Parce que nous regardons le peuple chinois avec amitié, nous nous réjouissons des progrès réalisés ces dernières décennies. La France soutient les aspirations de la Chine, puissance globale, à prendre toute sa place dans la gouvernance mondiale.

Nos deux pays ont décidé, en 1997 soit il y a quinze ans, d'établir ce que nous appelons un partenariat stratégique global. Il s'est enrichi au fur et à mesure que nos relations se densifiaient et que le rôle international de la Chine s'affirmait. Ce partenariat stratégique est aujourd'hui global dans le sens où il touche les domaines politique, économique et culturel ainsi que les grandes questions internationales. Les promotions d'ingénieurs formées par l'École Centrale ici, dans un cadre franco-chinois, en sont un excellent symbole.

Au terme de ce chemin parcouru ensemble, la Chine et l'Union européenne sont devenues aujourd'hui deux acteurs tout à fait incontournables du système international qui ont noué des liens étroits. Avec, s'agissant de l'Europe, des échanges commerciaux qui représentaient en 1978 4 milliards d'euros et 460 milliards l'année dernière, l'Europe est, je l'ai dit, le premier partenaire commercial de la Chine. Nos destins sont donc liés.

3) Cette ambition nouvelle que je souhaite répond aussi au constat que le monde ayant changé, le partenariat entre la Chine et la France doit évoluer. L'émergence de la Chine, je l'ai dit, est un phénomène positif. Mais comme tout phénomène massif, il provoque inévitablement des déséquilibres. Il faut inévitablement les reconnaitre Les changements intervenus dans votre pays ont affecté votre société par les évolutions économiques, sociales, démographiques, politiques ou culturelles qu'ils ont entraînées. Ils ont bousculé le reste du monde avec le côté positif mais aussi négatif qu'ils peuvent aussi avoir, par leur impact parfois brutal sur les équilibres politiques et économiques mondiaux.

Les déséquilibres économiques, financiers ou environnementaux qui sont apparus au cours des dernières années constituent, je ne vais pas vous le cacher, une préoccupation majeure pour les Européens en général et les Français en particulier. Les causes en sont multiples et complexes, et le phénomène de l'émergence dépasse largement le cas chinois. Mais il n'en demeure pas moins que la Chine, par sa taille et en raison même de ses succès, a un rôle central à jouer dans la promotion d'un nouvel équilibre et d'une nouvelle stabilité Parfois, ce rôle fait peur. Vous devez savoir que dans nos relations commerciales, il existe aujourd'hui un déséquilibre très important, et un sujet de préoccupation aigu. Notre déficit commercial vis-à-vis de la Chine en 2011 représentait près de 27 Mds euro, soit 40 % du déficit total de la France. Un tel déficit ne peut pas être durablement soutenu sur le plan économique, comme sur le plan politique. Face à cette situation, il nous faut réinventer ensemble notre partenariat économique et trouver une nouvelle forme de coopération qui soit bénéfique à tous.

* * *

Une triple volonté

Pour traduire cette ambition nouvelle dans les faits, je propose donc une triple direction.

1) Sur le plan économique d'abord, il faut que nous parvenions à rééquilibrer la relation entre la Chine et la France. À long terme, la solution passe par des réformes internes en France et en Europe, que le gouvernement auquel j'appartiens est déterminé à conduire. Elle passe par un rééquilibrage interne de l'économie chinoise dans le sens du développement du marché intérieur. Mais «dans le long terme, nous serons tous morts» disait l'économiste Keynes. Il nous faut donc agir, en attendant, sur le court terme, sur des sujets tels qu'un meilleur accès au marché, la protection de la propriété intellectuelle ou la protection des investissements.

J'y insiste : la France aborde sa relation avec la Chine avec un niveau d'ambition et donc d'exigences élevé. Parmi nos attentes, il y a un terme dont vous entendrez de plus en plus parler, qui s'appelle l'exigence de réciprocité. C'est un principe simple, qui constitue le fondement des relations de l'Union Européenne avec nos grands partenaires stratégiques. Vous le comprenez sans difficultés car cette notion de réciprocité, la Chine la pratique elle-même. L'Europe est l'un des ensembles économiques les plus ouverts au monde et entend le rester, mais elle attend de ses partenaires le même degré d'ouverture. Nous tenons ce discours non seulement à la Chine mais aussi à nos autres grands partenaires, qu'il s'agisse du Japon ou des États-Unis.

Cette réciprocité doit permettre de tirer notre partenariat vers le haut et non vers le bas. Nous pensions en effet que si nous avions recours à un protectionnisme systématique, ce serait en effet négatif pour la Chine comme pour l'Europe. C'est pourquoi notre priorité est de développer les partenariats industriels structurants, notamment dans le nucléaire et dans l'aéronautique. Le succès de ces coopérations tient au fait qu'elles ont dépassé la seule relation entre le vendeur et acheteur pour mettre en place un partenariat industriel fondamental, fort et durable. Ce qui a bien réussi, en matière nucléaire et d'aéronautique, doit pouvoir nous inspirer dans de nouveaux domaines. Il s'agit, par exemple, des secteurs des énergies, des transports, de la santé, de l'environnement (eau et assainissement, notamment), de l'agro-alimentaire, des services financiers, de l'urbanisme. Les entreprises françaises possèdent des savoir-faire et des compétences uniques au monde, capables de répondre aux besoins d'une Chine qui doit gérer son développement économique, social et urbain.

Dans le même esprit, pour aller vers un partenariat renforcé, nous devons aussi développer les investissements croisés. La France est déjà une destination privilégiée pour les investisseurs internationaux. Elle commence à devenir une terre d'accueil importante pour les investisseurs chinois. Mais elle commence seulement. Nous avons 150 filiales chinoises en France, pour 9.000 salariés. Mais pour nos amis japonais, ce sont 60.000 salariés. Des exemples ont été particulièrement connus. Je pense, par exemple, au chinois Bluestar, qui a contribué à maintenir dans la région Rhône-Alpes 2000 emplois par le rachat d'une entreprise en 2006. Je tiens à dire que les investisseurs chinois sont les bienvenus dans la mesure où ils créent des emplois en France. Nous sommes prêts à prendre les mesures nécessaires pour les encourager et faciliter les investissements. Le dernier sommet UE-Chine, en février, a décidé de lancer la négociation d'un accord global sur l'investissement. La France y est favorable et souhaite qu'il touche l'ensemble des sujets d'intérêt pour les investisseurs potentiels.

Mais il ne faut pas s'arrêter aux investissements français en Chine et aux investissements chinois en France. Il faut aussi développer des coopérations entre la Chine et la France sur des pays tiers. Cela commence d'être fait, par exemple dans le domaine nucléaire. Cela pourrait être fait dans d'autres domaines. Si l'on allie technologies chinoises et technologies françaises, compétitivité des uns et des autres et capacités commerciales, on doit pouvoir ensemble conquérir de nouveaux marchés.

2) Sur le plan politique, notre partenariat global stratégique est le cadre de notre relation. Il a permis un approfondissement de nos échanges sur les grands dossiers internationaux et les défis globaux. Nous devons faire preuve de volontarisme pour que ce dialogue soit à la hauteur des enjeux. La France et la Chine, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, doivent coopérer pour assumer notre mission de préservation de la paix et de la stabilité mondiales. Nous sommes des membres parmi les plus actifs du G20 et des institutions financières internationales, deuxième et cinquième économies mondiales. Nous avons le devoir de travailler ensemble pour améliorer la gouvernance mondiale et favoriser une croissance équilibrée et durable.

Pour cela, nous devons mener notre dialogue à tous les niveaux et sur tous les sujets d'intérêt partagé. Je pense en particulier au renforcement du dialogue et de la coopération de terrain dans des régions telles que l'Afrique et le Moyen-Orient.

Il est d'autant plus important de conduire un dialogue régulier entre nous que, sur un certain nombre de sujets, nos approches et nos analyses peuvent être différentes. D'ailleurs il n'y a rien d'anormal à cela, car nos deux pays sont héritiers de traditions et de trajectoires de développement différentes. Mais il est essentiel, quand les difficultés se présentent, que nous puissions les aborder dans un esprit de confiance et de franchise. Dans les relations internationales, une notion très importante est celle de prévisibilité, pour éviter les à-coups.

C'est le cas par exemple jusqu'ici sur le dossier de la Syrie. Vous savez certainement qu'en Syrie il y a depuis quelques mois une répression sanguinaire du régime qui a fait près de 16.000 morts. La communauté internationale condamne cette situation insupportable et qui n'a que trop duré. Nous connaissons les préoccupations de la Chine. Nous avons pu, il y a de cela une quinzaine de jours, signer ensemble un plan de transition politique à Genève, avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et quelques autres États. Il y a certaines préoccupations qui sont différentes de la part de nos amis chinois. Mais il est de notre responsabilité commune de ne pas rester inactifs face aux massacres en cours qui ont désormais des conséquences internationales et de tout faire, en accord avec le peuple syrien, pour qu'il puisse retrouver au plus vite la stabilité et la sécurité. Sur ce point, le dialogue entre la Chine et la France est fort important.

La maturité de notre relation doit aussi nous permettre d'aborder la question, parfois délicate, des droits de l'Homme. Notre volonté n'est pas d'imposer unilatéralement nos vues. Mais nous pensons qu'il existe des principes et des droits qui sont universels, qui ne varient pas selon les lieux ou les latitudes et qui doivent pouvoir bénéficier à chaque femme et à chaque homme partout dans le monde, en France, en Chine et ailleurs, quels que soient l'âge, l'origine, les croyances ou les convictions. C'est pourquoi la promotion des valeurs de liberté, de démocratie, de solidarité et de dignité humaine constitue un fondement de notre politique étrangère. Vous savez que c'est un héritage de la Révolution Française auquel nous sommes profondément attachés. Au fronton de tous les édifices publics en France, il y a la devise de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. C'est constitutif de notre identité. Ce sujet n'est en rien incompatible avec votre propre héritage. Lorsque je me réfère aux «trois principes du peuple» (démocratie, nation, justice sociale) posés par Sun Yat-Sen, père de la première révolution chinoise, je vois la filiation historique qui peut exister. Je suis confiant dans notre capacité à trouver un espace de dialogue constructif sur ce sujet.

3) Mon troisième point concerne le renforcement des liens entre nos deux sociétés civiles. C'est une grande différence avec la Chine d'il y a trente ans : grâce aux réformes, un espace social s'est développé qui ouvre la possibilité d'échanges plus directs entre nos deux peuples. C'est une des clés de l'avenir de notre relation.

En France, le nouveau président de la République a placé la jeunesse au coeur des préoccupations et de l'action du gouvernement. Il doit naturellement en aller de même des relations entre les jeunesses de nos deux pays. Les jeunes français forment le contingent d'étudiants européens le plus nombreux avec 6.000 inscrits dans les établissements chinois, ce qui témoigne de l'intérêt de notre jeunesse pour la Chine.

Les étudiants chinois sont de plus en plus nombreux à faire le choix de la France et de son excellence universitaire. Notre pays en accueille 35.000. Notre ambition est de développer ce chiffre et d'accueillir en France d'ici 2015, 50.000 étudiants chinois, en favorisant les niveaux Master et Doctorat.

Pour cela, il nous faut travailler à renforcer la mobilité des étudiants. Il faut en particulier faciliter encore l'attribution de visas, non seulement pour les étudiants mais de manière plus générale. Le dernier chiffre des touristes chinois en France, est l'année dernière d'un million de personnes. Nous souhaitons que ce chiffre augmente. Nous souhaitons aussi pouvoir faciliter l'insertion professionnelle en France des étudiants étrangers qui ont le cursus universitaire qui le permet. Comme vous le savez, une des premières mesures du nouveau gouvernement a été de changer la réglementation sur ce point qui, avec la précédente équipe gouvernementale, était restrictive, alors qu'il s'agit, dans une vision moderne du monde, d'accueillir des étudiants en France qui deviendront ensuite nos meilleurs ambassadeurs à travers la planète. L'ancienne réglementation avait suscité un certain émoi à l'étranger. Le gouvernement favorisera au contraire votre accueil dans de bonnes conditions.

Nous devons aussi donner une nouvelle impulsion à l'enseignement du français en Chine et du chinois en France. C'est l'objectif qui a été poursuivi avec les années linguistiques croisées. Elles ont rencontré beaucoup de succès. Elles sont prolongées jusqu'à la fin de cette année.

Les structures franco-chinoises de coopération universitaire ont vu leur nombre augmenter ces dernières années, notamment dans le domaine des formations d'ingénieurs. Nous avons pris modèle sur l'exemple précurseur de l'École Centrale de Pékin, dont la première promotion a été diplômée en janvier. Il y a d'autres perspectives. Je pense aux formations dispensées par l'Université de technologie sino-européenne de l'Université de Shanghai, par l'Institut sino-européen de Tianjin en aéronautique, par l'Institut franco-chinois de l'énergie nucléaire de Zhuhai et, dans le domaine des sciences humaines et sociales, par l'Institut franco-chinois de l'Université du Peuple de Chine, récemment inauguré. Nous allons continuer sur cette voie.

Je souhaite aussi que nous renforcions notre coopération dans le domaine de la recherche. Cette coopération n'a cessé de se diversifier. Elle embrasse aujourd'hui quasiment tous les domaines scientifiques : mathématiques, sciences et technologies de l'information, physique fondamentale et appliquée, énergie, environnement, chimie, biologie et médecine. Aujourd'hui il y a plus de 1.800 chercheurs des deux pays qui coopèrent au sein d'une trentaine de laboratoires conjoints, en Chine et en France. Ici à l'Université d'aéronautique et d'astronautique de Pékin, en coopération avec le groupe des écoles centrales, est né il y a deux ans un laboratoire international dédié à la mécanique, aux matériaux, au contrôle et aux sciences de l'information.

La France est une grande nation scientifique et technologique. Vous êtes une nation qui a, à cet égard, des richesses, des résultats et des perspectives immenses. Les industriels français prennent toute leur place, aux côtés de leurs partenaires chinois, dans le développement de la relation franco-chinoise du savoir et du savoir-faire. Plus de soixante sociétés françaises, grands groupes ou PME, ont choisi de conduire en Chine des activités de recherche, de développement ou d'innovation, ce qui mobilise plus de 11.000 personnes dans des domaines de pointe. Ces partenariats industriels sont à l'image de ce que doit être notre coopération au XXIème siècle.

* * *

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Avant de finir, je dirai un mot sur l'Europe. Beaucoup d'entre vous s'interrogent probablement sur l'avenir de l'Europe. Je sais aussi que les crises à répétition conduisent beaucoup d'observateurs, en Chine comme ailleurs, à s'interroger sur la capacité des Européens à prendre les décisions qui s'imposent.

Je pense que, depuis quelques semaines, un vent nouveau et positif souffle sur l'Europe, qui, enfin, se dote des moyens de faire face autrement à la crise. Des décisions fortes viennent d'être prises par les dirigeants européens pour apporter une réponse adéquate en termes de croissance, et aux difficultés financières que connaît actuellement l'Europe. La France a beaucoup contribué à cette décision, en mettant l'accent sur la croissance, la stabilité et la construction d'une Europe solidaire.

Mais il faut que vous compreniez qu'au-delà de ces décisions que l'Europe, un peu comme la Chine dans un autre domaine, est à un stade de réformes. L'Europe a été fondée, il y a maintenant près de soixante ans, par six pays qui étaient d'un niveau de développement égal. Nous sommes aujourd'hui vingt-sept. Nous ne pouvons fonctionner à vingt-sept de la même manière qu'à six, et il faut donc refonder cette façon de fonctionner. C'est ce que nous sommes en train de faire, ce qui devrait permettre de redonner un nouvel élan à la France et à l'Europe. Et nous savons pouvoir compter sur votre soutien car la prospérité de la Chine et celle de l'Europe, dans un monde multipolaire, sont indissociables.

La Chine, la France et l'Europe doivent travailler ensemble pour que cette interdépendance soit bénéfique pour nous tous. Je suis venu en Chine pour dire aux responsables et à la population chinoise que le gouvernement français est tout à fait prêt à ce travail en commun dans un esprit d'amitié, de construction, d'ouverture et de franchise. L'accueil que j'ai reçu de la part du gouvernement chinois, l'accueil que je reçois de vous-mêmes me rend optimiste pour la suite. Je pense qu'une nouvelle page de nos relations est en train de s'écrire. Quand deux pays de grande culture comme la Chine et la France se mettent à écrire ensemble, le résultat est nécessairement positif. Quand deux jeunesses, la jeunesse chinoise et la jeunesse française, se mettent à travailler ensemble, le résultat ne peut qu'être positif.

Je vous souhaite un excellent avenir. Je vous remercie d'avoir choisi de consacrer vos études aujourd'hui, et l'essentiel de votre carrière demain, à une activité qui rapproche la Chine et la France. Je vous souhaite le plus grand succès et je souhaite un développement de l'amitié entre la Chine et la France. Je vous remercie./.

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8. Adoption du programme de coopération 2012-2013 entre l'Organisation internationale de la Francophonie et le Conseil de l'Europe - Déclaration de la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui

La France se félicite de l'adoption par le Conseil des ministres du Conseil de l'Europe, du programme de coopération 2012 - 2013 avec l'Organisation internationale de la Francophonie

Ce programme s'inscrit dans le cadre de la Déclaration commune de 2008 sur le renforcement de la coopération entre les deux organisations et de l'accord cadre de coopération conclu en 1983.

Trois principaux chapitres seront concernés par le programme de coopération :

- les droits de l'Homme et l'État de droit

- la démocratie et la société civile

- Éducation - diversité, langue et culture - jeunesse.

Je salue le rapprochement fructueux qui s'établit ainsi entre la Francophonie et le Conseil de l'Europe et la convergence de ces deux espaces géographiques et politiques en faveur de valeurs communes de gouvernance démocratique et de défense des droits de l'Homme qui s'expriment en langue française./.

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9. Accueil de 120 jeunes du programme «Allons Enfants» - Discours de la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui

Monsieur l'Ambassadeur des droits de l'Homme,

Monsieur l'Ambassadeur, Président de l'Institut français,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

C'est avec beaucoup de plaisir que je vous reçois aujourd'hui dans les salons du palais des Affaires étrangères où le ministre Laurent Fabius vient de recevoir Aung San Suu Kyi, le prix Nobel de la paix qui nous a donné ce beau message «libérez-vous de la peur»....

Vous êtes ici à Paris pour vivre une expérience unique : faire l'apprentissage de la langue des droits de l'Homme.

Je suis très fière de voir que des jeunes du monde entier soient ainsi sensibilisés à une valeur commune : les droits de l'Homme

J'aimerais vous dire qu'avant d'être ministre, Bertrand Delanoë, le maire de Paris m'avait confié la mission de défendre les droits de l'Homme et la lutte contre les discriminations. J'ai eu l'immense honneur de créer la première délégation.

Ce combat restera pour moi un combat à vie.

J'aimerais énumérer quelques-uns des fléaux qui menacent encore les droits de l'Homme dans notre monde aujourd'hui.

La lutte contre la peine de mort qui a été abolie en France il y a trente ans, existe toujours dans 58 pays dans le monde. Comme l'écrivait Victor Hugo, farouche défenseur de l'abolition de la peine de mort, qu'il désignait comme «le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie règne. Partout où elle est abolie, la civilisation domine.». Au nom des droits de l'Homme, vous qui êtes l'avenir du monde, nous comptons sur vous pour prendre le relais

Faire valoir et respecter les droits des femmes : dans tous les pays où leurs droits sont bafoués, car il ne peut y avoir de véritable démocratie, les régressions sont légions, dont elles sont les premières victimes. Là aussi nous comptons sur vous

Lutter pour la paix dans le monde, et pour y parvenir, favoriser l'amitié entre les peuples, avec une langue commune, le français, qui facilite les échanges, la communication. À vous d'en être les messagers.

Lutter contre les discriminations, qui sont souvent issues de préjugés inconscients, hérités du colonialisme qui forment un apartheid insidieux sur les populations issues de l'immigration, lutter contre ces discriminations, c'est apprendre à changer de regard sur l'autre, c'est donner du sens à ces valeurs d'égalité pour tous, qui sont l'un des piliers de notre socle démocratique.

La lutte contre le racisme, la xénophobie, l'homophobie, est indissociable du respect des droits de l'Homme à pouvoir affirmer sa différence de peau, d'origine, ou son orientation sexuelle... Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, plus de 80 États dans le monde continuent de pénaliser l'homosexualité et neuf d'entre eux situés en Afrique et en Asie la punissent encore de la peine de mort. Dans nos démocraties, ces droits à la différence ne sont pas toujours respectés et engendrent des attitudes et des comportements de rejet, d'exclusion, voire de crimes.

Ce que je souhaite aujourd'hui, c'est vous transmettre toute cette force qui est nécessaire pour parler en français, cette belle langue des droits de l'Homme et surtout pour agir. Car il ne suffit pas de s'indigner, il faut passer à l'action....

À nos amis du monde arabe, n'oubliez-pas les révolutions que vous avez menées, avec cet impératif sorti de milliers de bouches : Dégage !

À nos amis sénégalais et plus généralement aux peuples d'Afrique, rappelez-vous cette chanson qui a contribué à l'élection démocratique du président Macky Sall, ce rap engagé du collectif «Y'en a marre» qui disait : «Faut pas forcer».

Ce mots sont ceux d'une jeunesse qui a compris que la démocratie, les droits de l'Homme, la lutte contre les discriminations, l'égalité, ce ne sont pas que des valeurs ou des concepts, mais ce sont aussi des actes. Vous le verrez tout au long de ce séjour en allant à la rencontre d'acteurs engagés dans ces domaines.

À la fin de cette semaine, je pense que vous aurez à coeur en rentrant chez vous de poursuivre vos engagements, à votre niveau, soyez des ambassadeurs des droits de l'Homme et de la Francophonie. Allez-y, foncez, franchissez les barrières qui vous paraissent insurmontables car comme je le dis souvent : notre monde est traversé par un fleuve magnifique : la langue française, qui est cette langue du respect, de l'acceptation de l'autre, du partage et de la transmission des valeurs universelles, liberté, égalité, fraternité, solidarité.

En acceptant cette invitation, j'ai formulé une demande, pouvoir débattre avec vous. Ce temps est venu, je vous écoute. Ce sera forcément trop court et je veux vous dire que je reste à votre disposition, notamment grâce aux nouvelles technologies pour continuer à débattre, à confronter nos idées, à donner plus de sens à notre idéal commun, faire respecter les droits de l'Homme.

Ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que vous êtes l'avenir du monde francophone, vous incarnez le lien que nous créons ensemble avec tous les pays du monde et pour tisser ce lien entre nous il n'y a pas de plus beau socle que celui qui nous anime, la défense des droits de l'Homme.

Pour conclure, je voudrais chaleureusement remercier toutes celles et tous ceux qui ont permis d'organiser cette semaine.

Merci à toutes et tous./.

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10. Exposition consacrée aux savoir-faire des métiers d'art japonais - Communiqué du ministère de la Culture et de la Communication

Exposition consacrée aux savoir-faire des métiers d'art japonais - Communiqué du ministère de la Culture et de la Communication

(Paris, 9 juillet 2012)

Les vitrines du ministère de la Culture et de la Communication sont dédiées depuis plusieurs années aux métiers d'art. Chaque été le ministère consacre ses vitrines aux savoir-faire venus d'ailleurs. Les métiers d'art japonais y sont donc à l'honneur du 4 juillet au 4 septembre 2012.

La maison de la culture du Japon à Paris, présente la «beauté de l'utile» des objets. La meilleure façon de percevoir les qualités et la beauté intrinsèque de ces oeuvres est de montrer leur élégance alliée à leur fonctionnalité.

L'exposition éclaire cet esprit de l'artisanat propre au Japon qui peut se déceler dans une gamme très variée d'objets à la fois usuels et décoratifs. Ce savoir-faire artisanal a permis le développement des procédés de teinture (Kyô-yûzen), de tissage (Nishijin-ori), de poteries céramiques (Kiyomizu-yaki), de porcelaine (Kutani), de laquage, de décor utilisant des métaux précieux (maki-e).

Objets employés dans le contexte de la vie quotidienne, objets témoignant des divers modes de transmission des techniques d'artisanat ; formes reliant la tradition à l'innovation, cette exposition est l'occasion de mettre en lumière l'originalité des arts appliqués au Japon./.

(Source : site Internet du ministère de la Culture et de la Communication)

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11. Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Visite du prince héritier et du ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis - Entretien de M. Cazeneuve avec Mme Connie Hedegaard, membre de la Commission européenne - Entretien de M. Canfin avec le président de la République du Sénégal, M. Macky Sall - Assassinats au Kosovo - Liban/Tirs d'obus syriens au Liban - Syrie - RDC/Expulsion du cinéaste belge Thierry Michel - RDC/Situation dans l'est du pays - Égypte - Géorgie

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Visite du prince héritier d'Abou Dabi, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan et du ministre des Affaires étrangères émirien, Cheikh Abdallah bin Zayed (11 juillet 2012)

Le prince héritier d'Abou Dabi, Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, se rendra en visite officielle en France demain. À cette occasion il s'entretiendra avec le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Défense.

Il sera accompagné de Cheikh Abdallah bin Zayed, ministre des Affaires étrangères, qui aura un entretien avec M. Laurent Fabius.

La visite de Cheikh Mohammed bin Zayed, la première d'un dirigeant émirien depuis l'investiture du président de la République et la nomination du gouvernement, sera l'occasion de réaffirmer l'importance du partenariat d'exception qui a été établi entre la France et les Émirats arabes unis et d'avoir un premier échange de vues sur les grands enjeux régionaux et internationaux ainsi que sur les perspectives de développement de la coopération bilatérale.

2 - Entretien de M. Bernard Cazeneuve, ministre délégué, chargé des affaires européennes, avec Mme Connie Hedegaard, membre de la commission européenne (11 juillet 2012)

À la faveur de son déplacement à Paris pour une audition devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Mme Connie Hedegaard, membre de la Commission européenne, en charge de l'action climatique, s'entretiendra le 11 juillet avec M. Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des Affaires européennes.

Les échanges porteront en particulier sur l'action de l'Union européenne dans la lutte contre le changement climatique et la mise en oeuvre des politiques d'adaptation aux niveaux européen et national.

3 - Entretien de M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, avec M. Macky Sall, président de la République du Sénégal

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, a été reçu, lundi 9 juillet, par M. Macky Sall à l'occasion de la visite en France du Président sénégalais. Cet entretien a permis de faire un tour d'horizon des liens très denses tissés entre les deux pays en matière de coopération au développement, le Sénégal étant le premier bénéficiaire de l'aide française au Développement en Afrique subsaharienne.

L'échange a en particulier porté sur les priorités de développement du Sénégal en matière de gouvernance démocratique, d'énergie et d'environnement.

Le travail engagé pour la conclusion, attendue pour la fin de l'année 2012, d'un nouveau Document Cadre de Partenariat (DCP) entre la France et le Sénégal, sera l'occasion de préciser les orientations de cette coopération.

4 - Assassinats au Kosovo

La France condamne vivement l'assassinat d'un couple de citoyens kosovars d'origine serbe vendredi 6 juillet dans la commune de Ferizaj / Urosevac au Kosovo. Ce couple était revenu vivre au Kosovo en 2004 après avoir fui son village lors des événements tragiques de 1998-1999.

Les auteurs de ces meurtres doivent être rapidement identifiés et poursuivis. Nous comptons sur les autorités kosovares, qui ont immédiatement condamné ces assassinats, pour qu'elles prennent toutes les mesures de sécurité nécessaires au maintien de la communauté serbe au Kosovo et au retour des réfugiés.

Treize ans après la fin de la guerre et au moment où le Kosovo est en train d'acquérir sa pleine souveraineté avec la fin de l'indépendance supervisée. Tous les citoyens du Kosovo doivent pouvoir y vivre en paix et en sécurité.

Il est de la responsabilité de chaque communauté de tourner la page, de veiller à maintenir un climat apaisé et de faciliter la réconciliation serbo-kosovare.

5 - Liban - Tirs d'obus syriens au Liban

La France condamne les tirs d'obus syriens en territoire libanais et les violences répétées qui ont eu lieu ces derniers jours aux frontières syro-libanaises.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et exprimons toute notre sympathie aux blessés.

Nous appuyons la décision du Conseil des ministres libanais de renforcer la présence des forces armées libanaises aux frontières, pour garantir la sécurité du territoire et des populations libanaises.

La France appelle la Syrie au strict respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban, conformément aux résolutions des Nations unies.

Ces violences illustrent, une fois de plus, le danger pour la paix et la sécurité régionales que font peser les autorités syriennes, qui poursuivent leur politique de répression sanglante depuis plus de quinze mois.

Q - Est-ce que la France est l'amie du Liban ?

R - Je vous le confirme et je le souligne : la France est l'ami du Liban et la France est fidèle à son amitié pour le Liban.

6 - Syrie

Q - Est-ce que vous avez une réaction aux déclarations de M. Annan, hier, et notamment sur une approche commune avec les autorités syriennes quant à la baisse du niveau des violences ?

R - Comme vous l'avez vu vous-même, nous sommes très engagés sur le dossier syrien. Ces derniers jours le montrent encore. Je me réfère particulièrement à la participation de M. Laurent Fabius à la réunion du Groupe d'action à Genève, il y a une dizaine de jours maintenant, et à la conférence des pays Amis du peuple syrien, à Paris, vendredi dernier. À cet égard, les positions françaises ont été clairement énoncées par le président de la République qui a ouvert la conférence, et par M. Laurent Fabius qui a tenu une conférence de presse à l'issue des travaux de la réunion des Amis du peuple syrien. Il avait également donné un certain nombre d'interviews le jour même dans plusieurs journaux et radios. Depuis lors, Kofi Annan est allé en Syrie. Il est allé en Iran. Et à ma connaissance, il doit partager avec le Conseil de sécurité, demain à New York, les enseignements qu'il retire des différents déplacements qu'il vient d'effectuer. Il est donc important pour nous d'écouter ce qu'il nous rapporte de ses entretiens dans ces différentes capitales, de voir aussi son évaluation des choses, étant entendu que nous, nous avons toujours les mêmes priorités, qui ont été rappelées par le chef de l'État et par le ministre des Affaires étrangères, il y a quelques jours à peine. C'est-à-dire, la fin évidemment des violences parce que nous constatons malheureusement qu'elles se poursuivent. Nous parlions à l'instant d'un danger pour la sécurité régionale et en particulier de ce qui s'est passé au cours des derniers jours sur le Liban. Et d'autre part, évidemment, la mise en oeuvre d'un processus de transition.

Q - Est-ce que vous avez été mis au courant de ses entretiens à Damas ? La principale conclusion de la réunion des Amis du peuple syrien était de réclamer de mettre le plan Annan sous le chapitre 7, est-ce que les démarches ont été entamées dans ce sens, est-ce que vous allez proposer un projet de résolution ou vous attendez de voir ce que Annan va rapporter de son voyage ?

R - Les choses vont se préciser très certainement à partir de demain, une fois que nous aurons eu un point de situation de Kofi Annan devant le Conseil de sécurité. Les explications qu'il va apporter, les éclairages qu'il va donner, les enseignements qu'il a retirés de ses étapes permettront évidemment de mener un travail efficace.

Q - Les Russes seraient prêts à accueillir une conférence internationale sur la Syrie ?

R - Oui, c'est ce que dit la presse. Le groupe d'action est une initiative de Kofi Annan, c'est lui qui avait lancé la réunion de Genève, nous verrons ce qu'il nous dira à cet égard demain au Conseil de sécurité.

Q - Est-ce que vous nous confirmez la présence du Général Manaf Tlass en France ?

R - Je ne confirme rien pour une raison très simple, c'est que je n'ai pas d'information sur sa situation.

Q - M. Fabius a dit pendant la réunion du Groupe des Amis du peuple syrien qu'il était en route vers Paris. La France n'a eu aucun contact avec son entourage et ne sait pas où il se trouve ?

R - Ce que vous pouvez dire, c'est que le porte-parole du Quai d'Orsay n'a pas d'informations supplémentaires.

Q - M. Tlass a entendu votre appel parce que vous avez appelé les officiers syriens à faire défection donc il l'a fait tout de suite.

R - Et nous espérons bien que le processus d'érosion chez les militaires ou les membres des forces de sécurité de Damas se poursuit et nous souhaitons que les Syriens qui font partie de l'armée ou qui font partie des forces de sécurité soient de plus en plus nombreux à se rendre compte qu'on leur demande d'exécuter des ordres criminels, nous souhaitons qu'ils soient de plus en plus nombreux à dire non, nous souhaitons qu'ils soient de plus en plus nombreux à faire défection comme cela s'est déjà produit au cours des semaines passées. Cet appel, bien entendu, en raison de la poursuite des violences, nous le réitérons avec vigueur.

7 - RDC - Expulsion du cinéaste belge Thierry Michel

La France regrette profondément la décision des autorités de la République démocratique du Congo d'expulser le cinéaste belge Thierry Michel de son territoire le dimanche 8 juillet 2012.

Cette décision des autorités de Kinshasa ne va pas dans le bon sens. La France appelle les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à la rapporter sans tarder.

Elle rappelle que la liberté d'expression et de presse est une des valeurs fondamentales qui unissent les pays membres de la Francophonie.

8 - RDC - Situation dans l'est du pays

La France est très préoccupée par la situation dans l'est de la République démocratique du Congo. Elle en suit l'évolution avec la plus grande attention.

Elle appelle les différentes parties prenantes à profiter des opportunités de dialogue offertes, que ce soit au prochain sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, dans le cadre du Comité Interministériel Régional des Grands Lacs, ou au sein des Nations unies, pour trouver une issue durable au conflit.

La France encourage les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à travailler en étroite coopération avec la Mission de l'Organisation des Nations-unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) pour renforcer la protection des civils et garantir l'accès humanitaire aux populations victimes des combats.

Compte tenu de ces événements, il est important que le Conseil de sécurité des Nations unies soit pleinement informé de l'évolution de la situation en RDC.

9 - Égypte

Q - Un commentaire de votre part sur la situation en Égypte ?

R - Nous suivons la situation actuelle avec attention. Nous soulignons la nécessité de respecter les principes de l'état de droit et notre attachement à la poursuite de la transition démocratique qui doit aboutir de manière ordonnée au transfert du pouvoir des autorités civiles élues. Devant cette situation que nous connaissons tous, nous recommandons que l'apaisement, le dialogue entre tous et le sens des responsabilités de chacun prévalent dans les circonstances présentes.

10 - Géorgie

Q - Bonjour, je suis une journaliste géorgienne. Concernant la Géorgie, j'aimerais connaître la position de la France à propos de l'élargissement de l'OTAN et de l'Union européenne. Avant, la position de la France était claire, M. Sarkozy lorsqu'il était en Géorgie a déclaré que la France ne serait pas contre un élargissement à notre pays. Depuis, nous n'avons pas de position claire de la France de la part du gouvernement Hollande.

Pouvez-vous nous faire part de votre position ?

R - Rassurez-vous les choses sont très claires et elles s'organisent autour des points suivants :

Notre position est très claire notre intention est d'approfondir cette relation de qualité, au niveau bilatéral entre la France et la Géorgie. Si j'ai bonne mémoire, je crois que nos présidents respectifs se sont parlé le 14 mai dernier. Ce fut l'occasion de faire un état des lieux de la qualité des relations entre la France et la Géorgie.

S'agissant du rapprochement européen de la Géorgie, la France y est favorable.

La France travaille sur le terrain, aux côtés des Géorgiens pour les aider à récupérer l'acquis communautaire, pour les aider à améliorer l'état de droit, la gouvernance, les corpus de lois, de règlements etc.

La France les aide également à Bruxelles car nous travaillons avec nos partenaires européens sur la question du rapprochement de la Géorgie. Nous travaillons sur deux sujets. Le premier c'est la négociation qui est en cours pour un accord d'association de la Géorgie avec l'Union européenne. À cet égard, je relève que les négociations avancent vite et bien.

D'autre part, nous travaillons sur la négociation qui porte sur la libéralisation des visas de court séjour. Là aussi, les négociations avancent bien.

Je vous rassure, nous menons ce travail de manière très active et très engagée à titre bilatéral dans nos relations, dont je répète qu'elles sont de grande qualité, mais également avec l'ensemble de nos partenaires européens.

Vous m'avez aussi interrogé sur l'OTAN, naturellement là aussi et dans le fil des conclusions du sommet de Bucarest de 2008, nous sommes bien sûr tout à fait favorables au rapprochement de la Géorgie avec l'OTAN.

Les négociations sont en cours, elles se passent bien. Nous y travaillons à titre bilatéral, nous y travaillons avec nos partenaires et alliés de l'OTAN, sur le terrain et à Bruxelles.

Au passage, je veux rendre un hommage aux soldats géorgiens que nous connaissons bien et qui sont allés servir la cause de la sécurité collective, la cause de la liberté, des droits de l'Homme en s'engageant au sein de la force internationale en Afghanistan. Nous les connaissons bien, nous avons travaillé avec eux, sur le terrain et dans des conditions difficiles.

Nous sommes déterminés à faire avancer les choses dans notre relation bilatérale avec la Géorgie. Je prendrai un exemple, le domaine économique : nous pouvons faire beaucoup plus et nous voulons faire beaucoup plus avec la Géorgie. Il y a de nombreux projets qui sont en cours de décision ou en cours d'exécution. Je pense en particulier au développement des transports publics, un projet de tram à Tbilissi, un projet de système de desserte du pays par autobus. Les équipements de navigation aérienne qui ont été fournis par des entreprises françaises pour l'aéroport international de Tbilissi. Nous pouvons faire encore beaucoup plus pour augmenter nos échanges, pour augmenter nos investissements et pour augmenter la participation de la France à de grands projets d'infrastructures en Géorgie.

En matière de coopération culturelle, scientifique et technique, nous pouvons là aussi faire plus. Nous avons une ambassade très active à Tbilissi et ici à Paris, l'ambassade de Géorgie est particulièrement active également. De chaque côté de la ligne, nous avons des Français, des Géorgiens qui font avancer les choses et qui travaillent jour après jour pour que les choses avancent dans la bonne direction.

La bonne direction, c'est aussi le dialogue politique que nous avons avec ce pays. C'est un dialogue politique de qualité. J'en profite pour rappeler le soutien et l'attachement de la France à l'intégrité territoriale et à la souveraineté nationale de la Géorgie. Il y a un problème avec la Russie, ce problème se traite à l'occasion de réunions qui se tiennent à Genève. Nous souhaitons que les choses avancent dans la bonne direction.

Q - Concernant les élections législatives qui sont prévues en octobre, il se trouve qu'un politicien a la double nationalité française et géorgienne et se présente à ces élections. C'est un problème, c'est la privatisation de sa nationalité géorgienne.

Qu'en pensez-vous et quelle sera l'importance de ces élections législatives pour la démocratie en Géorgie ?

R - Concernant la nationalité de ce monsieur, je vous avouerai que j'ai peu de choses à dire car ce sont les autorités concernées qui doivent prendre leurs responsabilités.

Par ailleurs, vu l'état de développement de la Géorgie, vu la place qu'elle occupe dans la communauté internationale, et vu ses perspectives, notamment de rapprochement vers l'Union européenne, la Géorgie doit aspirer à avoir des standards démocratiques comme les autres pays de l'Union européenne. Que l'on soit en Géorgie, en France ou ailleurs, la démocratie, c'est toujours la même chose. Lorsqu'il y a des élections, il y a une compétition. Il faut donc accepter d'avoir des adversaires, des opposants et enfin, si on perd, il faut aussi reconnaître que l'on a perdu.

Concernant les échéances électorales en Géorgie, je pense aux élections de 2012 mais il y a également en 2013 un rendez-vous important, nous allons suivre cela. Ces échéances sont importantes pour la Géorgie. Nous souhaitons que ces élections se passent bien, de manière transparente dans le respect des règles du droit et de la démocratie qui s'imposent à tous, à la Géorgie comme à tous les autres pays du monde. Nous espérons que, quel que soit le résultat, ce soit un succès pour la démocratie dans votre pays./.

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